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vendredi 8 novembre 2013

Centrales : Le démantèlement est possible et parfaitement maîtrisé, la preuve dans cet article !

Centrales : Le démantèlement est possible et parfaitement maîtrisé, la

preuve dans cet article !

Le démantèlement des centrales nucléaires alimente les polémiques sans
qu'on en sache très bien quoi en penser.
En effet les organisations anti-nucléaires voudraient d'un côté nous
faire croire que ce démantèlement serait, selon eux, impossible ou
tellement coûteux que cela condamnerait l'énergie nucléaire. Cela
conduit à alimenter des polémiques stériles.
Qu'en est-il vraiment ?
Tout d'abord il n'y a effectivement pas beaucoup d'exemples de
démantèlement complet (avec retour au gazon).
La raison à cela n'est pas que ce serait très difficile ou impossible de
démanteler nos réacteurs, comme certains voudraient nous le faire croire.
Au contraire c'est très simple de démanteler un réacteur : ce n'est
jamais qu'un chantier de démolition. C'est beaucoup plus simple à faire
que de construire la centrale.
Bien sûr il reste un peu (en fait très peu) de radioactivité dans
l'enceinte de confinement notamment sur le circuit primaire (pas tant
que cela : 99,9% de la radioactivité est contenue dans le combustible
lui-même qui est déchargé puis recyclé à La Hague peu après l'arrêt du
réacteur en fin de vie).
C'est pourquoi on organise beaucoup plus proprement un démantèlement
nucléaire qu'un chantier de démolition classique. Cela coûte donc plus
cher que d'abattre un batiment industriel ordinaire, mais à la base
c'est pareil, il s'agit de couper en morceaux des ferrailles et de
casser quelques batiments en briques et la grosse enceinte en béton, ce
qui n'est pas le bout du monde ni une science très compliquée...
C'est toujours plus facile de casser que de construire, et cela coûte
toujours bien moins cher (même quand on le fait très proprement comme
c'est le cas dans le nucléaire).
La raison du peu d'exemples que nous avons jusqu'à présent vient
simplement du fait que les réacteurs que nous exploitons ont presque
tous été construits après le premier choc pétrolier de 1973. Ils n'ont
donc pas atteint leur durée de vie et fonctionnent encore, tout simplement.
Ils ne sont donc pas (encore) en démantèlement.
Les quelques réacteurs arrêtés (en France : Brennilis, Superphénix par
exemple) avancent bien sur le chemin du démantèlement, en prenant leur
temps. Là aussi, la raison de cette durée n'est pas parce que c'est
difficile mais parce que souvent ce sont les antinucléaires qui
s'opposent systématiquement à ces démantèlements (après avoir pourtant
exigé l'arrêt des centrales et leur mise à la casse !) en multipliant
les recours juridiques (leur but une fois le réacteur définitivement
arrêté devient alors de démontrer que le démantèlement est impossible
dure longtemps et coute très cher.
Pour diverses raisons, notamment politiques (Superphénix) ou parce qu'il
s'agissait de petits réacteurs expérimentaux de première génération non
rentables à exploiter, ce n'était pas leur but (Brennilis), certains
réacteurs ont cependant été arrêtés avant leur durée de vie normale de
50 ans, et sont en démantèlement ou déjà entièrement démantelés dans
certains cas.
C'est intéressant donc de regarder comment se passe ce démantèlement et
combien il a coûté.
En France le premier réacteur nucléaire, ZOE était situé au sud de Paris. Il a été
entièrement démantelé et est devenu un musée de la radioactivité. Les
locaux ou se trouvait ce réacteur sont librement accessibles sans le
moindre danger pour la santé.
L'exemple des Etats-Unis est particulièrement intéressant à observer
puisque plusieurs réacteurs à eau (les mêmes que les nôtres) y ont été
démantelés complètement (retour au gazon naturel du terrain de la
centrale), notamment Main Yankee et Yankee Row.
Il y a trois étapes :
1 - le démontage jusqu'au "retour au gazon" de tous les batiments
annexes (bureaux, locaux techniques, salle des machines, etc.) sauf
l'enceinte de confinement. Il s'agit d'un chantier de démolition
"classique". Pendant ce temps on se contente de décharger le combustible
du réacteur (le vidant alors de 99,9% de sa radioactivité). Seule reste
une petite radioactivité rémanente. Comme elle diminue rapidement avec
le temps, on attend quelques années que cela refroidisse encore plus
(les doses rémanentes sont ainsi très faibles), typiquement, 5 ou 10
ans, ce qui donne l'occasion pendant ce temps d'organiser le chantier au
mieux.
2 - démantélement du circuit primaire : on commence par enlever
auparavant tous les dépots de surface dans le circuit en faisant
circuler des solvants et de l'acide à la place de l'eau dans le circuit
primaire, ensuite on recycle les solvants ou l'acide en le neutralisant,
ce qui permet de récupérer les tuyaux quasi-propres d'un côté et les
résidus précipités (direction centre de stockage) de l'autre. Il peut
aussi y avoir un décapage au karcher de l'intérieur de la cuve ou de
certains locaux ou tuyauteries plus ou moins contaminées en surface.
Ensuite on découpe au chalumeau le circuit primaire et on évacue les
morceaux vers le centre de stockage approprié. La seule contamination
résiduelle de ces tuyaux est alors le Cobalt 60 (demi-vie : une
trentaine d'années).
3 - démantèlement de l'enceinte de confinement dont seule une petite
partie est très faiblement radioactive (principalement du béton et des
ferrailles) : cela donne une assez grande quantité de matériaux inertes,
qui ne sont que très faiblement contaminés, qui sont alors cassés en
petits morceaux, conditionnés dans des fûts et emportés vers un centre
de stockage approprié.
Ensuite, une quinzaine d'années environ après l'arrêt des réacteurs, on
peut replanter des arbres et redonner une autre destination au terrain,
la radioactivité du terrain a disparu et est identique à ce qu'elle
était auparavant (c'est-à-dire 100 à 1000 fois plus faible que dans des
régions à forte radiaoctivité naturelle).
C'est ce qui a été fait avec succès aux Etats-Unis.
On voit ainsi que le démantèlement des réacteurs nucléaires est
parfaitement maîtrisé, techniquement et économiquement.
Les aléas des différents projets sont moyennés dans les provisions
rigoureusement provisionnées tout au long du fonctionnement de nos
réacteurs, en France comme dans tous les autres pays exploitant des
réacteurs (c'est imposé par l'AIEA), par une taxe déjà incluse dans le
prix du kWh.
Le montant des provisions effectués et la manière de la calculer peut
varier un peu d'un pays à l'autre (la technologie des réacteurs et elur
dimension variant d'un pays à l'autre il est normal que les estimations
du prix du démantèlement varient un peu aussi s'agissant de réacteurs
différents.
En France, la cour des comptes a établi ici que même si des incertitudes
persistent, et que certains pointent des provisions peut-être
insuffisantes (ce qui peut se discuter) ces provisions pourront
facilement être abondées financièrement si nécessaire vu les faibles
coûts de fonctionnement des centrales amorties, elle précise :
"il est possible de confirmer que l’exercice « Dampierre 09 », reposant

sur une méthode de calcul robuste et justifiée, aboutit à une évaluation

du coût de démantèlement futur des 58 tranches REP d’EDF et des

installations associées de 17,7 Md€ 2010,

proches du montant de l’évaluation historique (18,4 Md€ 2010)."
Conclusion : démanteler un réacteur à eau (comme ceux que nous avons) de
manière minutieuse en faisant très attention est parfaitement possible,
bien maîtrisé et coûte entre 10 et 15% du prix qu'il a fallu pour le
construire.
Exclusif : Pour mieux comprendre le démantèlement opéré en totalité aux
Etats-Unis : prendre connaissance du dossier suivant : Ouvir le Cloud ici.
Voir aussi les documents suivants sur le site de l'AEPN :
Et le l'article suivant ici:  (sur le site de SLC) :
JP. Brette et B. Comby



jeudi 7 août 2008

L'AEPN participe au débat : "EPR et politique énergétique"




Pour mémoire deux contributions à garder en tête pendant le débat actuel sur l'EPR:




Nous souhaiterions considérer un certain nombre d’éléments qui concourent à préconiser la construction d’EPR en France comme tête de série, vitrine pour l’exportation et outil moderne de production d’énergie.Nous constatons un appauvrissement en ressources énergétiques fossiles, notamment pétrole et gaz, dans un monde où les pays émergents ont des besoins croissants (Chine et Inde, un tiers de la population du globe, +10 % de consommation d’énergie par an). L’humanité brûle actuellement en 50 ans seulement des ressources de pétrole que la nature à mis 100 millions d’années à fabriquer, attitude peu compatible avec le développement durable : il nous faudrait 2 millions de planètes identiques à la nôtre pour que ce rythme soit soutenable.La raréfaction des ressources pétrolières va obliger le monde, dans les années qui viennent, à avoir davantage recours à l’énergie nucléaire de fission, ne serait-ce que comme une énergie de transition, avant que peut-être d’autres types d’énergie prennent la relève (fusion ?). Des pays comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Japon, ont parfaitement compris ce problème et développent activement leur parc de centrales nucléaires.Bien exploitée, avec des technologies déjà éprouvées de réacteurs, l’énergie nucléaire nous fournira de l’énergie pendant plusieurs millénaires et laissera à nos enfants le temps nécessaire pour organiser une transition vers une société moins industrielle, plus économe, en meilleure harmonie avec notre environnement.En matière de technologie, bien que les réacteurs de génération IV aient fait l’objet d’un consensus de la part des pays concernés pour en développer des prototypes, il faudra encore plusieurs décennies avant de pouvoir disposer de machines fiables et performantes. Ces réacteurs ne seront prêts pour prendre la relève qu’en 2030 au plus tôt.L’énergie est indispensable au fonctionnement de notre société, ne serait-ce que pour se chauffer et se nourrir. Conformément au proverbe « un bon tien vaut mieux que deux tu l’auras », la politique énergétique de la France doit s’appuyer sur des énergies ayant fait leurs preuves industriellement sur une large échelle, ce qui est le cas de l’énergie nucléaire. Cette vision prudente et évolutive (ce qui n’empêche pas d’économiser l’énergie et de poursuivre les recherches dans d’autres domaines plus hypothétiques) a été adoptée par tous les pays constructeurs : USA, Japon, Russie, France.L’EPR n’est pas du tout une technologie « dépassée » comme disent certains. C’est au contraire une version améliorée et optimisée des réacteurs actuels, déjà très performants, avant de passer, le moment venu à des filières encore plus avancées.Le coût des investissements, la complexité des installations (réacteurs et auxiliaires), la durée des amortissements font du métier de l’énergie, et particulièrement de l’énergie nucléaire, une entreprise de long terme qui nécessite des initiatives prudentes et mesurées. Par rapport aux réacteurs actuels, l’EPR répond parfaitement à cette approche, dans un climat de continuité, avec des améliorations en matière :- d’efficacité : augmentation de la puissance et du rendement du réacteur ;- de sûreté : 10 fois plus sûr, récupération du corium en cas d’accident, meilleure protection contre les attentats ;- de fiabilité : énergie disponible en permanence pour répondre à la demande ;- de réduction du volume des déchets : meilleure utilisation du plutonium et de l’uranium recyclés.Il s’agit là de progrès substantiels par rapport aux réacteurs actuels à eau sous pression dont dispose la France, qui ont déjà fait la preuve depuis un demi-siècle de leurs qualités, de leurs performances et de leur sûreté : en un demi-siècle d’exploitation continue, aucun accident grave n’a entraîné mort d’homme par irradiation.Ce réacteur franco-allemand est conforme aux impératifs de sûreté tant français qu’allemands. Il fédère les compétences des grands constructeurs des deux pays. C’est un projet industriel européen de premier plan, exportable et capable de répondre aux besoins d’énergie des grands pays de la planète au XXIème siècle.L'énergie éolienne peut aider dans une certaine mesure et doit être encouragée, mais il s'agit d'une énergie diffuse, ne produisant de l'électricité que par intermittences, et qui ne pourra donc pas dépasser, au mieux, quelques pourcents de la production d'électricité en France. Une autre source d'énergie, telle que l'EPR, capable de produire l'électricité de base de manière propre et à la demande 24 heures par jour 7 jours sur 7, reste donc nécessaire dans tous les cas.Il s’agit d’une chance pour l’économie française et européenne.
Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN)





Le prix d’une source d’énergie est un élément, mais n’est pas le seul critère à prendre à considération. Les critères environnementaux et de sûreté, ainsi que la stabilité des coûts futurs, la sécurité des approvisionnements, la capacité à répondre à la demande doivent être également considérés. Dans le contexte actuel de raréfaction des énergies fossiles et de grande volatilité des cours du pétrole, introduction progressive de taxes sur le CO2, tous ces critères sont favorables au nucléaire et à la construction de l’EPR.Avec une production électrique importante (1 600 MWe), fonctionnant en base (7 000 heures par an), une durée de vie allongée de 40 à 60 ans, des périodes d’intervention pour changement de combustible et maintenance réduites à 16 jours, l’EPR permet de répartir le coût d’investissement sur une durée plus longue et un nombre plus grand de kWh produits, d’où une meilleure rentabilité économique, avec une sûreté elle-même accrue (risque d’accident divisé par 10).Les réacteurs actuels sont déjà tout à fait compétitifs puisque la France gagne de l’argent en exportant son électricité nucléaire dans la plupart des pays voisins (Espagne, Italie, Belgique, Grande-Bretagne, Suisse).L’EPR fera cependant encore mieux que nos réacteurs actuels sur le plan économique, avec un rendement thermodynamique qui passe de 33 à 36-37 % (soit 10 % de mieux). La quantité d’uranium nécessaire pour produire la même quantité d’électricité avec un EPR est réduite de 15 % en augmentant le taux de combustion (burn-up), ce qui diminue d’autant le volume des déchets produits. La durée de construction du réacteur diminue également, ce qui réduit les intérêts intercalaires.Comparativement au kWh produit par un EPR, la construction des éoliennes les plus modernes installées en France coûte par puissance produite environ deux fois plus cher. De plus, le vent ne souffle que de manière intermittente, pas forcément au moment où les citoyens ont besoin d’électricité. Il faut donc prévoir, pour chaque éolienne installée, la même puissance en capacité de secours. L’énergie éolienne raccordée au réseau est certainement propre, pour les quelques petits kWh qu’elle produit lorsque le vent veut bien souffler, mais elle ne fournit que de petites quantités d’énergie. Et surtout, elle n’est pas fiable, ni économique. Quelques % d’électricité éolienne dans la production nationale est certes envisageable, à grands frais et nonsans impact sur les paysages, mais construire un EPR représente un coût bien moindre. On pourrait alors consacrer davantage de ressources aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables apportant un bénéfice réel, à la fois économique et écologique (pompes à chaleur, isolation des habitations et eau chaude solaire par exemple).Le véritable concurrent de l’EPR, la seule énergie capable de rivaliser à ce niveau de puissance en polluant moins que le charbon, est en réalité le gaz. Les centrales à gaz les plus modernes, à cycle combiné, très performantes, sont certes moins chères à construire mais il faut ensuite acheter pendant des années, des quantités extrêmement importantes de gaz, dont le prix ne cesse de monter. Un rapport parlementaire de 20011 donne les chiffres suivants :Comparaison des coûts du courant produit par l’EPR et une centrale à gaz (CCG) fonctionnant tous les deux en base. Ceci ne tient pas compte d’une éventuelle taxe sur le carbone qui pénaliserait encore davantage le gaz.Le prix de l’énergie nucléaire est par définition stable et prédictible : il s’agit essentiellement du prix de construction de la centrale. Le prix du combustible (uranium) n’entre que pour 5 % dans le prix final du kWh électrique, contre 80 % pour le gaz. Bien sûr, il convient de prendre en compte également les coûts indirects, environnementaux et sanitaires, habituellement laissés de côté, pour chaque type d’énergie. L’étude européenne ExternE2 a chiffré précisément ces coûts indirects en France pour chaque moyen de production d’électricité :On voit que la prise en compte des coûts externes ne fait que renforcer l’avantage compétitif de l’énergie nucléaire sur ses concurrents. L’industrie nucléaire civile a déjà, depuis plusieurs décennies (dès l’origine), pris en compte les coûts indirects que d’autres industries oublient parfois : le coût du retraitement et du stockage à long terme des déchets, ainsi que des provisions pour le démantèlement des centrales ou usines en fin de vie. 15 % du prix de construction sont ainsi mis de côté au fur et à mesure pour couvrir les frais de démantèlement le moment venu et sont inclus dans le prix du kWh nucléaire payé par le client.L’avantage économique de l’EPR se trouve conforté également dans l’hypothèse (extrêmement vraisemblable) de l’introduction d’une taxe sur le CO2 dans un proche avenir, pour lutter contre le réchauffement climatique. Il en va de même dans le cas (également très probable) d’une montée des prix des produits pétroliers et de l’épuisement progressif dans les prochaines décennies des réserves pétrolières et gazières. En comparaison, les réserves énergétiques en uranium sont beaucoup plus durables et mieux réparties sur la planète des pays amis (Australie, Canada…). À l'inverse, des tonnages extrêmement importants de pétrole et de gaz sont importés en totalité en provenance de pays fort peu démocratiques, particulièrement instablespolitiquement et qui ne sont pas nos amis.L’EPR fournira une électricité propre à des prix prédictibles, stables et compétitifs, surtout s’il est intégré sur un site déjà en partie aménagé comme celui de Flamanville. Les prix des autres énergies (gaz et charbon notamment), outre qu’ils sont déjà plus onéreux, échappent quant à eux à notre contrôle et risquent de croître encore davantage dans les prochaines décennies.
Association des écologistes pour le nucléaire (AEPN)