jeudi 30 août 2018

Suite à la réponse forte d’EDF au rapport Pompili, remarques à propos du nouveau Ministre qui succédera à Nicolas Hulot


Chers amis du nucléaire propre et respectueux de l’environnement,

Tandis que l’on parle de la députée (ex-verte) Barbara Pompili comme successeur possible à Nicolas Hulot (parmi d’autres idéologues ex-EELV comme François de Rugy et Pascal Canfin), il est particulièrement important de prendre connaissance de la réponse claire et précise d’EDF (fichier PDF ci-dessous) au rapport parlementaire sur les questions énergétiques, rapport présidé, organisé et rédigé par Barbara Pompili il y à quelques mois seulement, en juin dernier.

Dans ce rapport EDF dénombre :

- 35 points factuellement faux

- 25 affirmations inexactes et non étayées

- 14 affirmations partielles induisant des interprétations fausses.

Et encore, il y en a tellement que tous les points sujets à discussion n’ont pas été relevés !

Soit au total plus de 80 inexactitudes et erreurs factuelles, s’appuyant le plus souvent sur des citations percutantes (mais fausses) de personnalités antinucléaires, sans qu’EDF ait pu ni y répondre, ni s’exprimer pour commenter ou mettre en perspective ces nombreuses inexactitudes, qui entachent ainsi très fortement la crédibilité de ce rapport pourtant parlementaire.

Dans le long passage (une trentaine de pages) consacré à la sûreté nucléaire, les affirmations péremptoires de personnalités antinucléaires y sont presque deux fois plus nombreuses que celles neutres et objectives des quelques intervenants officiels soumis à un devoir de neutralité et présentant donc (comme il se doit) à la fois les points positifs de la sûreté nucléaire en France et ceux restant à améliorer. Cette manière de procéder est biaisée par construction. Il va de soi que l’AEPN pourtant tout aussi voir plus représentative et compétente que d’autres associations participantes, n’a pas été invitée à donner son avis alors que de nombreuses associations antinucléaires étaient fort bien représentées.

L’impression générale que retient un non spécialiste de la lecture de ce rapport est donc fortement orientée et hélas bien éloignée de la réalité factuelle.

En bref ce rapport est gravement biaisé; idéologiquement biaisé et factuellement erroné sur de nombreux points.

Il est très grave que des députés, a fortiori un(e) futur(e) Ministre, travaillent dans un tel esprit dogmatique, faisant fi de toute objectivité.

Faut-il envisager de donner les rênes d’un Ministère important à un(e) député(e) qui travaille ainsi sans compétence technique dans le domaine concerné, en refusant d’écouter ou de laisser s’exprimer l’avis des industriels, des associations (sauf une seule tendance, la leur), et en écartant les experts compétents, en dépit de l’intérêt général, en se trompant de combat à la fois par incompétence et par idéologie ?

La question est posée. C’est Emmanuel Macron qui tranchera.

Il serait bien inspiré de choisir pour ce Ministère très important une personnalité techniquement compétente, car à ce poste, il faut comprendre ce qu’est un Hertz pour l’équilibrage du réseau ainsi que les puissances de 10 pour savoir compter les TWh dont la population a besoin et les gigatonnes de CO2 émis par le gaz naturel ou évités grâce au nucléaire (sans confondre kW et kWh). Et surtout pas une personnalité idéologique qui serait issue de Greenpeace, de la CriiRad ou des Verts, comme c’est le cas pour la quasi-totalité des noms actuellement cités par la presse. On nous propose le choix entre bonnet blanc et blanc bonnet (tous les noms cités sont idéologues et antinucléaires, en science on appelle cela un biais de sélection et c’est très grave), aucun n’est techniquement compétent.

Espérons qu’Emmanuel Macron ne tombera pas dans ce piège qui lui est tendu par les médias consistant à lui proposer de choisir, pour un ministère régalien, le troisième plus important du gouvernement dans l’ordre protocolaire actuel, entre trois incompétents de la même mouvance idéologique !

Le rôle primordial et exemplaire (grâce au nucléaire) que joue la France pour promouvoir l’avenir de l’écologie dans le monde mérite mieux que des idéologues.

L’énergie doit être propre. Et une énergie abondante et bon marché c’est aussi la clé du redressement économique.

Il s’agit d’un sujet plus que sérieux, c’est capital pour l’avenir. 

Bruno Comby

Président de l’AEPN

Association des Ecologistes Pour le Nucléaire 
https://www.ecolo.org

Réponse d'EDF :

http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/pompili-reponse-EDF-au-rapport-parlementaire-2018.pdf

Et le rapport est ici : 

http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/pompili-rapport-parlementaire-2018.pdf

mardi 10 avril 2018

Sécurité des piscines de stockage du combustible usé radioactif : refroidir après une perte d'intégrité de l'enceinte extérieure



Prolongation de l’article paru dans LA CROIX :
Un premier résumé ayant été donné ici par l'AEPN sur twitter.
Voici une suite plus détaillée.
Précision préliminaire : en aucun cas cette description ne prétend être exhaustive. Elle ne cite donc pas, loin s’en faut, tous les dispositifs de contre-mesure de sécurité prévus à cet effet.
Partons de la conclusion : Les piscines sont bien suffisamment sécurisées, n’en déplaise aux activistes qui cherchent à faire peur aux citoyens qui sont sincères, mais peu au fait des stratégies de sécurité patiemment élaborées durant 50 ans.
Argumentation : Pour les attaques de petit et moyen calibre, les structures sont parfaitement conçues pour résister.
Pour les agressions à l’arme lourde, c’est une situation de guerre et les exploitants sont protégés contre ce type de situation par la force armée. Est prévue toute une armada de systèmes bien sûr confidentiels
Pour l’intervention rapide, il existe dans chaque site une équipe de gendarmes formés par le GIGN habilités à tirer, qui font des rondes permanentes et sont alimentés par les renseignements de l’État.
Il faut distinguer l'enceinte du bâtiment combustible et la piscine qui se trouve à l'intérieur.
Beaucoup de gens imaginent que le percement du mur d'enceinte visible de l’extérieur conduit à un endommagement de la piscine. Or ce mur ne constitue pas la paroi de la piscine. La piscine est construite à l’intérieur même du bâtiment du combustible et elle est indépendante des parois de ce bâtiment. Il faudrait donc percer simultanément deux parois de béton séparées par une certaine distance pour arriver à faire un trou dans la paroi de la piscine.
Il y a des possibilités d’étancher provisoirement une piscine et de la réalimenter avec de l’eau à gros débit pour qu’elle ne se vide pas.
Si l'attaque venait du toit, il faut savoir qu'il y a 12 mètres de hauteur d'eau au-dessus des têtes d'assemblages. Qui plus est elles sont surmontées par les structures des racks dans lesquels elles sont placées.
Si un objet vient à être largué, il va y avoir une grosse vague mais l'amortissement par l'eau serait important.
Le rôle des exploitants consiste à maintenir les assemblages sous eau y compris en cas de fuite. La FARN peut intervenir mais auparavant, il faut envoyer toute l'eau possible y compris l'eau du circuit d'incendie.
La conduite aura bien entendu arrêté le réacteur attaqué et l’aura mis en situation de réfrigération à l'arrêt.
Si on écoute les délires des antinucléaires, elles devraient être placées sous le niveau du sol.
Cette solution apporte plus d’inconvénients que d’avantages notamment pour la manutention des combustibles usés et le passage du bâtiment réacteur vers le bâtiment combustible lors des chargements déchargements des réacteurs. En outre le système de drainage destiné à alerter les exploitants sur une toute petite fuite aurait plus de difficulté à fonctionner. Enfin la surveillance en service de la tenue des parois serait plus difficile.
Tant que les piscines sont pleines d’eau, et même si la réfrigération est indisponible pendant un certain temps comme sur Fukushima 4, il y a beaucoup de temps avant d’arriver à une température élevée car les assemblages combustibles dégagent moins de puissance. L’essentiel est donc de ramener de l’eau.
Rappel : Le risque de divergence nucléaire n’existe pas dans une piscine  grâce aux racks de stockage qui sépare largement les assemblages. Enfin, une partie des gaz de fission à durée de vie relativement courte comme l’iode 131 disparaisse assez vite. 
Les antinucléaires, persuadés qu’ils défendent une cause juste, critiquent tout sans justification valable. Mais il en reste toujours quelque chose et c’est bien sûr leur but.
La gestion des risques, suppose de  les comprendre correctement pour les prévenir au mieux et les minimiser.
Il est tout aussi dangereux de surestimer les risques que de les sous-estimer, car cela conduit à prendre de mauvaises décisions qui exposent à d’autres risques, bien pires.
La preuve que cela a été globalement plutôt bien fait (l’amélioration est continue dans l’industrie nucléaire française) est qu’aucun réacteur à eau sous pression dans le monde n’a eu de problème de dénoyage de sa piscine et encore moins de divergence ou de rejets de radioactivité massifs au niveau de piscine de stockage.

Quand à une chute d’avion, la configuration des bâtiments est dissuasive mais même si un crash était réussi, les dégâts seraient très locaux et le refroidissement tardif de colis toujours possible.

En jouant à se faire peur et à faire peur aux journalistes et aux décideurs, ils donnent aux vrais terroristes des indications précises sur comment faire un attentat, ce qui n’est pas très responsable pour des gens qui se présentent comme des défenseurs des populations.
Plus ces ONG montent en épingle des fausses peurs et des informations anxiogènes dans les médias, plus la réaction d’un public désinformé sera forte. Plus les hommes politiques seront sous pression sans raison valable.
Au vu de ces éléments et des ressources nécessaires pour faire des dégâts modiques et curables, les terroristes ont bien d’autres idées pour terroriser comme on le voit malheureusement chaque année depuis quelques temps.
Et incidemment ces ONG nous ramènent surtout tout droit au charbon, énergie du 19ème et 20ème siècle, sale et polluante, alors que nous sommes au 21ème.
Un grand bond de presque 200 ans en arrière !

samedi 6 janvier 2018

Réacteurs au sodium : Les russes tracent désormais la route seuls en tête

Le BN-600 fonctionne de manière
satisfaisante depuis 1980 (38 ans)

BN-800 fonctionne depuis septembre 2016 et BN-1200 est en cours.

Voici une interview intéressante de Serge Kirienko, président de Rosatom (équivalent russe d'Areva, EDF et CEA réunis en une seule entité) faisant le point avec Vladimir Poutine sur la situation du nucléaire en Russie et qui mentionne notamment le démarrage de
BN-800 :

http://en.kremlin.ru/events/president/news/52878

Les russes, qui ont beaucoup changé. Leurs centrales ont maintenant de bonnes enceintes de confinement et tous les systèmes de sécurité nécessaires validés par l'AIEA. Ce ne sont plus des RBMK instables mais des réacteurs très semblables aux nôtres pour la filière PWR dans laquelle ils sont devenus des concurrents sérieux (ils raflent la majorité des contrats à l'export) et ils sont désormais suffisamment transparents pour que (par exemple) cette interview (lien ci-dessus) entre Kirilenko et Poutine soit publique.

Serge Kirienko, est un capitaine d'industrie avec une vision, et un charisme comme nous n'en voyons plus beaucoup en France. Il a été le plus jeune (et probablement l'un des meilleurs) Premier Ministre de Russie (avec Poutine) dans un gouvernement précédent.

C'est un monsieur extrêmement vif et intelligent, qui apprécie l'AEPN, intervenant dans le même panel que lui en Russie.

Comme on le voit dans cet article, le BN-800 a bien démarré en septembre 2016.

BN-600 (qui faisait suite à BN-350 - équivalent de Phénix) fonctionne de manière satisfaisante depuis 1980. Il y a eu quelques ruptures de tubes de GV (échangeur sodium-eau) sur BN-600, mais sans gravité. Des ingénieurs russes ont expliqué que cela produit une petite fumée blanche sans gravité et le réacteur redémarre quelque temps plus tard une fois les tubes concernés obturés.

Le projet BN-1200 est enclenché, mais sa construction est provisoirement suspendue en raison de l'impossibilité de fabriquer le combustible comme sur BN-800. Il y a eu ordre de démarrage puis contre-ordre, donc suspension du chantier jusqu'à sa reprise en
principe en 2019 (NB : il s'agit de la date du premier rechargement en combustible de BN-800, sans doute parce que ce
rechargement apportera des informations sur l'état du combustible en fin de cycle).

Il est prévu ensuite de construire plusieurs exemplaires de BN-1200, en Russie et à l'étranger (Chine notamment).

Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/BN-1200_reactor

et :
http://www.neimagazine.com/news/newsrussias-bn-1200-fast-reactor-envisaged-for-2019-4933888

On n'en parle donc pas beaucoup ici en France, ayant cru bon de sacrifier Superphénix, mais la filière à neutrons rapides poursuit son développement à bon rythme en Russie.

Les russes tracent donc désormais la route seuls en tête (avec l'Inde et la Chine beaucoup plus en retard mais actifs eux aussi) ; autrefois c'était la France, pour ce qui concerne la filière neutrons rapides avec caloporteur sodium.

B. Comby, Président de l’AEPN


jeudi 4 janvier 2018

Les réacteurs rapides (RNR-Na) ont de gros avantages en matière de sûreté.


 

 
Une question a été posée fin décembre 2017 sur le groupe facebook de l’AEPN :

 

« Niveau sûreté, ces réacteurs RNR ne sont pas top.

 

En réalité, niveau sûreté, les RNR présentent deux ou trois problèmes:

-Effet de vidange positif (reste localement positif même dans le nouveau cœur du CEA)

-Quid de l'aspersion de l'enceinte, on ne peut pas utiliser de l'eau

-Quid des vapeurs de sodium

-Quid de la criticité du corium, ainsi que de sa puissance résiduelle

-Quid des filtres à sable

 

Enfin, au niveau du déploiement, les RNR ont une plus grande densité de puissance que les REP, il faut plus de temps pour que le combustible refroidisse. Combien de cœur par réacteur? Quelle quantité de Pu par GW ? »



 

Réponse de l’AEPN :

 

Les réacteurs rapides (RNR-Na) ont en réalité de gros avantages en matière de sûreté.

 

  • Quasiment pas de pression dans le cœur et le circuit primaire (c’est un énorme avantage). La question des inclusions de carbone dans l’acier (etc…) ne se pose plus et une cuve de 2 ou 3 cm d’épaisseur est suffisante.

 

  • Très grande inertie thermique : donc en cas de pépin on a plusieurs heures pour réfléchir avant que le réacteur ne monte en température (au lieu de quelques minutes dans un PWR). C’est aussi un énorme avantage.

 

  • Réaction sodium-air : produit une petite fumée blanche non corrosive et froide (très peu de chaleur dégagée) qui retombe lentement comme de la neige. (En nappe un feu de sodium rejette 15 fois moins de chaleur que le fuel. Quasi absence de flammes, alors que celles-ci montent à plusieurs mètres pour le fuel et limitent l’approche des pompiers.)

 

Cf. l’expérience des Russes et l’accident de rupture du circuit primaire de Monju en 95 : pas de dégâts, pas de morts ni blessés et le réacteur peut redémarrer quelques jours après (il faut passer l’aspirateur).

 

Sur une période supérieure à 100 ans de fonctionnement industriel de RNR il n’y a pas eu d’accident grave pour la sûreté, que des problèmes de mise au point de prototypes (affaire du barillet sur SPX par exemple).

 

Le sodium est largement diabolisé mais on l’utilise dans de nombreuses autres industries sans que cela suscite les mêmes inquiétudes et émotions, c’est pourtant le même sodium, qui semble n’être dangereux que dans le nucleaire...

 

En raison de leur coût  les RNR ne se développeront probablement industriellement à grande échelle que lorsque l’U 235 commencera à se raréfier. A moins que l’humanité ne prenne conscience de l’enjeu qu’il y a à prévenir le changement climatique. (Tendre vers 20 TW installé en 2100 est un scénario proposé au GIEC et qui se distingue par sa capacité à nous maintenir sous les 2 °C.).

 

Il reste la question des petits RNR de 100 à 300 MW qui semblent intéressants dans des régions isolées loin des réseaux (îles...).

 

Filtres à sable : leur installation est indépendante du type de réacteur. On peut en mettre aussi sur les RNR.

Pour en savoir plus :


 

vendredi 24 novembre 2017

Nouveau semi-remorque TESLA TRUCK

Bonjour,

A voir, la vidéo de présentation par Elon Musk du nouveau 
semi-remorque TESLA TRUCK, suivie par la surprise du jour : la 
présentation de la nouvelle petite voiture sportive 4 places TESLA 
ROADSTER (nouveau modèle).

https://livestream.tesla.com

Cette vidéo dure environ 20 minutes, pour bien comprendre 
l'évolution de nos moyens de transports vers des véhicules qui 
deviennent toujours plus performants, plus propres, plus rapides, 
plus sûrs (malgré leur vitesse), tout en fonctionnant de plus en 
plus à l'électricité.

TESLA donne une fois de plus un coup de vieux aux voitures à 
essence et un coup de pied dans la fourmilière du pétrole.

Nos voitures sont toujours plus rapides et plus sûres aujourd'hui 
que les voitures d'autrefois au 19 ème siècle, de même que le TGV 
roule aujourd'hui à plus de 300 km/h et est à la fois plus rapide 
et plus sûr (moins d'accidents) que les trains du 19 ème siècle.

La vidéo d'Elon est convaincante ! On n'arrête pas le progrès et 
ce sont une fois de plus les ingénieurs  qui sont la locomotive de 
ce progrès !

Pour faire avancer tous ces camions et voitures électriques du 
futur, il nous faudra non pas moins, mais au contraire beaucoup 
plus d'électricité propre qu'aujourd'hui !

Et c'est une bonne nouvelle : cela libérera un pays comme la 
France de sa dépendance au pétrole.

A l'évidence il faut donc adapter la Loi de transition énergétique 
(LTE) qui en France fixe arbitrairement un plafond MAXIMUM (erreur 
imposée par une idéologie décroissantiste) à la production 
d'électricité nucléaire.

L'électricité nucléaire étant propre et respectueuse de 
l'environnement, pour que cette loi devienne presque parfaite, il 
suffit d'y changer seulement deux détails :

- transformer la PLAFOND (maximum) d'énergie nucléaire en PLANCHER 
(minimum) de production.

- et en attendant que les énergies intermittentes fassent la 
preuve qu'elles peuvent remplacer dans des conditions économiques 
acceptables des énergies constantes, ce qui n'est pas le cas pour 
l'instant, cette notion de PLANCHER doit s'appliquer aussi à la 
production nucléaire : il faut maintenir un MINIMUM de 75% 
d'électricité nucléaire dans le mix électrique (au lieu de vouloir 
imposer une baisse à marche forcée à 50%, obligeant à fermer des 
unités de production performantes et propres, alors que le besoin 
électrique va croître.

Nous avons besoin, non pas de diminuer, mais au contraire de 
produire DAVANTAGE d'électricité propre !

Pour le TESLA TRUCK : le prix d'achat sera cher (il n'a même pas 
été mentionné hier), mais sur la vie du camion (garanti par TESLA 
pour plus d'un million miles), le prix de revient kilométrique 
sera 20% à 50% moins cher par kilogramme transporté qu'un camion 
diesel. De même que pour une voiture électrique, le prix d'achat 
est plus cher qu'une voiture à essence, mais sur la durée de vie 
du véhicule, le prix de revient kilométrique est environ moitié 
moins cher. Ces camions TESLA électriques jusqu'à 40 T accélèrent 
accessoirement comme une Porsche (100 km/h en moins de 6 secondes 
à vide), ce qui n'est pas très utile en pratique (sauf pour la 
vanité du camionneur qui pourra briller dans les salons en le 
racontant) si ce n'est pour monter plus vite des pentes plus 
abruptes que les camions diesel. Les TESLA TRUCK auront 800 km 
d'autonomie (en vitesse de croisière sur l'autoroute et à pleine 
charge), pourront rouler en convoi (avec un seul conducteur par 
convoi) et seront extrêmement sûrs. Ils pourront se recharger à 
grande vitesse sur les nouveaux MEGACHARGERS qui seront déployés 
par TESLA sur les autoroutes du monde entier : les TESLA TRUCK 
rechargeront 600 km d'autonomie en 30 minutes (temps inférieur à 
la durée de pause obligatoire des camionneurs, donc aucune perte 
de temps). Excellent CX de 0,36 pour un camion (dont le nez prend 
une forme de TGV). Le camion sera garanti pour 1 million de miles 
(1 million 600 000 kilomètres) en tout cas pour la carrosserie et 
les moteurs (il n'a pas été précisé si cette garantie portera 
aussi sur les batteries, mais actuellement les batteries de MODEL 
S sont encore bonnes et perdent moins de 20% de leur capacité même 
après plus de 500 000 km, une garantie d'un million de km sur les 
batteries des camions n'est donc pas inenvisageable si elles sont 
bien gérées). La mise en accordéon du camion sera impossible du 
fait de 4 roues motrices avec sécurité active (sécurité accrue). 
Le transport en convois des TESLA TRUCKS reviendra (selon Elon) 
moins cher que le transport par rail. Pour recharger ces camions 
gourmands en électricité, TESLA annonce la création d'un réseau de 
MEGACHARGERS alimentés (en partie) à l'énergie solaire, stockée 
dans des POWER-PACKS TESLA, similaires au réseau actuel de 
SUPERCHARGERS mais beaucoup plus puissants, qui seront destinés à 
recharger les camions et les voitures électriques du futur. Le 
pare-brise du TESLA TRUCK en verre trempé TESLA est même garanti 
anti-explosion atomique ! (voir la vidéo).

Pour la petite voiture sportive, le nouveau TESLA ROADSTER a été 
présenté : c'est une voiture 4 places (le premier TESLA ROADSTER 
n'avait que deux places) même si les deux places arrières seront 
d'un petit format, et il y aura un vrai coffre (le premier 
ROADSTER TESLA n'avait pas de coffre arrière). Ce sera la voiture 
la plus rapide jamais construite en série : moins de 2 secondes 
pour passer de 0 à 100 km/h (plus rapide qu'une fusée Ariane ou 
Saturne V au début du décollage, et encore il s'agit là du modèle 
de base, sans les options plus rapides encore à venir ! Elle aura 
la plus grosse capacité de batterie du marché pour une voiture 
électrique, avec 200 kWh. Cela lui conférera une autonomie record 
de 1000 km (il faudra compter plutôt 700 km en pratique, ce qui 
est déjà une belle performance). La voiture pourra être rechargée 
comme les TESLA TRUCKS sur le futur réseau de MEGACHARGERS, ce qui 
lui permettra de regagner 800 km d'autonomie en une demi-heure. La 
vitesse de pointe de la voiture sera électriquement limitée à 250 
mph soit environ 400 km/h. Le prix de cette voiture en série 
limitée au début (les 1000 premiers exemplaires) sera de 250 000 
dollars, mais le prix des versions de base produites en grand 
nombre par la suite pourrait baisser à environ 50 000 dollars.

Voici enfin des informations pratiques sur les performances et les 
dates de livraisons en France (en principe prévues pour fin 2018) 
de la MODEL 3 pour les détenteurs de réservations :

https://www.tesla.com/fr_FR/model3

et : https://www.tesla.com/fr_FR/support/model-3-reservations-faq

Par rapport à une MODEL S, la MODEL 3 est plus petite (deux fois 
moins de volume dans le coffre), un peu moins longue (4m70 au lieu 
de 5m), moins rapide (5 à 5,6 secondes au 0 à 100 km/h au lieu de 
2,3 à 4 secondes), aussi large (2 mètres), autonomie à peine 
inférieure (400 à 500 km dans la vie réelle), mais surtout deux 
fois moins onéreuse (35 à 65 000 dollars contre environ 75 à 140 
000 dollars).

En bref, le monde de l'énergie et des transports est en pleine 
évolution et en pleine électrification !

Il y aura de plus en plus de km parcourus pour un prix par km de 
moins en moins cher, avec de moins en moins de conducteurs, la 
conduite assistée devenant de plus en plus automatique.

Pour les voitures comme pour les camions le progrès poursuit sa 
course et les transports s'électrifent.

Après les trains qui se sont électrifiés au XX ème siècle, et les 
voitures électriques qui se développent depuis 2010, c'est 
maintenant le tour des camions, suite logique qui devraient comme 
les voitures s'électrifier massivement. Pour les avions, ce sera 
plus compliqué car le poids est un facteur critique, il faudrait 
des batteries plus légères qui n'existent pas encore.

vendredi 30 juin 2017

Dear Président Macron...


Traduction par l'ONG Sauvons Le Climat ici et ci dessous :

1 juillet 2017


A Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron


Monsieur le Président,


Nous vous écrivons en tant qu'environnementalistes, écologistes et climatologues pour vous féliciter de votre victoire dans l'élection présidentielle et pour applaudir votre politique en faveur d'une taxe carbone. Personne n'a autant fait que la France pour diffuser une énergie propre sur un réseau électrique. Sachant cela, nous vous écrivons également pour vous faire part de notre inquiétude devant votre décision d'éloigner la France d'une production nucléaire propre.


Peu de pays ont fait plus que la France pour démontrer les bénéfices humanitaires et environnementaux obtenus par la création d'une société fortement dotée d'électricité nucléaire. Non seulement la France a été l'hôte de conférences sur le climat des Nations Unies, elle est aussi un des pays développés dont les émissions de dioxyde de carbone par habitant sont les plus faibles.


Toute réduction de la production nucléaire en France aura pour effet d'augmenter la production d'électricité par des combustibles fossiles, donc la pollution, au vu des faibles facteurs de charge et de l'intermittence du solaire et de l'éolien. L'Allemagne en est l'illustration parfaite. Ses émissions n'ont pratiquement pas changé depuis 2009 et ont, en fait, augmenté tant en 2015 qu'en 2016, à cause des fermetures de centrales nucléaires. En dépit d'une augmentation de la puissance installée solaire de 4%, et de celle de l'éolien de 11%, la production de ces deux sources a baissé de 3 et 2% respectivement du fait qu'il y a eu moins de soleil et de vent en 2016 qu'en 2015.


Et là où la France a une électricité parmi les moins chères et les plus propres d'Europe, celle de l'Allemagne est une des plus chères et plus sales. L' Allemagne a dépensé près de 24 milliards € de plus que le prix de marché en 2016 pour ses seuls prix garantis d'achat des renouvelables mais ses émissions ont stagné. Il est à prévoir que l'Allemagne n'atteindra pas ses objectifs de réduction d'émissions de 2020, et de loin. Malgré des investissements énormes dans les renouvelables, seulement 46% de l'électricité allemande sont issus de sources d'énergie propre, à comparer aux 93% de la France.


Le solaire et l'éolien peuvent jouer un rôle important en France. Cependant, si la France devait investir dans le solaire et l'éolien de façon comparable à l'Allemagne, il faudrait s'assurer que ces investissements augmentent la part d'énergie propre de la France et ne la diminuent pas malencontreusement. Les renouvelables peuvent contribuer à une électrification plus poussée des transports, celle-ci étant déjà bien entamée avec le réseau ferré mais pouvant être poursuivie avec les véhicules individuels.


Un remplacement du nucléaire par des combustibles fossiles et des renouvelables nuirait considérablement à l'économie française de trois façons : augmentation des prix de l'électricité pour les ménages et l'industrie, la fin des exportations lucratives d'électricité et - peut-être le plus important - la destruction de la filière nucléaire française à l'export. Si le parc nucléaire français est contraint de fonctionner avec un facteur de charge réduit, la filière nucléaire française en sera paralysée par une augmentation de ses coûts et une réduction de ses revenus. A terme, cela conduira à des niveaux de sûreté inférieurs et à une réduction des possibilités de financement de la recherche, du développement, ainsi que des efforts pour l'exportation des technologies nucléaires françaises. Les pays qui cherchent à construire de nouvelles centrales nucléaires veulent, avec raison, savoir que le produit que la France leur vend est un produit dont la France elle-même profite.


Le programme nucléaire français a, par le passé, été l'objet d'admiration dans le monde. La France a fait la preuve, dans les années 1970 et 1980 qu'il est de fait possible pour un pays industrialisé de décarboner son secteur électrique. Pour la France, la prochaine étape, nécessaire afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique et pour l'amélioration de la qualité de l'air, est d'augmenter sa production d'électricité propre à partir de toutes les sources non-fossiles et de réduire massivement l'utilisation des combustibles fossiles dans les secteurs du chauffage et des transports. L'électricité nucléaire devra y jouer un rôle central.


Signataires :


James Hansen, Climate Science, Awareness, and Solutions Program, Columbia University, Earth Institute, Columbia University


Kerry Emanuel, Professor of Atmospheric Science, Massachusetts Institute of Technology


Robert Coward, President, American Nuclear Society


Andrew Klein, Immediate Past President, American Nuclear Society


Steven Pinker, Harvard University, author of Better Angels of Our Nature


Richard Rhodes, Pulitzer Prize recipient, author of Nuclear Renewal and The Making of the Atomic Bomb


Robert Stone, filmmaker, “Pandora’s Promise”


Pascale Braconnot, Climate Scientist, IPSL/LSCE, lead author for the IPCC Fourth Assessment Report and Fifth Assessment Report


Francois-Marie Breon, Climate Researcher, IPSL/LSCE, lead author for the IPCC Fifth Assessment Report


Ben Britton, Ph.D, Deputy Director of the Centre for Nuclear Engineering, Imperial College London


Claude Jeandron, President, Sauvons le climat


John Laurie, Founder and Executive Director, Fission Liquide


James Orr, Climate Scientist, IPSL/LSCE


Didier Paillard, Climate Scientist, IPSL/LSCE


Didier Roche, Climate Scientist, IPSL/LSCE


Myrto Tripathi, Advisor to the president, Académie de l’eau


John Asafu-Adjaye, PhD, Senior Fellow, Institute of Economic Affairs, Ghana, Associate Professor of Economics, The University of Queensland, Australia


M J Bluck PhD, Director, Centre for Nuclear Engineering, Imperial College London


Bruno Comby, President, Environmentalists for Nuclear Energy


Gwyneth Cravens, author of Power to Save the World


Wolfgang Denk, European Director, Energy for Humanity


David Dudgeon, Chair of Ecology & Biodiversity, School of Biological Sciences, The University of Hong Kong, China


Erle C. Ellis, Ph.D, Professor, Geography & Environmental Systems, University of Maryland


Christopher Foreman, author of The Promise & Peril of Environmental Justice, School of Public Policy, University of Maryland


Martin Freer, Professor, Head of Physics and Astronomy, University of Birmingham, Director of the Birmingham Energy Institute (BEI)


Kirsty Gogan, Executive Director, Energy for Humanity


Joshua S. Goldstein, Prof. Emeritus of International Relations, American University


Malcolm Grimston, author of The Paralysis in Energy Decision Making, Honorary Research Fellow, Imperial College London


Mel Guymon, Guymon Family Foundation


Steven Hayward, Senior Resident Scholar, Institute of Governmental Studies, UC Berkeley


Joe Lassiter, Professor, Harvard Business School


John Lavine, Professor and Medill Dean Emeritus, Northwestern University


Martin Lewis, Department of Geography, Stanford University


Mark Lynas, author, The God SpeciesSix Degrees


Michelle Marvier, Professor, Environmental Studies and Sciences, Santa Clara University


Alan Medsker, Coordinator, Environmental Progress - Illinois


Elizabeth Muller, Founder and Executive Director, Berkeley Earth


Richard Muller, Professor of Physics, UC Berkeley, Co-Founder, Berkeley Earth


Rauli Partanen, Energy Writer, author of The World After Cheap Oil


Peter H. Raven, President Emeritus, Missouri Botanical Garden. Winner of the National Medal of  Science, 2001


Paul Robbins, Director, Nelson Institute for Environmental Studies, University of Wisconsin Madison


Michael Shellenberger, President, Environmental Progress


Samir Saran, Vice President, Observer Research Foundation, Delhi, India


Jeff Terry, Professor of Physics, Illinois Institute of Technology


Barrett Walker, Alex C. Walker Foundation


Tim Yeo, Chair, New Nuclear Watch Europe; former Chair, Energy and Climate Change Parliamentary Select Committee