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mardi 13 novembre 2012

Contribution de l'ADEME pour 2030-2050 : une lettre à changer !


L'ADEME vient de rendre public hier (8 novembre 2012) un rapport intitulé
"Contribution de l’ADEME à l’élaboration de visions énergétiques 2030-2050 ".




Voici quelques commentaires que notre association tient à exprimer à la lecture de ce rapport.

Il y a de nombreuses choses intéressantes et que nous approuvons pleinement dans ces scénarios de l'ADEME, par exemple le programme d'isolation accélérée des logements  (plan ambitieux de construction et de rénovations thermiques) ou encore le développement (à notre avis insuffisant et trop peu ambitieux dans ce scénario) des véhicules électriques.

Mais on y trouve aussi des hypothèses irréalistes destinées semble-t-il à démontrer qu'on pourra, selon ce scénario, parvenir à 70% d'ENR dans notre mix énergétique en 2050 (en évitant soigneusement de rentrer dans les détails et surtout de parler du prix et des moyens de stockage de l'énergie).

Le public et les journalistes retiendront donc sans doute de ce rapport uniquement qu'il est possible selon l'ADEME de produire 70% de l'énergie en France avec des ENR en 2050 et que le nucléaire n'est donc plus nécessaire.

C'est facile de prévoir le paradis, toujours pour après demain... Mais il s'agirait d'une erreur, d'un espoir louable certes, mais au final d'un rêve qui ne pourra être que déçu.

Il est évident que cela ne marchera pas comme le prévoit ce scénario pour 2050.

En effet 70% d'ENR est tout simplement inatteignable.

En supposant que nous parvenions à construire les installations de production d'ENR pour parvenir à ce chiffre (ce qui est irréaliste) et que nous ayons l'argent pour les payer (ce qui l'est encore plus) le réseau électrique deviendrait alors totalement instable et ne pourrait pas fonctionner avec une telle proportion d'ENR ! Où alors je veux bien qu'on m'explique comment ? Et comment l'électricité sera stockée les jours sans vent et sans soleil ?

La construction d'une seule STEP marine, que propose l'ADEME pour un stockage intersaisonnier de l'énergie, n'est tout simplement pas crédible. Les 60 GW de solaire PV envisagés (si tant est qu'on y parvienne) produiraient environ 60 TWh/an d'électricité solaire, produite principalement l'été, dont une part importante, environ la moitié, soit 30 TWh (pic de production), devrait être stockée pour être restituée en hiver (pic de consommation). Mais il est hélas tout à fait impossible de stocker une telle quantité d'énergie dans une seule STEP, comme le propose (un peu vite) l'ADEME !

Même l'hypothèse intermédiaire "Vision ADEME 2030" avec 34% d'ENR est déjà très optimiste et sera bien difficile à atteindre, surtout avec une grosse crise économique qui ne fait que commencer.

Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte : nous voyons déjà tout autour de nous que nos voisins (Espagne, Pays-Bas, Grande Bretagne ces derniers jours, Allemagne aussi), sont en train de réduire brutalement leurs subventions aux énergies renouvelables, provoquant la faillite en chaine des entreprises de production et d'installation solaires et éoliennes. En effet le coût économique de ces énergies (poids des subventions se chiffrant déjà en milliards d'euros par pays et par an) est tel que ce coût est dès aujourd'hui déjà insupportable pour nos économies et pour les consommateurs avant même que ces ENR représentent ne serait-ce que 5% seulement de l'énergie consommée. Il est donc totalement irréaliste d'envisager d'en faire 70% de notre production d'énergie en 2050 comme le propose l'ADEME ! D'autant qu'il n'y a toujours pas de solution pour le stockage à un prix raisonnable et dans les quantités requises de ces énergies intermittentes.

La principale erreur de ce scénario est donc son parti pris pro-ENR et anti-électricité par principe, par exemple on lit (page 3)  "les cumulus (chauffe-eau à effet joule) sont progressivement remplacés par des chauffe-eau thermodynamiques "  =>; l'effet Joule est l'ennemi à abattre, alors qu'au contraire ce sont plutôt les chauffe-eau gaz qu'il faudrait remplacer en priorité par des chauffe-eau électriques, si possible bien sûr avec pompe à chaleur ou solaire !

Le programme massif de rénovation des logements visant surtout les logements les plus anciens et les plus mal isolés que propose l'ADEME parait en revanche une très bonne chose, même si le prix que cela coûterait n'est pas mentionné, de même qu'un grand programme de relance de la construction neuve bien isolée, qui pourrait aider aussi à maintenir de l'activité et de l'emploi en période de crise économique. Pour cela il faudrait cependant que la population, les entreprises et les collectivités aient de l'argent pour payer la construction des logements en question (pas évident en période de crise financière, d'augmentation des défaillances d'entreprises et d'augmentation du chômage). Il faudrait aussi que les travaux de construction ne soient pas surtaxés et que les entreprises de construction ne soient pas trop matraquées fiscalement car sinon leurs coûts sont forcément répercutés au client et quand les prix sont plus chers, le nombre de clients capable de payer diminue (surtout en période de vaches maigres). Or le gouvernement vient d'annoncer que la TVA sur la construction et les travaux de rénovation va augmenter de 3 points et passera de 7% à 10%, ça commence mal !

Sur certains points nous pensons qu'on peut cependant faire mieux que le scénario proposé par l'ADEME, par exemple :
- construction de nouvelles STEP pour le stockage de l'énergie : l'ADEME propose d'en construire seulement une de plus, d'une capacité de 1,5 GW, nous pensons qu'il serait possible et que ce serait mieux d'en construire plusieurs, d'une capacité de 4 à 5 GW et que ce ne seraient sans doute pas (ou pas que) des STEP marines.
- dans le domaine des transports : l'essence et le gazole représentent dans le scénario ADEME toujours 91% de l'énergie consommée en 2030 et l'électricité seulement 5%.

Or nous pourrions parvenir assez facilement à un chiffre de 10% de véhicules électriques en 2020 (comme le prévoit RENAULT) puis 30% en 2030 (alors que le scénario de l'ADEME n'atteint ce chiffre qu'en 2050), cf les estimations de ventes de véhicules électriques de Renault et des autres constructeurs : http://www.france-mobilite-electrique.org/marche-et-statistiques-du-vehicule,880.html?lang=fr

Avec une crise pétrolière qui a des chances de survenir bien avant 2030 ce sont même rapidement non pas 20% mais à notre avis 30% des véhicules neufs vendus qui pourraient devenir purement électriques (le deuxième véhicule de chaque foyer, ainsi que 50% des véhicules des entreprises et collectivités, et la plupart des véhicules des étudiants et des personnes âgées qui ne font jamais de grand trajet). Avec 50% d'hybrides rechargeables (consommant moitié-moitié entre essence et électricité) et 20% seulement de véhicules à essence dès 2030, la répartition essence/électricité dans les transports en 2030 serait alors environ 45%/55% l'électricité devenant l'énergie principale dans les transports vers 2028 ou 2030. Ce serait nettement mieux que la répartition 95 % / 5 % en faveur de l'essence comme envisagé par l'ADEME en 2030. Cet immobilisme de l'ADEME est étonnant surtout si le pétrole devient rare et cher comme c'est probable. Cette mutation vers les véhicules électriques démarre pour l'instant doucement aujourd'hui et s'accélèrera brutalement. Elle ne sera pas linéaire et progressive : il y aura des changements rapides de comportement à l'occasion de crises pétrolières qui ne manqueront pas de survenir avant 2030 (et même à mon avis avant 2020).

La technologie des véhicules électriques et hybrides étant prête et disponible, il suffira de l'adopter le moment venu. Cela peut aller assez vite à la faveur d'une crise, par exemple si Israel bombardait comme c'est envisagé les installations d'enrichissement d'uranium (production de l'arme atomique) de l'Iran et qu'en réaction l'Iran bloquait le détroit d'Ormuz, ce qui pourrait même se produire avant l'été prochain selon les déclarations de ces deux pays.

L'urgence pour l'instant est que les principaux constructeurs automobiles aient des véhicules électriques à leur catalogue et des usines en capacité de les fabriquer assez vite en grand nombre si nécessaire, ce qui est en train de se mettre en place. Les choses vont (pour une fois) spontanément dans le bon sens à ce niveau.

Dans le bâtiment, l'urgence, avant même de lancer des programmes de construction ou de rénovation de logements, serait de changer les règles de la Réglementation technique actuelle (RT 2012) définissant les bâtiments BBC qui incite actuellement les promoteurs à se tourner systématiquement vers le gaz, en raison du calcul en énergie primaire conçu de manière à disqualifier l'électricité d'un facteur 2,58 complètement arbitraire, ce qui est totalement idiot, il faut changer cette règle et la dénoncer avec virulence, l'électricité française (avec ou sans pompe à chaleur, avec si possible, bien sûr) est un moyen de chauffage bien plus propre que le gaz, il faut la favoriser, pas en décourager l'utilisation !

La principale erreur de ces scénarios de l'ADEME c'est donc :
- d'avoir l'électricité un peu honteuse, l'électricité française est bien plus propre que le gaz pour le chauffage de logements et que l'essence pour les voitures !
- d'imposer un fort taux d'énergie renouvelables intermittentes, de manière irréaliste, en occultant les difficultés qui en limitent l'extension (leur caractère diffus, leur coût, leur intermittence, l'absence de solution pour le stockage intersaisonnier de l'énergie)
- ce qui leur permet alors (en théorie seulement) de réduire fortement le parc nucléaire (de 63 à 32 GW dès 2030) en fermant sans les remplacer plus de la moitié des réacteurs.

Il s'agit là d'erreurs d'appréciation résultant d'un présupposé de départ (tendance uniquement pro-ENR et anti-nucléaire) !

Remarquons enfin que ce scénario ne précise pas le coût en milliards d'euros de la transition énergétique qui nous est ainsi proposée : c'est fort dommage car nous verrions si c'était le cas que là encore que le coût économique exhorbitant des 70% d'ENR proposés en 2050 est irréaliste. La solution 70% EPR reviendra beaucoup moins cher (même en comptant les retards et surcoûts du chantier finlandais et français, lesquels ne sont pas une fatalité) .

Dans les grandes lignes ce scénario ADEME 2030 / 2050 est néanmoins très intéressant, notamment sur le plan de la mise en oeuvre des économies d'énergie, et grosso modo il suffirait de remplacer dans le scénario "ADEME 2050" les 70% d'ENR par 70% d'EPR (une seule lettre à changer !) pour obtenir alors un scénario parfaitement réaliste, tout à fait crédible et beaucoup moins onéreux !

Si on admet que l'électricité n'est pas honteuse et que le nucléaire est une énergie propre, ce qui est évidemment le cas, nous pouvons même parvenir à un résultat meilleur, plus rapidement et pour moins cher que le scénario qui nous est présenté ici par l'ADEME.

Soyons donc optimistes : OUI des solutions raisonnables existent (économies d'énergie+efficacité énergétique+un peu plus d'ENR en restant raisonnables+à peine plus de nucléaire en France en 2050 qu'aujourd'hui en 2012), OUI nous pouvons consommer moins et mieux comme le propose l'ADEME sur des bases somme toute assez raisonnables, OUI au programme de rénovation des logements. Et pour compléter utilement ce scénario : OUI au nucléaire propre et respectueux de l'environnement pour produire demain 70% d'énergie propre dès 2030 et assurer l'indépendance énergétique complète de la France en 2050 comme le propose l'ADEME.

En résumé : bravo à l'ADEME pour ce travail intéressant ...!
Il suffit dans ce document de remplacer "ENR" par "EPR" en 2050 pour obtenir le bon scénario, celui qui résoud l'équation énergétique de notre pays en assurant notre indépendance énergétique et une réduction de 75% de nos émissions de CO2 (facteur 4) en 2050 comme le propose l'ADEME !



Annexe : analyse critique des projections chiffrés


1) p. 13 et 14:  34 GW d'éolien on shore et 12GW de offshore et 33GW de PV.
Cela fait une production de 130-140TWh/an, un quart de notre production annuelle. Il est dit 29% d'ENR intermittente. Soit une puissance crête totale installée autour de 89GW. Difficile alors de parler de 50%, même en 2030.

2) Pour l'électricité: p. 15, tableau: 31.7 MTEP, et p 16, tableau: 38 MTEP d'électricité soit autour de 440TWh/an (42GJ/TEP)
C’est à dire une diminution de la production électrique de 20% (550TWh en ce moment)
sans parler de la croissance à venir et du remplacement urgent des énergies fossiles !
3) Répondre aux pointes et aleas ENR avec seulement +7 GW de turbines à gaz
Avec 89 GW installés de renouvelables, la puissance obtenue variera de 0 à 50 GW,
Impossible de gérer de telle sautes de puissance.

4) Sur le tableau p. 15, on arriverait à 15% d'hydroélectricité,
alors qu'on plafonne depuis 10 ans à 10-11%. Autant dire, très improbable.

5) Quant à l'énergie nucléaire, la puissance annoncée en
2030 (32GW) semble compatible avec une interprétation façon EELV de l'accord PS-EELV
de fermeture des centrales 900MW, et en 2050, l'énergie nucléaire n'existe même plus.

C'est se donner un bel air "scientifique" pour défendre sa chapelle verte.
Est-ce acceptable de la part d'un organisme d'état ? des intérêts partisans n'essayent-ils pas d'influencer une opinion vers des perspectives utopiques infondées et contre-productives pour l'environnement ?

Conclusion :

« Si le réseau de gaz est en 2050 le vecteur énergétique le plus carboné, sa flexibilité et son rôle pour le secteur des transports est central ».

L’ADEME montre bien par cette phrase que la lutte contre le changement climatique n’est pas sa priorité.

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Voir  aussi l'analyse proposée ici par SLC.

dimanche 23 octobre 2011

"On ne peut se passer du nucléaire"

Le climat se détraque et l'urgence est de se passer du pétrole, du gaz et du charbon et à investir sur les économies d'énergie. En attendant, pour une fois qu'une énergie abondante et bien moins chère existe, donnons nous 50 ans pour réformer nos usages et améliorer l'efficacité des ENR avant d'envisager une alternative à la construction de centrale nucléaire sures !


En ce sens, l'interiew du Monde :


Prix Nobel de la paix en 2005, Mohamed ElBaradei analyse pour Le Monde l'avenir de l'énergie nucléaire après l'accident de Fukushima.

Quels enseignements tirez-vous de l'accident de Fukushima ?
J'en tire deux : il va falloir améliorer la sûreté pour les 430 réacteurs en exploitation dans le monde, car on était plus laxiste il y a trente ans, et accélérer l'introduction des nouvelles technologies, qui sont bien plus sûres. Quitte à être parfois brutal et à ne pas hésiter à fermer les vieilles centrales, dont on ne peut pas améliorer la sûreté. Je suggère de commencer l'examen par celles de type RBMK (comme à Tchernobyl), qui n'ont pas d'enceinte de confinement, et les réacteurs de type Fukushima. Il faut aussi trouver un moyen d'inspecter les réacteurs militaires.

Le nucléaire a-t-il toujours un avenir ?

On ne peut pas se passer du nucléaire. Il fournit déjà 14 % de l'électricité mondiale. Et ce sera 24 % en 2050, selon l'Agence internationale de l'énergie. Un milliard et demi d'êtres humains n'ont pas accès à l'électricité. Et sans cela, il n'y a pas de développement.


Fukushima va-t-il néanmoins ralentir son développement et accroître ses coûts ?

Le nucléaire sera sans doute plus cher, en raison de l'usage des nouvelles technologies et du renforcement de la sûreté, mais je ne le vois pas ralentir beaucoup. Il y a actuellement soixante-cinq réacteurs en construction dans quinze pays. Je doute que la Chine et l'Inde renoncent à leurs projets.

Plusieurs Etats l'ont pourtant fait : Allemagne, Suisse, Italie...

Oui, mais prenez la Suède, qui avait programmé la sortie du nucléaire en 1980 : elle avait alors douze réacteurs ; elle en exploite onze aujourd'hui. Le nucléaire donne une certaine indépendance énergétique, comme en France. Si vous en sortez, vous dépendez du charbon, du pétrole et du gaz, dont les prix augmentent fortement. Et comment, alors, lutter contre le réchauffement climatique ?
Le nucléaire est une partie de la solution. Les énergies renouvelables ne peuvent assurer une production de base. Soyons réalistes : pour les cinquante prochaines années, on aura besoin du nucléaire. Des pays à forte population, comme l'Indonésie et le Vietnam, sont sur les rangs. La Turquie vient de confirmer des projets. Et d'autres s'ajouteront à la liste...

Quel type de régulation serait souhaitable, et en s'appuyant sur quels standards ?

Les standards de l'AIEA sont un point de référence. Et vous pouvez y ajouter des standards nationaux complémentaires. Les audits des centrales doivent être obligatoires. Ils ne le sont pas aujourd'hui, et c'est un défaut majeur dans le système de sûreté international. Si un pays veut utiliser l'énergie nucléaire, il doit les accepter. Car si un accident se produit, il a des conséquences mondiales.
Le temps des audits effectués par des experts internationaux indépendants est venu. Après Tchernobyl ou Fukushima, les pays ne peuvent plus se retrancher derrière l'argument selon lequel la sûreté relèverait de la souveraineté nationale. Dans notre cadre mondialisé, ce concept de souveraineté a évolué. Un exemple : les pandémies, contre lesquelles un pays ne peut pas lutter seul. Un pays ayant opté pour le nucléaire doit accepter que ses voisins et le reste du monde lui demandent si ses réacteurs sont sûrs.

Comment inciter les gouvernements à emprunter cette voie ?

La pression de l'opinion est importante, car les gouvernements sont des "animaux" qui bougent lentement. Il faut que certains pays lancent le mouvement, en acceptant des audits obligatoires effectués par des experts étrangers, dans un cadre défini internationalement. Plus ils seront nombreux, et plus la pression sur les pays qui n'ont pas souscrit au protocole sera forte. Par ailleurs, il faut aller vers une mutualisation internationale des expertises. A cet égard, la mise en place d'une "force d'action rapide multinationale", proposée par Nicolas Sarkozy, est une bonne idée.

La transparence vous semble-t-elle suffisante ?


Non ! Les acteurs du nucléaire, gouvernements et opérateurs, doivent être plus transparents, ce qui n'est pas dans leur culture. Cette source d'énergie doit faire l'objet d'un débat public. Les gens ont le droit d'avoir des explications, même si cela perturbe l'approche élitiste de l'industrie nucléaire.
La transparence est la clé pour faire accepter le nucléaire à l'opinion. Elle doit porter sur la sûreté, mais aussi sur les coûts réels, depuis la construction jusqu'au démantèlement, si vous voulez une véritable compétition dans le secteur de l'énergie. Cette absence de transparence a été notable au Japon.
Il faut aussi régler le problème du stockage des déchets ultimes. A mon sens, il faudrait disposer de deux ou trois pays pour les entreposer, pas davantage. La Russie pourrait être l'un de ceux-ci. Cette activité pourrait être très rentable.

Quel rôle les autorités nationales de sûreté doivent-elles jouer ?


Elles doivent d'abord être indépendantes, comme c'est le cas en France ou aux Etats-Unis, pour pouvoir dire clairement à quel moment un réacteur doit être arrêté. C'est d'autant plus important que la durée d'exploitation des réacteurs est actuellement prolongée. La trop grande proximité entre régulateurs et opérateurs a été l'une des sources du problème à Fukushima.

Ce qui suppose que ces régulateurs aient des moyens...

Il faut, c'est vrai, leur donner de vrais moyens, qu'ils soient nationaux ou internationaux. La technologie nucléaire est très sophistiquée, et donc complexe à surveiller. Malheureusement, les gouvernements ne réagissent le plus souvent qu'à la suite de chocs. Il a fallu Tchernobyl pour qu'on mette en place un système plus encadré de sûreté. Puis le 11-Septembre pour qu'on se préoccupe du risque terroriste. Le budget de l'AIEA (environ 320 millions d'euros) est ridicule par rapport à ces enjeux. Il faudrait au moins le doubler.
 
Propos recueillis par Jean-Michel Bezat et Bertrand d'Armagnac

samedi 30 mai 2009

Quel scénario énergétique pour 2050 ?

Pour quel scénario énergétique s'engager ?

Le choix actuel semble le suivant :

1) Ministere de l'industrie

2) Greenpeace


3) WWF

4) D'autres conclusions (thèse ISN)

5) etc...


Pour en savoir plus :

ECOLE MILITAIRE : Conférence de Jacques Frot :

« Quel avenir Mondial pour l’énergie nucléaire ? »

le 16 juin 2009 à l’école militaire à Paris, se présenter à 17h30 au poste de garde au 1 Place Joffre, intersection de l’avenue de la Motte Picquet et de l’avenue de la Bourdonnais, puis se rendre à l’Amphi Louis au fond à droite (70 personnes).

jeudi 13 mars 2008

"Politique énergétique: une révolution à petits pas"


Comment arrêter un train lancé à pleine course ? c'est la question que se posent nos dirigeants en matière énergétique.


Alors qu'en 2060 les réserves de gaz seront épuisées, nos descendants des siècles prochains nous maudiront d'avoir gaspillé aussi vite les précieuses ressources fossiles de la planète. Les défis techniques pour s'affranchir de ces matières premières seront considérables... !





"11.03.2008


Lors du World Future Energy Summit (WFES) à Abu-Dhabi, début 2008, les experts économiques et politiques sont tombés d'accord: nous arrivons à une époque où la production énergétique générera nettement moins d'émissions de dioxyde de carbone. Mais cette "révolution" demande du temps - trop, disent les critiques.


Au plan énergétique, 2007 devrait entrer dans l'histoire comme l'année du tournant décisif. Pour la première fois, le monde entier a admis que le changement climatique était imputable à l'action humaine. La Conférence de l'ONU sur le climat, qui s'est tenue à Bali en décembre, a défini les orientations d'une politique globale en faveur de la protection du climat à l'expiration du Protocole de Kyoto, en 2012. Autre élément au moins aussi important: le pétrole a, pour la npremière fois, atteint les 100 dollars le baril. Parallèlement, les énergies renouvelables sortent de leur cocon européen; elles deviennent une activité mondiale.


"Le plus grand défi de notre temps"




La production énergétique prend donc une importance cruciale tant au plan politique qu'économique. "Le monde a besoin de sources d'énergie plus sûres, fiables et propres", a déclaré le ministre américain de l'énergie Samuel Brodman lors du World Future Energy Summit (WFES), le premier forum mondial sur l'énergie, qui s'est tenu en janvier 2008 à Abu-Dhabi. "Il s'agit du plus grand défi de notre temps." Dans le contexte actuel, Brodman ne risque pas d'être beaucoup contredit. Car, si les besoins mondiaux en énergie sont appelés à doubler d'ici 2050, les sources d'énergie se tarissent et la consommation énergétique croissante accélère le changement climatique. Mais la manière de relever concrètement ce défi reste controversée. Les désaccords commencent avec le rôle futur des combustibles fossiles, qu'il s'agisse du pétrole, du gaz ou du charbon, lesquels couvrent aujourd'hui 85% des besoins en énergie. Cette dominance ne devrait pas disparaître, selon Casey Olson, responsable Moyen-Orient de la société pétrolière Oxy Oil ; Gas. "La part des combustibles fossiles ne tombera pas en dessous de 80% d'ici à 2030." Klaus Töpfer, ancien responsable du programme de l'ONU pour l'environnement, rétorque: "Je ne crois pas qu'à long terme la part des combustibles fossiles sera de 80%."


Renaissance du charbon




La renaissance du charbon, en particulier, ne plaide pas en faveur d'une forte réduction de la part des combustibles fossiles: le plus ancien d'entre eux est d'ailleurs celui dont les réserves devraient durer le plus longtemps. Pour Philippe Boisseau, responsable du secteur gazier au sein du groupe pétrolier français Total, les réserves de charbon devraient encore pouvoir être exploitées au niveau actuel jusqu'en 2160, alors que les réserves de gaz naturel ne dureraient que jusqu'en 2060, au rythme actuel de la production, et celles de pétrole jusqu'en 2040. Le charbon a par ailleurs l'avantage d'être à peu près équitablement réparti à travers le monde. Ainsi, la Chine, avide d'énergie, dispose de réserves importantes. Mais si les combustibles fossiles continuent d'être largement utilisés pour la production d'énergie, la question du dioxyde de carbone en tant que gaz à effet de serre passe au premier plan. La nouvelle formule magique a pour nom CCS - Carbon Capture and Storage - c'est-à-dire capture et stockage du CO2. Mi-janvier, ce type d'installation a été mis en service à l'échelle industrielle dans une centrale de Stockholm. Moyennant 5% de l'énergie produite, la centrale capture jusqu'à 97% du gaz carbonique émis. Viviane Cox, responsable des énergies renouvelables chez BP, le groupe pétrolier britannique, a annoncé la construction d'une installation similaire à Abu-Dhabi. Le gaz carbonique ainsi capturé devrait être utilisé pour l'extraction du pétrole. Jusqu'à présent, le pétrole était extrait à l'aide de gaz naturel.


Energie nucléaire exempte de CO2




Une source d'énergie longtemps honnie par les écologistes revient sur le devant de la scène dans le cadre de la réduction des émissions de dioxyde de carbone: l'énergie nucléaire. C'est la seule énergie non renouvelable qui ne produit aucune émission de CO2. "L'énergie nucléaire est une partie de la réponse à nos problèmes pressants", déclare donc Lady Judge, patronne de l'autorité nucléaire britannique. Cette personnalité du parti travailliste qui a manifesté contre le nucléaire dans sa jeunesse soutient désormais qu'il s'agit d'une "énergie propre". L'évolution au niveau mondial lui donne raison. Après une période creuse au cours des années 1990, le nombre de réacteurs est de nouveau en hausse. Et ce n'est pas seulement l'Asie, friande d'énergie, qui s'oriente vers le nucléaire. L'Arabie saoudite, pays riche en énergie, entend également construire une centrale nucléaire. En Europe, la première centrale nucléaire depuis la catastrophe de Tchernobyl, en 1986, est en construction en Finlande, ce pays étant décidé à ne plus dépendre des exportations énergétiques russes. Les écologistes sont loin d'être enchantés. Pour le responsable de Greenpeace, Gerd Leipold, le nucléaire ne fait que nous détourner des problèmes urgents. Mais le train est lancé, il sera difficile de l'arrêter.


Investir dans les énergies renouvelables




A l'exception de l'énergie éolienne, la plupart des énergies renouvelables sont encore loin d'être compétitives. Elles doivent donc être soutenues par des mesures politiques. Par ailleurs, leur production à grande échelle est génératrice de nouveaux problèmes. C'est ainsi que le vent et le soleil sont concentrés - et donc utilisables de manière efficace - là où il n'y a pratiquement pas d'habitants: en mer et dans le désert. Les biocarburants concurrencent les produits alimentaires, du moins en termes de surfaces cultivées. Et la quantité de déchets utilisables pour produire de l'énergie est limitée. Toujours est-il que les énergies renouvelables sont devenues un énorme secteur d'activité. "Elles sont le principal marché du futur", selon Matthias Machnig, secrétaire d'Etat au ministère allemand de l'environnement. Le progrès technologique rendra les énergies renouvelables compétitives, les unes après les autres. Presque tous les acteurs sont d'accord sur un point: le maître mot pour relever les défis de la politique énergétique est celui d'efficience. "L'efficience énergétique est le moyen le plus important et le moins onéreux de réduire les gaz à effet de serre", déclare Jonathan Porritt, fondateur et responsable du "Forum for the Future", une alliance entre entreprises britanniques et organisations de promotion du développement durable. "Les énergies renouvelables et le stockage du dioxyde de carbone ne viennent qu'au deuxième rang." C'est aussi ce que pense Kateri Callahan, responsable de l'agence américaine pour les économies d'énergie "Alliance to save Energy". Cette organisation avait été fondée dès 1977, pendant la première grande crise énergétique en Occident. Association unique dans son genre au niveau mondial, elle réunit maintenant un grand nombre de personnalités politiques, de syndicalistes, d'entreprises et de représentants du secteur public. Et les Etats-Unis se sont désormais engagés sur la voie de l'efficience énergétique, en dépit des lourds 4x4 qui sillonnent les routes américaines et des climatiseurs gros consommateurs d'électricité dans les habitations et bureaux.


Poser les bonnes questions




Gerd Leipold entrevoit quand même une lueur d'espoir. "Enfin, nous posons les bonnes questions, même si nous n'avons pas encore les bonnes réponses", déclare le responsable de Greenpeace. D'après lui, il faut une révolution en matière d'énergie. "C'est une révolution pacifique. Elle dérange un peu. Mais elle apporte des bénéfices importants." Le ministre américain de l'énergie Brodman est, lui aussi, entièrement d'accord sur ce point. Mais ce sera une révolution à petits pas et de longue haleine."


L'article ici.

jeudi 24 janvier 2008

"Parution : Renouveler la production d'énergie en Europe : un défi environnemental, industriel ..."

"A la veille de la publication par la Commission européenne du paquet "Energie et Climat", la Fondation Robert Schuman publie une nouvelle note, en français et en anglais, intitulée "Renouveler la production d'énergie en Europe : un défi environnemental, industriel et politique."

Dans un contexte énergétique global complexe, les Etats membres doivent définir rapidement le mix énergétique des années à venir. L'Union européenne a entrepris de mettre en place une politique commune de l'énergie (Conseil européen des 8 et 9 mars 2007).

Celle-ci reste à construire ; aucune option n'est à négliger, y compris celle de l'énergie nucléaire. L'auteur propose une analyse approfondie de la politique énergétique européenne actuelle et argumente en faveur d'une meilleure coopération des Etats membres pour développer une véritable stratégie énergétique européenne. "

samedi 19 janvier 2008

"L’Energie dans le monde : Soyons rassurés"

Un scénario qui ouvre des perspectives...



"Les malheureux citoyens que nous sommes sont perpétuellement assaillis par le sentiment que, dès qu’il s’agit d’énergie, nous polluons la planète de manières diverses : trop de CO2 qui cause(rait) l’effet de serre, les déchets (surtout nucléaires), des rejets de chaleur inconsidérés, etc. etc.

Les seuls moyens d’échapper à l’opprobre sont de faire des économies d’énergie et de se tourner vers les énergies renouvelables, dont l’éolien est le parangon incontesté. Certes, les économies d’énergie sont parfaitement recommandables, partout où c’est possible ; on commence à s’apercevoir que les énergies renouvelables, à cause de leur caractère aléatoire et diffus, ne peuvent être qu’un appoint à une source d’énergie massive et permanente.

En particulier, on commence, à juste titre, à se poser des questions sur l’intérêt, dans nos pays, des fermes éoliennes dont tous les média se gargarisent : pas de CO2, mais pollution visuelle pour des résultats marginaux et coûteux.

On parle d’un doublement des besoins en énergie de la planète d’ici le milieu du siècle, causé principalement par la fringale de modernisation des pays « en développement » et même d’un triplement de la demande électrique, à cause des avantages incontestables de ce vecteur en termes de confort, d’usage pratique et de sécurité.

Nous nous plaçons en 2050 : il est admis que la demande électrique sera 300 % plus élevée qu’aujourd’hui (env. 20 000 Térawatt-heure actuellement) . A ce moment, les moyens d’économiser l’énergie seront sans doute assez bien intégrés et il n’y aura pas grand-chose à gagner dans ce secteur, disons tout de même un gain de 10 %.

Mettons, pour être aimables mais sans trop y croire, un 25 % d’appoint d’énergie renouvelable, notamment solaire.

Reste à fournir : 300-100-(10+25)= 165 % en bonne énergie massive et constante, ce que l’on sait faire avec les combustibles fossiles et le nucléaire.

Mais l’objection des rejets de C02 si bien décrits par le nouveau Nobel Al Gore, plus le prix croissant des combustibles, sont de nature à condamner leur utilisation. Les barrages hydroélectriques apporteront un appoint naturellement (de l’ordre de 10 %).

Reste l’énergie nucléaire, si longtemps décriée, massive, propre, sûre quand elle est correctement mise en œuvre, comme nos installations en témoignent, et qui n’émet pas de gaz à effet de serre.

Combler cette demande avec des réacteurs nucléaires, ceci équivaut à installer 3-4000 nouveaux réacteurs du genre EPR de 1500 MW chacun dans le monde. Le nombre de ces réacteurs n’est pas le problème, mais leur gourmandise en Uranium risque d’en être un, dont on voit d’ores et déjà le prix s’envoler.

A raison de 150 tonnes d’uranium naturel par an et par réacteur, pour 4000 réacteurs cela fait une demande de 600 000 tonnes par an. Or si l’on estime à 15 millions de tonnes les réserves d’uranium normalement accessibles en 2050, on voit qu’en théorie en 25 ans les réserves seraient épuisées (ceci est en partie faux, car la prospection de l’uranium en est encore à ses débuts, et il suffit de voir ce qu’il en est des découvertes de gisements de pétrole).

Entre-temps, nos physiciens nucléaires ont de longue date observé que l’on peut singulièrement améliorer le rendement sur matières premières de nos réacteurs, par une approche scientifique, en utilisant des réacteurs moins gourmands mais tout aussi efficaces et en recyclant au maximum tout ce qu’ils produisent : bel exemple de développement durable.

Les réacteurs actuels sont dérivés d’un réacteur américain de sous-marin, robuste et fiable, mais l’économie en combustible n’était pas un souci majeur. Ce sont des réacteurs refroidis à l’eau , réacteurs dits « à eau légère » dans lesquels les neutrons sont ralentis, d’où la dénomination de « réacteurs à neutrons thermiques ». A ce titre, les réacteurs actuels ne « brûlent » au mieux que 1 % de l’uranium naturel qui a servi à fabriquer les éléments combustibles, et malgré tout on les trouve remarquables. En France et au Japon on « retraite » d’ailleurs ces combustibles irradiés pour en recycler les 99% restants qui pourront être réutilisés, aujourd’hui ou plus tard : l’uranium plus du plutonium qui se forme dans le réacteur. (Ce plutonium est un excellent combustible).

Les physiciens ont vite vu que si les neutrons n’étaient pas ralentis et restaient des « neutrons rapides », on pouvait obtenir des propriétés remarquables, notamment à partir de réacteurs pouvant être alimentés en uranium naturel ou même appauvri (venant des installations d’enrichissement), démarrant au départ sur plutonium et capables si nécessaire, de fabriquer plus de plutonium qu’ils n’en consomment, le combustible d’appoint étant de l’uranium ordinaire. On nomme ces réacteurs des « surgénérateurs ». Ce tour de force est obtenu en particulier, par des recyclages intelligents.

Il faut démarrer, en principe, avec une certaine quantité de plutonium qui est produit dans les réacteurs actuels, on voit donc la complémentarité des filières à eau légère et de celles à neutrons rapides.

On objectera que « le plutonium est le produit au monde le plus dangereux » Ceci n’est pas vrai, même si la manutention du plutonium mérite des égards particuliers, précautions qui sont déjà mises en œuvre dans des installations industrielles comme l’Atelier Melox à Marcoule qui recycle déjà le plutonium pour le brûler dans les réacteurs actuels.

Les réacteurs rapides seraient théoriquement capables d’utiliser tout l’uranium dont on les alimente, et non plus seulement 1%. Avec les pertes, on peut arriver à 50-70 % de rendement, ce qui fait une vaste différence. Ce type de réacteurs fait partie de ce que l’on a baptisé la Génération IV.

C’est comme si avec un plein d’essence qui permet de faire 500 km, on pouvait en faire 50 fois plus, soit la moitié du tour de la terre !

A supposer que TOUTE l’électricité dans le monde serait générée par le nucléaire (donc sans aucun rejet de CO2), nos 4000 réacteurs auraient besoin chaque année de : 4000x3t/an=12 000 tonnes d’uranium environ, au lieu de 600 000 tonnes. (La consommation actuelle mondiale est de l’ordre de 60 000T/an pour 17 % d’électricité nucléaire).

On voit le spectre du manque d’uranium s’éloigner, 20 ans de réserves devenir 1000 ans....
Ces données ne sont pas des élucubrations mais ont été vérifiées avec les différents prototypes, notamment Superphénix (1300 MW) avant sa fermeture autoritaire et sa casse irréversible.
A noter en plus qu’un réacteur rapide produit encore moins de déchets qu’un réacteur à eau légère, et consomme sous forme d’énergie une partie de ses propres déchets.

Le mouvement perpétuel, en quelque sorte.... En tout cas, un nucléaire durable.

Pourquoi se priver de tels atouts ? Les Indiens l’ont bien compris, avec leurs besoins énergétiques monumentaux, ils ont mis en chantier un surgénérateur PFBR de 500 MW.
La seconde partie du siècle verra de tels réacteurs. Le marché de l’uranium se stabilisera. On aura, si l’on en a la volonté, une énergie électrique abondante, bon marché, propre et sûre.

Donc nous pouvons nous réjouir de ce que la Providence et l’intelligence de l’homme nous permettent d’envisager des perspectives que nous qualifierons de « durables ». "

Michel Lung



Des gens comme Michel devraient être immortels, mais La mort est le seul évènement certain de la vie , la seule vérité, et quand elle arrive elle nous surprend toujours .
Quand on perd un ami on à l’impression qu’on avait encore tant de choses à lui dire.....
Adieu Michel
José RomeléPrésident WONUC France

Président WONUC FRANCE WONUC – World Council of Nuclear Workers 49, rue Lauriston 75116 Paris, France


L'article complet ici.

samedi 5 janvier 2008

Energie : quelles solutions pour l'avenir ?




A la lecture ci dessous du rapport de l'O.R.G., l'étude du scénario du tout nucléaire confirme sa non faisabilité. Mais qui en doutait ?

On sait bien maintenant que seule la combinaison des énergies "soutenables" et la réduction de la consommation représente la porte de sortie.
Mais à trop tergiverser, on perd un temps précieux devant le mur qui s'approche.

Quant à l'insécurité supposée d'une utilisation massive du nucléaire, elle ne tient pas longtemps face aux 800 000 morts irakiens et aux centaines de guerres provoquées le plus souvent par des questions de souveraineté énergétique.

Si le nucléaire n'est pas la solution parfaite, doit-elle pour autant être écartée ?
La réponse est évidemment non.




Illustration : Production/consommation d'énergie en France



Notre-Planete.info :

"Selon un rapport de L'Oxford Research Group, le développement du nucléaire comme énergie de substitution aux énergies fossiles, largement exploitées, n'est pas réalisable dans le temps imparti pour réduire nos émissions de CO2 et extrêmement risqué pour la sécurité.

Actuellement, près de 15 TW(1) d'énergie primaire sont produites par an, soit environ 2 300 watts par personne et par an : 5,6 TW sont issus du pétrole, 3,8 TW du charbon, 3,5 TW du gaz, 0,13 TW des énergies renouvelables (éolien, solaire et biomasse), 0,9 TW de l'hydro-électricité et enfin 0,9 TW de l'énergie nucléaire.

En 2005, selon les données du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), les 442 réacteurs nucléaires en service dans 31 pays produisaient environ 375 GW d'électricité, c'est à dire 16% de la production totale d'électricité. 76 réacteurs supplémentaires sont actuellement prévus et 25 sont en construction dans le monde.

Les pays de l'OCDE pourvus de réacteurs nucléaires produisent plus de 300 GWe d'électricité nucléaire, c'est à dire 335 watts par personne et par an contre plus de 63 Gwe pour les autres pays, soit 0,018 watts par personne.

Le défi de l'humanité pour ce siècle, est de diminuer au maximum les émissions de CO2 induites en grande partie par la production d'énergie. Ainsi, l'énergie nucléaire pourrait être une solution, puisque réputée pour émettre peu de CO2.Toutefois, dans le bilan des émissions d'une source d'énergie, il faut bien prendre en compte l'ensemble du processus de production, de l'extraction de la matière première à la diffusion chez le consommateur. A ce titre, le bilan suivant a été dressé par l'étude (en gCO2 par Kwh) :gaz naturel : 386, charbon : 755, nucléaire : entre 10 et 130 suivant les sources.

Ainsi, l'énergie nucléaire permet d'économiser entre 2,2 à 2,6 gigatonnes de CO2 par an par rapport à une production issue du charbon.

L'exercice auquel se sont livrés Frank Barnaby et James Kemp, auteurs du rapport "Too hot to handle ? The future of civil nuclear power" a été d'estimer la faisabilité d'un passage plus massif à l'énergie nucléaire dans le monde à l'horizon 2075.

En se basant sur une population de 10 milliards d'habitants en 2075 (contre 6,7 milliards actuellement), et une production d'électricité, certainement sous-estimée, de 1000 watts par personne qui serait issue à 33% de l'énergie nucléaire (donc le double d'aujourd'hui), le monde devrait produire 3 TW d'électricité par an, soit l'équivalent de 3000 réacteurs d'1 GW. Ce qui implique la construction d'environ 4 réacteurs par mois (à comparer avec le record mondial de la France de 3,4 réacteurs par an de 1977 à 1993) pendant 67 ans, ce qui est impossible selon les auteurs, vu le rythme actuel de construction.

De surcroît, l'étude insiste fortement sur les risques de prolifération jugeant que l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) serait incapable de surveiller un tel parc nucléaire.

Enfin, l'augmentation du nombre de centrales pourrait épuiser assez rapidement les réserves d'uranium, généralisant l'emploi des réacteurs de quatrième génération, dont le combustible est le MOX, un mélange d'uranium et de plutonium. Or, le plutonium est directement utilisable pour la production d'armes nucléaires, contrairement à l'uranium, qui doit passer par un stade d'enrichissement, comme en témoigne actuellement la crise iranienne.

Dans le même temps, la Chine, qui prévoit pourtant la construction de 23 réacteurs s'est engagée dans la mise en service de 562 centrales à charbon d'ici à 2012, ce qui correspond à la construction d'environ 1 centrale tous les 5 jours. L'Inde en a planifié 213 et les USA 72 selon un article de Courrier international, 2005.Ce rapport nous permet, une nouvelle fois, d'insister sur l'importance de la réduction de notre consommation énergétique, seule solution véritablement accessible. "

mardi 28 août 2007

Détailler le scenario énergétique du 21ème siècle

Si certains ont déjà travaillé sur une option marquée par un postulat anti-nuclaire (négawatt),
d'autres, plus réalistes, échaffaudent le scénario de notre avenir énergétique.

A suivre !