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vendredi 8 novembre 2013

Centrales : Le démantèlement est possible et parfaitement maîtrisé, la preuve dans cet article !

Centrales : Le démantèlement est possible et parfaitement maîtrisé, la

preuve dans cet article !

Le démantèlement des centrales nucléaires alimente les polémiques sans
qu'on en sache très bien quoi en penser.
En effet les organisations anti-nucléaires voudraient d'un côté nous
faire croire que ce démantèlement serait, selon eux, impossible ou
tellement coûteux que cela condamnerait l'énergie nucléaire. Cela
conduit à alimenter des polémiques stériles.
Qu'en est-il vraiment ?
Tout d'abord il n'y a effectivement pas beaucoup d'exemples de
démantèlement complet (avec retour au gazon).
La raison à cela n'est pas que ce serait très difficile ou impossible de
démanteler nos réacteurs, comme certains voudraient nous le faire croire.
Au contraire c'est très simple de démanteler un réacteur : ce n'est
jamais qu'un chantier de démolition. C'est beaucoup plus simple à faire
que de construire la centrale.
Bien sûr il reste un peu (en fait très peu) de radioactivité dans
l'enceinte de confinement notamment sur le circuit primaire (pas tant
que cela : 99,9% de la radioactivité est contenue dans le combustible
lui-même qui est déchargé puis recyclé à La Hague peu après l'arrêt du
réacteur en fin de vie).
C'est pourquoi on organise beaucoup plus proprement un démantèlement
nucléaire qu'un chantier de démolition classique. Cela coûte donc plus
cher que d'abattre un batiment industriel ordinaire, mais à la base
c'est pareil, il s'agit de couper en morceaux des ferrailles et de
casser quelques batiments en briques et la grosse enceinte en béton, ce
qui n'est pas le bout du monde ni une science très compliquée...
C'est toujours plus facile de casser que de construire, et cela coûte
toujours bien moins cher (même quand on le fait très proprement comme
c'est le cas dans le nucléaire).
La raison du peu d'exemples que nous avons jusqu'à présent vient
simplement du fait que les réacteurs que nous exploitons ont presque
tous été construits après le premier choc pétrolier de 1973. Ils n'ont
donc pas atteint leur durée de vie et fonctionnent encore, tout simplement.
Ils ne sont donc pas (encore) en démantèlement.
Les quelques réacteurs arrêtés (en France : Brennilis, Superphénix par
exemple) avancent bien sur le chemin du démantèlement, en prenant leur
temps. Là aussi, la raison de cette durée n'est pas parce que c'est
difficile mais parce que souvent ce sont les antinucléaires qui
s'opposent systématiquement à ces démantèlements (après avoir pourtant
exigé l'arrêt des centrales et leur mise à la casse !) en multipliant
les recours juridiques (leur but une fois le réacteur définitivement
arrêté devient alors de démontrer que le démantèlement est impossible
dure longtemps et coute très cher.
Pour diverses raisons, notamment politiques (Superphénix) ou parce qu'il
s'agissait de petits réacteurs expérimentaux de première génération non
rentables à exploiter, ce n'était pas leur but (Brennilis), certains
réacteurs ont cependant été arrêtés avant leur durée de vie normale de
50 ans, et sont en démantèlement ou déjà entièrement démantelés dans
certains cas.
C'est intéressant donc de regarder comment se passe ce démantèlement et
combien il a coûté.
En France le premier réacteur nucléaire, ZOE était situé au sud de Paris. Il a été
entièrement démantelé et est devenu un musée de la radioactivité. Les
locaux ou se trouvait ce réacteur sont librement accessibles sans le
moindre danger pour la santé.
L'exemple des Etats-Unis est particulièrement intéressant à observer
puisque plusieurs réacteurs à eau (les mêmes que les nôtres) y ont été
démantelés complètement (retour au gazon naturel du terrain de la
centrale), notamment Main Yankee et Yankee Row.
Il y a trois étapes :
1 - le démontage jusqu'au "retour au gazon" de tous les batiments
annexes (bureaux, locaux techniques, salle des machines, etc.) sauf
l'enceinte de confinement. Il s'agit d'un chantier de démolition
"classique". Pendant ce temps on se contente de décharger le combustible
du réacteur (le vidant alors de 99,9% de sa radioactivité). Seule reste
une petite radioactivité rémanente. Comme elle diminue rapidement avec
le temps, on attend quelques années que cela refroidisse encore plus
(les doses rémanentes sont ainsi très faibles), typiquement, 5 ou 10
ans, ce qui donne l'occasion pendant ce temps d'organiser le chantier au
mieux.
2 - démantélement du circuit primaire : on commence par enlever
auparavant tous les dépots de surface dans le circuit en faisant
circuler des solvants et de l'acide à la place de l'eau dans le circuit
primaire, ensuite on recycle les solvants ou l'acide en le neutralisant,
ce qui permet de récupérer les tuyaux quasi-propres d'un côté et les
résidus précipités (direction centre de stockage) de l'autre. Il peut
aussi y avoir un décapage au karcher de l'intérieur de la cuve ou de
certains locaux ou tuyauteries plus ou moins contaminées en surface.
Ensuite on découpe au chalumeau le circuit primaire et on évacue les
morceaux vers le centre de stockage approprié. La seule contamination
résiduelle de ces tuyaux est alors le Cobalt 60 (demi-vie : une
trentaine d'années).
3 - démantèlement de l'enceinte de confinement dont seule une petite
partie est très faiblement radioactive (principalement du béton et des
ferrailles) : cela donne une assez grande quantité de matériaux inertes,
qui ne sont que très faiblement contaminés, qui sont alors cassés en
petits morceaux, conditionnés dans des fûts et emportés vers un centre
de stockage approprié.
Ensuite, une quinzaine d'années environ après l'arrêt des réacteurs, on
peut replanter des arbres et redonner une autre destination au terrain,
la radioactivité du terrain a disparu et est identique à ce qu'elle
était auparavant (c'est-à-dire 100 à 1000 fois plus faible que dans des
régions à forte radiaoctivité naturelle).
C'est ce qui a été fait avec succès aux Etats-Unis.
On voit ainsi que le démantèlement des réacteurs nucléaires est
parfaitement maîtrisé, techniquement et économiquement.
Les aléas des différents projets sont moyennés dans les provisions
rigoureusement provisionnées tout au long du fonctionnement de nos
réacteurs, en France comme dans tous les autres pays exploitant des
réacteurs (c'est imposé par l'AIEA), par une taxe déjà incluse dans le
prix du kWh.
Le montant des provisions effectués et la manière de la calculer peut
varier un peu d'un pays à l'autre (la technologie des réacteurs et elur
dimension variant d'un pays à l'autre il est normal que les estimations
du prix du démantèlement varient un peu aussi s'agissant de réacteurs
différents.
En France, la cour des comptes a établi ici que même si des incertitudes
persistent, et que certains pointent des provisions peut-être
insuffisantes (ce qui peut se discuter) ces provisions pourront
facilement être abondées financièrement si nécessaire vu les faibles
coûts de fonctionnement des centrales amorties, elle précise :
"il est possible de confirmer que l’exercice « Dampierre 09 », reposant

sur une méthode de calcul robuste et justifiée, aboutit à une évaluation

du coût de démantèlement futur des 58 tranches REP d’EDF et des

installations associées de 17,7 Md€ 2010,

proches du montant de l’évaluation historique (18,4 Md€ 2010)."
Conclusion : démanteler un réacteur à eau (comme ceux que nous avons) de
manière minutieuse en faisant très attention est parfaitement possible,
bien maîtrisé et coûte entre 10 et 15% du prix qu'il a fallu pour le
construire.
Exclusif : Pour mieux comprendre le démantèlement opéré en totalité aux
Etats-Unis : prendre connaissance du dossier suivant : Ouvir le Cloud ici.
Voir aussi les documents suivants sur le site de l'AEPN :
Et le l'article suivant ici:  (sur le site de SLC) :
JP. Brette et B. Comby



mardi 1 janvier 2013

[Vidéo] C'est pas sorcier ... le nucléaire !



Pour les petits (et les grands !) : L'émission "C'est pas sorcier" sur l'énergie nucléaire (France 3
est à voir (26mn)   ici.

Une belle façon de vulgariser une technologie à priori complexe mais essentielle pour éviter la pollution de l'air et de l'eau engendrée par les énergies les plus dangereuses car rares, volumineuses et non confinées : les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

Quant à la suite instructive sur les déchets radio-actifs,
la video est ici : partie 1 ou copie ici 
puis la      partie 2 ici ou copie ici
et enfin la partie 3 ici  (avec à 1mn 40' le passage sur ce que deviennent ces déchets à très long terme)

Et pour un historique complet de l'histoire de la science électronucléaire : voir Sagascience ici du CNRS.

Annexe :
Sur une vision différente du "soi-disant problème des déchets : http://www.energie-crise.fr/spip.php?article226

vendredi 16 octobre 2009

Arte-Tv : Débat sur les déchets

Le débat a été lancé par Arte.

http://www.rue89.com/tele89/2009/10/13/de-normandie-en-siberie-dechets-le-cauchemar-du-nucleaire

Une saine exigence de vigilance. Et exigeons la même vigilance sur les autres sources d'énergie...

mercredi 23 avril 2008

"La gestion des déchets nucléaires"





La gestion des déchets nucléaires

par Hervé Nifenecker* - SPS n° 280, janvier 2008

"Le nucléaire peut faire partie de la réponse énergétique au réchauffement climatique. Toutefois, la principale interrogation à propos de l’utilisation de cette énergie concerne la gestion des déchets et leur impact environnemental. Hervé Nifenecker expose ici, pour les lecteurs de Science et pseudo-sciences, quelques éléments utiles pour que chacun puisse se faire sa propre opinion à ce sujet.

Contrairement aux déchets chimiques industriels renfermant des éléments toxiques comme l’arsenic, le plomb, le cadmium dont la durée de vie est infinie, les déchets nucléaires renferment des radionucléides qui disparaissent avec le temps, même si, pour certains d’entre eux, il faut très longtemps. Par ailleurs plus les radionucléides vivent longtemps et moins ils sont dangereux ! En effet, qui dit grande durée de vie dit faible taux de désintégration. Par exemple l’iode 129, qui a une période de 15 millions d’années, est 700 millions de fois moins radioactif que l’Iode 131, dont la période n’est que de 8 jours et qui a été responsable des cancers de la thyroïde de Tchernobyl. Or le public imagine souvent que les deux iodes sont les mêmes et ont les mêmes conséquences radiologiques !

Les déchets actuels, composés de produits de fission et d’actinides mineurs enrobés dans du verre, doivent être refroidis pendant quelques dizaines à une centaine d’années. Ils sont entreposés en surface ou en sub-surface, sous surveillance, sans qu’aucune conséquence sur la santé publique n’ait jamais pu être observée.

La pratique actuelle d’entreposage en surface est globalement satisfaisante, même si elle peut être encore améliorée, et ce, aussi longtemps que la production d’électricité nucléaire continuera.
Dès que la puissance dégagée devient suffisamment faible pour ne plus nécessiter de refroidissement, il devient possible de stocker les déchets à quelques centaines de mètres de profondeur, à l’abri d’éventuelles agressions criminelles et des conséquences possibles de changements climatiques à long terme.

Le bon sens dit qu’un stockage à quelques centaines de mètres de profondeur serait encore plus sûr qu’un stockage en sub-surface. Or tout se passe comme si l’on craignait davantage un stockage en profondeur qu’un stockage en surface !


Production de déchets

Ordres de grandeur

Un réacteur d’une puissance de 1000 MWe [1] produit environ 30 tonnes de combustibles usés par an (environ 3 m³). La principale partie de ces combustibles est composée d’uranium (environ 28,7 tonnes). Ils contiennent aussi environ 1 tonne de produits de fission dont 45 kg de produits de fission de durée de vie moyenne (césium137 et strontium 90) et 65 kg de produits de fission à vie longue. Enfin ils contiennent environ 300 kg de plutonium et 20 kg d’actinides mineurs (américium, curium et neptunium).

La quantité de déchets finaux à stocker dépend de la conception que l’on a de l’avenir de la filière nucléaire.

Un scénario de sortie du nucléaire conduit à envisager que la totalité des combustibles usés doit être considérée comme devant être stockée en couche géologique profonde. La pratique du retraitement et du MOx [2] ne change pas grand chose à la validité de cette affirmation, car, au bout du compte, il faudra stocker l’uranium de retraitement, les combustibles MOx usés et les déchets du retraitement. On voit donc qu’environ 30 tonnes de déchets de haute activité et à vie longue (HAVL) destinés à un stockage géologique seront produits chaque année par réacteur de 1000 MWe.

Dans le cas contraire, celui d’un nucléaire durable reposant sur l’utilisation future de réacteurs surgénérateurs, aussi bien l’uranium de retraitement que le plutonium doivent être considérés comme des ressources et la quantité de déchets HAVL destinée au stockage géologique est réduite à environ une tonne par an. Il faut y ajouter la production d’une vingtaine de tonnes de déchets de moyenne activité et longue durée de vie (MAVL) ayant une radioactivité totale de quelques pour cent de celle des déchets HAVL, ne dégageant pratiquement pas de chaleur, et qui sont donc beaucoup plus faciles à gérer.

On voit qu’un scénario de sortie du nucléaire conduit à devoir gérer une quantité de déchets HAVL près de 30 fois plus important qu’un scénario de nucléaire durable. Un tel scénario exigerait aussi de prendre rapidement la décision du stockage géologique puisqu’il supposerait la disparition assez rapide des compétences nucléaires qui assurent, actuellement, la sûreté des entreposages. Une telle disparition est déjà observable dans un pays comme l’Italie. Contrairement à ce qui s’est passé en Allemagne et en Belgique, une décision de sortie du nucléaire ne saurait donc être prise avant que le stockage géologique soit assuré. Réclamer la sortie du nucléaire et s’opposer à la réalisation d’un site de stockage géologique est incohérent, irresponsable et démagogique.


Énergies primaires, énergies finales et déchets nucléaires

Quel sera l’impact des mesures d’économies d’énergie sur les émissions de CO2 ? À ce sujet, beaucoup de confusions sont faites. La première serait de croire que toute baisse de la consommation finale entraîne mécaniquement une réduction des émissions de CO2 à même hauteur. En réalité, l’impact en termes de rejets de gaz carbonique dans l’atmosphère dépend principalement de la source d’énergie économisée et de son mode de transformation en énergie finale. Ce qu’on appelle source d’énergie primaire est donc l’ensemble des produits énergétiques non transformés : le pétrole brut, le gaz naturel, les combustibles minéraux solides, la biomasse, le bois, le rayonnement solaire, l’énergie hydraulique, l’énergie du vent, la géothermie, l’énergie tirée de la fission de l’uranium par exemple. Cette énergie n’est pas toujours directement utilisable et doit donc être transformée en énergie finale (raffinage du pétrole, usines nucléaires ou hydroélectriques, fermes éoliennes ou panneaux solaires, pour produire de l’électricité, etc.).
Passer d’une énergie primaire à l’énergie finale va nécessiter un processus de transformation plus ou moins important et complexe selon les cas, avec des rendements énergétiques variables. C’est l’ensemble de cette chaîne, et son impact en émissions de gaz carbonique, qu’il faut considérer pour établir des comparaisons pertinentes et fonder une politique de réduction de CO2.

Un exemple de cette confusion est donné par Hervé Nifenecker, reprenant le rapport du Groupe de travail « Division par quatre des émissions de gaz à effet de serre de la France à l’horizon 2050 » [3] présidé par Christian de Boissieu. Ce dernier déclare que « l’énergie nucléaire en Europe représente 6 % de l’énergie finale, 2 % dans le monde, 17 % de l’énergie finale en France. Au vu de ces pourcentages, il n’apparaît pas justifié, pour bâtir une stratégie climat, de centrer le débat sur l’énergie nucléaire. »

L’énergie nucléaire n’est bien entendu pas une énergie finale. Hervé Nifenecker s’est alors livré au calcul de l’impact qu’aurait eu un choix par tous les pays de l’OCDE similaire à celui effectué en France pour le nucléaire, en lieu et place des centrales à fiouls, gaz et charbon [4]. Sa conclusion est qu’une telle politique aurait mené à « augmenter la production nucléaire des pays de l’OCDE de près d’un facteur 3 tout en réduisant celle des centrales à charbon de près d’un facteur 8 (un facteur supérieur à 5 pour les centrales brûlant du fioul et de presque 6 pour les centrales à gaz), tout en maintenant constante la production d’électricité. La réduction des émissions de CO2 aurait été de 4,6 Milliards de tonnes de CO2, soit plus du tiers des émissions totales (qui incluent celles dues au transport et au chauffage) ».

Toutefois, la principale interrogation à propos du nucléaire concerne la gestion des déchets et leur impact environnemental, objet de l’article d’Hervé Nifenecker dans ce numéro de Science et pseudo-sciences.

J.-P. K.

Comparaisons

Au niveau mondial l’électricité est produite à plus de 50 % par des centrales au charbon. Une centrale produisant 1 000 MWe consomme environ 4 millions de tonnes de charbon par an. Elle produit près de 300 000 tonnes de cendres renfermant 400 tonnes de métaux lourds toxiques dont 5 tonnes d’uranium et 13 tonnes de thorium. Notons que ces radioéléments ne sont pas gérés, contrairement, bien sûr, à ceux produits dans le cycle nucléaire. De plus, la centrale à charbon rejette chaque année 10 millions de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Il est intéressant de comparer le volume des déchets nucléaires à celui des autres déchets industriels toxiques. En 1998, dans l’Union Européenne, le volume de déchets nucléaires de haute activité (HAVL) était de 150 m³ (un cube de 5,5 mètres de côté), le volume total des déchets nucléaires, y compris ceux de faible activité était de 80 000 m³ (un cube de moins de 45 mètres de côté), celui des déchets industriels toxiques de 10 millions de m³ (un cube de 215 mètres de côté) et celui de tous les déchets industriels de 1 milliard de m³ (un cube de 1 kilomètre de côté).

Les gestions des déchets industriels toxiques et des déchets nucléaires à court ou long terme sont difficilement comparables mais on peut noter des cas d’intoxication graves au plomb ou au mercure, même dans les pays développés, alors que dans ces mêmes pays on n’a jamais rapporté de cas d’exposition aux rayonnements ayant entraîné des conséquences significatives pour le public du fait de la gestion des combustibles usés ou des déchets de retraitement.


Le stockage en site géologique profond

Aussi longtemps qu’ils restent confinés sous terre, dans le site de stockage géologique, les déchets nucléaires ne présentent aucun danger pour le public. C’est la contamination des eaux superficielles par des radionucléides à vie longue qui peut constituer un risque pour le futur. Pour qu’une telle contamination se produise il faut :
D’abord que les conteneurs des déchets soient endommagés par une corrosion aqueuse, un processus qui devrait durer au moins 10000 ans.
Que les éléments radioactifs soient progressivement dissous dans l’eau. Pour ceux contenus dans les verres ce processus durerait plusieurs centaines de milliers d’années. Certains éléments comme le plutonium et l’américium sont, d’ailleurs, très peu solubles dans l’eau ce qui étale dans le temps le processus de dissolution.

Que les éléments radioactifs soient transportés par l’eau hors de la couche géologique de stockage. Dans l’argile cela a lieu par un processus de diffusion qui est très lent. Typiquement pour un site comme celui de Bure ce processus durerait entre quelques centaines de milliers d’années pour les éléments les plus mobiles (iode [5], technétium 99, niobium 94) et beaucoup plus pour les moins mobiles (plutonium, uranium).

Que les éléments radioactifs passent dans la nappe phréatique de surface, ce qui est assez rapide en comparaison avec les processus précédents. À ce stade, les radionucléides les plus radioactifs, césium 137, strontium 90 et les principaux actinides (plutonium, américium et curium) auront disparu depuis longtemps ! Le neptunium lui-même, très faiblement radioactif, est très peu soluble dans les eaux souterraines et peu mobile. Une faible couche d’argile de quelques mètres d’épaisseur suffirait à ce qu’il ne puisse jamais revenir en surface. Or la couche d’argile du site de l’Est de la France a 150 mètres d’épaisseur ! Pratiquement, seule l’iode 129, très peu radiotoxique, devrait se retrouver dans les nappes phréatiques en liaison avec le site de stockage après quelques centaines de milliers d’années.

Risques pour la population

La règle fondamentale de sûreté imposée par les autorités de sûreté pour un stockage géologique recommande que l’augmentation de l’exposition des populations les plus exposées à tout moment du futur, n’excède pas le dixième de la radioactivité naturelle. Pour un stockage bien conçu [6], toutes les simulations de retour des radionucléides à la biosphère effectuées montrent que cette limite ne devrait jamais être atteinte sauf, éventuellement, en cas d’intrusion volontaire dans le site de stockage, et ce pour les intervenants eux-mêmes [7]. Les riverains actuels des sites de stockage géologique et leur lointaine descendance ne risquent rien, à l’exception, pour les proches descendants, d’accidents liés aux transports divers relatifs à l’exploitation du stockage. Il reste à comprendre pourquoi cette innocuité du stockage géologique est aussi largement mise en doute dans les médias et le public. Sans doute les organisations institutionnelles n’ont-elles pas suffisamment informé le public sous prétexte qu’elles ne possédaient pas les évaluations définitives de risque… Si le GIEC [8] avait adopté une telle attitude, nous en serions toujours à nous demander si le réchauffement climatique est une réalité.

Risques pour l’environnement

Alors qu’il ne fait plus de doute que les activités humaines sont responsables de la disparition de nombreuses espèces animales, il est impossible de trouver un cas de disparition imputable à l’exploitation de l’énergie nucléaire. Bien plus, même dans les cas extrêmes de contamination radioactive comme lors des essais atmosphériques d’armes ou de la catastrophe de Tchernobyl, les biotopes ont assez rapidement retrouvé leur état initial alors même que la radioactivité résiduelle restait notable.

D’une façon générale, une quelconque influence sur la biosphère de la production d’électricité nucléaire ne pourrait être envisagée que si l’augmentation de la radioactivité moyenne qu’elle pourrait entraîner dépassait la valeur de la radioactivité naturelle. En France l’augmentation moyenne de la radioactivité ambiante due à la production d’électricité nucléaire est 5000 fois plus faible que la radioactivité naturelle. Par ailleurs, l’activité de la totalité des déchets produits pendant 50 ans de fonctionnement du parc de réacteurs français en absence de retraitement ne représenterait, au bout de 1000 ans que le millième de l’activité de la croûte terrestre française [9], ce qui signifie que, même dans le cas extrêmement improbable où toute l’activité du dépôt serait relâchée dans l’environnement, l’augmentation de la radioactivité moyenne resterait très faible.


La séparation-transmutation

Dans le cadre d’un nucléaire durable mettant en œuvre des réacteurs surgénérateurs (comme l’est le réacteur Phénix et l’était le réacteur Super-Phénix) la séparation du plutonium et de l’uranium des combustibles usés est une nécessité. C’est d’ailleurs cette nécessité qui a justifié la construction de l’usine de La Hague. Après séparation et mise en réacteur le plutonium subit la fission ou, plus rarement, est transmuté en américium. L’uranium, quant à lui, est transmuté en plutonium. De leur côté les produits de fission et les actinides mineurs (neptunium, américium, curium) sont vitrifiés. Les verres de retraitement sont destinés au stockage géologique.
Le développement des réacteurs surgénérateurs ayant été arrêté, l’usine de La Hague a été utilisée pour fournir le plutonium des combustibles MOx chargés dans certains réacteurs REP. Cette pratique permet d’économiser de l’uranium enrichi et n’entraîne qu’un modeste surcoût du kWh [10]. De plus, les compétences acquises grâce à l’usine de La Hague représentent un atout industriel de première grandeur pour l’avenir du nucléaire.

Les dimensions du stockage géologique sont essentiellement déterminées par le dégagement de chaleur des colis de déchets de haute activité. La réduction des dimensions du stockage pour en diminuer le coût est une motivation supplémentaire pour adopter une stratégie de séparation-transmutation. La seule extraction du plutonium permet de diviser par deux la charge thermique. Pour diminuer celle-ci pendant le premier siècle de stockage, il pourrait être économiquement intéressant de séparer le césium et le strontium et de les entreposer sur une longue durée pour décroissance [11]. La séparation et la transmutation de l’américium dans des réacteurs spécialisés ou dans les réacteurs surgénérateurs permettraient de gagner deux ordres de grandeur sur la charge thermique des déchets, et donc, une réduction comparable de la surface du site de stockage.

En conclusion, séparation et transmutation ne sont pas des préalables à la mise au point d’une gestion satisfaisante des déchets nucléaires mais pourraient en réduire notablement le coût. Par contre l’extraction du plutonium [12] est une nécessité pour le développement d’un nucléaire durable basé sur des réacteurs surgénérateurs.

Le financement de la gestion des déchets

En l’état actuel le budget de l’ANDRA qui est chargée du stockage définitif des déchets nucléaires est abondé par les producteurs, essentiellement par EDF et AREVA. On peut se poser la question, comme l’a d’ailleurs fait l’OPECST [13], de savoir si cette solution reste fiable et valable dans le contexte de libéralisation du marché de l’électricité. Il est aussi légitime de s’interroger sur le financement des recherches sur la séparation-transmutation."



L'article ici.

mercredi 17 octobre 2007

"Déchets radioactifs: 180 pays réunis à Berne"

"La gestion des déchets radioactifs est examinée lundi et mardi à Berne lors d'une conférence internationale. Celle-ci réunit plus de 180 représentants de nombreux pays ainsi que le conseiller fédéral Moritz Leuenberger.
..."

Un dossier géré avec un esprit de responsabilité.

L'article complet ici.

lundi 25 juin 2007

"Nucléaire : Mitsubishi Heavy Industry et Areva associés pour le recyclage des déchets"

"Mitsubishi Heavy Industry et Areva souhaitent participer ensemble à un appel d'offre américain concernant un contrat de recherche et développement pour le recyclage des déchets nucléaires."

Dernier grief à resister médiatiquement à l'évidence de la plus value actuelle du nucléaire civil, la question des déchets et de leur prolifération bénéficie d'efforts croissants dans le domaine de la recherche. De quoi cloturer définitivement un débat déjà largement dépassé...

L'article complet ici.