lundi 4 février 2019

2019 : Encore un rapport antinucléaire biaisé sur les déchets nucléaires. ZERO IMPACT !


Chers amis du nucléaire propre et respectueux de l'environnement,

L'AEPN est intervenue ce jeudi 31 janvier 2019 à 6h40 ainsi que dans les journaux de 7h30 et de 8h00 sur RADIO CLASSIQUE, dans le cadre de LA MATINALE (informations du matin, les plus écoutées à la radio).

Vous pouvez réécouter cette intervention, qui sera en ligne pendant une dizaine de jours sur le site de RADIO CLASSIQUE ici :

https://www.radioclassique.fr/radio/emissions/la-matinale-economique/3-minutes-planete/#livePlayer

-> descendre jusqu'à l'émission du jeudi 31 janvier 2019 et cliquer sur "Réécouter l'émission"


Notre interview débute très exactement 2 minutes 30 après le début de l'enregistrement.

Il s'agit de notre 400 ème intervention sur les ondes d'une radio nationale, et c'est la 3 ème fois que j'interviens sur RADIO CLASSIQUE depuis un an, puisque nous avions déjà été interviewés
dans cette même émission d'abord le 5 février 2018, puis le 27 novembre 2018.

Cette interview de 12 minutes sur le thème des déchets nucléaires a été enregistrée par téléphone la veille avec Baptiste Gaborit, le mercredi 30 janvier 2019.

L'AEPN y est dûment présentée. L'interview de 12 minutes a cependant été largement tronquée puisqu'il en reste après montage à peine une minute.

Nous sommes reconnaissants à Baptiste Gaborit de ce que l'esprit
de notre intervention a cependant été respecté, bien que la
partie de notre intervention ayant été diffusée a été nettement plus
courte que prévu, éliminant la quasi-totalité de notre
argumentation qui était beaucoup plus précise.

Notre intervention a par ailleurs été encadrée (avant et après)
par les paroles lénifiantes de deux antinucléaires notoires.

Il s'agissait pour nous de mettre en perspective, de réagir positivement et de relativiser suite à la parution récente d'un énième rapport antinucléaire biaisé sur les déchets nucléaires.

Ce rapport a en effet été publié cette semaine fort opportunément à l'approche du prochain débat public national sur le "Plan national de gestion des matières et déchets et radioactifs" (PNGMDR) avant la construction envisagée d'une nouvelle piscine d'entreposage du combustible usé en attente de
retraitement.

Comme à leur habitude, les antinucléaires dénoncent (selon eux) l'absence de solution pour les déchets nucléaires, tout en s'opposant de toutes ses forces à l'ensemble des solutions : le stockage provisoire du combustible usé en piscine, le retraitement, le recyclage et la récupération des 97% du combustible qui sont recyclés ou recyclables (96% d'uranium imbrulé et 1% de plutonium qui n'est
pas de qualité militaire),

Le lobby antinucléaire s'oppose également (bien sûr) au projet Cigéo pour isoler les déchets ultimes vitrifiés de la biosphère.

La piscine actuelle de stockage du combustible usé de La Hague sera saturée non pas dans quelques mois (comme c'est affirmé par erreur dans cette émission) mais dans 5 à 10 ans environ.

Bref, les antinucléaires au lieu d'être constructifs, sont contre tout et son contraire, ils dénoncent des problèmes créés de toutes pièces ou fortement exagérés par eux et décrivent une absence de solution, alors que ce sont eux-mêmes qui bloquent et repoussent à plus tard la mise en oeuvre de ces solutions !

Les antinucléaires gagneraient à devenir plus positifs, plus optimistes et plus constructifs d'une manière générale, au lieu de voir et d'inventer des catastrophes partout, même quand il n'y en
a pas.

Il découvriraient ainsi le caractère écologique exemplaire de la gestion des déchets nucléaires de forte activité, produits en relativement petite quantité, lesquels sont confinés pour ne pas être rejetés dans les écosystèmes (contrairement aux déchets de la combustion du pétrole), puis retraités et recyclés à 97%, et tenus à l'écart de la biosphère. Ils ont donc quasiment ZERO IMPACT
écologique : ZERO, NADA, NOTHING,  RIEN du tout !

La gestion actuelle des déchets nucléaires, en les recyclant comme la France le fait à la Hague, est particulièrement exemplaire et pourrait utilement inspirer l'industrie chimique partout dans le
monde, notamment pour la gestion des déchets industriels  chimiques hautement toxiques, lesquels sont produits en quantité plus importantes que les déchets nucléaires de activité, sont tout autant toxiques, et ne sont pas aussi bien traités et recyclés alors que, ces déchets chimiques étant stables (non radioactifs), leur durée de vie est quasiment éternelle !

Vous souhaitant bonne écoute de cette émission (3 minutes 30 en tout) et un bon dimanche à tou(te)s !

Bien amicalement,

Bruno Comby

Président de l'AEPN
Association des Ecologistes Pour le Nucléaire

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http://www.ecolo.org

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L'AEPN rassemble plus de 15 000 membres et signataires dans 65
pays, pour une information complète sur l'énergie nucléaire et
l'environnement

mercredi 9 janvier 2019

Dégradation de la batterie Tesla : seulement 20% après 600 000 km

Dégradation de la batterie Tesla :
7% en 200 000 km, soit (en extrapolant) environ 20% en 600 000 km.

https://www.tesla-mag.com/tesla-longevite-batteries-question/

Voir dans cet article le graphique présentant l'usure des batteries Tesla selon le kilométrage parcouru. Ce graphique est un peu ancien (il date de 2016) mais les données qu'il contient n'ont pas changé, à savoir : les batteries Tesla sont bonnes pour environ 500 à 600 000 km en moyenne avant de perdre 20% de leur capacité initiale (et bonnes pour 1 million de km en faisant attention de faire évoluer la charge de la voiture entre 10% et 90%, en évitant autant que possible (ou rarement) de vider la batterie à 0% ni la charger à 100%).

En extrapolant cela implique que la batterie 64 d'une Hyundai Kona fera en moyenne 350 à 400 000 km sans faire attention au mode de charge et de conduite (voire 600 à 700 000 en faisant attention de rester entre 10% et 90% la plupart du temps).

Pour la Hyundai Kona 39 ou la Zoé 41 compter plutôt 250 000 km en moyenne (ce qui est déjà beaucoup) pouvant éventuellement monter à 400 ou 500 000.

Tandis qu'on devrait commencer à voir prochainement certaines (mais un petit pourcentage seulement, celles systématiquement rechargées à 100% ou presque vidées à chaque recharge) des premières Leaf ou Zoé 22 de 2013 à 2016 ayant besoin changer leur batterie aux alentours de 150 000 km.

Théoriquement, la batterie d'une voiture électrique a donc dans la plupart des cas une longévité au moins égale à celle de sa carrosserie et ne devra donc jamais être changée.

Cependant, compte tenu de cette longévité d'un côté, et de la progression rapide de la puissance des batteries d'autre part, il est très probable que :

1/ les voitures électriques utilisées uniquement en ville (Peugeot ion, Citroën c-zero, Leaf et Zoé 22 de première génération sans l'option charge rapide) n'auront jamais besoin de changer de batterie (la même batterie fera toute la vie de la voiture) tandis que :

2/ la plupart des voitures électriques utilisables pour les trajets longues distance (c'est à dire celles disposant d'une recharge rapide: Tesla, une partie des Zoé, les Q90 avec l'option charge rapide, et la plupart des voitures qui sortent à partir de maintenant ayant un chargeur DC combo superieur ou égal à 100 kW : Hyundai Kona, Zoé 2020, Leaf 3 etc) seront changées en cours de route (la voiture connaîtra une deuxième vie avec une deuxième batterie) bien avant que la voiture parte à la casse, non pas parce que la batterie est usée (perte de capacité devenant insuffisante), mais plutôt pour être upgradée et remplacée par une batterie plus performante apparue entre temps.

Exemple type : le remplacement en 2018 par une batterie 41 kWh de la batterie 22 kWh de la Zoé 2013 de votre serviteur (à charge rapide). L'ancienne batterie était encore à 100% de sa capacité initiale après 38 000 km parcourus, tandis que la nouvelle batterie Zoé 2017 permettait de doubler l'autonomie, pour le même poids et même volume, à un prix inférieur.

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Dégradation de la batterie #Tesla : moins de 10% en 250 000 km.
https://t.co/dA0GTKXwJ9

http://www.electrek.co/2018/04/14/tesla-battery-degradation-data/amp/

Sur cette page on trouve une mise à jour plus récente (2018) du graphique d'usure des batteries lithium-ion Tesla, avec un graphique plus étoffé qui confirme les premières conclusions de 2016 : la capacité de la batterie baisse en moyenne de 10% après environ 300 000 km parcourus (180 000 miles) et de 20% après 600 000 km (après les 100 000 premiers km, la baisse est à peu près linéaire). Et il est possible de faire beaucoup mieux (parcourir environ le double de km) en faisant attention à la manière dont on recharge sa batterie (pas trop vite et pas trop proche de 0% et 100%) et à la manière dont on conduit (conduite éco : pas trop d'accélérations à fond et pas trop proche de 0 km/h et de 180 km/h).

Ceci est pour une batterie de Tesla Model S entre 70 et 100 kWh. Pour des batteries plus petites ou plus grosses (dans le futur) c'est pareil et on peut grosso modo extrapoler linéairement (règle de 3) pour toutes les batteries lithium : plus la batterie est grosse, plus elle parcourra de km. Les futures batteries étant plus grosses dureront encore plus longtemps...

La température joue également un rôle dans l'usure plus ou moins rapide des batteries qui n'aiment pas ni le grand chaud ni le grand froid : un pays tempéré comme la France est donc idéal...

BC.

jeudi 30 août 2018

Suite à la réponse forte d’EDF au rapport Pompili, remarques à propos du nouveau Ministre qui succédera à Nicolas Hulot


Chers amis du nucléaire propre et respectueux de l’environnement,

Tandis que l’on parle de la députée (ex-verte) Barbara Pompili comme successeur possible à Nicolas Hulot (parmi d’autres idéologues ex-EELV comme François de Rugy et Pascal Canfin), il est particulièrement important de prendre connaissance de la réponse claire et précise d’EDF (fichier PDF ci-dessous) au rapport parlementaire sur les questions énergétiques, rapport présidé, organisé et rédigé par Barbara Pompili il y à quelques mois seulement, en juin dernier.

Dans ce rapport EDF dénombre :

- 35 points factuellement faux

- 25 affirmations inexactes et non étayées

- 14 affirmations partielles induisant des interprétations fausses.

Et encore, il y en a tellement que tous les points sujets à discussion n’ont pas été relevés !

Soit au total plus de 80 inexactitudes et erreurs factuelles, s’appuyant le plus souvent sur des citations percutantes (mais fausses) de personnalités antinucléaires, sans qu’EDF ait pu ni y répondre, ni s’exprimer pour commenter ou mettre en perspective ces nombreuses inexactitudes, qui entachent ainsi très fortement la crédibilité de ce rapport pourtant parlementaire.

Dans le long passage (une trentaine de pages) consacré à la sûreté nucléaire, les affirmations péremptoires de personnalités antinucléaires y sont presque deux fois plus nombreuses que celles neutres et objectives des quelques intervenants officiels soumis à un devoir de neutralité et présentant donc (comme il se doit) à la fois les points positifs de la sûreté nucléaire en France et ceux restant à améliorer. Cette manière de procéder est biaisée par construction. Il va de soi que l’AEPN pourtant tout aussi voir plus représentative et compétente que d’autres associations participantes, n’a pas été invitée à donner son avis alors que de nombreuses associations antinucléaires étaient fort bien représentées.

L’impression générale que retient un non spécialiste de la lecture de ce rapport est donc fortement orientée et hélas bien éloignée de la réalité factuelle.

En bref ce rapport est gravement biaisé; idéologiquement biaisé et factuellement erroné sur de nombreux points.

Il est très grave que des députés, a fortiori un(e) futur(e) Ministre, travaillent dans un tel esprit dogmatique, faisant fi de toute objectivité.

Faut-il envisager de donner les rênes d’un Ministère important à un(e) député(e) qui travaille ainsi sans compétence technique dans le domaine concerné, en refusant d’écouter ou de laisser s’exprimer l’avis des industriels, des associations (sauf une seule tendance, la leur), et en écartant les experts compétents, en dépit de l’intérêt général, en se trompant de combat à la fois par incompétence et par idéologie ?

La question est posée. C’est Emmanuel Macron qui tranchera.

Il serait bien inspiré de choisir pour ce Ministère très important une personnalité techniquement compétente, car à ce poste, il faut comprendre ce qu’est un Hertz pour l’équilibrage du réseau ainsi que les puissances de 10 pour savoir compter les TWh dont la population a besoin et les gigatonnes de CO2 émis par le gaz naturel ou évités grâce au nucléaire (sans confondre kW et kWh). Et surtout pas une personnalité idéologique qui serait issue de Greenpeace, de la CriiRad ou des Verts, comme c’est le cas pour la quasi-totalité des noms actuellement cités par la presse. On nous propose le choix entre bonnet blanc et blanc bonnet (tous les noms cités sont idéologues et antinucléaires, en science on appelle cela un biais de sélection et c’est très grave), aucun n’est techniquement compétent.

Espérons qu’Emmanuel Macron ne tombera pas dans ce piège qui lui est tendu par les médias consistant à lui proposer de choisir, pour un ministère régalien, le troisième plus important du gouvernement dans l’ordre protocolaire actuel, entre trois incompétents de la même mouvance idéologique !

Le rôle primordial et exemplaire (grâce au nucléaire) que joue la France pour promouvoir l’avenir de l’écologie dans le monde mérite mieux que des idéologues.

L’énergie doit être propre. Et une énergie abondante et bon marché c’est aussi la clé du redressement économique.

Il s’agit d’un sujet plus que sérieux, c’est capital pour l’avenir. 

Bruno Comby

Président de l’AEPN

Association des Ecologistes Pour le Nucléaire 
https://www.ecolo.org

Réponse d'EDF :

http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/pompili-reponse-EDF-au-rapport-parlementaire-2018.pdf

Et le rapport est ici : 

http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/pompili-rapport-parlementaire-2018.pdf

mardi 10 avril 2018

Sécurité des piscines de stockage du combustible usé radioactif : refroidir après une perte d'intégrité de l'enceinte extérieure



Prolongation de l’article paru dans LA CROIX :
Un premier résumé ayant été donné ici par l'AEPN sur twitter.
Voici une suite plus détaillée.
Précision préliminaire : en aucun cas cette description ne prétend être exhaustive. Elle ne cite donc pas, loin s’en faut, tous les dispositifs de contre-mesure de sécurité prévus à cet effet.
Partons de la conclusion : Les piscines sont bien suffisamment sécurisées, n’en déplaise aux activistes qui cherchent à faire peur aux citoyens qui sont sincères, mais peu au fait des stratégies de sécurité patiemment élaborées durant 50 ans.
Argumentation : Pour les attaques de petit et moyen calibre, les structures sont parfaitement conçues pour résister.
Pour les agressions à l’arme lourde, c’est une situation de guerre et les exploitants sont protégés contre ce type de situation par la force armée. Est prévue toute une armada de systèmes bien sûr confidentiels
Pour l’intervention rapide, il existe dans chaque site une équipe de gendarmes formés par le GIGN habilités à tirer, qui font des rondes permanentes et sont alimentés par les renseignements de l’État.
Il faut distinguer l'enceinte du bâtiment combustible et la piscine qui se trouve à l'intérieur.
Beaucoup de gens imaginent que le percement du mur d'enceinte visible de l’extérieur conduit à un endommagement de la piscine. Or ce mur ne constitue pas la paroi de la piscine. La piscine est construite à l’intérieur même du bâtiment du combustible et elle est indépendante des parois de ce bâtiment. Il faudrait donc percer simultanément deux parois de béton séparées par une certaine distance pour arriver à faire un trou dans la paroi de la piscine.
Il y a des possibilités d’étancher provisoirement une piscine et de la réalimenter avec de l’eau à gros débit pour qu’elle ne se vide pas.
Si l'attaque venait du toit, il faut savoir qu'il y a 12 mètres de hauteur d'eau au-dessus des têtes d'assemblages. Qui plus est elles sont surmontées par les structures des racks dans lesquels elles sont placées.
Si un objet vient à être largué, il va y avoir une grosse vague mais l'amortissement par l'eau serait important.
Le rôle des exploitants consiste à maintenir les assemblages sous eau y compris en cas de fuite. La FARN peut intervenir mais auparavant, il faut envoyer toute l'eau possible y compris l'eau du circuit d'incendie.
La conduite aura bien entendu arrêté le réacteur attaqué et l’aura mis en situation de réfrigération à l'arrêt.
Si on écoute les délires des antinucléaires, elles devraient être placées sous le niveau du sol.
Cette solution apporte plus d’inconvénients que d’avantages notamment pour la manutention des combustibles usés et le passage du bâtiment réacteur vers le bâtiment combustible lors des chargements déchargements des réacteurs. En outre le système de drainage destiné à alerter les exploitants sur une toute petite fuite aurait plus de difficulté à fonctionner. Enfin la surveillance en service de la tenue des parois serait plus difficile.
Tant que les piscines sont pleines d’eau, et même si la réfrigération est indisponible pendant un certain temps comme sur Fukushima 4, il y a beaucoup de temps avant d’arriver à une température élevée car les assemblages combustibles dégagent moins de puissance. L’essentiel est donc de ramener de l’eau.
Rappel : Le risque de divergence nucléaire n’existe pas dans une piscine  grâce aux racks de stockage qui sépare largement les assemblages. Enfin, une partie des gaz de fission à durée de vie relativement courte comme l’iode 131 disparaisse assez vite. 
Les antinucléaires, persuadés qu’ils défendent une cause juste, critiquent tout sans justification valable. Mais il en reste toujours quelque chose et c’est bien sûr leur but.
La gestion des risques, suppose de  les comprendre correctement pour les prévenir au mieux et les minimiser.
Il est tout aussi dangereux de surestimer les risques que de les sous-estimer, car cela conduit à prendre de mauvaises décisions qui exposent à d’autres risques, bien pires.
La preuve que cela a été globalement plutôt bien fait (l’amélioration est continue dans l’industrie nucléaire française) est qu’aucun réacteur à eau sous pression dans le monde n’a eu de problème de dénoyage de sa piscine et encore moins de divergence ou de rejets de radioactivité massifs au niveau de piscine de stockage.

Quand à une chute d’avion, la configuration des bâtiments est dissuasive mais même si un crash était réussi, les dégâts seraient très locaux et le refroidissement tardif de colis toujours possible.

En jouant à se faire peur et à faire peur aux journalistes et aux décideurs, ils donnent aux vrais terroristes des indications précises sur comment faire un attentat, ce qui n’est pas très responsable pour des gens qui se présentent comme des défenseurs des populations.
Plus ces ONG montent en épingle des fausses peurs et des informations anxiogènes dans les médias, plus la réaction d’un public désinformé sera forte. Plus les hommes politiques seront sous pression sans raison valable.
Au vu de ces éléments et des ressources nécessaires pour faire des dégâts modiques et curables, les terroristes ont bien d’autres idées pour terroriser comme on le voit malheureusement chaque année depuis quelques temps.
Et incidemment ces ONG nous ramènent surtout tout droit au charbon, énergie du 19ème et 20ème siècle, sale et polluante, alors que nous sommes au 21ème.
Un grand bond de presque 200 ans en arrière !

samedi 6 janvier 2018

Réacteurs au sodium : Les russes tracent désormais la route seuls en tête

Le BN-600 fonctionne de manière
satisfaisante depuis 1980 (38 ans)

BN-800 fonctionne depuis septembre 2016 et BN-1200 est en cours.

Voici une interview intéressante de Serge Kirienko, président de Rosatom (équivalent russe d'Areva, EDF et CEA réunis en une seule entité) faisant le point avec Vladimir Poutine sur la situation du nucléaire en Russie et qui mentionne notamment le démarrage de
BN-800 :

http://en.kremlin.ru/events/president/news/52878

Les russes, qui ont beaucoup changé. Leurs centrales ont maintenant de bonnes enceintes de confinement et tous les systèmes de sécurité nécessaires validés par l'AIEA. Ce ne sont plus des RBMK instables mais des réacteurs très semblables aux nôtres pour la filière PWR dans laquelle ils sont devenus des concurrents sérieux (ils raflent la majorité des contrats à l'export) et ils sont désormais suffisamment transparents pour que (par exemple) cette interview (lien ci-dessus) entre Kirilenko et Poutine soit publique.

Serge Kirienko, est un capitaine d'industrie avec une vision, et un charisme comme nous n'en voyons plus beaucoup en France. Il a été le plus jeune (et probablement l'un des meilleurs) Premier Ministre de Russie (avec Poutine) dans un gouvernement précédent.

C'est un monsieur extrêmement vif et intelligent, qui apprécie l'AEPN, intervenant dans le même panel que lui en Russie.

Comme on le voit dans cet article, le BN-800 a bien démarré en septembre 2016.

BN-600 (qui faisait suite à BN-350 - équivalent de Phénix) fonctionne de manière satisfaisante depuis 1980. Il y a eu quelques ruptures de tubes de GV (échangeur sodium-eau) sur BN-600, mais sans gravité. Des ingénieurs russes ont expliqué que cela produit une petite fumée blanche sans gravité et le réacteur redémarre quelque temps plus tard une fois les tubes concernés obturés.

Le projet BN-1200 est enclenché, mais sa construction est provisoirement suspendue en raison de l'impossibilité de fabriquer le combustible comme sur BN-800. Il y a eu ordre de démarrage puis contre-ordre, donc suspension du chantier jusqu'à sa reprise en
principe en 2019 (NB : il s'agit de la date du premier rechargement en combustible de BN-800, sans doute parce que ce
rechargement apportera des informations sur l'état du combustible en fin de cycle).

Il est prévu ensuite de construire plusieurs exemplaires de BN-1200, en Russie et à l'étranger (Chine notamment).

Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/BN-1200_reactor

et :
http://www.neimagazine.com/news/newsrussias-bn-1200-fast-reactor-envisaged-for-2019-4933888

On n'en parle donc pas beaucoup ici en France, ayant cru bon de sacrifier Superphénix, mais la filière à neutrons rapides poursuit son développement à bon rythme en Russie.

Les russes tracent donc désormais la route seuls en tête (avec l'Inde et la Chine beaucoup plus en retard mais actifs eux aussi) ; autrefois c'était la France, pour ce qui concerne la filière neutrons rapides avec caloporteur sodium.

B. Comby, Président de l’AEPN


jeudi 4 janvier 2018

Les réacteurs rapides (RNR-Na) ont de gros avantages en matière de sûreté.


 

 
Une question a été posée fin décembre 2017 sur le groupe facebook de l’AEPN :

 

« Niveau sûreté, ces réacteurs RNR ne sont pas top.

 

En réalité, niveau sûreté, les RNR présentent deux ou trois problèmes:

-Effet de vidange positif (reste localement positif même dans le nouveau cœur du CEA)

-Quid de l'aspersion de l'enceinte, on ne peut pas utiliser de l'eau

-Quid des vapeurs de sodium

-Quid de la criticité du corium, ainsi que de sa puissance résiduelle

-Quid des filtres à sable

 

Enfin, au niveau du déploiement, les RNR ont une plus grande densité de puissance que les REP, il faut plus de temps pour que le combustible refroidisse. Combien de cœur par réacteur? Quelle quantité de Pu par GW ? »



 

Réponse de l’AEPN :

 

Les réacteurs rapides (RNR-Na) ont en réalité de gros avantages en matière de sûreté.

 

  • Quasiment pas de pression dans le cœur et le circuit primaire (c’est un énorme avantage). La question des inclusions de carbone dans l’acier (etc…) ne se pose plus et une cuve de 2 ou 3 cm d’épaisseur est suffisante.

 

  • Très grande inertie thermique : donc en cas de pépin on a plusieurs heures pour réfléchir avant que le réacteur ne monte en température (au lieu de quelques minutes dans un PWR). C’est aussi un énorme avantage.

 

  • Réaction sodium-air : produit une petite fumée blanche non corrosive et froide (très peu de chaleur dégagée) qui retombe lentement comme de la neige. (En nappe un feu de sodium rejette 15 fois moins de chaleur que le fuel. Quasi absence de flammes, alors que celles-ci montent à plusieurs mètres pour le fuel et limitent l’approche des pompiers.)

 

Cf. l’expérience des Russes et l’accident de rupture du circuit primaire de Monju en 95 : pas de dégâts, pas de morts ni blessés et le réacteur peut redémarrer quelques jours après (il faut passer l’aspirateur).

 

Sur une période supérieure à 100 ans de fonctionnement industriel de RNR il n’y a pas eu d’accident grave pour la sûreté, que des problèmes de mise au point de prototypes (affaire du barillet sur SPX par exemple).

 

Le sodium est largement diabolisé mais on l’utilise dans de nombreuses autres industries sans que cela suscite les mêmes inquiétudes et émotions, c’est pourtant le même sodium, qui semble n’être dangereux que dans le nucleaire...

 

En raison de leur coût  les RNR ne se développeront probablement industriellement à grande échelle que lorsque l’U 235 commencera à se raréfier. A moins que l’humanité ne prenne conscience de l’enjeu qu’il y a à prévenir le changement climatique. (Tendre vers 20 TW installé en 2100 est un scénario proposé au GIEC et qui se distingue par sa capacité à nous maintenir sous les 2 °C.).

 

Il reste la question des petits RNR de 100 à 300 MW qui semblent intéressants dans des régions isolées loin des réseaux (îles...).

 

Filtres à sable : leur installation est indépendante du type de réacteur. On peut en mettre aussi sur les RNR.

Pour en savoir plus :