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dimanche 30 octobre 2011

Quel mix énergétique pour l'Afrique ? une place pour des centrales au Thorium assez sures et rentables ?

L'option du nucléaire civil, à priori peu recommandée pour l'Afrique, tant sa maturité politique et technologique effraie, mérite qu'on y réfléchisse sereinement vu les périls qui la menacent : précarité énergétique, vulnérabilité aux prix des énergies fossiles payées en monnaie forte, mortalité énorme liée au faible développement.

Extrait de l'interview d'un visionnaire africain : 

"je pense que l’on peut aujourd’hui se donner les moyens de développer un nucléaire qui pourrait nous affranchir de ce type d’accident. En utilisant le thorium qui est pour moi, l’autre source d’énergie beaucoup plus abondante que l’uranium. Ce qui nous permettrait d’éviter de produire du plutonium qu’on utilise beaucoup plus dans le domaine militaire. Le thorium qu’on pourrait considérer comme le nucléaire domestique ne permettrait pas de produire du plutonium ; mais aussi, il saurait nous préserver des déchets nucléaires nocifs qui pourraient être très dangereux. Et, en combinant ce type de système avec un accélérateur de particules susceptible de prévoir le fonctionnement de ce type de réacteurs. Ce qui permettrait d’obtenir un niveau de sûreté inégalé, et carrément de s’affranchir de possibles accidents comme on l’a vu à Tchernobyl et de risque de fusion des cœurs comme on l’a vu à Fukushima récemment."


Article de SudOnline :



Des Africains qui militent chaque jour pour un renouveau du continent, il y en a encore. Et, Yacine Kadi en fait partie. Spécialiste de la physique appliquée au Cern*, le dynamique personnage qui cache son visage derrière ses lunettes de correction, est d’origine algérienne. Depuis plus d’une dizaine d’années, il travaille comme l’ensemble des chercheurs présents dans ce centre d’excellence de la recherche nucléaire sur les origines de la matière. Partagé entre ses activités beaucoup plus terre à terre liées la physique des matériaux, pour résoudre des problèmes ordinaires de la vie, mais aussi pour le développement de certaines technologies, capables d’être adaptées au domaine médical, à travers la production de radios isotopes, (dans l’imagerie médicale par exemple), Yacine Kadi se bat aussi pour la promotion d’une énergie nucléaire propre capable de sortir le continent africain du sous-développement et des pénuries récurrentes dans la fourniture d’électricité. Combattant infatigable d’une cause qu’on peut encore juger osée pour le continent, Yacine Kadi est au cœur d’un challenge immense : celui de tirer le continent vers le haut à travers l’accès rapide aux sources d’énergie nucléaire et accessoires technologiques nouvelles peu consommatrices d’énergie.
 
Yacine Kadi, nous sommes dans les locaux du Perimeter institute dans l’enceinte de l’Université de Waterloo pour parler d’énergie à l’horizon 2030. Loin des problèmes d’accès à l’électricité, l’essence ou le gaz à Dakar, Accra ou Kinshasa, que vous inspire cette échéance ? Quelles sont les urgences et à quoi peut-on s’attendre en matière de disponibilité en pétrole, gaz dans les années qui viennent.


Les urgences sont claires. Je crois qu’on s’en est rendu compte. Déjà, on a deux problèmes : on sait que certains pays consomment aujourd’hui énormément d’énergie. D’autres n’en consomment presque pas. Une des premières observations est à ce niveau. Je crois que le problème de l’énergie est inscrit dans une sorte d’urgence qui a été déjà posé depuis pas mal d’années et je crois qu’on est déjà bien en retard par rapport aux solutions qu’on devrait appliquer si on veut améliorer le sort des sociétés du monde.
On constate aujourd’hui que le réchauffement climatique est bien visible pour certains pays notamment. Cela, bien qu’il y ait encore des détracteurs qui estiment que tout cela est un effet biologique et atmosphérique ; que le réchauffement n’est pas du fait de l’homme. L’autre chose qui m’a le plus choqué est la disparité en termes d’utilisation de l’énergie dans le monde. Certains pays continuent à utiliser de l’énergie de manière très importante, se permettant même de la gaspiller ; d’autres en consomment beaucoup moins et n’arrivent pas à se développer.

Avec les conséquences graves que l’on connaît au niveau stabilité politique, financière, avec comme corollaire, la pauvreté et le chômage. Il est malheureux qu’en 2010, plus de la moitié de la population au monde, n’arrive pas à disposer d’énergie et est vouée à rester pauvre. Le problème étant finalement que les sources d’énergie qui sont utilisées aujourd’hui ne sont pas inépuisables. Or au même moment, les autres sources qui existent, plus durables sont sous-exploitées. Pour dire que 2030, je trouve que c’est déjà un peu tard ; mais c’est l’horizon idéal aujourd’hui pour le déploiement de technologies futures, si vraiment on se donne les moyens.


« Si on parvenait à dédiaboliser le nucléaire… »


Alors vous êtes un adepte du concept de Green nuclear power au moment où après la catastrophe de Fukushima au Japon, le monde semble vouloir tourner le dos au nucléaire. D’où viennent vos certitudes ?


C’est vrai que le dire aujourd’hui me paraît complètement provocateur. Utiliser le terme vert pour le nucléaire paraît un peu osé pour le monde surtout après la catastrophe japonaise avec toute la production de déchets nucléaire dans le monde, aussi avec la prolifération des mêmes déchets et des accidents. Ma conviction est que nous avons aujourd’hui les moyens technologiques qui nous permettraient de nous affranchir de ces fléaux. C’est une technologie qui nous permettrait de rendre le nucléaire beaucoup plus propre et aussi de le rendre beaucoup plus démocratique si je peux utiliser ce terme. Donc, un nucléaire qu’on pourrait utiliser dans beaucoup de secteurs comme la santé par exemple. Et pour moi, c’est une vision assez noble.

Il faut dire que le nucléaire a été surtout développé pour des usages militaires ; il a été converti par la suite à des usages civils  pour produire de l’électricité  et tout le monde en jouit aujourd’hui. Il a été utilisé par certains pays comme une arme de dissuasion  surtout pendant la guerre froide. Et pour certains pays accéder au nucléaire est une manière de s’imposer sur l’échiquier mondial ; c’est aussi une arme et je pense que si on parvenait à le « démocratiser »  et à le dédiaboliser  dans des options plus adaptées et accessibles à tous les pays, en supprimant le volet seulement militaire, ce serait une source énergétique idéale pour l’accès à une énergie suffisante et abondante pour les pauvres et les pays émergents. C’est un marché durable et s’il est maîtrisé, il peut être une source assez sure.


On a l’impression que tout d’un coup les pays en développement se sont rendu compte que l’exploitation de la source d’énergie nucléaire est aussi possible chez eux et qu’il pourrait peut être devenir plus rentable que les autres sources fossiles comme le pétrole ?


Je crois  que ce qu’on a vu après l’accident de Tchernobyl qui a été un désastre pour le nucléaire, est qu’il a beaucoup ralenti le développement de la recherche sur ce type d’énergie dans le monde. Certains pays n’ont pas hésité à dresser des moratoires pour l’abandon du nucléaire ou encore d’arrêter la construction de centrales. Ce qu’on a observé c’est que 20 ans après, le prix du pétrole avait augmenté et avait tellement cru que certains pays en voie de développement ont pris la décision de se tourner vers ce type d’énergie pour vaincre avec les pénuries. Et c’était encore moins cher que d’importer du gaz ou du pétrole. Ce qui a d’ailleurs expliqué ce boom où l’on va voir des pays comme l’Iran, le Venezuela, le Brésil, la Turquie,  les Emirats, l’Indonésie, le Vietnam, qui, aujourd’hui considèrent qu’ils devraient construire des centrales nucléaires ; non pas pour s’imposer sur l’échiquier mondial, mais pour disposer d’une source d’énergie bon marché. Des analyses financières ont été faites et ont montré que le nucléaire était quelque chose de rentable au jour d’aujourd’hui. Malheureusement, on a eu l’accident de Fukushima, il y a quelques mois et les premières réactions sont tombées, comme l’arrêt du nucléaire programmé en 2020 en Allemagne. La Suisse ne pense pas renouveler ses cinq centrales nucléaires. Et on ne sait toujours pas ce qui va se passer au Japon. Donc pour répondre à la question, je pense que l’on peut aujourd’hui se donner les moyens de développer un nucléaire qui pourrait nous affranchir de ce type d’accident. En utilisant le thorium qui est pour moi, l’autre source d’énergie beaucoup plus abondante que l’uranium. Ce qui nous permettrait d’éviter de produire du plutonium qu’on utilise beaucoup plus dans le domaine militaire. Le thorium qu’on pourrait considérer comme le nucléaire domestique ne permettrait pas de produire du plutonium ; mais aussi, il saurait nous préserver des déchets nucléaires nocifs qui pourraient être très dangereux. Et, en combinant ce type de système avec un accélérateur de particules susceptible de prévoir le fonctionnement de ce type de réacteurs. Ce qui permettrait d’obtenir un niveau de sûreté inégalé, et carrément de s’affranchir de possibles accidents comme on l’a vu à Tchernobyl et de risque de fusion des cœurs comme on l’a vu à Fukushima récemment.


« Le nucléaire n’est pas seulement réservé aux riches. Il peut être démocratisé et développé partout. »


Vous avez posé tout à l’heure un regard sur la problématique géopolitique qui est celle du nucléaire. Aujourd’hui, à la lumière des études, des savoirs et savoir faire, on a peur que l’accès aux sources d’énergie divise le monde en deux pôles : le solaire, l’éolienne pour les pauvres, et une autre, à faible coût le nucléaire, pour les riches. C’est véritablement l’enjeu par rapport à l’accès au nucléaire dans le monde ? Des experts comme vous, africains qui travaillez dans des centres de recherche international sur l’énergie, que dites-vous aux politiques africains pour changer les voies de la négociation en matière d’accès à l’énergie ? Le nucléaire possible ou non en Afrique ?


Je pense que comme vous l’avez souligné, le nucléaire est véritablement devenu une arme. C’est clair. C’est aussi l’expression d’un certain niveau de développement technologique. Un Etat qui possède une industrie nucléaire, est un Etat fort. C’est un signe de fierté d’être arrivé à un certain niveau de développement technologique. Ca c’est aussi valable avec des indicateurs comme l’accès à l’internet. C’est quelque chose auquel tout le monde a accès aujourd’hui. Donc tout le monde a désormais accès aux connaissances. Et dans ce contexte, on peut prévoir dans le futur, que tout le monde ait accès à ce type de source d’énergie. Comme quoi, cela ne devrait pas être laissé seulement aux pays riches. Le nucléaire n’est pas seulement réservé aux riches. Il peut être démocratisé et développé partout.


C’est sur point précis que vous autres avez un rôle à jouer. C’est le moment d’interpeller tous les spécialistes de l’énergie en Afrique. Ceux qui vivent en Europe, en Amérique et ailleurs. Avez-vous un réseau qui vous permet de travailler ensemble sur des solutions adaptées au continent ? Mais, également pour conseiller les politiques qui ont le pouvoir et leur dire voici une des voies pour un futur développement ? L’Afrique étant encore le continent le plus mal éclairé au monde. Il suffit de jeter un œil sur la carte une fois, la nuit tombée…


Notre mission, disons, est d’essayer d’apporter des éléments de réponses à certains problèmes d’ordre scientifique, technologique. Je crois que c’est une mission qui est très noble. Et, on a beaucoup d’échanges avec nos collègues et frères en Afrique. Des échanges scientifiques. C’est un discours qui doit être compris çà tous les niveaux. Je pense que promouvoir cette idée est quelque chose de très facile, mais, la faire adopter au niveau politique reste l’obstacle, je dirais même le handicap majeur. Pourquoi ? Parce que, mis à part l’aspect technologique, il y a aussi le contexte industriel et toute la stratégie autour. De grands groupes se partagent aujourd’hui, le monde de l’industrie nucléaire ; ils se comptent d’ailleurs sur les doigts d’une main et là, il est clair qu’il y a beaucoup d’enjeux notamment autour de l’uranium, et la maîtrise des mines dans le monde. C’est un enjeu économique très important. Je pense notamment à la France et son rôle en Afrique pour ce qui est de l’extraction de l’uranium. La mise en place des technologies nucléaires est aussi réservée à certaines industries dans les pays riches. Donc, démocratiser tout cela, bein, va demander que tout le monde joue le jeu. Que ça soit les pays industrialisés, mais aussi les gouvernements africains.


C'est-à-dire qu’il y a besoin de mettre sur pied un cadre approprié dont il faudrait définir le rôle et les contours pour le futur proche…


Moi je verrai bien entre 2020 et 2030,  la mise en place d’un prototype que l’on va appeler (je ne voudrais pas l’appeler le réacteur du pauvre), Mais, un réacteur démocratique que l’on pourrait vendre à tout le monde. Il pourrait se faire à travers la mise en place d’un consortium avec une collaboration multinationale telle qu’elle a été conçue pour la construction du prototype de réacteur à fusion nucléaire EPR* qui regroupe un certain nombre de pays développés comme les Etats-Unis, l’Europe, la Corée, le Japon, le Brésil. Donc, pourquoi pas mettre en place, sous l’égide de l’Aiea*, un consortium multilatéral qui permettrait de mettre en place un premier prototype qui pourrait ensuite, s’il est validé, être déployé, à travers tout le continent. Ce serait un réacteur pour l’Afrique.


Alors Yacine Kadi, Oui, pour le nucléaire propre en Afrique. Mais, on ne peut éluder une autre question énergétique liée aux sources nouvelles et renouvelables : il s’agit de la future centrale solaire qui est entrain d’être construite dans le désert du Sahara en Afrique. Qu’est ce que cela vous inspire ? Quand on sait que le projet cherche plus à alimenter en énergie, les pays riches du nord et non, ceux plus pauvres du continent ?


Oooh. J’ai deux visions la dessus : contradictoires d’ailleurs. La première, c’est que le solaire, je pense que c’est une bonne chose. Et, on est béni par Dieu pour la disponibilité de cette source d’énergie. On bénéficie d’un ensoleillement très important sur le continent. Et,  si la mise en place de cette centrale nous permet d’économiser nos ressources, en pétrole, en gaz, de les laisser là où elles sont, c'est-à-dire, sous terre, et de profiter du solaire qui nous tombe dessus, je pense que ce serait quelque chose de très bien. On aura participé à la mise en place d’un système énergétique qui nous permettrait de réduire l’empreinte de carbone sur la planète. Je suis convaincu que c’est beaucoup plus rentable de vendre de l’électricité que de vendre du pétrole ou du gaz.


L’électricité a une certaine plus value et je pense que c’est un produit qui est beaucoup plus rentable. Aujourd’hui, on pense installer des panneaux solaires dans le Sahara et envoyer l’énergie à bord des électro ducs jusque dans l’Europe du sud, et ensuite le connecter au réseau européen, Je crois qu’on pourrait tout aussi faire la même chose dans le sens inverse, et le réorienter de l’autre côté, en envoyant des électro ducs ou en installant des poteaux électriques vers les pays africains. Et, le Sahara est tout aussi grand pour pouvoir répondre à la demande énergétique que l’on connaît aujourd’hui en Afrique.

C’est une très belle chose et le fait que l’initiative soit européenne,  je crois que c’est un atout pour le savoir faire. Cela permettra de transférer la technologie. On est demandeur ; y a pas de souci. On va apprendre et après, déployer nous-mêmes. Je crois que c’est tout bénef. C’est ma vision. L’autre chose est qu’on aurait pu faire ça avec le nucléaire. Et, je pense qu’il faudrait utiliser ce type de montage pour développer le nucléaire africain à travers une installation pilote qui répondrait à la demande, aux caractéristiques et aux contraintes qui sont les nôtres en terme de complexité du système ; donc avoir un réacteur simple à utiliser.


Un réacteur sûr qui ne soit pas demandeur de technologies trop poussées et qui permettrait un déploiement à grande échelle et dans une durée de vie assez réaliste. Maintenant, si les décideurs politiques manifestent la volonté, c’est un réacteur qui peut se faire assez rapidement.


Cet entretien a été réalisé dans les locaux du Perimeter Institute (University of Waterloo, Ontario, Canada)


NOTES

•    Centre européen de recherche nucléaire, ce centre s’occupe principalement de la physique des particules. Le Cern est aussi un centre basé  sur un complexe d’accélérateurs de particules utilisées comme microscope pour sonder la matière et ses composantes.
•    Le réacteur EPR (European Pressurised Reactor) est un réacteur à eau sous pression (REP) de la classe des 1 600 MWe. Ce réacteur de nouvelle génération, destiné à prendre la relève des centrales actuellement en exploitation, est construit par Areva. Le premier EPR français devrait être implanté en 2012 à Flamanville, dans le Cotentin. L'EPR devrait permettre de produire une énergie 10 % moins cher au kWh que le nucléaire actuel, et 20 % moins cher que le gaz. Un gain obtenu notamment par la puissance accrue du réacteur (1.600 Mwe contre 1450 Mwe aujourd'hui), la diminution de 15 % de l'uranium nécessaire pour produire l'électricité, la durée de vie égale non plus à 40 mais à 60 ans, le délai de construction ramené à moins de 5 ans.
•    L’Agence Internationale à l’Energie Atomique ;



ENCADRE
Le parcours d’un battant


Le parcours de Yacine Kadi est plus ou moins classique. D’origine algérienne, il a fait ses premiers pas dans un lycée français en Algérie. Fils de diplomate, l’enfant a suivi son pater un peu partout dans le monde. Une chance à une certaine époque… Le jeune garçon en profite pour devenir une sorte de polyglotte qui a appris plusieurs langues. Son ouverture d’esprit, comme il le dit lui-même à travers le cheminement constant qui a été le sien avec la rencontre d’autres cultures dans le monde, ont fini par faire de lui un homme du monde. Mais avant tout, un Africain qui a su se construire une carapace d’homme de sciences.


Amoureux de la physique nucléaire par-dessus tout, le jeune Yacine Kadi est déjà un curieux à ses débuts. Dans l’Algérie de l’époque qui comptait beaucoup de médecins et d’ingénieurs, et qui était à la recherche de scientifique de renom dans le domaine de la physique nucléaire, il s’est lancé dans la physique et l’ingénierie sans savoir qu’il allait être pris ailleurs et loin de son pays d’origine.  Le voilà donc en Angleterre après son baccalauréat préférant à la voie royale française avec ses écoles d’ingénieurs, un institut de physique appliquée à la méthode anglo-saxonne. Et tout est parti de là.


Rentré en Algérie après son diplôme d’ingénieurs, histoire d’intégrer le Centre national de recherche nucléaire qui débutait ses programmes, il a reçu le conseil de quelques sages qui ont lui auraient suggéré de poursuivre ses études jusqu’au doctorat ou un diplôme équivalent à l’étranger. C’est ainsi qu’il débarque à Zurich pour un institut qui travaille sur les questions de physique, et le voilà qui atterrit finalement au Cern à Genève. Aujourd’hui, son principal défi est de travailler sur un domaine aussi innovant et osé, à savoir la promotion d’une énergie nucléaire propre et pour tous. L’homme parle de Green nuclear energy. Une sorte de centrale nucléaire propre parce que verte. Yacine Kady milite aussi pour l’usage d’accélérateurs capables de combattre les tumeurs cancérigènes. Le dernier domaine qu’il n’a pas fini d’explorer est dans l’usage des accélérateurs dans les sphères énergétiques. Et, là, ses recherches ont fini par le  mener vers la conception de réacteurs nucléaires de type nouveau moins dangereux.


  

dimanche 2 mars 2008

"CRISE ENERGETIQUE : Le nucléaire, solution de rechange pour l’Afrique ?"

L'afrique interessée par le nucléaire : un espoir pour son développement ?


"Le pétrole se fait de plus en plus rare et cher. Cette tendance handicape sérieusement les pays africains qui n’en produisent pas. Le temps est sans doute venu, pour le continent, d’investir davantage la piste du nucléaire. Concomitamment à celle des énergies renouvelables...
Le cours du pétrole fait du yo-yo autour de la barre psychologique des 100 dollars le baril. Passé en dessous quelques semaines plus tôt en raison du ralentissement de l’économie américaine et plus largement mondiale, il est remonté, ces derniers jours, à son plus haut, poussé par la spéculation sur les risques pesant sur le marché.
La constante du prix du brut reste sa tendance haussière, car la demande continuera de s’accroître beaucoup plus fortement que la production. Les projections les plus optimistes laissent croire qu’il ne reste au monde pas plus de 40 années de disponibilités en pétrole. Certains experts raccourcissent même ce délai d’une dizaine d’années, en raison de la pression exponentielle de la consommation.
Le monde ne manquera sans doute jamais d’énergie. Mais faut-il qu’il s’attelle plus intensivement au développement des alternatives au pétrole, dans le même temps que les réserves de celui-ci courent inexorablement à leur épuisement. Selon la société britannique, « New Energy Finance », une référence dans la mesure des investissements consentis dans les nouvelles énergies, l’année dernière, les investissements mondiaux dans l’éolien, le solaire, les biocarburants et la biomasse, ont progressé de 41%, pour atteindre 117 milliards de dollars US. La tendance est sans doute bonne. Mais elle fait une part trop belle aux biocarburants.
L’on nourrit, à cet égard, le projet de faire de l’Afrique un espace largement dévolu à la production d’énergie verte.
Ce dessein n’est pas mauvais en soi, puisque l’Afrique est le continent qui souffre le plus de la crise du pétrole. Toujours est-il que les biocarburants sont loin d’être la panacée pour elle. Leur production consomme beaucoup de terre, d’eau et d’énergie et risque de se faire au détriment des autres cultures vivrières. Plus de terres et de céréales seront consacrées à la production de biocarburants, plus la nourriture se fera rare et chère. Le juste équilibre entre énergie et nourriture est assurément à trouver. C’est ainsi que de plus en plus d’experts africains sont convaincus qu’il est temps pour l’Afrique d’investir la piste du nucléaire, concomitamment à celle des énergies renouvelables.
Applications positives dans l’agriculture et la santé
En fait, l’Afrique n’a pas à ce jour, été totalement exclue du bénéfice des apports positifs du nucléaire. L’Accord régional de Coopération pour l’Afrique pour la recherche, le développement et la formation liés aux sciences et techniques nucléaires (AFRA) permet aux 26 pays signataires de tirer partie d’infrastructures et d’expertise en la matière, sous l’égide de l’Association Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). L’appui que leur apporte l’AIEA a, jusque-là, trait à la formation aux sciences et technologies nucléaires, à leur application dans l’agriculture pour l’amélioration des semences et la production de nouvelles variétés de sésame en Egypte, de manioc au Ghana, de banane au Soudan ou encore de coton en Zambie. Et dans la santé, notamment dans la lutte contre le cancer et la maladie du sommeil.
L’ère de l’énergie électrique d’essence atomique
Certes, l’intensification et l’élargissement de l’usage de ces différentes applications du nucléaire civil contribueraient considérablement à la réduction de la pauvreté et de la maladie en Afrique. Mais il convient en outre, de franchir le Rubicon et permettre à ce continent de prendre résolument pied dans l’ère de l’énergie électrique d’origine atomique. Présentement, sur les 442 centrales nucléaires qui produisent 359 GW d’électricité à travers le monde, pour l’Europe et les Etats-Unis principalement, seule une fonctionne sur le continent, précisément en Afrique du Sud. Et sa production est encore bien en deçà des besoins énergétiques de ce pays accrus par la crise du pétrole.
Membre de l’Agence internationale pour l’énergie atomique et signataire du Traité de non-prolifération nucléaire, Pretoria a démantelé son armement atomique au début des années 1990, durant la transition du régime d’apartheid à la démocratie arc-en-ciel. Il entend aujourd’hui renforcer son parc de centrales nucléaires à partir de son propre uranium - et non plus seulement avec le minerai enrichi importé de France - afin de répondre à ses besoins croissants et de sécuriser l’approvisionnement énergétique d’un pays récemment touché par d’énormes pannes d’électricité.
A l’instar de l’Afrique Sud, de plus en plus de pays africains considèrent, avec raison, que l’utilisation de l’énergie nucléaire pour produire de l’électricité est un choix stratégique qui ne doit plus seulement être l’apanage des grandes puissances ou de quelques pays asiatiques émergents. A plus ou moins long terme, c’est une alternative qui s’imposera incontestablement à tous les pays, aussi bien à ceux qui ont encore des réserves d’énergie fossile que ceux qui n’en ont pas dans leur sous-sol. C’est fort de cela que l’Algérie, l’Egypte, le Nigeria et le Sénégal ont exprimé leur volonté de développer chez eux, le nucléaire à des fins énergétiques.
Utopique ? Pour Christian Sina Diatta, ministre sénégalais des biocarburants, des énergies renouvelables et de la recherche scientifique et spécialiste en la matière : « Ceux qui pensent que le nucléaire est un rêve se trompent ». S’expliquant sur la question dans la presse, il déclarait en substance : « Nous ne partons pas de zéro. Nous disposons d’ingénieurs en génie nucléaire qui sont à l’étranger dans certains laboratoires de renommée internationale.
Réponse positive de la Russie à des prétentions africaines
Avec l’AIEA, nous avons une longue histoire d’interaction. Nous sommes à même de réunir les conditions pour que des promoteurs et des pays amis puissent installer des centrales nucléaires au Sénégal, produire en toute sécurité de l’électricité à bien moindre coût, sans que l’Etat n’ait à débourser un sou ».
L’on appréciera à cet égard la réponse positive de la Russie qui a récemment fait part de sa disponibilité à aider le Sénégal à mettre en place une centrale nucléaire. Cette assurance a été donnée par le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Ravrov, quelque temps après la signature avec son homologue égyptien un accord de coopération pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Prête à soutenir le développement du nucléaire à des fins économiques sur le sol africain, Moscou est la grande puissance qui a le plus fait montre de dispositions pour le partage de moyens et technologies à ce dessein, jusqu’à être en porte-à-faux avec les Etats-Unis, dans ses relations avec l’Iran.
Côté occidental, les réticences se lèvent peu à peu sur la perspective du nucléaire africain. La France a des visées sur l’Algérie, la Libye et l’Afrique du Sud, par le canal d’AREVA. Il en est de même des Etats-Unis sur le Maroc qui serait près de lancer son premier réacteur nucléaire de recherche et d’expérimentation. Cet intérêt pluriel est bien évidemment à la mesure de l’important marché que pourraient représenter les filières nucléaires en Afrique, dans les conditions optimales de sécurité et de contrôle de son développement.
L’obstacle majeur à surmonter est d’ordre sécuritaire, sur un continent où nombre de paramètres de l’industrie classique ne sont pas encore maîtrisés. L’Afrique a dans tous les cas, donné ses meilleurs gages de confiance avec l’adhésion de la majorité de ses Etats au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), et l’acceptation de la soumission de toute installation nucléaire aux garanties de l’AIEA.
La contrepartie de cet engagement résolu en faveur de la non-nucléarisation militaire, la promotion de la paix et de la sécurité internationales, ne saurait être que le respect du droit légitime du continent d’accéder à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, pour son développement.
La dénucléarisation pour une énergie de développement
Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) entré en vigueur en mars 1970, vise le désarmement nucléaire de grandes puissances et le verrouillage de l’accès aux armes atomiques aux pays qui n’en possèdent pas. En échange de leur renonciation à la bombe atomique, ces derniers ont droit à la technologie requise pour une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire conformément aux garanties l’AIEA.
À l’heure actuelle, Israël, le Pakistan et l’Inde sont les seuls pays officiellement détenteurs de l’arme nucléaire qui n’ont pas ratifié le traité. Craignant pour sa propre sécurité par rapport aux Américains et son voisin méridional, la Corée du Nord à eu à s’en retirer, afin de se tailler librement un bouclier nucléaire. Avant d’accepter un compromis négocié avec les Etats-Unis, en 2007. L’on accuse l’Iran d’Ahmedinijad de chercher à développer l’arme atomique pour « détruire » ou faire contrepoids à Israël qui serait doté d’une solide capacité nucléaire. Des informations récemment rendues publiques par les services secrets américains semblent infirmer ces accusations qui ont valu à l’Iran des condamnations successives de la part des Nations Unies, à l’instigation des Etats-Unis.
Quoi qu’il en soit, Israël, le Pakistan, l’Inde, l’Iran et la Corée du Nord présentent chacun des défis distincts pour le renforcement du régime de non-prolifération. Les enjeux qui motivent ces pays à se doter d’armes nucléaires doivent être considérés dans le contexte plus large de leur sécurité nationale. Israël s’est doté de l’arme nucléaire pour garantir sa sécurité nationale envers les États arabes voisins dont certains, l’Iran actuel principalement, refusent de reconnaître son droit à l’existence. L’Iran est inversement en situation de tenter d’obtenir une puissance analogue ou supérieure.
Des garanties positives de la part du Conseil de sécurité, notamment une déclaration conjointe des États-Unis et de la Russie établissant clairement le droit à l’existence d’Israël à l’intérieur de frontières préétablies, pourraient inciter l’État hébreu à renoncer à sa capacité nucléaire. Lorsque les États arabes voisins auront l’assurance qu’Israël ne possède plus d’armes nucléaires, ils pourraient ne plus s’intéresser au nucléaire qu’à des fins exclusivement économiques, conscients qu’ils sont que leurs réserves de pétrole tirent à leur fin. La paix au Moyen-Orient ne pourra être obtenue uniquement parce qu’Israël aura renoncé à l’arme atomique.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies doivent être des chefs de file dans la recherche de solutions aux conflits, non seulement au Moyen-Orient, mais également en Asie du sud-est et dans la péninsule coréenne. Avec eux, la communauté internationale doit intensifier les efforts en vue de la dénucléarisation militaire de la planète, sans exclusive. La première étape serait la relance immédiate d’un dialogue sérieux pour la création d’une zone définitivement exempte d’armes nucléaires couvrant tout le Moyen-Orient.
Les puissances nucléaires, pour être crédibles à cet égard, doivent donner l’exemple, manifester un engagement plus ferme pour le démantèlement de leurs propres arsenaux atomiques. Sinon, c’est la viabilité du régime de non-prolifération qui sera remise en question. Et l’élargissement de l’utilisation du nucléaire à des fins pacifiques, économiques, pour le développement, compromis un peu partout, sous les latitudes où on en a le plus besoin."

L'artcile ici.

samedi 25 août 2007

La Guinée veut se lancer dans le nucléaire

"Après la découverte de gisements d'uranium ce mois-ci sur son territoire, la Guinée [souhaite mettre en place un programme national d'énergie nucléaire]
..."


L'article complet ici.

Et bientot des informations sur l'implantation du nucléaire en afrique : radio RFI (Paris : 89 FM 27/08/2007 à 8h45)