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vendredi 12 décembre 2025

Arte et uranium : voici une belle vidéo de propagande

Chers amis du nucléaire propre et respectueux de l’environnement,

Voici une belle vidéo de propagande :

https://youtube.com/shorts/1AI0mf_52pA

Elle est un peu simplette (comme les vidéos antinucléaires des Simpsons dans les années 1970 dont ils se sont manifestement inspirés).

Cette vidéo fait plus de dégâts dans les esprits que la radioactivité de l’uranium ne fait de victimes sur les champs de bataille.

Car tout est faux !

En effet l’uranium n’est pas un “déchet nucléaire” (c’est répété plusieurs fois) et il n’est pas “produit par les centrales nucléaires”, il est juste ramassé dans la nature et c’est le produit naturel qu’on charge dans les centrales nucléaires, comme le bois qu’on met dans une cheminée.

L’uranium “appauvri” utilisé pour fabriquer certains obus contient 99,7% d’uranium 238 qui est le plus naturel des deux (rappel : il y a 99,3% d’uranium 238 et 0,7% d’uranium 235 dans la nature) et c’est le MOINS RADIOACTIF des deux isotopes de l’U : l’U238 (demi-vie 3,5 milliards d’années donc très peu émetteur) est MOINS radioactif que l’U235 (demi-vie 750 millions d’années, très peu émetteurs aussi).

L’uranium appauvri en U235 (donc plus riche en U238) est donc MOINS radioactif que l’uranium naturel, qu’on trouve partout dans la nature à une concentration de 3 ppm (parties par million) dans la croûte terrestre (il y en a plus de 100 kg de manière naturelle dans mon jardin sur une épaisseur d’une vingtaine de mètres). 

L’uranium n’est quasiment pas (très très peu) radioactif : la demi-vie est de 3.5 milliards d’années (pour l’isotope 238 qui est le plus abondant dans la nature et plus abondant encore dans l’uranium appauvri).

C’est d’ailleurs pour cela (car sa demi-vie est très longue) qu’il y en a encore dans la nature, car il s’est formé lors de la naissance du système solaire et comme il se décompose très très peu et très très lentement il est encore là… il n’est quasiment pas radioactif et donc pas dangereux du fait de sa radioactivité.

En fait, c’est un élément chimique quasiment stable… 

Autrement dit cette petite animation est de la désinformation qui joue à nous faire peur avec un uranium quasiment pas radioactif…

Le problème lors de l’utilisation de ces armes, c’est la bombe qui vous explose à la figure, pas le fait qu’elle contienne de l’uranium très peu radioactif. 

Avant de contenir de l’U, les obus contenaient du plomb ou du mercure (très neurotoxiques), ou d’autres métaux lourds eux aussi très denses (mais un peu moins que l’U) donc excellents pour percer des blindages et qui sont eux aussi, comme l’U, toxiques chimiquement.

L'uranium est le 48e élément naturel le plus abondant dans la croûte terrestre, son abondance est supérieure à celle de l'argent, comparable à celle de l'arsenic, mais quatre fois inférieure à celle du thorium. Il se trouve partout à l'état de traces, y compris dans l'eau de mer. 
Sa proportion dans l’écorce terrestre est d’environ 3 ppm un peu partout, par exemple dans le bassin parisien, mais beaucoup plus en Bretagne, dans certains coins du massif central, dans le granite et dans les régions uranifères.

Il y a donc environ une moyenne d'une tonne d'uranium par hectare sur 10 m de profondeur.

La France importe environ 12,000 tonnes d'U naturel par an dont environ 6,000 T pour alimenter nos propres réacteurs et environ autant pour l’exportation.

Bruno Comby
President de l’AEPN

https://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium

dimanche 4 janvier 2015

L’Ukraine, terrain d’expérience confirmant la compatibilité du nucléaire avec l’instabilité géopolitique ?



Réaction à l’article du Monde :


Nucléaire et guerre civile en l’Ukraine feront-ils bon ménage ?

L’expérience de 2015 va être l’occasion de confronter cette jeune industrie qu’est le nucléaire civil à certains de ses arguments de contestation traditionnels.

En effet, on entend parfois que l’incapacité de l’humanité à garantir un haut niveau de stabilité militaire et d’organisation civile serait un motif pour récuser l’opportunité de développer largement cette technologie porteuse d’espoir.
Pourtant, faute d’alternative crédible pour sortir des énergies fossiles (les EnR ne suffiront pas, loin s’en faut), limiter les tensions géopolitiques et les guerres à venir par un couple EnR+Nucléaire parait très séduisant. Sans compter la réduction de la pollution non confinée, faisant des ravages sur la planète, et les menaces dramatiques sur le climat.

Cela mérite donc qu’on étudie attentivement quel scénario incarne le moindre mal.
Si l’énergie nucléaire permet d’économiser jusqu’à 7 millions de vies et améliore grandement le sort des 31 pays qui s’en sont dotés, et si un retour au charbon raccourcirait des dizaines de millions de d’existences (puisque le pétrole et le gaz seront bientôt en voie d’épuisement) il faudrait de terribles accidents nucléaires civils pour contrebalancer ses bénéfices.

Or que constate-t-on ? que les centrales fonctionnent correctement même en zones de tension, même avec une sécurité externe et interne dégradée.

Et quand bien même le refroidissement principal puis de secours viendrait à s’interrompre, l’enceinte de confinement retiendrait l’immense majorité de la radioactivité comme ce fut le cas à Three Miles Island en 1979 grâce à la solide enceinte dont ne bénéficiait pas les centrales de Tchernobyl ou de Fukushima.

Et même si la radioactivité venait à s’échapper massivement, la rapide dilution n’engendrerait que bien peu de mortalité.
Dépasser partout 100 mSv (la dose qui commence à poser problème) au-delà de 10 km de rayon de la centrale est extrêmement difficile durablement.
(Rappel : le nuage de Tchernobyl était dilué 50 000 fois en arrivant en France !)
Les matières les plus dangereuses étant fixées sur place par la simple gravité terrestre.
Pour rappel : la dose et l’intensité fait tout : Les 3 mSv de radioactivité naturelle stimule notre organisme.
Il en serait de même pour une contamination artificielle de 20 mSv ou de 200 étalée sur un an. Pas de 500 étalée sur une semaine.
Bien sûr, on pourrait éventuellement déplorer localement dans ce cas une légère hausse des cancers de la tyroïde si les mesures de confinement des populations n’étaient pas respectées.
Mais, loin de l’idée de banaliser ces terribles épreuves individuelles, ces cancers sont ceux qui se guérissent le mieux.

En fait, connaissant mieux sa dangerosité, j’ai bien moins peur d’habiter à côté d’une centrale nucléaire qui fuit que d’un site chimique ou d’un incinérateur mal géré ! (cf. AZF ou dépassement de diffision de dioxine).
En me calfeutrant une semaine, j’éviterais la première contamination, celle la plus dangereuse avant que le refroidissement ne soit rétabli; puis de simples mesures de précaution de neutralisation de quelques mois permettraient d’éviter les désagréments le temps de la décontamination :
alimentation en eau et nourriture (cultures, élevage, pêche, chasse).



L’approvisionnement en pièces détachées.

Quant à la capacité industrielle à entretenir les centrales nucléaire en période de guerre,
l’expérience ukrainienne démontre que les fournisseurs peuvent s’adapter, certes avec quelques contraintes.
Les pièces de remplacement peuvent s’obtenir chez d’autres sociétés que celles qui ont construit les centrales (exemple US pour l’Ukraine).
Pour les populations, le blocus sur les carburants induit par un conflit est bien plus problématique que des aléas sur la production locale d’énergie électrique nucléaire.
Et les matières fissiles s’entreposent bien plus facilement que les combustibles liquides ou gazeux.
(3 ans de réserves en France contre 3 mois pour le pétrole).

Les armes conventionnelles, dangereuses pour les centrales ?
Enfin il y a les armes. Légères, elles ne représentent pas une menace pour les enceintes de béton épais qui protègent les matières radioactives.
Et il n’y a pas de denrées de grande valeur dans les centrales pour attirer un grand nombre de pilleurs armés.
Et concernant les armes lourdes ? (tanks, bazookas, roquettes, missiles sol-sol).
En fait, les belligérants ne souhaitent pas vraiment prendre le risque de contaminer leurs populations en perçants les enceintes de béton.
De plus les matières radioactives seraient mise en sécurité bien avant l’approche des attaquants.
(extinction des processus fissiles, voir leur déménagement si cela devait durer.) 



La prolifération, un faux problème.

Autre crainte brandie par certains, le nucléaire civil pourrait faciliter le nucléaire militaire si des belligérants s’emparaient d’une centrale.
En réalité, n’importe quel pays qui juge nécessaire de dépenser pour se doter de la bombe peut y arriver sans problème avec le temps.
La technique est tout à fait accessible pour un gouvernement très déterminé.
Mais cela engendre beaucoup d’ennuis. D’autres armes sont bien plus délétères, efficaces et économiques (terrorisme, mercenaires, cyberattaques,…)
Le nucléaire civil, avec ses matières fissiles incompatibles avec la constitution de bombes ne représente pas un danger réel.
Seules les « bombes sales », ces explosifs associés à des matières radioactives volées,
pourraient faire quelques dégâts locaux limités, mais les zones seraient bien vite circonscrites et la décontamination engagée dès la paix revenue.
Et de plus ces matières dangereuses sont les moins discrètes tant leurs déplacement peuvent être détectés par les détecteurs Geiger disséminés.

La conclusion est donc que l’industrie nucléaire civile, même en zone de conflit, ne représente pas un péril tel qu’il justifie sa limitation préventive.
Une centrale peut rapidement être arrêtée, perdant immédiatement puis avec le temps l’essentiel de sa chaleur à refroidir.
Elle n’est donc plus un danger important et des combats aux alentours ne peuvent engendrer des milliers de morts comme on pourrait le craindre.

Source photo : Le Parisien 



 

vendredi 26 décembre 2008

Crise : Le nucléaire résistera bien

THE WALL STREET JOURNAL

L'énergie nucléaire est en vogue. L'agence de l'énergie atomique, AEIA, prévoit que l'électricité produite par des réacteurs nucléaires pourrait doubler d'ici 2030.

Les producteurs d'énergie, qui craignent de devoir affronter une pénurie d'uranium, cherchent à régenter leurs fournisseurs. Le groupe Kansai Electric Power - qui consomme environ un tiers de la consommation d'uranium du Japon -- prévoit par exemple d'acheter des mines. Le niveau élevé de la demande pourrait ainsi faire de l'uranium une des matières premières les moins sensibles à un ralentissement économique. Une centrale nucléaire est le type même de projet d'infrastructure qu'un gouvernement peut toujours financer pendant un ralentissement économique, même si le temps nécessaire à la construction implique que les actionnaires soient préparés à un investissement de longue haleine.

Du côté de l'offre, la restriction du crédit a compliqué le creusement de nouvelles mines. Les problèmes de court terme, comme l'innondation de l'importante mine de Cigar Lake au Canada, pèsent également sur la production.

Les prix de l'uranium et les actions des sociétés du secteur des métaux n'ont certes pas été immunisés contre les turbulences des marchés. Le prix du métal au comptant a chuté de 40% cette année. Mais cela reflète en partie la sortie précipitée des fonds alternatifs. Les analystes soulignent que les prix des contrats à terme se tiennent beaucoup mieux.

Dans le même temps, les transactions se multiplient. L'Australie a livré pour la première fois de l'uranium à la Chine le mois dernier. La semaine dernière, le groupe indien Nuclear Power Corp a négocié avec Areva pour créer une chaîne d'approvisionnement en Inde, ce qui serait le premier accord de ce type avec un acteur étranger dans un pays où pas moins de 14 centrales nucléaires doivent être construites. L'augmentation potentielle des capacités et la consommation quotidienne des réacteurs procurent donc un avenir brillant à l'uranium- du moins si on le compare aux matières premières plus cycliques. - Nisha Gopalan et Mohammed Hadi, THE WALL STREET JOURNAL

dimanche 8 juin 2008

"Les resources en uranium suffisantes pour au moins un siècle selon l'Agence pour l'énergie nucléaire "

PARIS, 3 juin (Xinhua) -- Les réserves d'uranium sont suffisantes pour alimenter encore un siècle au moins le parc mondial de réacteurs, selon une étude publié mardi par l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN).

Selon l'étude intitulé "Uranium 2007: ressources, production et demande", les ressources classiques connues récupérables à un coût inférieur à un 130 USD/kg, atteignent 5,5 millions de tonnes, et les resources non découvertes s'élèvent à 10,5 millions de tonnes.

"La planète dispose de réserves d'uranium suffisantes pour alimenter encore un siècle au moins le parc mondial de réacteurs, au rythme actuel de la consommation", a déclaré l'Agence de l'Oraganisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

La puissance nucléaire installée, de 372 gigawatts (GW) en 2007, devrait atteindre entre 509 GW et 663 GW en 2030. Les réserves identifiées à ce jour seront à même d'alimenter cette croissance, selon l'étude.

"Avec le déploiement des technologies de réacteurs et des cycles du combustible avancés, ces réserves pourraient répondre à la demande pendant des milliers d'années", a indiqué l'AEN


L'article ici.

lundi 21 avril 2008

"Le Niger revendique aussi son droit à l’énergie nucléaire "

Paris, le 18 avril (Nouvelle Solidarité)

C’est au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère), devant une salle pleine que Mohamed Ben Omar, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement du Niger, a détaillé les plans de développement économique de son pays. Les richesses en matières premières du Niger étant potentiellement immenses – uranium, pétrole, cuivre, platine, or… – le ministre a exprimé la détermination de son gouvernement que plus jamais le nom du Niger ne figure parmi la liste des pays les plus pauvres de la planète.

La montée en puissance d’autres acteurs économiques en Afrique ces dernières années, et notamment de la Chine, a permis à beaucoup de pays africains, dont le Niger, d’échapper à la dépendance des anciennes puissances coloniales. Grâce à la diversification des partenaires économiques, les nations d’Afrique ont pu négocier des meilleurs prix pour leurs matières premières, condition sine qua non pour leur développement économique. C’est le cas du Niger, qui a été encouragé par son partenariat avec la Chine à renégocier à la hausse les prix payés par la compagnie française Areva pour l’uranium extrait de son sous-sol, (+45% en août 2007 et + 50% en janvier 2008).

Dans ce contexte, le ministre a annoncé que 141 contrats d’exploitation sont en voie d’attribution à des compagnies pétrolières ou minières. Dans le domaine de l’uranium, si Areva et ses filiales, la Somair et la Cominak, restent les principaux exploitants, la Chine sera elle aussi représentée au sein d’une société commune sino-nigérienne, la SOMINA (Société des mines d’Azelik), créée en juin 2007, qui projette de produire 700 tonnes d’uranium par an à partir de 2009. Autre nouvel arrivant, la compagnie indienne Taurian Ressources qui exploitera 3000 km2 dans la région d’Arlit. En matière pétrolière, le ministre a évoqué les contrats d’exploitation octroyés à la China National Petroleum Company (CNPC), ainsi qu’à la compagnie nationale de pétrole algérienne, Sonatrach, et à des compagnies canadiennes. Notons qu’il s’agit des partenariats sud-sud car le Niger participera également à la construction du gazoduc transsaharien Nigal qui doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger.

Parmi les retombées importantes de l’augmentation de cette activité minière et pétrolière, le Ministre a évoqué la loi adoptée récemment qui oblige le gouvernement nigérien à rétrocéder 15% des bénéfices des activités minières, aux budgets des communes des régions où les activités minières ont lieu. Une enveloppe de 1,5 milliard FCFA vient d’être versé par le gouvernement aux communes de la région d’Agadez.

Victoire importante pour le gouvernement nigérien, la population nigérienne sera épargnée par la crise alimentaire et la famine qui se propage à travers le monde. En effet, après la crise alimentaire de 2005 le gouvernement a créé un mécanisme de stockage qui permet à l’Etat de disposer aujourd’hui de 120000 tonnes de céréales pour faire des interventions en cas de coup dur. Aussi, une mesure provisoire (3 mois) permet de détaxer les produits de base comme le riz.
Mentionnons enfin que dans une série de questions réponses, le ministre a aussi défendu le droit du Niger à développer le nucléaire civil.

Répondant à une question de Nouvelle Solidarité sur l’urgence de revitaliser le lac Tchad, passé de 350 000 km2 dans l’antiquité, à seulement 3000 km2 actuellement, le ministre a répondu que la situation est, en effet, très grave mais que le président Tandja qui a déjà présidé la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), est déterminé à voir ce projet aboutir. L’assèchement du lac est une catastrophe pour toute l’Afrique, car elle perd là encore une barrière pour empêcher l’extension du désert. C’est aussi une catastrophe pour le Niger, car il représentait la seule source d’eau de ce pays où la population est déjà obligée de se concentrer sur les 11% du territoire national qui ne sont pas désertiques.

dimanche 9 mars 2008

"La spéculation bat son plein sur les mines d'uranium depuis le début de l'année"


Ci dessous deux articles sur la stratégie boursière à adopter en matière d'Uranium.
Mais pour éviter la hausse des cours, et du coût de la vie :
- Vivement une baisse de la consommation électrique incitée par des investissements dans les économies d'énergie
- et vivement de nouvelles générations de centrales, économes en matières premières !

1) "A quand le retour de l'uranium ?"

par Sylvain Mathon Jeudi 06 mars 2008

"Durant la décennie ptrécédente, le nucléaire n'avait pas le vent en poupe. Les populations d'Europe gardaient un souvenir traumatisé de la catastrophe de Tchernobyl (1986) -- et face à des cours pétroliers assez bas (10 $ le baril !), les gouvernements ne voyaient pas l'opportunité d'investir lourdement dans cette technologie. L'Italie a carrément arrêté ses programmes en cours ; l'Allemagne et la Suisse ont gelé leurs projets de développement ; la France et le Japon ont poursuivi les leurs, mais à petits pas. A l'inverse, les pays émergents comme la Chine ont commencé à s'y intéresser de près.

Tout change au début des années 2000

D'un côté, les cours pétroliers s'envolent à nouveau -- et l'on se remet à parler de l'inévitable épuisement de nos ressources en hydrocarbures... De l'autre, la mondialisation donne un véritable coup d'accélérateur au décollage des pays émergents, Chine en tête.

Pour ces nations dont l'appétit énergétique ne connaît pas de bornes, les questions de pollution deviennent tout à coup cruciales : selon une récente enquête, 60% des grandes villes chinoises vivent au-dessous du seuil minimum de qualité de l'air. Et pour cause : l'énergie du pays est fournie à 90% par le charbon.

La vapeur d'eau que rejette un réacteur est nettement préférable aux émissions d'une centrale au fuel ou au charbon et son taux d'émission de CO2 très bas.

Les grands leaders émergents n'ont pas le choix.

Parmi les énergies de production massive, seul l'hydraulique peut rivaliser avec lui. Compte tenu de l'augmentation du prix des hydrocarbures, le coût du nucléaire devient très compétitif pour les gros volumes (les choses se gâtent s'il faut moduler la production); et les progrès technologiques ont permis non seulement d'abaisser les frais de construction (30% d'économie entre les centrales de première et de troisième génération), mais encore de renforcer la régularité et la sûreté des sites.

De toute façon, les grands leaders émergents n'ont pas le choix. Face à des besoins énergétiques de dimension industrielle, et à des défis écologiques sans précédent dans l'histoire de l'humanité, ils devront faire feu de tout bois (et de tout atome !) pour parvenir à contenir leur dépendance.

Preuves à l'appui !

Quelques chiffres devraient vous aider à y voir plus clair (Sources : Agence pour l'Énergie nucléaire, 2007 et Australian Uranium Association, 2007).

Il existait, en mai 2007, 437 réacteurs nucléaires en activité dans le monde. La part de ces réacteurs dans la production électrique mondiale est de 16%. (Dans le cas français, 78% de l'électricité produite sur notre territoire sont dus au nucléaire.)

Toujours en mai dernier, il y avait 30 réacteurs en chantier -- dont 4 en Inde, 5 en Russie et 6 en Chine.74 étaient en développement, dont 23 rien que pour la Chine, 4 en Inde, 11 au Japon et 7 en Corée du Sud.... Et 182 projets étaient à l'examen : 54 pour la Chine, 15 pour l'Inde, 18 pour la Russie, 20 pour l'Ukraine et 21 pour les USA !

La capacité de production nucléaire va s'envoler

La capacité globale des installations nucléaires existantes est à ce jour de 370 000 MW. J'ai fait le calcul pour vous : si l'on ajoute les réacteurs en chantier ou en développement -- en oubliant les projets -- cela nous donne une capacité de 474 000 MW d'ici à quinze ou vingt ans, soit une augmentation de 28%... Bien sûr, des sites vieillissants peuvent fermer dans l'intervalle, ce qui rend ce calcul hypothétique. Mais ces fermetures n'auront pas lieu dans les pays émergents -- et ce sont eux qui tirent l'essentiel de la hausse.

Voyez comment va se répartir la contribution des leaders dans la production nucléaire mondiale :

(voir le schema dans l'article.)

Tous les pays développés -- y compris les USA et le Japon, qui ambitionnent d'étendre leur parc -- voient leur part stagner ou diminuer. En revanche, l'Inde va doubler sa contribution au palmarès... Et la Chine, la quadrupler !

(Voir le schema dans l'article)

Deux nouveaux réacteurs par an en Chine !On estime qu'en 2015, la capacité totale de production électrique de la Chine aura rejoint celle de l'UE aujourd'hui. L'Empire du Milieu a pour objectif de tirer 4% de son énergie du nucléaire d'ici à une douzaine d'années. Pour y parvenir, il faudra ouvrir deux nouveaux réacteurs par an. Le pays compte mettre sur la table 50 milliards de dollars pour construire environ 30 nouveaux réacteurs d'ici à 2020 : la capacité électrique ainsi produite (40 GW) pourrait en gros alimenter toute l'Espagne !

Du yellowcake à la centrale nucléaire

Bref, si nous cherchons un pure player "emergings" dans le secteur des matières premières, nous pouvons difficilement faire mieux qu'avec le nucléaire. Ce qui nous mène tout droit au combustible de base de cette industrie : l'uranium.

Extrait de la mine, l'uranium naturel est d'abord concentré et converti en poudre jaune, que l'on appelle le "yellowcake" ; il faut ensuite l'enrichir en isotopes pour faciliter sa fission. Le yellowcake enrichi formera le combustible de la réaction en chaîne : la chaleur dégagée fera tourner, via des turbines, de gigantesques alternateurs. N'oubliez pas que tout au bout de cette chaîne technologique complexe, il y a l'équivalent d'une banale dynamo de bicyclette -- avec une déperdition d'énergie impressionnante.


Le boom des cours de l'uranium

Le prix au comptant du combustible nucléaire a explosé depuis deux ans, passant de 20$ la livre environ -- seuil autour duquel il se maintenait depuis les années 1990 -- à plus de 130$ cet été ! J'aimerais vous signaler quelques détails sur ce produit pas comme les autres.

L'établissement des cours "spot" (au comptant) reste malaisé : il faut se mettre d'accord sur la qualité du produit -- c'est-à-dire sa concentration en isotopes, qui le rend plus ou moins fissile. En général, le yellowcake est évalué en "équivalent U3O8" (oxyde d'urane), sa forme privilégiée pour le stockage. Comme les nouveaux produits financiers sur l'uranium sont d'invention récente, pour suivre les cours, on dispose surtout d'indices élaborés par des sociétés privées qui s'efforcent de tracer, partout dans le monde, l'évolution des prix de vente. Tel est le cas de Ux Consulting qui publie, depuis vingt ans, l'une des références mondiales sur le cours de l'uranium enrichi : l'indice UX U3O8.

Voici l'évolution de cet indice depuis 1995

A partir de 2004, l'U3O8 a connu une vive envolée -- qui correspond à la sortie par le haut d'un ample range sur le pétrole. Ce pic a culminé à près de 140 $. Depuis, une correction s'est mise en place, divisant le prix pratiquement par deux. Un rebond est actuellement en cours... J'y vois surtout la conséquence d'excès spéculatifs. Rappelez-vous qu'on en était encore à 20 $ la livre au début des années 2000... Face à une telle accélération, un repli n'a rien d'exceptionnel. Reste qu'au plan technique, le cours de l'uranium est difficile à analyser. Si je me réfère à mon anticipation sur le prix du brut -- qui a, je vous le rappelle, une influence sur l'ensemble des prix des énergétiques -- je pencherais pour la poursuite de la correction jusqu'à l'ancien sommet de la fin des années 70 atteint lors du deuxième choc pétrolier, autour de 40/50 $ (non visible sur ce graphique : "Cours de l'U3O8 en US dollar la livre").

L'offre ne suit plus la demande !

A vrai dire, c'est le mouvement que j'attendais depuis des mois pour nous permettre d'entrer sur le marché. Sur le long terme, les arguments fondamentaux ne manquent pas en faveur de la hausse. La demande, comme je vous l'ai dit, est en accélération... Et l'offre a du mal à suivre.

Notez que l'uranium n'est pas rare : c'est ce qui rend son marché volatil. On en trouve un peu partout dans l'écorce terrestre, ainsi que dans l'eau... Sans parler des têtes nucléaires. Ces dernières livrent un combustible déjà enrichi, très fissile, de haute qualité. (Si haute, en fait, qu'il faut le diluer : un kilo de cet uranium militaire peut donner jusqu'à 30 kg de combustible...) Le recyclage des arsenaux stratégiques en combustible civil a ainsi constitué une manne pour les USA et l'ex-bloc soviétique.

Néanmoins l'industrie a besoin de gisements où la concentration soit assez élevée pour rendre viables les coûts d'extraction. A ce jour, l'Australie, le Canada et le Kazakhstan disposent des réserves exploitables les plus importantes. Or selon une étude récente de l'Australian Uranium Association, la production des mines ne couvre guère plus de 55% des besoins annuels de l'industrie -- évalués à 66 500 tonnes pour 2007.

Pour pallier une pénurie imminente, il devient urgent que le secteur minier augmente sa production.

Quant aux apports de la démilitarisation, ils se tarissent. Les USA et la Russie ont recyclé une partie de leur uranium militaire et doivent convertir chacun, d'ici à 2014, 34 tonnes de plutonium en carburant de type MOX. Mais dans le contexte géostratégique actuel, il y a peu de chance pour qu'on voie se renforcer ces initiatives de dénucléarisation. La Russie est déjà revenue sur une partie de ses engagements...

L'uranium se négocie pour l'essentiel par contrats à long terme... Et l'embellie foudroyante du nucléaire semble bien avoir pris une partie du marché par surprise. Pour pallier une pénurie imminente, il devient urgent que le secteur minier augmente sa production"


2) "La spéculation bat son plein sur les mines d'uranium depuis le début de l'année"


par Sylvain MathonVendredi 07 mars 2008

"Hier [NDLR : ci dessus], je faisais un point avec vous sur le secteur de l'uranium, ses fondamentaux et ses potentiels. Aujourd'hui, je veux vous parler des minières et des supports d'investissement.

"La spéculation bat son plein sur les mines d'uranium depuis le début de l'année

Le prix du combustible nucléaire tient pour les trois quarts dans son enrichissement : divisez-le par quatre pour obtenir le prix maximum au sortir de la mine. Malgré cela, l'augmentation des cours du yellowcake offre nombre d'opportunités aux extracteurs...

Pas étonnant que la spéculation batte son plein sur les mines d'uranium depuis le début de l'année ! Longtemps à l'abandon, les sites du Canada ou de l'Ouest américain repoussent à nouveau comme des champignons... On assiste au même phénomène que dans l'industrie aurifère ou pétrolifère : les particuliers -- mais aussi les grands groupes -- se battent pour entrer au capital de juniors agressives, dopées par la flambée des cours, et misant tout sur la prospection. Un pari risqué, mais sacrément payant pour les vainqueurs. Voilà pourquoi la Canadienne STRATHMORE MINERALS, par exemple, a choisi de dissocier sa prospection uranifère du reste de ses actifs, par l'intermédiaire d'un spin-off appelé Fission Energy. L'objectif est de créer un pure player des mines d'uranium... Et d'attirer le plus de capitaux possibles.

L'afflux de capitaux a transformé le secteur en véritable Far West

Je vous ai déjà décrit ce type de répartition des tâches (concernant l'or, notamment) : d'un côté, de petites "têtes chercheuses" font le pari de la prospection ; de l'autre, les majors, réticentes face au risque, se tiennent à l'affût, prêtes à rafler la mise en cas de trouvaille -- mais au prix fort.Seulement, des juniors, il y en a légion : plus de 50 cotées en Amérique du Nord en 2007 ! Depuis que le nucléaire est revenu au premier plan, l'afflux des capitaux a transformé le secteur en véritable Far West... Ces start-ups sont fragiles : elles attirent des capitaux spéculatifs prompts à se désengager, surtout dans le contexte actuel. Et les gros prédateurs sont aux aguets...


Enrichissement : rares sont ceux qui maîtrise la technologie

Enrichir de l'uranium -- l'étape où se concentre l'essentiel du prix du combustible --, cela suppose des moyens et un savoir-faire qui ne sont à la portée que d'une poignée de leaders : le Français Areva, le MINATOM russe ou encore, l'Américain USEC (US90333e1082 -- USU), que je suis avec attention.

Bref, dès que l'on passe l'étape du yellowcake, ce sont à nouveau les majors qui mènent le bal. Les petits poissons ne peuvent tenir face à ces Léviathans. Les secousses actuelles des marchés actions découragent les amateurs de profits rapides et les privent de financement. Sans parler de la chute des cours, qui va contraindre plus d'une junior à mettre la clé sous la porte.

La consolidation sectorielle est inévitable

Tout cela sur un marché qui, je le répète, reste une véritable aubaine. Les gros acteurs de l'uranium jouent sur du velours. La consolidation sectorielle était inévitable -- et il semble bien qu'elle ait commencé. Les explorateurs voudront grossir pour obtenir la taille critique, afin de pouvoir négocier leurs tarifs avec les transformateurs. Quant à ces derniers, ils voudront garantir leurs sources d'approvisionnement.

C'est exactement ce qui s'est passé le 15 juin dernier, quand le Français Areva s'est payé le producteur canadien UraMin, n°3 mondial, pour près de 2 milliards d'euros, ce qui devrait lui permettre d'augmenter sa production de 10%. Le Canadien CAMECO CORP (ca13321l1085), n°1 mondial de la production d'uranium, a renforcé lui aussi ses partenariats au Kazakhstan pour la même raison.

C'est cela que j'appelle le "second souffle" du boom de l'uranium. A l'euphorie des années précédentes va maintenant succéder une phase de défiance, dont les plus avisés, ceux qui ont les reins les plus solides, profiteront pour se renforcer à bon compte.

Les nouveaux véhicules servent de catalyseur

L'envolée des cours depuis deux ans a suscité des convoitises : et l'on a vu émerger en 2007 une série de nouveaux produits financiers sur le marché de l'uranium. En mai dernier, le NYMEX de New York, en partenariat avec Ux Consulting, a ainsi lancé les premiers contrats de futures "uranium", cotés en équivalent U3O8 pour une quantité minimum de 250 livres. Pour plus de détail sur la mécanique de ces marchés, je vous renvoie à la présentation que j'en donnais dans Matières à Profits N°5, à propos du CBOT.

Par ailleurs, les premiers quasi-ETF ont fait leur apparition. Un fonds "Market Vectors -- Nuclear Energy" a été lancé cet automne aux USA ; il réplique les performances d'un nouvel indice publié par la Deutsche Börse, le DAXglobal Nuclear Energy Index. Attention, il ne suit pas l'évolution de l'Uranium à proprement parler mais d'un panier d'actions du secteur.

Dans le domaine plus restrictif de l'uranium, le Toronto Stock Exchange propose depuis quelques mois un quasi-ETF appelé URANIUM PARTICIPATION CORP. Son titre a beaucoup corrigé et se maintient aujourd'hui au contact d'une solide zone de support. Enfin, à Londres, la société NUFCOR URANIUM (GB00B16L0B41) s'est spécialisée dans les investissements pure play.

Les fondamentaux restent solides comme le roc

Tous ces véhicules, arrivés un peu tard, subissent en ce moment le regain de défiance des spéculateurs : c'est un phénomène classique. Néanmoins ils sont là, vont contribuer à fluidifier les échanges et servir de catalyseur au second souffle de la filière mondiale du nucléaire. Pour éclaircir le rapport des forces en présence, rien de tel que la perspective d'effets de levier fabuleux. Lancées en mai dernier, les "futures uranium" ont déjà fait et défait quelques millionnaires...

La consolidation n'est pas achevée : nous allons guetter le bon moment pour placer nos billes dans le secteur. Mais les temps sont mûrs pour que nous tournions à nouveau nos antennes radar vers le secteur du nucléaire. Ne vous y trompez pas : même si les cours de l'U3O8 ont enregistré une correction impressionnante, les fondamentaux restent solides comme le roc... L'uranium à 20$ la livre ne devrait pas revenir de sitôt."

samedi 24 novembre 2007

"Carbone contre uranium : une approche supplémentaire des ressources en uranium ?"

La question des réserves d'uranium est une question clé.
Et sur ce thème, le coût en carbone pour son extraction pose la question de sa crédibilité environnementale. On sera donc vigilent à veiller à ce que le bilan carbone soit raisonnable et que les progrès technologiques soient rapides...


"Nous avons vu dans une note précédente (cf. l’uranium combien de divisions ?) que la question de l’appréciation des ressources en uranium était une question très politique. En effet, derrière le travail technique d’inventaire conduit par les sociétés de prospection et d’exploration minière se cache une question : la renaissance de l’énergie nucléaire est-elle soutenable et durable dans le temps ?

Etant donné que l’uranium est le combustible clef du cycle nucléaire, tout le monde conviendra que du niveau des réserves uranifères dépendra l’avenir – plus ou moins radieux – de la renaissance nucléaire...

Ainsi, fleurissent sur la Toile de multiples études - scientifiques ou non - sur la capacité des ressources actuelles en uranium à soutenir la croissance du besoin en énergie nucléaire dans les cinquante prochaines années.

Je vais me servir ici à titre démonstratif d’un diagramme issu d’une étude publiée en juillet 2006 par l’Oxford Research Group et intitulée « Energy security and uranium reserves » qui me semble poser un certain nombre de questions intéressantes et utiles à la réflexion de ce blog.


Voyons d’abord les bases conceptuelles du diagramme ci-dessous (pour agrandir, cliquez ici décroissance_réserves_U.jpg)medium_décroissance_réserves_U.jpg

=> ce graphique suppose qu’aucun nouveau gisement (important et riche en teneur – pourcentage d’uranium par tonne de minerai) ne sera découvert dans les prochaines décades ;

=> il suppose aussi que la capacité nucléaire installée au niveau mondial reste au niveau de 2005 ;

=> enfin, il se base sur une ressource mondiale en uranium de 4,2 millions de tonnes d’uranium (incluant les gisements à faible teneur que les chiffres de l’OCDE excluent).


Commne se lit le graphique ? Nous avons en abscisse l’échelle du temps de 2006 à 2076 et en ordonnée la teneur en uranium des ressources (pourcentage U3O8). Chaque barre de ce graphique représente un groupe de ressources en uranium d’une certaine teneur. La longueur de cette barre représente la durée pendant lesquelles ces ressources (à une teneur donnée) seront disponibles dans le temps. Enfin, la hauteur de chaque barre représente la teneur de ces ressources.

Le raisonnement du Oxford Research Group est le suivant : en 2005, le parc électro-nucléaire mondiale a consommé approximativement 68 000 tonnes d’uranium, en provenance principalement des mines. A la fin de 2005, les ressources connues accessibles s’élevaient à environ 3,6 millions de tonnes. Ces ressources sont sujettes à de grandes variations, tant en terme de teneur en minerai qu’en terme d’accessibilité. Comprendre ces variations est essentiel pour évaluer la sécurité énergétique dans le domaine nucléaire.

En effet, le minerai d’uranium n’est une ressource énergétique qu’à condition que sa teneur en U3O8 soit suffisamment élevée. Au-dessous de 0.02 %, plus d’énergie – donc plus d’émission de CO2 - est requise pour produire et exploiter le minerai d’uranium qui est consommé dans les centrales nucléaires. La baisse de la teneur des gisements d’uranium exploités conduit donc à des émissions en CO2 plus importante de la part du cycle du combustible nucléaire.

Le graphique montre qu’à partir de 2016 la teneur moyenne en uranium des gisements connus devrait fortement baisser et plus encore à partir de 2034.

Ainsi, selon cette étude brièvement résumée ici, le système électro-nucléaire mondial consommera dans 60 ans plus d’énergie qu’il n’en générera : les ressources en uranium ne permettent donc pas une croissance soutenue et durable de l’énergie nucléaire à terme, énergie qui pourrait devenir émettrice nette de CO2 au fur et à mesure de l’appauvrissement des gisements d’uranium : CQFD ?


Réflexion intéressante à laquelle on peut apporter quelques bémols quand même :

=> le fait de baser tout le raisonnement sur la « finitude » et la connaissance exhaustive des ressources uranifères de la Terre peut apparaître contestable : en effet, quid de la reprise des activités d’exploration minière que l’on voit repartir ici ou là (je m’en ferais l’écho dans de prochaines notes) ?

=> nous avons vu dans la précédente note que l’exploitation de l’uranium est certes soumise aux contraintes géologiques (ie la teneur en uranium des gisements) mais elle est aussi contrainte par les coûts d’exploitation. Or, avec un prix de l’uranium s’élevant à 130 dollars depuis maintenant plus d’un an (certains voient ce prix monter jusqu’à 150 dollars), des gisements qui n’étaient pas exploités jusqu’ici – contrainte économique – se voir offrir une nouvelle jeunesse ou naissance...

=> enfin, l’étude fait fi des avancées technologiques dans le domaine de la technologie des réacteurs nucléaires qui devraient - entre autres - faire baisser la consommation en uranium : réacteurs de 4ième génération, réacteur de 5ième génération (ITER à cadarache) ou réacteurs à neutrons rapides (qui produisent plus d’uranium qu’ils n’en consomment) ou nouveaux combustible nucléaire (MOX, mélange uranium – plutonium ou Thorium).


Par contre, l’idée d’ajouter une nouvelle variable - quantité de CO2 émis par kilo d’uranium extrait - à l’évaluation d’un gisement, à côté du coût économique d’exploitation et de sa richesse en uranium (ie teneur) est intéressante.

Caractériser le coût d’exploitation en terme d’émissions de CO2 sur toute la durée du cycle du combustible offrirait une donnée supplémentaire dans l’évaluation des futurs « cocktails énergétiques » dont le nucléaire fera nécessairement partie.

En effet, la teneur en uranium du gisement exploité détermine la quantité de combustibles fossiles (pétrole, gaz ou charbon) nécessaire pour extraire l’uranium des roches. Ceci conduit à un certain niveau d’émission en CO2 par kilo d’uranium extrait. La quantité d’électricité générée par ce kilo d’uranium a une valeur fixe mais l’émission de CO2 (grammes de CO2 par kWh) augmente quand la teneur en uranium baisse. Ainsi, la connaissance exacte des bilans « carbone contre uranium » semble importante dans cette question fondamentale de la durabilité des ressources uranifères.

Le chantier de la quantification de l’exploitation de l’uranium en CO2 est ouvert ! Mais aussi celui de la prospection de nouveaux gisements et du développement de nouvelles technologies nucléaires moins gourmandes en ressources uranifères !"


L'article ici.

"Guinée : de l'uranium pour de l'aluminium ?"

La faible production d'énergie peine à permettre d'extraire les grandes quantités de bauxite du pays, matière première de l'aluminium. La récente découverte de gisements d'uranium va-t-elle remédier à cette pénurie et confirmer l'eldorado qui s'annonce ... pour qui ?


"La Guinée, pays d’Afrique de l’Ouest, est un « coffre-fort minier » qui attire bien des convoitises : c’est le premier exportateur mondial de bauxite (minerai qui se raffine en alumine puis en aluminium) dont les prix flambent sur les marchés internationaux avec la demande chinoise d’aluminium. Avec 40 milliards de tonnes, le sous-sol guinéen recèle un tiers des réserves mondiales de bauxite mais abrite également deux gisements de fer d’importance mondiale, de l’or et des diamants.

De quoi mériter l’appellation de coffre-fort minier ? Pourtant, les revenus miniers sont ridicules : à peine 84 millions d’euros pour 2006, soit 9 euros par habitant et par an…Trois causes principales à ce faible revenu : la corruption qui règne en maître (la Guinée serait selon Transparency International le pays le plus corrompu d’Afrique), la non transformation des minerais sur place et la faiblesse des taxes minières calculées sur les bénéfices des compagnies (qui s’arrangeraient pour être toujours déficitaires…).

En août 2007, l’uranium vient de prendre place dans ce coffre-fort minier, sous la forme de résultats prometteurs d’une société d’exploration australienne – Murchison United NL..
Cette société aurait caractérisé une zone de « minéralisation uranifère » près de Firawa (province de Kissidougou), à 600 kilomètres de la capitale Conakry : un possible gisement de 2 km de long, avec une épaisseur de 12 mètres et une teneur de 771 ppm d’uranium (ce qui veut dire 771 grammes exactement de minerai d’uranium par tonne…), le maximum étant atteint sur deux mètres avec 995 ppm d’uranium. Ces résultats ont été obtenus en forant plus d’une trentaine de puits d’exploration, totalisant plus de 2000 mètres…


..."

"A côté d’un potentiel hydroélectrique manifestement sous-exploité, la possession d’un réacteur nucléaire dédié à l’alimentation électrique pourrait permettre l’installation de fonderies d’aluminium d’Alcoa, d’Alcan et de Rusal (les trois majors) en Guinée. A ce titre, il faut noter que l’Afrique du Sud développe un nouveau modèle de réacteur nucléaire – le PBMR, adapté aux besoins électriques des pays sous-développés voire émergents.

Verra-t-on l’implantation d’un tel réacteur sud-africain en Guinée d’ici 2015, afin de produire l’énergie nécessaire aux producteurs d’aluminium ?
..."


L'article complet ici.

"Chroniques de l'uranium nigérien : premiers pas"

Nouvelle étape de l'émancipation des peuples afrcains : l'indépendance économique ?
C'est ce qui semble arriver enfin au Niger ?

"Ce blog avait attiré votre attention il y a quelques mois sur la redistribution des cartes de l'uranium au Niger, après la renégociation des contrats d'exploitation et de vente d'uranium entre le gouvernement nigérien et Areva, la multinationale française. Cette redistribution des cartes permettait au Niger de se présenter comme un nouvel acteur, autonome et indépendant, sur le marché mondial de l'uranium.

Depuis, le Niger a conforté son nouveau statut, comme l'attestent plusieurs informations intéressantes à mettre en perspective.

D'abord, afin d'être en mesure de pouvoir commercialiser par lui-même son propre uranium (on se souvient que le Niger a obtenu d'Areva de pouvoir vendre sur le marché spot de l'uranium 300 tonnes d'uranium), le Niger a crée une société de valorisation et de commercialisation de l'uranium : il s'agit de la SOPRAMINE, société nigérienne du patrimoine minier, première étape de l'indépendance commerciale.

Ensuite, le Niger a réalisé en août sa première opération commerciale : les 300 tonnes de minerai ont été vendues à la compagnie Exellon, électricien nucléaire agissant aux Etats-Unis. Selon le ministre des mines Abdoulahi, le Niger « veut répondre aux normes de la globalisation économique et veut acquérir d'autres expériences sur le marché international ». Il a aussi affirmé que d'autres contrats de vente seront bientôt signés avec d'autres partenaires, dans l'intérêt du Niger (sous-entendu par rapport aux contrats précédents ?).
..."


L'article complet ici.

dimanche 14 octobre 2007

"La Chine veut carburer au nucléaire"

Misons en bourse sur les matières premières dont l'uranium, l'or et l'argent ? lisons...

"Question pour un champion : quelle part représente l'énergie nucléaire dans la production chinoise d'électricité ? Allez, un chiffre au hasard : 15% ? Eh bien pas du tout : vous êtes largement au-dessus de la réalité. 6% alors ? Non plus : 6%, c'est l'objectif que la Chine s'est fixé pour 2020.
Euh !... Ne cherchez plus, voici la bonne réponse : 2,3%*.
Oui, vous avez bien lu : 2,3% seulement. Contre... 88% pour la France**.
Pourquoi tant de retard par rapport à la France ?

..."

vendredi 12 octobre 2007

"L'uranium du Nunavut"

Une exploitation respectueuse des peuples :

"Le Canada est un géant de l'uranium avec près de 25 % de la production mondiale à son actif (production de 9862 tonnes de yellow cake en 2006). La plus grande compagnie minière au monde est canadienne : CAMECO, qui exploite plusieurs sites miniers au Canada dont la mine de la rivière Mac Arthur qui à elle seule produit plus de 18 % de l'uranium mondial. Or, les activités d'extraction de l'uranium au Canada se sont jusqu'à présent cantonnées aux provinces “méridionales”, à savoir principalement le Saskatchewan (dont la ville d'Uranium City), le Manitoba et l'Alberta.

Mais la renaissance de l'énergie nucléaire dans le monde a fait naître de nouveaux besoins, déjà soulignés dans de précédentes notes, et la pression des compagnies minières pour la prospection et l'extraction d'uranium au Canada s'est de nouveau manifestée. Cette manifestation est d'autant plus compréhensible que le Canada abrite une formation géologique unique en son genre : le Bouclier canadien, zone abritant de très fortes concentrations de minerais : de l'uranium bien sûr mais aussi de l'or, des diamants, du cuivre, du fer...
Bref, un véritable eldorado qui semble-t-il serait encore sous-exploité...
Le Bouclier canadien englobe une grande partie des provinces septentrionales du Canada comme le Nunavut (terre des Inuits), les territoires du Nord-Ouest ou une partie du Québec. Ces provinces, outre leurs indéniables richesses minières, abritent plusieurs peuples autochtones du Canada : les Premières Nations.

..."

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lundi 23 juillet 2007

"Le Kazakhstan pourrait priver la Russie de ses livraisons d'uranium"

"MOSCOU, 10 juillet - RIA Novosti. Le Kazakhstan est en train de négocier l'achat de 10% de Westinghouse, premier concurrent du groupe public Atomenergoprom dont la Russie a lancé le chantier. Grâce aux technologies empruntées aux Américains, il souhaite mettre fin d'ici 2014 à toutes les exportations d'uranium naturel, y compris vers la Russie, pour passer à la livraison du produit fini assorti d'une forte valeur ajoutée, autrement dit des cartouches de combustible nucléaire fabriquées en conformité avec les normes occidentales.
..."

Face aux énormes perspectives à venir, les américains tentent de placer leur pions à l'est...

Chacun utilise la désinformation pour parvenir à ses fins...

L'article complet ici.