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mardi 26 février 2008

"Energie : l’attitude contradictoire des Pays-Bas"

Peut-on (doit-on) encore se passer du nucléaire ?

Les écologistes critiquent le vieillissement des centrales mais refusent de soutenir des constructions nouvelles, le temps d'attendre l'émergence des énergies renouvelables du futur ...

Contradiction !

Novethic :

"Alors que de nouvelles centrales au charbon vont alimenter l’extension du port de Rotterdam, la politique néerlandaise en matière de réduction de CO2 est vivement critiquée par les organisations de défense de l'environnement et par certains spécialistes de l'approvisionnement énergétique. Au cœur du problème, un besoin en énergie croissant auquel le pays a du mal à faire face et une attitude traditionnellement anti-nucléaire.

« Si Electrabel s'offre une centrale aux charbon aux Pays-Bas, c'est le climat qui paiera la facture ! » fustige Greenpeace, au sujet de la nouvelle installation prévue pour alimenter le port de Rotterdam. Quant à celle construite par E-on, elle représenterait des émissions polluantes équivalentes à celles de 2 millions d'automobiles par an, estime l'organisation. Pas moins de quatre centrales au charbon devraient au total voir le jour d'ici les 30 à 40 prochaines années. Au lendemain de l'adoption du paquet « climat-énergie » par la Commission européenne (voir article lié) l'organisation se montre catégorique : si le gouvernement veut être en mesure de respecter la directive européenne : « [il] n'a alors d'autre choix que de renoncer à ces projets » affirme-t-elle.

Hostilité au nucléaire
De fait le pays se trouve dans une situation embarrassante, ne sachant comment assurer la phase de transition entre l'approvisionnement actuel, principalement basé sur l'énergie fossile et la phase, prévue pour 2050, où les ressources en énergies renouvelables devraient permettre une certaine autonomie. La forte augmentation de la demande énergétique, créée notamment par la vaste extension du port de Rotterdam et sa place de leader européen, accroît les difficultés et pousse le gouvernement à agir au plus vite. Mais le choix de l'énergie fossile au dépend du nucléaire suscite de vives critiques. Ainsi, la réticence des Pays-Bas en matière d'énergie nucléaire avait-elle déjà été dénoncée l'an dernier lors du congrès annuel Niria de l'Institut royal des ingénieurs (KIVI), dédié aux problématiques énergétiques. Ruud Lubbers, alors président du Conseil de surveillance du Centre de recherche sur l'énergie des Pays-Bas et corédacteur de la « Charte pour la Terre » y avait jugé la politique néerlandaise trop « simpliste ». Selon lui, le futur approvisionnement énergétique des Pays-Bas ne pourra faire l’économie de l'énergie nucléaire comme de l'énergie fossile. Bien plus, il ne conçoit pas l'utilisation du nucléaire comme un simple palliatif mais évoque un rôle important à long terme. Quant aux centrales électriques, seul un équipement en technologies propres en justifierait la construction selon lui.

En novembre 2007, la décision du gouvernement de renoncer à la fermeture de la centrale nucléaire de Borssele initialement prévue pour 2013, a relancé le débat :« Fermer Borssele, cela équivaudrait à augmenter les émissions de dioxyde de carbone d'une à trois tonnes par an », affirmait alors le gouvernement. Vingt années de sursis sont donc accordées au site qui devrait cependant se diversifier, combinant énergie nucléaire, charbon et même énergie éolienne. « Sur ce site coexistent déjà une centrale à charbon et une centrale nucléaire. C'est l'un des rares endroits aux Pays-Bas où il est possible de produire plus à partir du nucléaire. Et c'est pourquoi nous avons l'intention d'accroître la capacité sur ce site en particulier », soulignent les autorités.La démarche ne satisfait cependant pas le parlementaire vert européen, Mycle Schneider, auteur d'un rapport sur le sujet : « Borssele est une très vieille centrale. Elle est âgée de 34, 35 ans et est entretenue, mais elle n'est pas de construction récente. La vérité, c'est que l'industrie nucléaire à travers le monde ne fait que prolonger la durée de vie des unités existantes », a-t-il déclaré.

En s'orientant plutôt vers l'énergie fossile, les Pays-Bas cultivent le paradoxe : chantres d'une politique drastique en matière de réduction d'émission de CO2 pour les automobilistes (avec la création d'une taxe selon le nombre de kilomètres parcourus ), reconnus très largement en tête des pays de l'Union Européenne en matière de recyclage des déchets urbains par une étude du cabinet allemand Ökopol (avec 65% de taux de recyclage alors que la moyenne actuelle des pays de l'UE n'est que de 37%, leurs choix actuels en matière d'approvisionnement énergétique et les attitudes contradictoires qui émaillent ces décisions semblent mettre à mal sinon les objectifs à atteindre, mais très sûrement la clarté et la cohérence de cette politique.

L'article ici.

dimanche 20 janvier 2008

"Charbon et nucléaire"

Petite analyse des effets induits du charbon utilisé pour la production d'électricité... :



"La focalisation actuelle sur l’effet de serre fait oublier que l’utilisation des combustibles fossiles pose aussi de très graves problèmes de santé publique à l’échelle locale, et l’absence quasi totale d’information à ce sujet par les médias et de débat public les a occultés complètement, à l’exception des marées noires pour le pétrole et de la pollution atmosphérique dans les villes.

En ce qui concerne la pollution atmosphérique, on insiste surtout sur la pollution automobile, mais peu de gens sont au courant de l’ampleur des dégâts: les évaluations actuelles sont de quelques dizaines de milliers de morts par an en France, surtout dans les grandes villes. Ce danger va cependant décroître car les constructeurs automobiles, sous la houlette de la Commission Européenne, ont fait de très gros efforts dans ce domaine.

Le black-out est à peu près total sur les dangers entraînés par l’usage des combustibles fossiles dans la production d’électricité. Or la Commission Européenne, dans le cadre principalement du projet ExternE, a évalué ces dangers: la mortalité serait en Europe, pour les centrales thermiques actuellement en fonctionnement, de l’ordre de 1000 années de vie perdue par TWh d’électricité produite pour les centrales à charbon et pour les centrales à fuel lourd, et d’environ 300 pour le gaz. Ce qui veut dire que si comme l’Allemagne et le Danemark, la France avait fait le choix du charbon comme mode principal de production d’électricité, ou comme l’Italie elle avait fait le choix du fuel lourd, le nombre d’années de vie perdues par an serait de l’ordre de 500 000 ( ce qui correspond à une mortalité annuelle du même ordre que celle due à la pollution automobile) et que comme l’Allemagne et l’Italie, elle exporterait cette pollution au gré des vents dans les pays voisins. Bien sûr les techniques s’amélioreront, mais pour l’instant il n’y pratiquement aucune centrale en Europe permettant d’éviter cette pollution et les centrales futures ne feront que la réduire.Encore ces évaluations ne sont faites qu’à partir des émissions de SO2, oxydes d’azote, suies et hydrocarbures aromatiques polycycliques .En ce qui concerne le charbon, il faudrait y ajouter la pollution par les éléments”hasardeux” qu’il contient, arsenic, mercure, éléments radioactifs tels que l’uranium, le thorium et surtout le radon 222 , gaz impossible à arrêter et qui produit avec une période de quelques jours du polonium 210, dont des évènements récents ont montré le danger, et du plomb 210. Il faudrait également y ajouter les masses énormes de déchets solides (60 000 tonnes par an et par TWh!) et la pollution ( poussières) entraînée par les quantités énormes de charbon qu’il faut transporter pour alimenter les centrales ( de l’ordre de 1000 t par jour pour 1 TWh annuel produit).

Si l’on prend en compte les accidents dans les mines et la silicose, en particulier dans les pays émergents, et les effets locaux très importants des exploitations sur l’environnement et la santé publique, et bien entendu l’effet de serre on comprend que le charbon est de très loin le plus mauvais moyen pour produire de l’électricité si l’on se soucie d’environnement et de santé publique.

C’est pourtant comme on l’a dit le choix de l’Allemagne et du Danemark, et à l’échelle mondiale le charbon est de plus en plus sollicité. En France actuellement les projets de centrales à charbon se multiplient.

Ne serait-il pas bon que l’information circule à ce sujet? L’émission Cdans l’air du 17 Mars sur la 5 a commencé à lever un coin du voile, mais c’est bien insuffisant.Observons en passant qu’une grande difficulté de la mise en place d’une politique énergétique européenne est probablement due au fait qu’un grand nombre de pays européens ont fait le choix des combustibles fossiles pour leur production d’électricité et s’opposent aux pays qui comme la France ont fait le choix du nucléaire. L’accord qui vient de se faire n’est qu’un accord a minima sur une politique de développement des énergies renouvelables qui permet à tout un chacun de se dédouaner, mais qui n’aborde pas les problèmes sur le fond..

Tout cela ne justifierait-t-il pas un véritable débat public ?"


L'article complet ici (avec les comments)

vendredi 30 novembre 2007

"La flambée du pétrole pousse à économiser l'énergie ou... acheter du charbon"



"PARIS - La flambée des prix du pétrole encourage les pays développés à économiser l'énergie, à développer les énergies renouvelables ou le nucléaire, mais elle pousse aussi l'Inde et la Chine à recourir plus que jamais au charbon, moins cher mais fortement émetteur de dioxyde de carbone.

Les prix élevés du pétrole (ils ont frôlé ces jours-ci les 100 dollars le baril) poussent "à plus d'efficacité" énergétique "et incitent les pays consommateurs à investir davantage dans des sources d'énergie alternatives au pétrole", estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
L'Europe est à cet égard la région du monde la plus performante pour réduire la consommation d'énergie dans sa production de richesses, selon une récente étude de l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

Son intensité énergétique est inférieure de 30% à celle des Etats-Unis, de 40% à celle de la Chine et jusqu'à trois fois inférieure à celle des pays de l'ex-URSS et du Moyen-Orient.
Les pays européens se sont par ailleurs fixés pour objectif de porter d'ici à 2020 à 20% la part des énergies renouvelables dans l'énergie consommée, et de réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre.

Quant à l'énergie nucléaire, elle suscite un regain d'intérêt dans beaucoup de pays, Etats-Unis en tête, car elle émet très peu de CO2.
..."

L'article complet ici.
Pour en savoir plus sur le charbon :
- Combustible complexe dont la fabrication souvent tue les hommes , mais aussi les fait vivre, pourra-t-il jamais être "propre" ?

lundi 23 juillet 2007

L'Ontario doit cesser d'exporter de "l'électricité sale", selon un groupe

"TORONTO (PC) - L'Ontario doit cesser de vendre de l'électricité produite par ses centrales au charbon: les revenus touchés ne compensent en rien l'impact négatif sur la santé humaine de la pollution de l'air ainsi créée, affirme un groupe de médecins et d'écologistes.
Selon Jack Gibbons, de l'Ontario Clean Air Coalition, la province a exporté 20 pour cent de sa production d'énergie l'an dernier, ce qui lui a rapporté des profits de 100 millions $. Même si cela a permis de réduire de 77 cents la facture mensuelle du consommateur moyen d'électricité, le jeu n'en vaut pas la chandelle, selon lui, puisque cela accentue la pollution de l'air de la province.
..."

Enfin le bon sens s'impose progressivement !

L'article complet ici.