vendredi 26 décembre 2008

Crise : Le nucléaire résistera bien

THE WALL STREET JOURNAL

L'énergie nucléaire est en vogue. L'agence de l'énergie atomique, AEIA, prévoit que l'électricité produite par des réacteurs nucléaires pourrait doubler d'ici 2030.

Les producteurs d'énergie, qui craignent de devoir affronter une pénurie d'uranium, cherchent à régenter leurs fournisseurs. Le groupe Kansai Electric Power - qui consomme environ un tiers de la consommation d'uranium du Japon -- prévoit par exemple d'acheter des mines. Le niveau élevé de la demande pourrait ainsi faire de l'uranium une des matières premières les moins sensibles à un ralentissement économique. Une centrale nucléaire est le type même de projet d'infrastructure qu'un gouvernement peut toujours financer pendant un ralentissement économique, même si le temps nécessaire à la construction implique que les actionnaires soient préparés à un investissement de longue haleine.

Du côté de l'offre, la restriction du crédit a compliqué le creusement de nouvelles mines. Les problèmes de court terme, comme l'innondation de l'importante mine de Cigar Lake au Canada, pèsent également sur la production.

Les prix de l'uranium et les actions des sociétés du secteur des métaux n'ont certes pas été immunisés contre les turbulences des marchés. Le prix du métal au comptant a chuté de 40% cette année. Mais cela reflète en partie la sortie précipitée des fonds alternatifs. Les analystes soulignent que les prix des contrats à terme se tiennent beaucoup mieux.

Dans le même temps, les transactions se multiplient. L'Australie a livré pour la première fois de l'uranium à la Chine le mois dernier. La semaine dernière, le groupe indien Nuclear Power Corp a négocié avec Areva pour créer une chaîne d'approvisionnement en Inde, ce qui serait le premier accord de ce type avec un acteur étranger dans un pays où pas moins de 14 centrales nucléaires doivent être construites. L'augmentation potentielle des capacités et la consommation quotidienne des réacteurs procurent donc un avenir brillant à l'uranium- du moins si on le compare aux matières premières plus cycliques. - Nisha Gopalan et Mohammed Hadi, THE WALL STREET JOURNAL

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