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jeudi 29 mai 2014

Les Etats-Unis envisagent d'autoriser l'exploitation de leurs réacteurs de manière sûre pendant 80 ans et nous voudrions fermer les nôtres, qui sont plus récents et plus sûrs, au bout de 40 ans ?

http://lenergeek.com/2013/09/25/prolongement-de-la-duree-de-vie-des-centrales-les-precisions-dedf/
Alors que la France envisage de prolonger la durée de vie des ses centrales nucléaires, que peut-on tirer de l'expérience, bien plus avancée, des USA en la matières ?
- Voici ci dessous la traduction d'un article en anglais nous venant des USA.
- Suivi d'un commentaire détaillé de l'AEPN sur les conclusions qu'on peut en tirer.
Lien vers l'article du Richmond Times Dispatch du 5 mai 2014:
http://www.timesdispatch.com/business/local/companies/dominion/d…tors-for-years/article_31595810-62bf-55e4-a967-e590f3c22597.html
Traduction : G.G.
 
"Dominion Resources réexamine l’exploitation de ses réacteurs nucléaire pendant 80 ans La compagnie envisage de demander aux autorités l'extension de 20 ans de la durée d'exploitation de ses réacteurs."


par PETER BACQUÉ (Richmond Times-Dispatch)

Dominion Resources Inc envisage d'exploiter ses six réacteurs d'énergie(de puissance) nucléaire pendant 80 ans.

Les unités nucléaires de l'entreprise sont chacune autorisées pour fonctionner pendant 60 ans. 

Filiale de Virginia Power, Dominions Resources conduit en interne des études préliminaires pour justifier des extensions de licence d'exploitation de 20 ans pour ses six unités nucléaires en Virginie et dans le Connecticut.

"Nous croyons qu'il est possible de ré-accorder une licence d'exploitation sûre à ces unités pendant 20 ans supplémentaires," a dit le porte-parole d'entreprise Rick Zuercher. "Nous engageons ce processus pour comprendre ce que nous devons faire pour préserver ces stations nucléaires pour 20 ans de plus »

L'âge moyen des 100 centrales nucléaires américaines en exploitation est de 34.7 ans, selon le porte-parole de Commission de Régulation Nucléaire (NRC) Scott Burnell. La NRC a déjà prolongé les licences initales d'exploitation de 40 ans de 73 réacteurs américains pour 20 ans supplémentaires, y compris ceux exploités par Dominion Resources. 18 réacteurs supplémentaires sont dans la file d'attente pour des renouvellements de licence de 20 ans.

Mais Dominion Resources, basé à Richmond, envisage de chercher une extension pour 20 ans de plus - pour un total de 80 ans.

L'entreprise exploite deux réacteurs nucléaires dans la centrale de North Anna dans Comté de Louisa (NDLR: North Anna est la centrale de référence de Bugey en France) et deux à sa centrale de Surry dans le Comté de Surry. La société a aussi deux unités nucléaires dans la centrale de Millstone dans le Connecticut. Surry 1 a une licence pour fonctionner jusqu'en 2032 et Surry 2 jusqu'en 2033. North Anna 1 a une licence pour fonctionner jusqu'en 2038 et North Anna 2 jusqu'en 2040. Pour Millstone 2 la licence est  valable jusqu'en 2035 et la Millstone 3 jusqu'en 2045.

En Virginie, les quatre centrales nucléaires de l'entreprise produisent 42 % de l'électricité consommée par les presque 2.4 millions de clients de Dominion Virginia Power.
"Ce sont les bêtes de somme de Virginie," a dit Zuercher. "Ils sont la source des coûts d'électricité les plus bas  et ils sont des actifs de valeur."

Dominion Virginia Power est la plus grande utilité électrique de l'état. "Nous devons regarder à long terme d’où l'électricité viendra dans l'avenir et North Anna et Surry ont une grande expérience d'exploitation," a dit Zuercher. "Nous soignons ces centrales et nous assurons qu'elles sont en pleine forme."
Selon le NRC, le terme initial de 40 ans pour les licences de réacteur a été basé sur des considérations économiques et antitrust, pas les limitations de technologie nucléaire. Cependant, l'agence fédérale a dit, que quelques composants peuvent avoir été réalisés sur la base d'une durée d'utilisation attendue de 40 ans.

En plus de l'approbation par la NRC pour des licences prolongées d'exploitation, l'entreprise devra avoir l'accord de la Commission du Commerce et de l’Industrie (Corporate Commission) de Virginie pour les extensions de durée d'utilisation des centrales nucléaires.
Dominion Virginia Power cherche la permission de la NRC pour construire une troisième unité à North Anna, qui pourrait être en service au plus tôt en 2024. North Anna 3 pourrait être conçue pour fonctionner jusqu'à 80 ans, a dit Tom Wohlfarth, le vice-président directeur de l'entreprise pour les affaires réglementaires.

Le personnel de la NRC a commencé une revue du processus pour le renouvellement de licence de réacteur de puissance en prévision des demandes des compagnies pour des licences d’exploitation au-delà de la durée de 60 années.

"Le personnel croit que le processus de renouvellement de licence et les règles sont sains et permettent d’envisager le renouvellement des licences," a écrit la commission le 31 janvier Mark A. Satorius, le directeur exécutif de la NRC pour des opérations. 

Des groupes environnementaux ont exprimé leur opposition à toute extension. "Ces usines viennent à la fin de leur vie planifiée, à l'origine," a dit Glen Besa, le directeur de la branche de Virginie du Sierra Club, "et leur extension pendant une autre période de licence expose les Virginiens à des risques que nous devrions tous trouver inacceptable." "Je ne crois pas que ces usines peuvent en réalité fonctionner aussi longtemps," a dit Paul Gunter du groupe «  Au-delà du Nucléaire » de l’état de Maryland. "Ils projettent essentiellement leur sécurité avec une boule de cristal."

Les centrales nucléaires existantes ont trop de valeur pour les abandonner à la fin de leur vie de conception actuelle, ont dit les responsables de l’industrie nucléaires, notant que le coût de remplacement des centrales ou de construction de nouvelles mettrait à l’épreuve les ressources technique et économique disponibles.
"Si nous avançons, nous identifierons toutes les choses qui doivent être faites pour exploiter sans risques pendant 20 autres années," a dit Zuercher. "Cela exigera  pour le faire un certain investissement en capital. Nous essayons de nous faire une idée sur ce que ce serait."

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http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/nucleaire/viellissement-parc-centrales-nucleaire-prolongation.php4


Commentaire de l'AEPN : 

En France aussi nous devons nous poser la question de la prolongation des réacteurs nucléaires. Car ces réacteurs sont sûrs, fiables propres (même en vieillissant) et sont un atout considérable que le monde entier nous envie, pour nous apporter une électricité propre et abondante à un coût bon marché (déjà deux fois moins cher qu'au Danemark et en Allemagne).

La durée initialement envisagée de 30 ans était une durée d'amortissement comptable (vitesse à laquelle EDF a amorti dans les comptes de l'entreprise et remboursé aux banques la valeur de l'investissement qu'était le cout de construction du réacteur). Cela n'a rien à voir avec la durée de vie technique qui était estimée SUPERIEURE à 30 ans et au moins égale à 40 ans (c'est pourquoi l'amortissement par prudence comptable a été fixé à 30 ans). 
De même que tu peux rembourser le crédit de ta maison en 15 ans et pour autant ta maison n'est pas bonne à être démolie au bout de ces 10 ans (garantie du constructeur) ou 15 ans (durée du remboursement de ton emprunt) ou 20 ans (durée prévue pour ton chauffe-eau par le constructeur du chauffe-eau). Elle sera solide et confortable et représente un actif financier pour encore 50 ou 100 ans, voire davantage avant d'être bonne à démolir. Au besoin il suffira de changer le chauffe-eau au bout de 20 ans environ. Mais s'il est bien entretenu, régulièrement détartré et protégé par une cathode, le chauffe-eau lui-même pourra durer 50 ans et plus sans danger (en n'oubliant pas d'installer un groupe de sécurité et de le purger tous les mois un petit peu pour vérifier que la sécurité fonctionne). 
En fait les réacteurs nucléaires bien surveillés, bien exploités et bien entretenus vieillissent mieux que prévu (les ingénieurs avaient pris de grosses marges de sécurité par prudence dans leurs calculs et la durée de vie réelle possible (y compris sans danger) s'avère être du coup bien supérieure. Surtout en changeant les composants comme les GV (générateurs de vapeur) ou couvercles de cuves (comme c'est le cas) et ceux qui présentent des points faibles, on peut RENFORCER la sureté en adaptant des composants plus sûrs et plus fiables que ceux d'origine qu'on savait fabriquer dans les années 70. 
Fessenheim justement vient d'être remise à neuf avec de nouveaux GV et couvercles de cuve et un upgrade complet de presque un milliard d'euros, et ce serait donc une ineptie de l'arrêter maintenant.  
Au début on était confiant vu les connaissances techniques de l'époque mais attentif à savoir comment les grosses cuves vieilliraient : propagation ou pas en vieillissant de micro-fissures de la cuve, métal devenant plus ou moins ductile ou pas sous l'effet des rayonnements ou encore combien de temps mettraient les joints ou les traversées de l'enceinte de confinement pour commencer à fuir. Maintenant on sait, car CELA SE SURVEILLE et peut se mesurer, que les matériaux vieillissent MIEUX que prévu et la plupart de ceux qui vieillissent peuvent de toutes façons être changés (comme les durites d'une voiture).

Aux Etats-Unis c'est la majorité des réacteurs, déjà 73 sur 110 (et 18 autres demandes en cours d'évaluation par la NRC, équivalent de l'ASN français) comme mentionné dans l'article, qui, moyennant quelques travaux consistant à renforcer les maillons faibles et remplacer les pièces qui s'usent, sont d'ores et déjà autorisés à fonctionner jusqu'à 60 ans. 
Dominion a raison d'étudier dès maintenant la possibilité des 80 ans car le vieillissement d'un réacteur peut dépendre de la manière dont le réacteur est exploité, du nombre de fois qu'on l'arrête, de la vitesse à laquelle on le redémarre (chocs thermiques) et il y a donc des modes de conduite, comme sur une voiture, qu'on peut adapter en vue d'un meilleur vieillissement du réacteur (de même que tu pourras vivre plus vieux et en meilleure santé en mangeant mieux...) (et si tu surveilles bien ton corps et tous tes paramètres tu peux même REDUIRE tes risques d'infarctus à 50 ou 60 ans par rapport à un jeune de 30 ou 40 ans qui mange n'importe quoi). Bien sûr il y a quand même des limites au raisonnement. En l'état actuel de la science, n'espère pas aller très loin au delà de 100 ans... ni pour toi ni pour les réacteurs nucléaires. Même si c'est possible, cela n'ira pas beaucoup plus loin et on rentre alors dans la zone à risques (pas raisonnable).

L'avantage du réacteur nucléaire c'est qu'on peut changer à peu près tous les composants (alors que les organes du corps humain notamment le cerveau, le cœur, les poumons, le foie, le pancréas, la rate... ne peuvent pas être changés). Théoriquement c'est donc bien plus simple de prolonger la vie d'un réacteur nucléaire que celle d'un humain, il suffit de changer au fur et à mesure les organes défaillants qui présentent des signes de faiblesse... tant que l'enceinte de confinement est OK (pour assurer la sécurité au cas où...) le réacteur est alors quasiment éternel (mais peut se trouver technologiquement ou commercialement obsolète). On peut changer facilement (et cela se fait couramment) les pompes primaires sur un réacteur nucléaire (équivalent d'un cœur qu'on ne sait pas encore facilement changer chez l'homme, tout juste stimuler électriquement en y ajoutant un pacemaker). De même on sait changer à neuf toutes les tuyauteries (même celles du circuit primaire) d'un réacteur nucléaire, alors qu'on ne peut pas changer tous les vaisseaux sanguins du corps : on sait tout juste élargir (stents) un vaisseau par ci ou supprimer (stripping pour varices des jambes) un vaisseau par là ou changer un tout petit bout (pontage en plastique du petit bout d'une coronaire). Mais la machine humaine vieillit et on ne peut en remplacer que de petits bouts (cristallin, morceau d'artère coronaire, genoux, hanches, épaule,...), pas les organes principaux (le cœur...), alors qu'on peut remplacer un GV, un couvercle de cuve, une pompe primaire ou n'importe quel tuyau (même du circuit primaire) présentant des signes de faiblesse dans un réacteur nucléaire. 
Une seule exception : la cuve du réacteur que pour l'instant on ne sait pas (encore) changer (les russes l'on déjà réussi par un procédé thermique, mais on pourrait très bien concevoir un réacteur dans lequel même la cuve peut être remplacée en cas de besoin). Sans compter que la composition du fluide qui circule dans les tuyaux (de l'eau dont il suffit de surveiller le pH pour une centrale nucléaire) est bien plus pure et facile à surveiller que la composition du sang humain (qui provoque de nombreux dépôts durcissant les artères avec l'âge, notamment et d'autant plus vite si on mange mal). Les tuyaux d'une centrale nucléaire peuvent durer bien plus longtemps que ceux du corps humain (et sont bien plus faciles à surveiller) et peuvent tous être changés.

Même si la courbe des incidents augmente au fil du temps (quand on ne fait pas la maintenance préventive ou sur les nouveaux réacteurs, dont on découvre les points faibles au fur et à mesure de l'exploitation) ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle : c'est aussi parce qu'on améliore la détection des incidents (ce qui en créé plus, apparemment, simplement parce qu'on colle l'étiquette "incident" sur un micro événement autrefois considéré comme normal) et même s'il s'agit d'un véritable incident, ce qui fait partie de la vie normale, si le REX (retour d'expérience) est bien organisé (ce qui est le cas dans le nucléaire) une amélioration passagère dans laquelle chaque petit incident conduit à une amélioration du suivi, du programme de remplacement de certaines pièces ou des inspections plus régulières de ces points faibles pour la suite est une bonne nouvelle qui permet d'augmenter la sécurité future (même quand le réacteur vieillit et même pour les réacteurs neufs) et non pas de la diminuer. Cela permet même quelquefois d'augmenter la sécurité des réacteurs NEUFS (car les pièces récentes peuvent aussi lâcher de temps en temps). La connaissance des points faibles et leur surveillance (ou le remplacement systématique des points faibles détectés) augmente la performance et la sécurité globale. Il me semble que c'est bien dans cet esprit là que travaille le nucléaire. Bien sur aucun système (et aucun homme) n'est parfait donc il y a donc (et il y aura toujours) des incidents. C'est la suite qu'on y donne qui est importante et d'en tirer les leçons, ce qui améliore la sécurité future (et minimise le risque d'accident plus grave). Le REX est essentiel (partout, pas seulement dans le nucléaire, même dans notre manière de conduire nos voitures par exemple) et c'est clairement dans le nucléaire que le REX est le plus poussé (c'est pourquoi le nucléaire est l'industrie la plus sure, la moins dangereuse et qui fait le moins de morts). C'est possible grace au "facteur 1 million" (gros service rendu pour une installation finalement relativement compacte, donc assez facile à surveiller sans avoir besoin de milliers d'inspecteurs.

Une voiture bien entretenue et dont tu surveilles les éléments de structure (corrosion de la caisse notamment) et le bon fonctionnement du moteur (présence d'huile, vidanges régulières, surveillance de l'évolution du taux de compression, l'absence de tartre dans le radiateur, étanchéité et serrage du joint du culasse tous les 50 0000 km, remplacement systématique tous les 100 000 km de la courroie de distribution, de la tête de delco, la bobine d'allumage, des charbons du démarreur, de la courroie d'alternateur, sans attendre la panne...) en surveillant et changeant régulièrement les éléments de sécurité (freins, amortisseurs, pneus) sur laquelle tu surveilles tous les jours la pression des pneus et le niveau des liquides (de frein et de refroidissement notamment, avec des signaux avertisseurs au tableau de bord si les niveaux baissent ou si la pression des pneus baisse) ainsi que toutes les durites en caoutchouc changées tous les 10 ans ... sur laquelle tu fais régulièrement l'entretien (vidange, bougies...) (liste perfectible) reste parfaitement sûre à conduire et ne tombera pas plus souvent en panne qu'une voiture neuve, même si elle est âgée de 20 ans et plus. C'est pareil pour un réacteur nucléaire, sauf que la surveillance, pas beaucoup plus compliquée à faire que pour une voiture, est bien mieux faite (et il faut y veiller). Un réacteur nucléaire est plus sûr qu'une voiture (et vieillit mieux qu'une éolienne) parce qu'il ne bouge pas et est à l'abri des intempéries (grosse enceinte de protection...). La concentration du nucléaire (facteur 1 million) permet de mettre facilement et sans inconvénient de fortes sommes sur la table pour la sécurité et le remplacement des pièces sensibles pouvant s'user ou se fragiliser (comme c'est à peu près le cas en France, mais pas toujours aux US et au Japon cf l'affaire Davis Besse). Mais il y aussi un moment où il ne faut pas exagérer et multiplier les contrôles inutiles pour des motifs purement politiques et médiatiques (en France on en serait presque là, cf l'affaire des portiques et des bq/cm2 qui jetait l'argent par la fenêtre, plus grave : en le détournant des budgets d'entretien et sécurité importants, lorsque Mme Voynet est devenue Ministre en 1997). Il faut rester vigilant mais je pense que bien entretenus tous, ou quasiment tous, nos réacteurs peuvent atteindre largement 60 ans et certains même 100 ans (en surveillant bien la cuve et l'étanchéité de l'enceinte de confinement tous les 10 à 20 ans, ce qu'on sait faire). 
Les plus anciens réacteurs nucléaires commerciaux au monde, celui d'Obninsk près de Moscou ou encore ceux de Calder Hall en GB, que nous avions été visiter vers 2004 peu avant leur fermeture, ont fermé parce qu'ils étaient trop petits et considérés non rentables (obsolètes technologiquement et commercialement car trop petits, mais pas usés et encore en parfaite état de fonctionnement) à l'âge de 50 ans mais techniquement et du point de vue de leur vieillissement ils auraient pu tenir jusqu'à 100 ans et plus (ils venaient d'être remis à neuf lorsqu'ils ont été stoppés pour ceux de Calder Hall, comme Phénix ! Jetant là aussi l'argent par la fenêtre...). 
Il faut rester prudent, cf l'affaire de l'explosion de vapeur japonaise sur le circuit secondaire qui a fait quelques morts mais n'était pas un problème de radioactivité (circuit secondaire), mais un problème de maintenance industrielle sur un circuit de vapeur) et si on y surveille et change régulièrement ce qu'il faut (ce qui n'était pas le cas sur cette centrale japonaise qui avait repoussé à plus tard la surveillance de ces tuyaux...), aucun souci. 

De toutes les façons le nucléaire (parce qu'il est intrinsèquement plus sûr et plus surveillé, même mal fait, et grâce au "facteur 1 million" (rapport d'équivalence entre 1 tonne d'uranium et 1000 tonnes de pétrole) qui permet de faire plus de sécurité qu'ailleurs, fait moins de morts et de dégâts (même au Japon, aux USA dans le temple du libéralisme et chez les Russes à l'époque communiste, que les énergies concurrentes (charbon, gaz, hydrauliques, éoliennes, sans compter les milliers de couvreurs et électriciens qui chutent des toits en posant des millions d'installations PV, on n'en parle jamais...).
 274 morts (presque 10 fois plus que les morts de courts terme à Tchernobyl) récemment encore (voir l'article de mai 2014) dans une mine de charbon en Turquie (et 300 autres sont en train d'agoniser bloqués dans la mine sans qu'on sache si on pourra les en sortir :  Dans 8 jours on n'en parlera plus (et entre temps il y aura eu 3 ou 4 autres accidents dans des mines de charbon dont on n'aura même pas parlé dans les médias).

Une conférence commentée aussi ici sur les terres rares nous apprend par exemple (dont la production est monopolisée à 90% par la Chine) que l'industrie de l'extraction des terres rares en Chine (dont le débouché principal sont... les éoliennes industrielles allemandes et espagnoles... considérées comme propres et écologiques) ferait 3000 morts par an aux dernières nouvelles, mais comme ce sont des chinois (et que c'est pour les éoliennes danoises, espagnoles et allemandes) cela ne compte pas, chut, "business as usual" et n'en parlez surtout pas (et les chinois ne communiquent plus le moindre chiffre sur les morts dans leurs sites d'extraction des terres rares depuis 3 ans...).

B.C.
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Pour prolonger sur l'aspect économique, voir l'article du blog du RESSEC : 

"L’explication qui nous manque pour comprendre si le coût de l’électricité nucléaire augmente … ou en fait diminue régulièrement !"

http://ressec.wordpress.com/2014/05/29/982/


http://www.sudouest.fr/2013/10/13/le-gouvernement-compterait-prolonger-de-10-ans-la-duree-de-vie-des-centrales-nucleaires-1198000-706.php


http://www.lesechos.fr/14/02/2008/LesEchos/20110-063-ECH_edf-veut-prolonger-la-vie-des-centrales-nucleaires.htm



http://www.enerzine.com/2/13442+nucleaire---un-prolongement-de-la-duree-de-vie-ineluctable+.html

Pour en savoir plus aussi sur le démantèlement : l'article ici propose une analyse de la faisabilité

mardi 13 novembre 2012

Contribution de l'ADEME pour 2030-2050 : une lettre à changer !


L'ADEME vient de rendre public hier (8 novembre 2012) un rapport intitulé
"Contribution de l’ADEME à l’élaboration de visions énergétiques 2030-2050 ".




Voici quelques commentaires que notre association tient à exprimer à la lecture de ce rapport.

Il y a de nombreuses choses intéressantes et que nous approuvons pleinement dans ces scénarios de l'ADEME, par exemple le programme d'isolation accélérée des logements  (plan ambitieux de construction et de rénovations thermiques) ou encore le développement (à notre avis insuffisant et trop peu ambitieux dans ce scénario) des véhicules électriques.

Mais on y trouve aussi des hypothèses irréalistes destinées semble-t-il à démontrer qu'on pourra, selon ce scénario, parvenir à 70% d'ENR dans notre mix énergétique en 2050 (en évitant soigneusement de rentrer dans les détails et surtout de parler du prix et des moyens de stockage de l'énergie).

Le public et les journalistes retiendront donc sans doute de ce rapport uniquement qu'il est possible selon l'ADEME de produire 70% de l'énergie en France avec des ENR en 2050 et que le nucléaire n'est donc plus nécessaire.

C'est facile de prévoir le paradis, toujours pour après demain... Mais il s'agirait d'une erreur, d'un espoir louable certes, mais au final d'un rêve qui ne pourra être que déçu.

Il est évident que cela ne marchera pas comme le prévoit ce scénario pour 2050.

En effet 70% d'ENR est tout simplement inatteignable.

En supposant que nous parvenions à construire les installations de production d'ENR pour parvenir à ce chiffre (ce qui est irréaliste) et que nous ayons l'argent pour les payer (ce qui l'est encore plus) le réseau électrique deviendrait alors totalement instable et ne pourrait pas fonctionner avec une telle proportion d'ENR ! Où alors je veux bien qu'on m'explique comment ? Et comment l'électricité sera stockée les jours sans vent et sans soleil ?

La construction d'une seule STEP marine, que propose l'ADEME pour un stockage intersaisonnier de l'énergie, n'est tout simplement pas crédible. Les 60 GW de solaire PV envisagés (si tant est qu'on y parvienne) produiraient environ 60 TWh/an d'électricité solaire, produite principalement l'été, dont une part importante, environ la moitié, soit 30 TWh (pic de production), devrait être stockée pour être restituée en hiver (pic de consommation). Mais il est hélas tout à fait impossible de stocker une telle quantité d'énergie dans une seule STEP, comme le propose (un peu vite) l'ADEME !

Même l'hypothèse intermédiaire "Vision ADEME 2030" avec 34% d'ENR est déjà très optimiste et sera bien difficile à atteindre, surtout avec une grosse crise économique qui ne fait que commencer.

Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte : nous voyons déjà tout autour de nous que nos voisins (Espagne, Pays-Bas, Grande Bretagne ces derniers jours, Allemagne aussi), sont en train de réduire brutalement leurs subventions aux énergies renouvelables, provoquant la faillite en chaine des entreprises de production et d'installation solaires et éoliennes. En effet le coût économique de ces énergies (poids des subventions se chiffrant déjà en milliards d'euros par pays et par an) est tel que ce coût est dès aujourd'hui déjà insupportable pour nos économies et pour les consommateurs avant même que ces ENR représentent ne serait-ce que 5% seulement de l'énergie consommée. Il est donc totalement irréaliste d'envisager d'en faire 70% de notre production d'énergie en 2050 comme le propose l'ADEME ! D'autant qu'il n'y a toujours pas de solution pour le stockage à un prix raisonnable et dans les quantités requises de ces énergies intermittentes.

La principale erreur de ce scénario est donc son parti pris pro-ENR et anti-électricité par principe, par exemple on lit (page 3)  "les cumulus (chauffe-eau à effet joule) sont progressivement remplacés par des chauffe-eau thermodynamiques "  =>; l'effet Joule est l'ennemi à abattre, alors qu'au contraire ce sont plutôt les chauffe-eau gaz qu'il faudrait remplacer en priorité par des chauffe-eau électriques, si possible bien sûr avec pompe à chaleur ou solaire !

Le programme massif de rénovation des logements visant surtout les logements les plus anciens et les plus mal isolés que propose l'ADEME parait en revanche une très bonne chose, même si le prix que cela coûterait n'est pas mentionné, de même qu'un grand programme de relance de la construction neuve bien isolée, qui pourrait aider aussi à maintenir de l'activité et de l'emploi en période de crise économique. Pour cela il faudrait cependant que la population, les entreprises et les collectivités aient de l'argent pour payer la construction des logements en question (pas évident en période de crise financière, d'augmentation des défaillances d'entreprises et d'augmentation du chômage). Il faudrait aussi que les travaux de construction ne soient pas surtaxés et que les entreprises de construction ne soient pas trop matraquées fiscalement car sinon leurs coûts sont forcément répercutés au client et quand les prix sont plus chers, le nombre de clients capable de payer diminue (surtout en période de vaches maigres). Or le gouvernement vient d'annoncer que la TVA sur la construction et les travaux de rénovation va augmenter de 3 points et passera de 7% à 10%, ça commence mal !

Sur certains points nous pensons qu'on peut cependant faire mieux que le scénario proposé par l'ADEME, par exemple :
- construction de nouvelles STEP pour le stockage de l'énergie : l'ADEME propose d'en construire seulement une de plus, d'une capacité de 1,5 GW, nous pensons qu'il serait possible et que ce serait mieux d'en construire plusieurs, d'une capacité de 4 à 5 GW et que ce ne seraient sans doute pas (ou pas que) des STEP marines.
- dans le domaine des transports : l'essence et le gazole représentent dans le scénario ADEME toujours 91% de l'énergie consommée en 2030 et l'électricité seulement 5%.

Or nous pourrions parvenir assez facilement à un chiffre de 10% de véhicules électriques en 2020 (comme le prévoit RENAULT) puis 30% en 2030 (alors que le scénario de l'ADEME n'atteint ce chiffre qu'en 2050), cf les estimations de ventes de véhicules électriques de Renault et des autres constructeurs : http://www.france-mobilite-electrique.org/marche-et-statistiques-du-vehicule,880.html?lang=fr

Avec une crise pétrolière qui a des chances de survenir bien avant 2030 ce sont même rapidement non pas 20% mais à notre avis 30% des véhicules neufs vendus qui pourraient devenir purement électriques (le deuxième véhicule de chaque foyer, ainsi que 50% des véhicules des entreprises et collectivités, et la plupart des véhicules des étudiants et des personnes âgées qui ne font jamais de grand trajet). Avec 50% d'hybrides rechargeables (consommant moitié-moitié entre essence et électricité) et 20% seulement de véhicules à essence dès 2030, la répartition essence/électricité dans les transports en 2030 serait alors environ 45%/55% l'électricité devenant l'énergie principale dans les transports vers 2028 ou 2030. Ce serait nettement mieux que la répartition 95 % / 5 % en faveur de l'essence comme envisagé par l'ADEME en 2030. Cet immobilisme de l'ADEME est étonnant surtout si le pétrole devient rare et cher comme c'est probable. Cette mutation vers les véhicules électriques démarre pour l'instant doucement aujourd'hui et s'accélèrera brutalement. Elle ne sera pas linéaire et progressive : il y aura des changements rapides de comportement à l'occasion de crises pétrolières qui ne manqueront pas de survenir avant 2030 (et même à mon avis avant 2020).

La technologie des véhicules électriques et hybrides étant prête et disponible, il suffira de l'adopter le moment venu. Cela peut aller assez vite à la faveur d'une crise, par exemple si Israel bombardait comme c'est envisagé les installations d'enrichissement d'uranium (production de l'arme atomique) de l'Iran et qu'en réaction l'Iran bloquait le détroit d'Ormuz, ce qui pourrait même se produire avant l'été prochain selon les déclarations de ces deux pays.

L'urgence pour l'instant est que les principaux constructeurs automobiles aient des véhicules électriques à leur catalogue et des usines en capacité de les fabriquer assez vite en grand nombre si nécessaire, ce qui est en train de se mettre en place. Les choses vont (pour une fois) spontanément dans le bon sens à ce niveau.

Dans le bâtiment, l'urgence, avant même de lancer des programmes de construction ou de rénovation de logements, serait de changer les règles de la Réglementation technique actuelle (RT 2012) définissant les bâtiments BBC qui incite actuellement les promoteurs à se tourner systématiquement vers le gaz, en raison du calcul en énergie primaire conçu de manière à disqualifier l'électricité d'un facteur 2,58 complètement arbitraire, ce qui est totalement idiot, il faut changer cette règle et la dénoncer avec virulence, l'électricité française (avec ou sans pompe à chaleur, avec si possible, bien sûr) est un moyen de chauffage bien plus propre que le gaz, il faut la favoriser, pas en décourager l'utilisation !

La principale erreur de ces scénarios de l'ADEME c'est donc :
- d'avoir l'électricité un peu honteuse, l'électricité française est bien plus propre que le gaz pour le chauffage de logements et que l'essence pour les voitures !
- d'imposer un fort taux d'énergie renouvelables intermittentes, de manière irréaliste, en occultant les difficultés qui en limitent l'extension (leur caractère diffus, leur coût, leur intermittence, l'absence de solution pour le stockage intersaisonnier de l'énergie)
- ce qui leur permet alors (en théorie seulement) de réduire fortement le parc nucléaire (de 63 à 32 GW dès 2030) en fermant sans les remplacer plus de la moitié des réacteurs.

Il s'agit là d'erreurs d'appréciation résultant d'un présupposé de départ (tendance uniquement pro-ENR et anti-nucléaire) !

Remarquons enfin que ce scénario ne précise pas le coût en milliards d'euros de la transition énergétique qui nous est ainsi proposée : c'est fort dommage car nous verrions si c'était le cas que là encore que le coût économique exhorbitant des 70% d'ENR proposés en 2050 est irréaliste. La solution 70% EPR reviendra beaucoup moins cher (même en comptant les retards et surcoûts du chantier finlandais et français, lesquels ne sont pas une fatalité) .

Dans les grandes lignes ce scénario ADEME 2030 / 2050 est néanmoins très intéressant, notamment sur le plan de la mise en oeuvre des économies d'énergie, et grosso modo il suffirait de remplacer dans le scénario "ADEME 2050" les 70% d'ENR par 70% d'EPR (une seule lettre à changer !) pour obtenir alors un scénario parfaitement réaliste, tout à fait crédible et beaucoup moins onéreux !

Si on admet que l'électricité n'est pas honteuse et que le nucléaire est une énergie propre, ce qui est évidemment le cas, nous pouvons même parvenir à un résultat meilleur, plus rapidement et pour moins cher que le scénario qui nous est présenté ici par l'ADEME.

Soyons donc optimistes : OUI des solutions raisonnables existent (économies d'énergie+efficacité énergétique+un peu plus d'ENR en restant raisonnables+à peine plus de nucléaire en France en 2050 qu'aujourd'hui en 2012), OUI nous pouvons consommer moins et mieux comme le propose l'ADEME sur des bases somme toute assez raisonnables, OUI au programme de rénovation des logements. Et pour compléter utilement ce scénario : OUI au nucléaire propre et respectueux de l'environnement pour produire demain 70% d'énergie propre dès 2030 et assurer l'indépendance énergétique complète de la France en 2050 comme le propose l'ADEME.

En résumé : bravo à l'ADEME pour ce travail intéressant ...!
Il suffit dans ce document de remplacer "ENR" par "EPR" en 2050 pour obtenir le bon scénario, celui qui résoud l'équation énergétique de notre pays en assurant notre indépendance énergétique et une réduction de 75% de nos émissions de CO2 (facteur 4) en 2050 comme le propose l'ADEME !



Annexe : analyse critique des projections chiffrés


1) p. 13 et 14:  34 GW d'éolien on shore et 12GW de offshore et 33GW de PV.
Cela fait une production de 130-140TWh/an, un quart de notre production annuelle. Il est dit 29% d'ENR intermittente. Soit une puissance crête totale installée autour de 89GW. Difficile alors de parler de 50%, même en 2030.

2) Pour l'électricité: p. 15, tableau: 31.7 MTEP, et p 16, tableau: 38 MTEP d'électricité soit autour de 440TWh/an (42GJ/TEP)
C’est à dire une diminution de la production électrique de 20% (550TWh en ce moment)
sans parler de la croissance à venir et du remplacement urgent des énergies fossiles !
3) Répondre aux pointes et aleas ENR avec seulement +7 GW de turbines à gaz
Avec 89 GW installés de renouvelables, la puissance obtenue variera de 0 à 50 GW,
Impossible de gérer de telle sautes de puissance.

4) Sur le tableau p. 15, on arriverait à 15% d'hydroélectricité,
alors qu'on plafonne depuis 10 ans à 10-11%. Autant dire, très improbable.

5) Quant à l'énergie nucléaire, la puissance annoncée en
2030 (32GW) semble compatible avec une interprétation façon EELV de l'accord PS-EELV
de fermeture des centrales 900MW, et en 2050, l'énergie nucléaire n'existe même plus.

C'est se donner un bel air "scientifique" pour défendre sa chapelle verte.
Est-ce acceptable de la part d'un organisme d'état ? des intérêts partisans n'essayent-ils pas d'influencer une opinion vers des perspectives utopiques infondées et contre-productives pour l'environnement ?

Conclusion :

« Si le réseau de gaz est en 2050 le vecteur énergétique le plus carboné, sa flexibilité et son rôle pour le secteur des transports est central ».

L’ADEME montre bien par cette phrase que la lutte contre le changement climatique n’est pas sa priorité.

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Voir  aussi l'analyse proposée ici par SLC.

samedi 18 septembre 2010

Prolongation des centrales nucléaires allemandes : Des verts francais plutot d'accords ?


Article sur http://www.developpementdurable.com/

"L’Allemagne va taxer le nucléaire. En contrepartie, le gouvernement autorise les exploitants à augmenter la durée de vie des centrales, de douze ans en moyenne. L’objectif de cette mesure est double : financer le développement des énergies renouvelables et permettre au pays d’atteindre une diminution de 80 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. En France, patrie de l’atome, la taxe a donné des idées à Chantal Jouanno…"


Parfait mais ... pourquoi taxer une énergie relativement très propre et plus durable, alors que le pétrole, le charbon et le gaz mettent en difficulté les futures générations ? Pourquoi pénaliser sa compétitivité ? pour l'affaiblir ?







Pendant ce temps un article ci dessous annonce une évolution des verts vers la maturité politique ...
Le chemin vertueux vers le pragmatisme et vers un parti de gouvernement allié aux socialistes avant 2012 ?

Et ceci, n'en déplaise à ceux qui font leur pain quotidien des peurs et pouvoirs de nuisance sur l'une des réussites françaises ?


L'article est accessible sur : Lasemaine.fr

Extrait :

"les [verts] Français, eux, vivent plutôt bien avec. Chez ceux-ci, on mise donc plutôt sur une autre carte. «Notre position change peu à peu» explique Sandrine Bélier. «Nous ne sommes plus des anti-nucléaires.» Ah ? «Oui, nous ne consacrons plus toutes nos forces à combattre ce type d’énergie, aujourd’hui, nous sommes capables de proposer des alternatives crédibles : les énergies renouvelables. Elles créent des emplois et elles sont bonnes pour l’avenir.»


Eliane Romani renchérit : «la priorité, c’est de maîtriser la demande. Ce n’est pas la peine d’épiloguer sur la sortie du nucléaire si notre mode de vie est toujours plus gourmand en énergie…» Pas faux.

Fini les doux idéalistes ? Oui, à en croire Sandrine Bélier. «On nous rétorque toujours que si on sort du nucléaire, on s’éclairera à la bougie. Mais il n’en est pas question…ce n’est pas pour demain, il faudra des décennies avant d’en sortir. Mais c’est dès maintenant qu’il faut s’y préparer.» "
 
 
 
 
PS: Vous êtes professionels dans les domaines de l'énergie ? publiez donc dans "La chaine de l'énergie"

lundi 11 février 2008

"Accord France, Japon & USA sur la recherche nucléaire"

Un exemple de coopération exemplaire !
Une industrie qui se préoccupe plus de rentabilité collective que de brevets individualisés...


"Le Japon, les Etats-Unis et la France (via le Commissariat à l'Energie Atomique, CEA) ont signé un accord en vue d'harmoniser les projets des trois pays relatifs au développement de prototypes de réacteurs nucléaires à neutrons rapides refroidis au sodium.

Les trois pays coopèrent déjà dans le cadre du Partenariat GNEP (Global Nuclear Energy Partnership), destiné à permettre un nouvel essor de l’énergie nucléaire dans le monde tout en garantissant la sécurité et la non prolifération, ainsi que dans le cadre du Forum International Génération IV (GIF), qui vise au développement des systèmes nucléaires du futur.

Ces trois pays, qui ont chacun engagé des programmes nationaux de réalisation de prototype, se sont accordés dans le but d’éviter toute duplication de développements technologiques en matière de réacteur rapide refroidi au sodium. Une telle coopération permettra en particulier d’identifier les complémentarités, ce qui devrait conduire à une optimisation des ressources nécessaires au déploiement des prototypes correspondants.

La coopération portera sur les objectifs de conception, les standards de haut niveau à appliquer à ces prototypes, l’identification des règles communes de sûreté ainsi que sur les innovations techniques clés à même de réduire les coûts de construction, d’exploitation et de maintenance. Elle donnera lieu à des échanges sur les niveaux de puissance, les types de réacteur, de combustible, ainsi que sur un calendrier de déploiement des prototypes.

Par ailleurs, les trois parties ont également convenu de poursuivre, de façon conjointe, des études d’optimisation, afin de disposer des installations nécessaires au déploiement des prototypes et de la R&D afférente : des installations expérimentales dédiées à la sûreté, à des tests de composants, de développement de combustibles, d’irradiation des matériaux.

Un comité de pilotage a été créé afin d’assurer la coordination des activités définies par ce Memorandum of Understanding (MOU)

D’autres pays pourraient à terme se joindre à cette coopération, précise le CEA.

Ce MOU illustre la stratégie française en matière de recherche nucléaire sur les réacteurs de 4e génération, qui repose notamment sur une coopération internationale. Le CEA en profite pour rappeler que les réacteurs à neutrons rapides de quatrième génération seront conçus pour utiliser de façon optimale les ressources en combustible nucléaire. Ils devront permettre en outre une gestion optimisée de fin de cycle du combustible, en appliquant les résultats acquis en matière de séparation/transmutation. Ces réacteurs pourraient être déployés à partir de 2040.

A la suite d’une décision présidentielle de janvier 2006, le CEA a engagé l’étude d’un prototype de quatrième génération, destiné à entrer en exploitation en 2020. Conformément à la loi du 28 juin 2006 sur la gestion durable des matières radioactives et des déchets, les options technologiques requises pour la construction du prototype devraient être définies en 2012.

lundi 17 décembre 2007

Nouveau record de consommation électrique en France




Record à nouveau battu.




Cela veut-il dire que l'on peut consommer sans limite ?




Doit-on autolimiter notre consommation ?




Ce pic est-il absorbé par des centrales aux énergies fossiles ? L'information est-elle transparente à ce sujet ?








"PARIS (AFP) — La France a battu un record de consommation d'électricité ce lundi avec un pic de 88.960 mégawatts à 19H00 (18H00 GMT), en raison de la vague de froid, a annoncé le Réseau de Transport d'Electricité (RTE) dans un communiqué.
Le précédent record de consommation datait du 27 janvier 2006, avec 86.280 MW.
"Cette forte demande d'électricité est due à la vague de froid observée depuis quelques jours. Les températures enregistrées aujourd'hui sont inférieures de 6°C aux normales saisonnières", a expliqué le RTE.
Selon le gestionnaire du réseau électrique français, une baisse de la température de 1°C en cette saison "entraîne une augmentation de la consommation d'électricité d'environ 1.700 MW, soit l'équivalent du double de la consommation de la ville de Marseille".
Le RTE a également précisé qu'à 19H00, la France exportait de l'électricité vers l'Angleterre, la Belgique, l'Italie et l'Espagne, à hauteur de 3.500 MW, soit 4% de la consommation.
Les importations s'élevaient à 5.100 MW, en provenance d'Allemagne et de Suisse. "Le solde des échanges avec les pays voisins était donc importateur à hauteur de 1.600 MW, soit moins de 2% de la consommation enregistrée", a noté le RTE.
"Ce pic de consommation doit appeler l'attention des Français sur l'importance que représente la maîtrise de la consommation d'électricité", a conclu le RTE."

Importance d'autant plus grande que l'humanité n'a pas fini de croitre !



Cf. les chiffres en temps réels : cliquez ici !