Affichage des articles dont le libellé est radioactivité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est radioactivité. Afficher tous les articles

jeudi 8 octobre 2015

Quand la radioactivité n'est pas le vrai risque.

Traduction de l'article intitulé "

When Radiation Isn’t the Real Risk"


Patients évacués dans un hôpital près de la centrale de Fukushima après l'accident nucléaire en 2011. Aucune personne n'a été tuée ou rendue malade par les rayonnements, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique. Mais environ 1.600 sont morts de causes liées à l'évacuation.

DAISUKE TOMITA / Yomiuri Shimbun, VIA ASSOCIATED PRESS
21 septembre 2015

George Johnson

DONNÉES BRUTES

Ce printemps, quatre ans après l'accident nucléaire de Fukushima, un petit groupe de scientifiques s'est réuni à Tokyo pour évaluer la mortalité.

Personne n'a été tué ou rendu malade par les rayonnements - un point confirmé le mois dernier par l'Agence internationale de l'énergie atomique. Même parmi les travailleurs de Fukushima, le nombre de cas de cancer supplémentaires dans les prochaines années devrait être assez bas pour être indétectable, impossible à discerner derrière le bruit de fond statistique.

Mais environ 1.600 personnes sont mortes du stress de l'évacuation - que certains scientifiques considèrent comme non justifiée par les niveaux de rayonnement relativement modérés constatés à la centrale nucléaire japonaise.

Les épidémiologistes parlent de "décès stochastiques", ceux qu'ils prédisent comme allant se passer dans l'avenir en raison du rayonnement ou d'un autre risque. En l'absence de noms attachés aux numéros, ils restent une abstraction.

Mais ces autres décès ont été immédiats et sans équivoque.

"Le gouvernement était essentiellement paniqué", a déclaré le Dr Mohan Doss, un physicien médical qui a parlé à la réunion de Tokyo, quand je l'ai appelé à son bureau au Fox Chase Cancer Center à Philadelphie. "Lorsque vous évacuez une unité de soins intensifs de l'hôpital, vous ne pouvez pas placer les patients dans une école secondaire et attendre d'eux qu'ils survivent."


Parmi les autres victimes se trouvaient des résidents de maisons de soins infirmiers. Et il y eut des suicides. "C'était la peur des radiations qui a fini par tuer des gens", a-t-il dit.

La plupart des retombées a été emportée au large par des vents d'est, et le reste a été dispersé et dilué sur la terre. Si les personnes évacuées étaient restées à la maison, leur exposition cumulative sur quatre ans, dans les endroits les plus intensément radioactifs, aurait été d'environ 70 millisieverts - à peu près comparables à ce que recoit un corps humain entier suite au diagnostic de scanner haute résolution chaque année. Mais ces points chauds étaient de rares exceptions.

Selon les calculs de M. Doss, la plupart des résidents aurait reçu beaucoup moins, environ 4 millisieverts par an. L'exposition annuelle moyenne de la radioactivité naturelle de la terre est de 2,4 millisieverts.

L'effet ajouté que les retombées auraient par rapport à celle de l'évacuation dépend de la validité du «modèle linéaire sans seuil» (RLSS), qui suppose que toute quantité de rayonnement, peu importe leur taille, provoque certains dommages.

Dr Doss est parmi les scientifiques qui remettent en question cette supposition, construite au sujet des normes de rayonnement dans le monde. En dessous d'un certain seuil, affirment-ils, de faibles doses sont inoffensives, voire bénéfiques - un phénomène longtemps débattu appelé hormèse de rayonnement.

Récemment, lui et deux autres chercheurs, Carol S. Marcus de Port-UCLA Medical Center à Los Angeles et Mark L. Miller, de Sandia National Laboratories à Albuquerque, ont demandé à la Commission de réglementation nucléaire à revoir ses règles pour éviter les réactions excessives à ce qui peut être des menaces inexistantes.

La période de commentaires du public est toujours ouverte, et quand elle sera terminée, il y aura une masse de preuves contradictoires à déchiffrer.

On pense qu'un sievert de rayonnement peut éventuellement causer un cancer mortel pour environ 5 pour cent des personnes exposées. Selon le modèle linéaire sans seuil, un millisievert imposerait un-millième de risque: 0,005 pour cent, soit cinq cancers mortels dans une population de 100.000 habitants.

Environ deux fois le nombre de personnes qui ont été évacuées dans la zone de 20 kilomètres près des réacteurs de Fukushima. En évitant ce qui aurait été une exposition cumulative moyenne de 16 millisieverts, le nombre de décès par cancer était donc peut-être [hypothetiquement] diminué de 160, soit 10 pour cent du total qui est mort dans l'évacuation elle-même.

Mais cette estimation suppose la validité des normes actuelles. Si de faibles niveaux de rayonnement sont moins nocifs, les retombées n'auraient pas pu avoir causé une augmentation du taux de cancer.

L'idée d'hormèse va plus loin, en proposant que le rayonnement faible peut effectivement réduire le risque d'une personne. La vie a évolué dans un environnement faiblement radioactif, et certaines expériences de laboratoire ainsi que des études sur des animaux indiquent que de faibles expositions libérent des antioxydants protecteurs et stimulent le système immunitaire, protection concevable contre les cancers de toutes sortes.

Les études épidémiologiques des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ont été interprétées dans les deux sens : la démonstration et la réfutation de l' hormèse. Mais parce que les règlementations sur les rayonnement supposent qu'il n'y a pas de niveau sécuritaire, les tests des essais cliniques sur les thérapies à faible dose auraient été impossible de mener.


Une expérience, cependant, a eu lieu par inadvertance, il y a trois décennies à Taiwan après qu'environ 200 bâtiments abritant 10.000 personnes ont été construits à partir d'acier contaminé avec du cobalt radioactif. Au fil des ans, les résidents ont été exposés à une dose moyenne d'environ 10,5 millisieverts par an, soit plus du double de la moyenne estimée pour Fukushima.

Pourtant, une étude en 2006 a révélé moins de cas de cancer par rapport à la population en général: 95, quand 115 étaient attendus.

Ni le résumé de la communication, ni d'une deuxième publiée deux ans plus tard, ne mentionne la diminution globale. (Les auteurs ont supposé que les habitants des appartements ont peut-être été en meilleure santé que la population en général.) L'accent a plutôt été mis sur les résultats les plus faibles suggérant quelques leucémie et des cancers du sein en excès - et sur une analyse des données montrant un global risque accru de cancer pour les résidents exposés avant 30 ans.

Plus récemment, une étude sur le radon par un scientifique, Johns Hopkins, suggèrait que les personnes vivant avec des concentrations plus élevées de gaz radioactifs avaient des taux inférieurs de cancer du poumon. Si oui, alors les propriétaires qui investissent dans l'atténuation du radon pour satisfaire aux normes fédérales de sécurité augmentent peut être légèrement leur risque de cancer. Ces résultats et d'autres semblables ont également été contestés.

Toutes les recherches de ce genre sont tourmentées par des «facteurs de confusion» - c'est à dire des différences entre les populations qui doivent être prises en compte. Certains sont assez faciles à éviter (les personnes âgées et les fumeurs naturellement contractent plus de cancer), mais il y a toujours une marge de d'erreur statistique. Comme tant de questions, ce qui devrait être un argument scientifique devient rhétorique, avec opposition de groupes d'intérêt qui cherchent les données avec juste le bon strabisme en fonction de leurs besoins.

Il n'est plus ici question d'ergoter sur des actes irréversibles, comme l'évacuation de Fukushima. La peur des radiations, même diluées à des doses homéopathiques, conduit les gens à renoncer aux tests de diagnostic et aux radiothérapies.

Nous avons du mal à peser correctement les risques, nous les humains, et nous vivons dans un monde d'incertitude continuelle. En essayant d'éviter les horreurs que nous imaginons, nous risquons d'en créer de bien réelles.

vendredi 8 novembre 2013

Centrales : Le démantèlement est possible et parfaitement maîtrisé, la preuve dans cet article !

Centrales : Le démantèlement est possible et parfaitement maîtrisé, la

preuve dans cet article !

Le démantèlement des centrales nucléaires alimente les polémiques sans
qu'on en sache très bien quoi en penser.
En effet les organisations anti-nucléaires voudraient d'un côté nous
faire croire que ce démantèlement serait, selon eux, impossible ou
tellement coûteux que cela condamnerait l'énergie nucléaire. Cela
conduit à alimenter des polémiques stériles.
Qu'en est-il vraiment ?
Tout d'abord il n'y a effectivement pas beaucoup d'exemples de
démantèlement complet (avec retour au gazon).
La raison à cela n'est pas que ce serait très difficile ou impossible de
démanteler nos réacteurs, comme certains voudraient nous le faire croire.
Au contraire c'est très simple de démanteler un réacteur : ce n'est
jamais qu'un chantier de démolition. C'est beaucoup plus simple à faire
que de construire la centrale.
Bien sûr il reste un peu (en fait très peu) de radioactivité dans
l'enceinte de confinement notamment sur le circuit primaire (pas tant
que cela : 99,9% de la radioactivité est contenue dans le combustible
lui-même qui est déchargé puis recyclé à La Hague peu après l'arrêt du
réacteur en fin de vie).
C'est pourquoi on organise beaucoup plus proprement un démantèlement
nucléaire qu'un chantier de démolition classique. Cela coûte donc plus
cher que d'abattre un batiment industriel ordinaire, mais à la base
c'est pareil, il s'agit de couper en morceaux des ferrailles et de
casser quelques batiments en briques et la grosse enceinte en béton, ce
qui n'est pas le bout du monde ni une science très compliquée...
C'est toujours plus facile de casser que de construire, et cela coûte
toujours bien moins cher (même quand on le fait très proprement comme
c'est le cas dans le nucléaire).
La raison du peu d'exemples que nous avons jusqu'à présent vient
simplement du fait que les réacteurs que nous exploitons ont presque
tous été construits après le premier choc pétrolier de 1973. Ils n'ont
donc pas atteint leur durée de vie et fonctionnent encore, tout simplement.
Ils ne sont donc pas (encore) en démantèlement.
Les quelques réacteurs arrêtés (en France : Brennilis, Superphénix par
exemple) avancent bien sur le chemin du démantèlement, en prenant leur
temps. Là aussi, la raison de cette durée n'est pas parce que c'est
difficile mais parce que souvent ce sont les antinucléaires qui
s'opposent systématiquement à ces démantèlements (après avoir pourtant
exigé l'arrêt des centrales et leur mise à la casse !) en multipliant
les recours juridiques (leur but une fois le réacteur définitivement
arrêté devient alors de démontrer que le démantèlement est impossible
dure longtemps et coute très cher.
Pour diverses raisons, notamment politiques (Superphénix) ou parce qu'il
s'agissait de petits réacteurs expérimentaux de première génération non
rentables à exploiter, ce n'était pas leur but (Brennilis), certains
réacteurs ont cependant été arrêtés avant leur durée de vie normale de
50 ans, et sont en démantèlement ou déjà entièrement démantelés dans
certains cas.
C'est intéressant donc de regarder comment se passe ce démantèlement et
combien il a coûté.
En France le premier réacteur nucléaire, ZOE était situé au sud de Paris. Il a été
entièrement démantelé et est devenu un musée de la radioactivité. Les
locaux ou se trouvait ce réacteur sont librement accessibles sans le
moindre danger pour la santé.
L'exemple des Etats-Unis est particulièrement intéressant à observer
puisque plusieurs réacteurs à eau (les mêmes que les nôtres) y ont été
démantelés complètement (retour au gazon naturel du terrain de la
centrale), notamment Main Yankee et Yankee Row.
Il y a trois étapes :
1 - le démontage jusqu'au "retour au gazon" de tous les batiments
annexes (bureaux, locaux techniques, salle des machines, etc.) sauf
l'enceinte de confinement. Il s'agit d'un chantier de démolition
"classique". Pendant ce temps on se contente de décharger le combustible
du réacteur (le vidant alors de 99,9% de sa radioactivité). Seule reste
une petite radioactivité rémanente. Comme elle diminue rapidement avec
le temps, on attend quelques années que cela refroidisse encore plus
(les doses rémanentes sont ainsi très faibles), typiquement, 5 ou 10
ans, ce qui donne l'occasion pendant ce temps d'organiser le chantier au
mieux.
2 - démantélement du circuit primaire : on commence par enlever
auparavant tous les dépots de surface dans le circuit en faisant
circuler des solvants et de l'acide à la place de l'eau dans le circuit
primaire, ensuite on recycle les solvants ou l'acide en le neutralisant,
ce qui permet de récupérer les tuyaux quasi-propres d'un côté et les
résidus précipités (direction centre de stockage) de l'autre. Il peut
aussi y avoir un décapage au karcher de l'intérieur de la cuve ou de
certains locaux ou tuyauteries plus ou moins contaminées en surface.
Ensuite on découpe au chalumeau le circuit primaire et on évacue les
morceaux vers le centre de stockage approprié. La seule contamination
résiduelle de ces tuyaux est alors le Cobalt 60 (demi-vie : une
trentaine d'années).
3 - démantèlement de l'enceinte de confinement dont seule une petite
partie est très faiblement radioactive (principalement du béton et des
ferrailles) : cela donne une assez grande quantité de matériaux inertes,
qui ne sont que très faiblement contaminés, qui sont alors cassés en
petits morceaux, conditionnés dans des fûts et emportés vers un centre
de stockage approprié.
Ensuite, une quinzaine d'années environ après l'arrêt des réacteurs, on
peut replanter des arbres et redonner une autre destination au terrain,
la radioactivité du terrain a disparu et est identique à ce qu'elle
était auparavant (c'est-à-dire 100 à 1000 fois plus faible que dans des
régions à forte radiaoctivité naturelle).
C'est ce qui a été fait avec succès aux Etats-Unis.
On voit ainsi que le démantèlement des réacteurs nucléaires est
parfaitement maîtrisé, techniquement et économiquement.
Les aléas des différents projets sont moyennés dans les provisions
rigoureusement provisionnées tout au long du fonctionnement de nos
réacteurs, en France comme dans tous les autres pays exploitant des
réacteurs (c'est imposé par l'AIEA), par une taxe déjà incluse dans le
prix du kWh.
Le montant des provisions effectués et la manière de la calculer peut
varier un peu d'un pays à l'autre (la technologie des réacteurs et elur
dimension variant d'un pays à l'autre il est normal que les estimations
du prix du démantèlement varient un peu aussi s'agissant de réacteurs
différents.
En France, la cour des comptes a établi ici que même si des incertitudes
persistent, et que certains pointent des provisions peut-être
insuffisantes (ce qui peut se discuter) ces provisions pourront
facilement être abondées financièrement si nécessaire vu les faibles
coûts de fonctionnement des centrales amorties, elle précise :
"il est possible de confirmer que l’exercice « Dampierre 09 », reposant

sur une méthode de calcul robuste et justifiée, aboutit à une évaluation

du coût de démantèlement futur des 58 tranches REP d’EDF et des

installations associées de 17,7 Md€ 2010,

proches du montant de l’évaluation historique (18,4 Md€ 2010)."
Conclusion : démanteler un réacteur à eau (comme ceux que nous avons) de
manière minutieuse en faisant très attention est parfaitement possible,
bien maîtrisé et coûte entre 10 et 15% du prix qu'il a fallu pour le
construire.
Exclusif : Pour mieux comprendre le démantèlement opéré en totalité aux
Etats-Unis : prendre connaissance du dossier suivant : Ouvir le Cloud ici.
Voir aussi les documents suivants sur le site de l'AEPN :
Et le l'article suivant ici:  (sur le site de SLC) :
JP. Brette et B. Comby



vendredi 9 août 2013

Quelle contamination de l'Océan Pacifique par l'eau radioactive de Fukushima depuis 2 ans ? l'équivalent du niveau naturel de 3 km3 d'eau de mer ou de seulement 1 à 2% sur la zone de pêche interdite de 600 km2



 
Résumé : « Le total de la radioactivité rejetée dans l'océan pacifique depuis mai 2011 par l'accident de FUKUSHIMA (environ 1000 Curies) représente la radioactivité naturelle de 3 km3 d'eau de mer. »
… 
« cela représente donc de l'ordre de 1% à 2% de la radioactivité naturelle dans l'eau de mer de la zone de pêche interdite de 600 km2. Pas vraiment de quoi contaminer gravement les poissons, même localement là-bas »






Chers amis du nucléaire propre et respectueux de l'environnement,

Les médias multiplient en ce moment les émissions de radio et de télévision sur la contamination de l'eau de mer via les nappes phréatiques aux alentours de Fukushima.




L'AEPN a été contactée notamment pour des interviews sur
RADIO-CANADA, RMC (matinale), et pour les journaux d'information à la télévision russe. Certains groupes anti-nucléaires communiquent également sur les ondes, à leur manière bien sûr.



Effectivement, lors de l'accident de Fukushima, suite à la fonte des réacteurs et à la perte de confinement des enceintes, la radioactivité a diffusé aussi bien dans l'air (atmosphère), que dans l'océan via la nappe phréatique locale pour une partie. La nécessité de refroidir l
es réacteurs (s'ajoutant à la perte de confinement : écoulement d'eaux contaminées sous la centrale) a conduit à des rejets de radioactivité dans les alentours proches de la centrale, contamination qui s'écoule progressivement vers la mer maintenant. Ce n'est ni nouveau, ni surprenant.

Certains en concluent que l'humanité toute entière serait donc en danger, qu'une génération de japonais au moins serait "sacrifiée", que l'océan pacifique serait gravement contaminé pour l'éternité et que tous les poissons de cet océan vont sans doute mourir.

Bref il s'agirait (selon certains, incomplètement renseignés) d'une véritable catastrophe écologique de grande ampleur.

C'est du moins ce que certains groupes antinucléaires voudraient nous faire croire.

Il convient de nuancer de telles affirmations.
Qu'en est-il exactement ?
 

Voici quelques commentaires à ce sujet :

TEPCO a confirmé que le débit des eaux contaminées se jetant dans la mer à la centrale de Fukushima est de l'ordre de 300
tonnes (T) (soit 300 mètres cubes d'eau contaminée) par jour.

La NRA (Autorité de régulation nucléaire japonaise) vient donc de déclarer une "situation d'urgence"
(source : http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2013/08/06/situation-d-urgence-a-fukushima-en-raison-de-la-montee-des-eaux-radioactives_3457854_3244.html ) ce qui montre qu'ils ne restent pas inactifs et font tout ce qu'ils peuvent.

Il convient cependant de remarquer que 300 T par jour n'est pas le débit d'eau (fortement contaminée) sortant des réacteurs qu'il faut refroidir et s'échappant dans l'environnement, soit environ 12 m3 par heure, ce qui représente le débit de 4 tuyaux d'arrosage de jardin ouverts à fond (environ 3m3/heure chaque).

Il s'agit du débit normal et habituel des nappes phréatiques des alentours s'écoulant naturellement, comme toutes les nappes phréatiques du monde partout ailleurs, des montagnes environnantes vers la mer (dans ce cas à Fukushima), ou vers les rivières (le cas échéant ailleurs). Cette eau est certes localement contaminée à Fukushima mais beaucoup moins que l'eau refroidissant les réacteurs, laquelle est presque entièrement recyclée et retraitée au fur et à mesure (justement pour limiter les rejets). Une partie de cette eau de refroidissement (faible pourcentage, non précisé par TEPCO) peut fui
r cependant vers les alentours et le sous-sol, les enceintes de confinement n'étant plus étanches.

La quantité de radioactivité déversée dans la mer entre mai 2011 et juillet 2013 serait ainsi selon TEPCO (qu'on ne peut pas accuser de ne pas donner de chiffres) de l'ordre de 20 000 à 40 000 milliards de becquerels.

Il convient de rappeler à ce sujet que le becquerel est une unité toute petite.

Le corps humain à l'état naturel contient ainsi 8 à 10 000 becquerels.

Cent personnes qui attendent le métro sur un quai à Paris
, cela fait donc environ 1 million de becquerels, sans que cette radioactivité présente le moindre danger pour qui que ce soit, bien évidemment.

C'est pourquoi il a été inventé une autre unité de radioactivité, le Curie (égal à 37 milliards de Becquerels) pour mesurer les rejets de radioactivité dans le cas d'accidents tels que celui de Fukushima.

Le rejet évoqué par TEPCO est donc de l'ordre de 1
000 Curies qui se sont écoulés dans l'océan entre mai 2011 et juillet 2013.
Avant mai 2011 (en mars et avril 2011) ces rejets étaient encore bien plus importants, mais étaient alors constitués pour l'essentiel d'iode 131 lequel a une demi-vie de 8 jours et a donc quasi totalement disparu depuis le printemps 2011.

La radioactivité naturelle d'un litre d'eau de mer (K40 notamment) est de 12 Bq/litre.
(source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Becquerel )

Cela représente 12 000 Bq/m3 ou encore 12 000 000 000 000 Bq/km3

La radioactivité naturelle d'un km3 d'eau de mer est donc d'environ 300 Curies.

Le total de la radioactivité rejetée dans l'océan pacifique depuis mai 2011 par l'accident de FUKUSHIMA (environ 1000 Curies) représente ainsi la radioactivité naturelle de 3 km3 d'eau de mer.


Cette radioactivité peut certes contaminer les poissons dans l'océan.

Il existe cependant une double protection très efficace pour protéger les populations humaines consommant les produits de la pêche (le poisson étant un aliment de base des japonais, ils y sont évidemment très attentifs) :

1 - la pêche est interdite dans un rayon de 20 km autour de la centrale (soit une surface océanique de 600 km2)

2 - les poissons pêchés sur tout la côte Est du Japon font l'objet de contrôles/mesures de contamination fréquents et réguliers. Ces contrôles sont nombreux, systématiques et bien sûr considérablement renforcés au Japon depuis l'accident.

L'ancienne norme qui était autorisée était de 500 Bq/kg de poisson au Japon avant l'accident. Cette norme a été réduite et elle est maintenant de 100 Bq/kg de poisson depuis l'accident.

Cette double protection fait qu'en pratique les taux de contamination relevés dans les poissons consommés au Japon sont étonnament faibles, malgré l'accident.

Le volume d'eau dans la zone de pêche interdite autour de Fukushima est de 200 km3 environ (en comptant une profondeur moyenne de 300 m dans cette zone de l'océan).

Après dilution dans la zone de pêche interdite, la radioactivité rejetée par l'accident de FUKUSHIMA depuis mai 2011 (1000 Curies) représente donc de l'ordre de 1% à 2% de la radioactivité naturelle de l'eau de mer dans cette zone de pêche interdite. Pas vraiment de quoi contaminer gravement et encore moins tuer tous les poissons, même localement là-bas.

Cette eau ne reste évidemment pas cantonnée dans la zone de pêche interdite : l'océan pacifique est une immense zone de brassage de l'eau par l'intermédiaire des courants qui parcourent cet océan.

Elargissons donc le cercle du raisonnement : le volume d'eau de l'Océan Pacifique est de 2,8 milliards de km3 (source : wikipedia)

L'océan Pacifique contient donc, avec 300 Curies/km3, environ 900 milliards de Curies de radioactivité naturelle, ou encore 30 000 milliards de milliards de becquerels naturels = 30 000 000 000 000 000 000 000 Bq (on voit bien à cette occasion que le becquerel est une unité inadaptée et bien trop petite pour parler de ce genre de sujet).

Après dilution dans l'océan Pacifique, la radioactivité rejetée dans l'Océan par l'accident de Fukushima depuis mai 2011 représente donc un milliardième de la radioactivité naturelle de cet océan.

(Attention : hoax : cette carte représente en fait 
les vagues du Tsunami et pas la radioactivité ! (source) 
vous voyez que la désinformation est partout ;-) )

Précisons enfin que certaines stations thermales (réputées pour leurs bienfaits sur la santé) sont bien plus radioactives que l'eau de mer
(jusqu'à 1000 Bq/litre, soit presque cent fois plus) et l'on comprend mieux les ordres de grandeur et l'innocuité de ces doses, même pour les japonais (a fortiori pour les pays plus éloignés).

Une petite partie de la radioactivité des réacteurs de Fukushima s'écoule des réacteurs vers l'océan. C'est exact !

Les autorités japonaises décrêtent qu'il s'agit d'une situation d'urgence.

Très bien, c'est parfaitement normal.

Du point de vue de la radioactivité, il n'y a cependant pas vraiment de quoi fouetter un chat, et encore moins de quoi tuer tous les poissons de l'océan...

Je continue donc à manger mon poisson tranquillement, sans la moindre crainte de mourir irradié, même s'il vient du Japon ou du Pacifique...


Bien cordialement,
 
Bruno Comby
President de l'AEPN
 
___________________________
 
AEPN - Association des Ecologistes Pour le Nucleaire 
Web : http://www.ecolo.org
 
Sources photos : ici ici ici ici ici  

Autre source en anglais :
http://deepseanews.com/2013/11/true-facts-about-ocean-radiation-and-the-fukushima-disaster/