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mercredi 9 avril 2014

L'Allemagne sortira-t-elle de la sortie du nucléaire ?


L'Allemagne n'a jamais autant regretté sa sortie annoncée du nucléaire. Bien sûr la majorité n'est pas encore convaincue et il faudra du temps. 

Les douleurs passées expliquent beaucoup de choses :

1) la culpabilité d'avoir créé un Reich qui fut un des initiateurs du nucleaire militaire,

2) le traumatisme d'avoir imaginé devenir le terrain d'opération du nucléaire militaire entre missiles est et ouest,

3) la culpabilité est-allemande d'avoir cautionné un communisme ayant rendu possible Tchernobyl (très grand drame humain, mais équivalent à une semaine de la mortalité Européenne liée au tabac.)

Alors à quand la prise de conscience de la nécessité d'un retour au nucléaire civil si on veut vraiment sortir des fossiles et atteindre le facteur 4 sans externaliser son CO2 ? Dès la Génération IV ? Ou 2100 ? Ou plus tôt que prévu ?

En attendant, peut-on s'aventurer à pronostiquer un report de l'arret des derniers réacteurs...? Même vu la deliquescence de la filière ? 

A suivre. Ne jamais dire jamais...

En tout cas la gueule de bois est déjà bien là en Allemagne : 

Heureusement que ce modèle ne peut faire illusion (un temps) que dans un seul pays, tant il s'approprie les marges des autres et que le stockage restera prohibitif (longtemps). Ses ventes forcées ne sont en tout cas pas perdues pour tout le monde; habile surtout pour un pays très libéral... 

In english :

Will Germany go out from the way out of nuclear power ?

https://incofeee.wordpress.com/2015/01/02/will-germany-go-out-from-the-way-out-of-nuclear-power/

samedi 18 septembre 2010

Prolongation des centrales nucléaires allemandes : Des verts francais plutot d'accords ?


Article sur http://www.developpementdurable.com/

"L’Allemagne va taxer le nucléaire. En contrepartie, le gouvernement autorise les exploitants à augmenter la durée de vie des centrales, de douze ans en moyenne. L’objectif de cette mesure est double : financer le développement des énergies renouvelables et permettre au pays d’atteindre une diminution de 80 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. En France, patrie de l’atome, la taxe a donné des idées à Chantal Jouanno…"


Parfait mais ... pourquoi taxer une énergie relativement très propre et plus durable, alors que le pétrole, le charbon et le gaz mettent en difficulté les futures générations ? Pourquoi pénaliser sa compétitivité ? pour l'affaiblir ?







Pendant ce temps un article ci dessous annonce une évolution des verts vers la maturité politique ...
Le chemin vertueux vers le pragmatisme et vers un parti de gouvernement allié aux socialistes avant 2012 ?

Et ceci, n'en déplaise à ceux qui font leur pain quotidien des peurs et pouvoirs de nuisance sur l'une des réussites françaises ?


L'article est accessible sur : Lasemaine.fr

Extrait :

"les [verts] Français, eux, vivent plutôt bien avec. Chez ceux-ci, on mise donc plutôt sur une autre carte. «Notre position change peu à peu» explique Sandrine Bélier. «Nous ne sommes plus des anti-nucléaires.» Ah ? «Oui, nous ne consacrons plus toutes nos forces à combattre ce type d’énergie, aujourd’hui, nous sommes capables de proposer des alternatives crédibles : les énergies renouvelables. Elles créent des emplois et elles sont bonnes pour l’avenir.»


Eliane Romani renchérit : «la priorité, c’est de maîtriser la demande. Ce n’est pas la peine d’épiloguer sur la sortie du nucléaire si notre mode de vie est toujours plus gourmand en énergie…» Pas faux.

Fini les doux idéalistes ? Oui, à en croire Sandrine Bélier. «On nous rétorque toujours que si on sort du nucléaire, on s’éclairera à la bougie. Mais il n’en est pas question…ce n’est pas pour demain, il faudra des décennies avant d’en sortir. Mais c’est dès maintenant qu’il faut s’y préparer.» "
 
 
 
 
PS: Vous êtes professionels dans les domaines de l'énergie ? publiez donc dans "La chaine de l'énergie"

samedi 25 octobre 2008

"RWE veut lancer "3 à 5" projets de centrales nucléaires hors Allemagne"

La confirmation du revirement de l'Allemagne vers le nucléaire civil ?


FRANCFORT (Allemagne) - Le numéro deux allemand de l'énergie RWE veut participer à "3 à 5" projets de centrales nucléaires en dehors d'Allemagne, selon un entretien de son patron paru mercredi.

"RWE va participer à des projets en dehors d'Allemagne. (...) Cela dépend du financement et de quel partenaire nous avons. Mais je crois que trois à cinq (projets) vont certainement venir", a déclaré Jürgen Grossmann, au quotidien Süddeutsche Zeitung.

RWE appartient "à la petite poignée de fournisseurs d'énergie européens en Europe compétent pour les centrales nucléaires", a-t-il ajouté.

Le groupe allemand, fervent partisan de ce type d'énergie, a d'ailleurs remporté début octobre l'appel d'offres pour 49% du capital de la nouvelle centrale nucléaire bulgare de Béléné.
RWE

(©AFP / 22 octobre 2008 08h18)

dimanche 7 septembre 2008

Existe-t-il une énergie idéale ?

De l'hypocrisie du discours ambiant, quelques réflexion utiles ?





Existe-t-il une énergie idéale ?

"Energies renouvelables, nucléaire, fossiles : le champ des possibles est aujourd’hui largement ouvert. Mais existe-t-il réellement un type d’énergie qui réponde à la fois aux impératifs environnementaux, aux logiques économiques, et aux souhaits des parties prenantes ?

L’engouement démesuré pour les agrocarburants touche à sa fin. Si de nombreux pays en font encore l’apologie, Brésil en tête (voir article lié), un rapport confidentiel de la Banque Mondiale, rendu public début juillet 2008 par le quotidien britannique The Guardian, leur attribue en grande partie la responsabilité de la hausse des prix des denrées alimentaires, entre 2002 et 2008. Déforestation, monopolisation des terres arables, coût environnemental de production : l’envers du décor du « pétrole vert » noircit sérieusement le tableau. Au point que l’Union européenne reconsidère depuis peu la question. Le Centre de recherche de la Commission, sollicité pour évaluer l’intérêt d’incorporer 10 % d’agrocarburants dans les directives du paquet climat-énergie, a rendu en janvier 2008 un verdict peu optimiste. « L’incertitude est trop grande pour pouvoir déterminer si l’objectif de 10 % de biocarburants développé par l’UE, conduira ou non à une réduction des gaz à effets de serre (GES)» (voir article lié). Voilà qui oblige les ministres européens à regarder d’un autre œil les 20% d’énergie renouvelable à atteindre d’ici 2020.

Le nucléaire, entre dépendance énergétique et économique

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le nucléaire devrait assurer 13% des besoins mondiaux en électricité en 2030. Un chiffre certes en baisse (il assurait 16% des besoins dans les années 80), mais qui dénote une dépendance pérenne à ce type d’énergie. D’autant que, si la question du stockage des déchets déclenche généralement des réactions épidermiques, celle de l’impact économique du nucléaire est moins souvent abordée. Pourtant, le prix de l’uranium a été multiplié par 15 entre 2001 et 2007, et les coûts élevés de construction, maintenance et démantèlement des centrales font craindre aux antinucléaires une répercussion sur les générations futures (voir article lié). L’énergie nucléaire, non renouvelable, ne peut donc satisfaire les ambitions européennes. Elle divise d’ailleurs les pays de l’Union, dont les politiques en la matière divergent parfois radicalement. Nicolas Sarkozy la considère comme « plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable », alors que l’Allemagne entame (certes difficilement) sa sortie du nucléaire.

La protection de l’environnement comme outil de communication

Refuser le nucléaire conduit parfois à des attitudes contradictoires. Pour faire face à une forte augmentation de la demande énergétique, les Pays Bas ont fait le choix du charbon : quatre centrales devraient voir le jour d’ici les quarante prochaines années, dont une pour alimenter le port de Rotterdam (voir article lié). Grands promoteurs du recyclage des déchets et de la réduction des émissions de GES, les néerlandais n’en choquent pas moins les ONG environnementales. Pour Greenpeace, « cette technologie d'un autre âge est une véritable aberration en cette période de lutte contre les changements climatiques. » Pourtant, le cas néerlandais n’est pas isolé. Le géant énergétique allemand E.on prévoit en effet la construction d’une centrale à Anvers, et de deux autres en Allemagne (voir article lié). Entre d’un côté un discours rassurant et prometteur sur la réduction des émissions de GES, souvent étayé par l’appartenance à des fonds ISR, et de l’autre, une politique énergétique loin d’assurer les objectifs européens, le fossé a de quoi faire grincer des dents. « Bayer [multinationale chimique allemande qui accueillera l’une des centrales d’E.on] jette de la poudre aux yeux pour cacher que, depuis des lustres, il fait partie des entreprises les plus émettrices », fustige Juergen Rochlitz, membre de la Commission pour la sécurité des implantations industrielles allemandes. Si tant est qu’il existe une énergie idéale pour préserver la planète, il faudra aussi dépasser le jeu des chiffres et de la communication."


mardi 22 janvier 2008

"Allemagne: la sortie du nucléaire divise toujours autant"

Si l'Allemagne n'importe pas encore en net l'électricité nucléaire européenne, cela pourrait venir si rien n'est fait, tout comme l'espagne en prend le chemin.


BERLIN - Un grand patron du secteur de l'énergie critique lundi l'abandon prévu du nucléaire en Allemagne, tandis que le ministre de l'Environnement défend cette perspective et égratigne au passage la France.

"Une pénurie géante nous menace", a dit au quotidien Handelsblatt le patron du groupe d'énergie EnBW, filiale d'EDF, Hans-Peter Villis. Sa société est numéro trois de l'énergie en Allemagne.

Selon une étude citée par le journal, l'Allemagne risque d'être dépendante dès 2015 d'importations d'électricité, car les énergies renouvelables et la construction de centrales classiques ne suffiront pas à compenser la sortie du nucléaire.

"Je prends ces avertissements très au sérieux", a de son côté assuré le ministre conservateur de l'Economie Michael Glos, grand partisan de l'énergie atomique.

Dix-sept centrales nucléaires sont encore en activité en Allemagne mais doivent fermer d'ici 2020, selon le programme fixé par la coalition au pouvoir.

Par ailleurs la construction de nombreuses centrales au charbon prend du retard, à la fois en raison de l'opposition de la population locale et des réglementations européennes plus strictes.
Le ministre social-démocrate à l'Environnement Sigmar Gabriel continue, au contraire, à défendre l'abandon du nucléaire, dans un entretien à la Nord-West Zeitung, et égratigne au passage la politique française.

"Quand on fait de l'énergie nucléaire le remède universel de la politique énergétique, il ne faut pas s'étonner si le danger de prolifération nucléaire augmente", a-t-il dit à propos de la France.

Le président Nicolas Sarkozy avait suscité la polémique en septembre dernier en appelant l'Allemagne à revenir sur sa décision. La décision récente de la Grande-Bretagne de construire de nouvelles centrales nucléaires a aussi renforcé les partisans de l'atome.

(©AFP / 21 janvier 2008 10h58)

L'article ici.

dimanche 23 décembre 2007

"Outre-Rhin, la fin de l’embellie verte"


Oyez ! Voila qu'apparaissent les limites de l'utopie actuelle des anti-nucléaires en Allemagne !

- Parce que le surcoût des alternatives au nucléaire sera vite insoutenable,
- parce que notre société occidentale n'a pas la volonté de remettre en cause pour l'instant ses principes consuméristes,
- parce que l'Allemagne enrage de voir lui échapper les 30% du marché du futur parc nucléaire qu'Areva souhaite capter, et ceci après que, si j'ai bien compris, Sarkozy ait enjoint l'Allemagne de retirer Siemens de son capital, au profit de son bon ami Bouygues, si elle continue à ramer en sens inverse,

voila pourquoi l'Allemagne va prochainement reprendre sa politique pro-nucléaire.

Les premiers signes, ci dessous :



LIBERATION: "Avec 500 suppressions d’emploi annoncées mi-décembre, Conergy, le numéro 1 allemand des panneaux solaires, poursuit sa chute (le titre a perdu les deux tiers de sa valeur boursière en deux mois). En octobre, l’entreprise avait fortement revu à la baisse ses prévisions de résultats pour cette année. L’ancien chouchou des investisseurs (752 millions d’euros de chiffre d’affaires) terminera l’année dans le rouge (150 à 200 millions d’euros de pertes).

Et son cas n’est pas isolé. Deux fabricants de biocarburants viennent aussi de présenter des résultats décevants : Petrotec (biodiesel) a cessé sa production jusqu’à fin 2007, mettant ses salariés à temps partiel pour réduire ses coûts ; Envitec (biogaz) a vu son titre chuter de 18 % pour non réalisation des objectifs fixés. L’Allemagne, présentée en modèle, risque-t-elle une crise de ses énergies propres et la Bourse l’éclatement de la bulle verte ?

«Fantasmes». Les analystes appellent à la prudence, après l’euphorie des dernières années. Le TecDax (l’indice des valeurs technologique de Francfort rebaptisé SunDax en raison du poids prépondérant des entreprises liées au solaire), créé en mars 2003, et l’EcoDax (indice des entreprises vertes), qui date du printemps, ont connu une progression fulgurante (le TecDax a triplé sa valeur) avant de stagner, voire de reculer ces derniers mois sous l’influence d’annonces décevantes.

Le secteur traverse une crise de croissance. «La dépendance aux subventions est un défi majeur pour la branche», estime Josef Auer, analyste à la Deutsche Bank. Les renouvelables sont soutenues en Allemagne depuis 1991, avec les premières lois fixant le prix d’achat légal du kWh propre. Le courant vert est subventionné à hauteur de 8,19 centimes d’euros le kilowatt. Mais ces aides doivent peu à peu disparaître. Les subventions au solaire devraient baisser en 2009 de 8% au lieu des 5 % prévus. Idem pour les biocarburants, exemptés de taxes depuis 2004 et imposés à hauteur de 9 centimes d’euros depuis 2006. L’impôt passera à 15 centimes en janvier pour atteindre 45 centimes le litre en 2012, presque autant que les énergies fossiles.

La pénurie de silicium, la hausse du prix des céréales, la difficulté à trouver des terrains libres, notamment pour les éoliennes, renforcent les difficultés d’un secteur qui devra miser davantage sur les exportations. «Les entreprises d’énergies renouvelables suscitent beaucoup de fantasmes en Bourse, note Sebastian Zank, analyste à la WestLB. Certaines hausses de cours sont irrationnelles. Dans l’ensemble, le secteur est surévalué. Mais contrairement à la high-tech en 2000-2001, les entreprises présentes dans les renouvelables ont une vraie substance.» «Je ne m’attends pas à une correction généralisée, ajoute Sven Diermeier, de Independant Research. Il ne faut pas sous-estimer le potentiel de ces entreprises, alors que la dépendance aux énergies fossiles va devenir problématique.»


Exportations. L’Allemagne continue d’ailleurs à croire aux énergies vertes. Elle réalise 20 % du chiffre d’affaires mondial des technologies liées à l’environnement, dit-on au ministère de l’Environnement. A l’heure actuelle, 70 % des exportations liées à l’énergie éolienne et 75 % aux installations photovoltaïques sont d’origine allemande. Au total, 1,5 million de personnes travaillent outre-Rhin pour les techniques de l’environnement ; 400 000 créations d’emploi sont prévues d’ici à 2020."





En conclusion:



Privilégier la filière gaz, en quoi est-ce du développement durable ?




Privilégier l'éolien, n'est-ce pas plein d'inconvénients ? Et où les mettre ?









Privilégier les divers biocarburants ne comporte-t-il pas des risques pires que les maux qu'ils sont censés combattre, n'en déplaise à une vision purement économique ?

N'est ce pas éviter de ses poser les bonnes questions et maintenir la croissance de la consommation ?

Toujours plus de pollution ?













vendredi 30 novembre 2007

"Le nucléaire, pétrole de la France" par Alexandre Adler






Alexandre Adler, prompt à susciter la polémique, est aussi talentueux pour synthétiser les enjeux d'un domaine; on a ici un avis pertinent sur l'avenir énergétique francais.




"LE FIGARO - La chronique d’Alexandre Adler du 13 octobre 2007.

Nous vivons une redistribution sans précédent des cartes dans le domaine énergétique. Alors que la conscience de la nocivité et du caractère limité des hydrocarbures devient un sens commun à l’échelle de la planète, de nouvelles sources d’énergie sont certainement en train de créer les nouveaux pôles de richesse du XXIe siècle.

C’est ainsi que, compte tenu des besoins céréaliers de la planète, qui limitent sévèrement la fabrication d’éthanol à partir des céréales, on peut d’ores et déjà déterminer le rôle stratégique de la production d’éthanol à partir de la canne à sucre, par ailleurs bien plus efficace et bien moins polluante. Le Brésil et peut-être même quelques îles Caraïbes - pourquoi pas Cuba ? - ont donc devant eux l’avenir radieux que la découverte de la betterave à sucre leur avait fait perdre.

Dans cette redistribution des cartes, la France est aujourd’hui le Brésil du monde développé : grâce à son programme électronucléaire. L’énergie nucléaire civile a en effet pâti à l’échelle mondiale de la mauvaise image bien compréhensible de sa parente militaire. Pour cette seule raison, l’Allemagne est demeurée longtemps très hostile. Les États-Unis, en proie au syndrome postvietnamien, ont fini, à la fin des années 1970, par emboîter le pas à ce courant antinucléaire. De sorte que la France s’est retrouvée absolument seule à miser tout son développement énergétique sur ses centrales nucléaires, constamment améliorées par la recherche fondamentale du CEA, et le savoir grandissant d’EDF, qui assure la construction des centrales et leur gestion.


Ce nucléaire est aujourd’hui notre pétrole, et la richesse épargnée ou directement générée par cette industrie vaut largement la rente dont Norvège et Angleterre ont longtemps bénéficié avec le pétrole de la mer du Nord. Pourquoi ce miracle français ? Parce que l’énergie nucléaire militaire mise en place par le général de Gaulle fut associée d’emblée à un retour à une indépendance stratégique foncièrement pacifiste ; parce que le souvenir amer de la guerre d’Algérie rendait décideurs et opinions craintifs à une dépendance accrue vis-à-vis du monde arabe ; parce qu’enfin, au coeur d’EDF, étaient tapis, et bien tapis, un Parti communiste et une CGT qui, associés aux oeuvres sociales de l’entreprise et discrètement admiratifs de la science soviétique à l’époque très pronucléraire, verrouillaient l’opinion de gauche.

Cette conjonction presque miraculeuse nous a donné le pétrole français, c’est-à-dire un savoir-faire aujourd’hui techniquement indépassé en matière nucléaire qui, dans l’état actuel du marché mondial de l’énergie, est sollicité de toutes parts. Au coeur du système, établi par la sagacité de Laurent Fabius lorsqu’il eut à traiter du dossier à Bercy, le diamant de l’industrie française Areva, dont la présidente fondatrice, Anne Lauvergeon, vient d’être consacrée meilleur manager féminin de l’année.


Mais c’est là aussi que se situe pour la politique étrangère de la France le danger le plus grand, dans sa relation fondamentale, aujourd’hui très claudicante, avec son principal allié, l’Allemagne. L’avance scientifique et le savoir-faire technologique de cette société, qui résulte de la fusion du CEA et de la société de gestion du combustible nucléaire, la Cogema, rendent indispensable son intervention - en Allemagne, Angleterre, Italie, par exemple, mais aussi en Finlande, Suède et peut-être Turquie - partout, en somme, où la relance de l’énergie nucléaire est envisagée.

Ici s’ouvre le casse-tête Siemens. La grande société d’ingénierie allemande est entrée dans le capital d’Areva pour demeurer associée à sa technologie dans l’attente d’une reprise du programme nucléaire en Allemagne. La proposition actuelle du groupe Bouygues, associé à Alstom de Patrick Kron, aurait beaucoup de sens sur le plan industriel si elle n’aboutissait pas, sous la forme actuellement envisagée, à l’expulsion pure et simple de Siemens du nouveau groupe. Elle fait d’ailleurs également planer des incertitudes sur la recherche en amont du CEA, jusqu’à évoquer l’hypothèse d’un retour à la case départ avec absorption économique de la Cogema, et rejet de la recherche fondamentale non rentable du CEA du côté de l’État.

La décision repose entre les mains du président Sarkozy. À certains égards, elle est aussi décisive pour l’avenir de la France et de l’Europe que ne l’a été, pour François Mitterrand, en son temps, le choix de soutenir Helmut Kohl et Ronald Reagan dans la querelle des euromissiles face à l’Union soviétique. Rappelons que contre tous les procommunistes de l’époque, les Roland Dumas et autres Pierre Joxe, Mitterrand avait choisi l’union franco-allemande. Ici, même si les ambitions du groupe Bouygues sont tout à fait légitimes, le maintien envers et contre tout d’une option allemande, qui devrait d’ailleurs être élargie à d’autres partenaires européens, serait seul de nature à préserver notre alliance fondamentale avec Berlin. Tout le reste n’est que stratégie d’entreprise, et le général de Gaulle nous l’a pourtant appris : la politique de la France ne se fait pas à la corbeille."


L'article complet ici.

mercredi 21 novembre 2007

"Les géants allemands de l'énergie se mettent au vert"

Ne pas se reposer sur ses lauriers : l'avance technologique européenne en matière de nucléaire ne doit pas retarder la diversification des initiatives en matière d'économies d'énergie et de développement durable !

"BERLIN - L'un double ses investissements dans les énergies renouvelables, l'autre y consacre un milliard d'euros par an: les géants allemands de l'électricité EON et RWE promettent de corriger leur image de gros pollueurs, et de se détacher un peu du charbon et du nucléaire.
RWE, numéro deux allemand de l'énergie, a fait savoir mercredi que désormais il investirait "au moins un milliard d'euros par an dans les énergies renouvelables."
Le 13 novembre, son grand rival EON avait promis de doubler jusqu'en 2010, à 6 milliards d'euros au total, son investissement dans les énergies "vertes".
Les projets de RWE seront gérés par une filiale baptisée RWE Innogy, qui doit démarrer le 1er février prochain. Une réponse à la filiale "EON Climate and Renewables" créée par le numéro un...

..."


L'article complet ici.

samedi 13 octobre 2007

"Le nucléaire, pétrole de la France"

Face aux enjeux et à la rentabilité futurs du nucléaires, la France doit-elle profiter d'une coalition allemande paralysée, pour écarter Siemens d'Areva ? et récolter ainsi les fruits des ses investissements depuis cinquante ans ? A moins que l'Europe se décide à assumer une statégique d'indépendance énergétique forte et durable ? Angela, il va faloir choisir entre élections anticipées et baisse de sa domination sur le continent.

"La chronique d'Alexandre Adler

Nous vivons une redistribution sans précédent des cartes dans le domaine énergétique. Alors que la conscience de la nocivité et du caractère limité des hydrocarbures devient un sens commun à l'échelle de la planète, de nouvelles sources d'énergie sont certainement en train de créer les nouveaux pôles de richesse du XXIe siècle.
C'est ainsi que, compte tenu des besoins céréaliers de la planète, qui limitent sévèrement la fabrication d'éthanol à partir des céréales, on peut d'ores et déjà déterminer le rôle stratégique de la production d'éthanol à partir de la canne à sucre, par ailleurs bien plus efficace et bien moins polluante. Le Brésil et peut-être même quelques îles Caraïbes - pourquoi pas Cuba ? - ont donc devant eux l'avenir radieux que la découverte de la betterave à sucre leur avait fait perdre.

..."

vendredi 12 octobre 2007

"La droite allemande relance le débat sur le nucléaire"

L'Allemagne hésite à continuer à libérer 150 millions de tonnes de CO2 à cause de l'arrêt du nucléaire...

"A mi-chemin de la législature, les partis de l'Union chrétienne CDU-CSU, qui gouvernent en Allemagne avec le Parti social-démocrate (SPD), reprennent l'offensive sur le dossier du nucléaire. Dans un document publié, mardi 9 octobre, à Berlin, sur la politique énergétique, le groupe parlementaire CDU-CSU défend l'allongement de la durée d'activité des centrales nucléaires.
..."

L'article complet ici (archives payantes).

lundi 23 juillet 2007

Allemagne/incidents nucléaires chez Vattenfall: Merkel demande explications

"...
Le patron de Vattenfall Europe, Klaus Rauscher, a de son côté dénoncé une "campagne" orchestrée par les opposants au nucléaire."

Un incident qui tombe à point pour les détracteurs, alors que l'allemagne réfléchit à deux fois avant de renoncer durablement à l'énergie nucléaire...

A quand l'éclatement de cette coalition improbable ?

L'article complet ici.

mardi 17 juillet 2007

"En Allemagne, le tabou de la sortie du nucléaire vacille"

"BERLIN - Les attaques se multiplient en Allemagne contre les objectifs gouvernementaux de réduction des émissions de CO2, que nombre d'industriels et de ténors politiques jugent impossibles à atteindre sans briser un tabou: renoncer à la sortie prévue de l'énergie nucléaire.
..."

Face aux promesses electoralistes, le débat continue à faire rage !

A suivre d'ici la prochaine majorité...

L'article complet ici.