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vendredi 31 août 2012

“Nucléaire : qui a changé d’avis ?”

Bonjour

Pour information, voici un article en anglais (traduit ci dessous) qui fait le point sur les
écologistes pro-nucléaires ayant changé d'avis dans un sens ou dans
l'autre :

http://bravenewclimate.com/2011/04/15/who-has-changed-their-mind/

Cet article est intéressant et montre qu'en prenant un peu de recul et
en regardant les choses sur 10 ans, même après l'accident de Fukushima,
on ne trouve pas ou très peu de cas de personnalités ou de mouvements
pro-nucléaires dans le monde qui seraient devenus anti-nucléaires, à
l'exception peut-être d'Angela Merkel.

Tandis que dans le même temps plusieurs dizaines de personnalités
anciennement opposées sont devenues sont devenus favorables au
nucléaire - notamment pour des raisons écologiques et climatiques.

Ce sont donc bien les écologistes pour le nucléaire représentés par
l'AEPN qui ont le vent en poupe et non Greenpeace.

Le développement de l'écologie pro-nucléaire se poursuit en ayant été
peu affecté par l'accident de Fukushima.

Rappel historique : l'AEPN a été créée en 1996 après la publication en
1995 du livre "Un écologiste Pour le nucléaire". Ce livre a été republié
ensuite sous le titre "Le nucléaire avenir de l'écologie?" en 1996 puis
"Environmentalists For Nuclear Energy" avec une préface de James
Lovelock en 2000.

Il s'en est suivi une longue chaine de conversions d'anti-nucléaires
devenus pro-nucléaires, au premier rang desquels figure en 2004
l'archevêque de Birmingham Hugh Montefiore (également membre de l'AEPN,
décédé en 2005) qui fut l'une des principales figures historiques de
Friends of the Earth dans le monde. En 2005, l'AEPN fait alors basculer
Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace en 1971 (dont il fut ensuite le
directeur international durant 9 ans), bientôt suivi par une chaine
(Stewart Brand, Stephen Tindale...) qui est assez bien décrite dans cet
article.

George Monbiot, journaliste et écologiste très médiatique en
Grande-Bretagne (comparable à Nicolas Hulot en France) a également
changé d'avis après plusieurs discussions et débats publics avec l'AEPN
au fil des années. Son basculement résulte notamment de plusieurs longues
discussions sur les antennes de la BBC à partir de 2004.

Certains hésitent encore à s'afficher clairement pro-nucléaires pour des
raisons médiatiques même lorsqu'ils le sont devenus à titre personnel
sur le fond (cas de Nicolas Hulot en France ou d'Eamon Ryan en Irlande),
tandis que d'autres n'hésitent plus à parler ouvertement des avantages
écologiques de l'énergie nucléaire comme Jean-Marc Jancovici, ou le Dr
Jean-Louis Etienne en France.

Ce qui est intéressant c'est que cette longue chaine des personnalités
autrefois anti-nucléaires devenues pro-nucléaires ne se retrouve pas
dans l'autre sens : on ne trouve pas ou peu d'exemples de personnalités
pro-nucléaires devenus anti-nucléaires.

Même après l'accident de Fukushima, en France comme à l'étranger, on ne
trouve en effet pas de liste équivalente de pro-nucléaires devenus
anti-nucléaires, hormis le cas d'Angela Merkel dont le changement d'avis
semble plus obéir à des impératifs politiques pour tenter d'éviter (en
vain) le basculement d'un lander allemand à un moment critique, plus
qu'à un véritable changement d'avis de l'intéressée sur le fond.

Bien amicalement, avec mes salutations les plus écologiques.

Bruno Comby
President de l'AEPN
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Complément en janvier 2013 : A noter la sortie de film  "Pandora's promise" par un converti : Robert Stone, commenté dans l'article ici 

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Complément en janvier 2016 - À noter :

"Brice Lalonde à Lille: «J’appelle les écologistes à tenir compte du nucléaire contre le charbon!»"


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Complément en décembre 2017:
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Complément en mars 2018 :
A noter le revirement complet de l'écologiste Brice Lalonde qui est passé de très sceptique à très pro-nucléaire car sinon c'est l'échec climatique assuré.

Complément en juin 2018

"Les Verts finlandais ne sont plus" dogmatiques "à propos de l'énergie nucléaire"

Complément en mars 2021

Francois de Rugy :

Complément en avril 2021 :
The Edge, guitariste du groupe de rock U2 :

Complément en septembre 2021 :
Philippe Val :

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http://bravenewclimate.com/2011/04/15/who-has-changed-their-mind/
Texte traduit par Google en Francais (une demande d'autorisation lui a été postée):
"Aujourd'hui, je parlais à un collègue à propos de Fukushima et ses conséquences sur les attitudes du public à propos du nucléaire comme un moyen d'atténuer les changements climatiques.
Quand je lui ai parlé du journaliste George Monbiot auteur d’une enquête récente sur les revendications anti-nucléaire, il a répondu en demandant : bon, bien sûr, c'est une seule personne, mais à l'inverse, combien d’écologistes pro nucléaires sont devenus antinucléaires suite à Fukushima?

George Monbiot – anti puis pro-nucléaire
Eh bien, c'est effectivement une bonne question, et je n’en connais vraiment pas la réponse. Vous pouvez peut-être m’aider ? (voir ci-dessous pour mon esquisse préliminaire). Ce que je voudrais faire c'est lister ce qui suit :
– Éminents défenseurs pro nucléaires qui sont par la suite devenus anti-nucléaire
– Personnalités antinucléaires qui ont changé d'idée et basculé en faveur de l'énergie nucléaire
Les deux ci-dessus sont des choix binaires, mais il existe d’autres changements d'attitude (plus tempérées) possibles qui seraient également utile d'envisager :
– Antinucléaires à neutre (ou neutre à anti-)
– Pro nucléaires à neutre (ou neutre à pro-) et finalement…
– Les gens qui autrefois ont déclaré « nous pouvons remplacer les combustibles fossiles par 100 % d'énergie renouvelable », mais qui par la suite ont changé d'idée après en avoir évalué la difficulté
Le plus grand groupe de personnes représente certainement ceux qui n'ont pas changé d’avis sur cette question (ou du moins pas depuis longtemps), et il n'existe probablement pas beaucoup de points le justifiant.
Voici quelques exemples évidents : Bruno Comby (un écologiste pro nucléaire) et Helen Caldicott (perpétuellement anti-nucléaire). De plus, de ce que j’en sais, aucun groupe écologiste important (les amis de la terre, Greenpeace, World Wildlife Fund, les écologistes pour l'énergie nucléaire, etc.) ne semble avoir changé de position, mais si vous en connaissez certains qui l’ont fait, alors ils devraient y figurer également.
OK, pour résoudre cette question , nous avons besoin de définir certaines limites, voici ce que je propose :
1. Les personnes concernées devraient être importantes et (relativement) indépendantes (p. ex., publics intellectuels et scientifiques, écologistes bien connus, hommes politiques, célébrités etc..). Par « indépendant », je veux dire ceux qui n’ont pas clairement un intérêt financier à prendre une quelconque position particulière (bien sûr, je reconnais que tout le monde a un intérêt quelque part).
2.Le changement de position doit être en quelque sorte vérifiable (par exemple, par un peu de recherche sur internet, avec des liens vers les éléments de preuve fournis). C'est pourquoi j'ai choisi de mettre l'accent sur des personnalités publiques — seule « série statistique » avec lequel un tel exercice est possible. Mon intention ici n’est pas de minimiser l'importance des décisions du grand public, ou ceux qui ont travaillé « en coulisse » sur les questions environnementales depuis de nombreuses années, Je suis tout simplement pragmatique sur ce qui peut ou non être démontré.

Angela Merkel - neutre à antinucléaire
3. Il convient d'établir le moment de ce changement d'attitude. La décision de changer a t elle été influencée par un événement particulier (comme la crise de Fukushima), ou ont-ils peut-être bougé progressivement. Il serait également intéressant de noter tout ceux qui ont fait un va et vient sur la question (p. ex., anti puis pro puis anti encore une fois, en réponse à des événements).
Si vous pensez que j'ai raté des cas importants , dites le moi.
Lançons nous dans cet exercice : je vais vous lister quelques personnes qui s'inscrivent dans certaines de ces catégories (Edit : la liste commence à être mis à jour grâce aux commentaires):
– Pro-anti-: Ian Lowe (écologiste australien, revendications, il a fait ce changement dans les années 1970), Ted Taylor (concepteur d'armes nucléaires, 1966)
– Neutre à anti-: Angela Merkel (politicien allemand, 2011) ; John Quiggin (économiste, 2011)
– Anti-pro-: George Monbiot (journaliste environnementale, anti-neutre en 2009, pro-en 2011) ; Mark Lynas (auteur de « Six Degrees », 2008) ; Stewart Brand (auteur de « Whole Earth Catalog », 2005) ; Dick Smith (Entrepreneur australien, 2011) ; Ben Heard (éco-Conseiller, 2010) ; Patrick Moore (co-fondateur de Greenpeace, 2003) ; Stephen Tindale (ancien directeur de Greenpeace, 2009) ; Chris Smith (président de l'Agence de l'environnement, 2009) ; Chris Goodall (Militant du Parti vert et candidat potentiel aux parlementaire, 2009) ; Gwyneth Cravens (auteur, 2007) ; Hugh Montefiore (des fondateurs des amis de la terre, 2004) ; Chicco Testa (Politicien italien, 2008) ; Ian McEwan (auteur, 2010) ; Steve Kirsch (Entrepreneur de U.S., 2008) ; Tony Blair (UK ancien PM, 2006) ; Al Franken (Hôte sénateur démocrate et les médias, 2011)
– Neutre à pro-: James Lovelock (théorie de Gaia, 2004) ; Bob Hawke (ancien premier ministre australien, 2008) ; Bob Carr (ancien NSW Premier, 2008) ; Jared Diamond (chercheur et auteur, 2005) ; Jesse Jenkins, Michael Shellenberger & Ted Nordhaus (2008-2010 Breakthrough Institut [était anti-, avant 2000, puis neutre de 2004 à 2008])
– « Peuvent être considérés comme passé de 100 % énergies renouvelables » à « nucléaire nécessaire »: ; Jim Hansen (climatologue, 2008) ; Barry Brook (biologiste et modélisateur de risque, 2009), David Mackay (physicien,peut-être, 2008) ; Jeffrey Sachs (économiste, 2009)
– Anti - neutre: Chris Huhne (Ministre de l'énergie de GB Lib Dem, 2010) ; Paul Ehrlich (biologiste de la conservation, 2010)
– Versatile: Tim Flannery (écologiste et auteur, 2006-2011)
Bon, c’est à vous. Veuillez fournir vos exemples à ajouter à ma liste dans les commentaires ci-dessous (ou à corriger) et également essayez de remplir les autres catégories. Comme ces ralliements sont vérifiés, je vais mettre à jour ce post afin de refléter les nouvelles informations.
J'ajouterai également d’autres exemples ci-dessous, si j'ai le temps de les rechercher. Notez que la liste courte initiale que j'ai fourni plus haut n'est pas destiné (à ce stade) à « prouver » que plusieurs ont passé d'anti à pro plutot que l'inverse, ce sont des gens dont je suis (actuellement) plus familier.
Avec un peu d'effort, nous devrions être en mesure d’aboutir à un échantillon complet et représentatif. (Ce qui est peut-être suffisant pour faire quelques analyses intéressantes sur le sujet) Je me réjouis de ce que nous pourrons produire, ensemble. Pour moi, c'est une question très intéressante pour tenter de répondre, parce qu'elle fournira un aperçu de ce qui nfluence les attitudes des gens sur cette question très importante de l’énergie et du climat."

mardi 15 mars 2011

Energie et gestion des risques pour la planète


L'énergie, dont notre civilisation se gave depuis maintenant longtemps sans trop de discernement, comporte un cout élevé en matière de risque écologique. On l'oublie souvent tant les accidents sont dillués et plus ou moins visibles (coup de grisous, marées noires, altération des sols, acidification des océans, futurs réfugiés climatiques, etc...)

L'incident récent dans les centrales nucléaires du Japon nous le rappelle douloureusement.

Grâce à notre société démocratique, c'est l'occasion d'en tirer les conséquences et de diffuser encore davantage les éléments du débat, tout en se gardant de tomber dans l'irrationel et l'instrumentalisation des peurs par les lobbies en recherche de pouvoir.

Les centrales japonaises sont elles représentatives du très faible risque envisagé en Europe ?
Combien de victimes graves seront avérées pour cause de radio-activité ?

Il est trop tôt pour conclure, mais on peut déjà dire que la maturité technologique de ces centrales japonaises n'est pas adaptée au risque effectif local.  Et même si peu de morts et malades sont attestés, l'anxiété et l'effet nocebo suffit en soi à considérer un dommage majeur pour une population.

Comme on le sait, le pétrole, le gaz, le charbon, la construction des matériaux de l'énergie renouvelable coûtent cher en impact humain (pollutions massives, changements et réfugiés climatiques, rupures de barrages, ...).
Il est clair que le nucléaire ne fait pas exception même s'il est, à ce jour, l'un des plus vertueux en la matière.

Quand un avion s'écrase et occasionne 200 morts, on rappelle traditionnellement les 4000 morts sur la route.
Dans l'énergie ça doit être la même chose...?
Quand un centrale fuit, faut-il se référer aux millions de victimes du CO2, de pollution de l'air / eau / sol, et des pertes irrémédiables de réserves naturelles terrestres ?

Parenthèse : Effectivement si une éolienne s'écroule, elle ne devrait pas faire de victime. La question est que leur intermittence n'est pas comparable au service rendu par une centrale (fossile ou nucléaire)...
Même les réseaux intelligents, tentant d'équilibrer une production sur un vaste territoire, paraissent ambitieux en cas d'anticyclones répétés.  Idem pour les panneaux photovoltaïques.


Comme toute catastrophe, ceci est donc une opportunité pour enfin s'emparer des défis qui sont bien connus : engager une politique vraiment volontariste en matière d'économies et d'efficience.

Jusqu'ici, la filière nucléaire a réalisé un excellent travail en produisant une énergie électrique abondante. C'est le politique qui a tardé à agir sur son domaine, abusant d'un atout durement obtenu.

Fort de la prise de conscience populaire, on peut espérer que notre société va pouvoir infléchir sa politique et viser enfin un usage plus sage de l'énergie de notre planète.

Mais il ne faut pas se tromper de priorités car la marge financière est réduite.

Ce n'est pas le nucléaire dont il est urgent de se départir, mais plutôt les énergies fossiles.
Et les centrales ne sont évidemment que très modérément dépendantes de l'uranium.

L'électricité, à 80% déjà décarbonnée en France, ne représente qu'une modeste partie de l'énergie consommée en France. C'est donc sur les autres axes que l'effort doit être engagé : les transports (frêt, individuel, ...) le résidentiel et le tertiaire (chauffage, eau chaude sanitaire), l'industrie, etc...

Seuls comptent les actes pour réduire ces impacts. Economie d'énergie, énergies soutenables écologiquement, investissement en recherche et développement, telles doivent être, semble-t-il, nos orientations désormais.

L'exigence immédiate d'une énergie propre et bon marché n'est qu'un voeux pieu, sans intéret réel s'il n'est pas adossé à des propositions crédibles.

Plutot que des imprécations, c'est l'action qui compte, au niveau individuel comme collectif.

Mon gouvernement est-il suffisamment volontariste ? Combien consomme ma voiture, combien de km par an ? Mes fenetres et mes murs sont-ils isolés ? Combien de viande et de produits transformés dois-je consommer annuellement ? comment puis-je être informé pour orienter mes choix ? etc...



A ce sujet, certains tentent une reflexion honnete et rigoureuse : écoutons les ?

Extrait :

"Jean-Marc Jancovici est un de ces écologistes convaincu que la guerre engagée contre le réchauffement ne peut pas se passer des centrales atomiques. Cet expert des problèmes d’énergie fait enrager les militants anti nuclèaires. Il persiste, argumente et signe.




Le Nouvel Observateur. - Dans votre livre [1], vous expliquez que si nous ne laissions à la génération de nos enfants que des déchets nucléaires en héritage, ce serait une bonne nouvelle. Vous qui êtes l’un des artisans de la taxe carbone à la française, qui refusez l’usage du portable et évitez l’avion pour limiter les émissions de CO2, vous persistez et signez ?


Jean-Marc Jancovici. - Je persiste et je signe, parce que la menace que fait peser l’usage des combustibles fossiles est telle qu’il faut tout faire pour la diminuer aussi vite que possible. Si la gestion des déchets nucléaires est le seul souci que je laisse à ma fille, ça serait même « Alice au Pays des Merveilles ». Vous connaissez le réacteur naturel d’Oklo au Gabon ? [2] Dans ce site très riche en uranium, une réaction en chaîne s’est produite il y a deux milliards d’années, sans la moindre intervention humaine, suite à une infiltration d’eau dans l’uranium du sol. Depuis, les déchets radioactifs sont restés enfouis dans le sous-sol sans contaminer l’environnement. Le volume de déchets nucléaires produits en un an est de 200 tonnes, à comparer à 100 000 tonnes de produits phytosanitaires dispersés dans la nature, dont certains sont presque aussi toxiques que les déchets nucléaires.




N. O. - Vous écartez un peu vite le risque d’un accident grave. Selon une enquête sanitaire de 2006, le nombre de victimes dues à la catastrophe de Tchernobyl serait cinquante fois supérieur au bilan officiel de 4 000 morts…

J.-M. Jancovici. - A ce stade, je n’ai jamais vu passer une étude épidémiologique probante qui permette de fixer un chiffre, mis à part les 50 ouvriers qui sont morts d’irradiation et les 4 000 enfants qui ont développé un cancer à la thyroïde, dont 10% en mourront. Un accident tragique, mais sans commune mesure avec le charbon qui, entre mines et pollution, tue de l’ordre de 100 000 personnes par an dans le monde sans déclencher autant d’émoi dans notre pays !



N. O. - Quels sont à vos yeux les « avantages » relatifs du nucléaire ?

J.-M. Jancovici. - Le nucléaire fait partie du traitement de l’effet de serre parce qu’il émet peu de CO2. Les centrales à charbon, elles, engendrent 20% des émissions mondiales de ce gaz. C’est plus que tous les transports réunis : voitures, camions, trains, bateaux et avions. Le nucléaire n’est certainement pas toute « la » solution. Mais l’un des éléments. Les pays qui n’ont pas de nucléaire ou qui l’ont arrêté recourent à la houille. C’est le cas des Etats-Unis, du Danemark et de l’Allemagne.



N. O. - Et pourquoi ce choix paradoxal ?

J.-M. Jancovici. - Parce que c’est la solution préférée de l’actionnaire ! Le nucléaire, en coût d’installation, revient à 3 000 euros le kilowatt. Le charbon à 1500 euros, et le gaz à 500 euros. Les vrais concurrents du nucléaire sont le charbon et le gaz. Pas l’énergie éolienne. J’ajoute que la libéralisation de l’énergie en Europe, qui incite à confier la production d’électricité à des sociétés privées, accélère la fuite en avant vers les énergies fossiles. C’est plus simple et moins risqué pour elles - et pour leurs banques - d’immobiliser des capitaux pendant trois ou quatre ans, le délai de construction d’une centrale à charbon, que pendant les huit années nécessaires à la mise en oeuvre d’une centrale nucléaire.



N. O. - Dans votre analyse, les énergies renouvelables n’ont pas la cote. Pourtant la Suède, qui produit déjà 40% de son électricité grâce aux barrages, aux éoliennes et à la biomasse, assure pouvoir se passer de pétrole et de charbon dans les quinze prochaines années sans augmenter son parc nucléaire…

J.-M. Jancovici. - C’est exact. Mais les Suédois sont seulement 9 millions d’habitants sur un territoire aussi vaste que la France, et ils disposent de ressources hydroélectriques et de biomasse considérables. Reste que les énergies renouvelables seront un précieux recours, mais pas avant 2040 ou 2050. Dans l’immédiat, le principal moyen pour desserrer l’étau de la « contrainte carbone » consiste à réduire notre consommation, à capturer et à séquestrer le CO2, et à investir dans l’énergie nucléaire.



Propos recueillis par Guillaume Malaurie.



Jean-Marc Jancovici [3], Le nucléaire ? Oui merci !, Le Nouvel Observateur, N° 2352, 3 déc. 2009, 3,5 €.



Approfondir ? Si vous souhaitez en apprendre davantage sur le sujet de l'énergie, voici une video éclairante de 1h40 à consulter.

dimanche 6 décembre 2009

Fondation Hulot : "Copenhague J-5: " Le Nucléaire : une partie de la solution"


Alors que Nicolas Hulot préconise un rééquilibrage du bouquet énergétique abaissant les 80% d'électricité nuclaire francaise,
mais que le PS au travers de Ségolène Royal assouplit son discours envers le nucélaire (ou voir annexe ci dessous),

Jean-Marc Jancovici, membre du Comité de veille de la Fondation Hulot, reste réaliste sur les solutions d'avenir et encourage à s'appuyer encore sur l'énergie nucléaire.

Extrait d'un très interessant article :

"...
D'ailleurs regardez bien les pays qui n'ont pas de nucléaire ou qui ont arrêté leur programme atomique, il recourent souvent au charbon. C'est vrai aux Etats-Unis, vrai au Danemark et vrai aussi en Allemagne, où Joschka Fischer, ancien Ministre Vert des Affaires étrangères, n'hésitait pas à appeler de ses vœux la construction de plusieurs nouvelles centrales à charbon.


Et pourquoi ?

Parce que c'est la solution préférée de l'actionnaire ! Le nucléaire, en coût d'installation, c'est 3000 € du kilowatt. Le charbon, c'est entre 1000 et 1500 €, et le gaz, c'est encore moins cher : 500 € (mais le charbon est moins cher par kWh). Le vrai concurrent du nucléaire, c'est le charbon et le gaz. Pas les éoliennes. J'ajoute que la libéralisation de l'énergie en Europe, qui incite à confier la production d'électricité à des sociétés privées, accélère la fuite en avant vers les énergies fossiles. C'est plus simple et moins risqué pour elles - et pour leurs banques - d'immobiliser des capitaux sur seulement trois ou quatre ans, le délai de construction d'une centrale à charbon, voir même deux ans s'il s'agit d'une centrale à gaz, que pendant les huit années nécessaires à la mise en œuvre d'une centrale nucléaire.
..."
 
Cliquez ici pour l'article en entier.


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ANNEXE :

Le Monde :

Ségolène Royal (PS) assouplit sa position sur le nucléaire :
'inflexion n'est pas passée inaperçue aux yeux des militants "pro" et "anti". Ségolène Royal a évolué sur la question de l'énergie nucléaire. Le 5 janvier, dans le courrier qu'elle avait adressé à Nicolas Hulot en réponse à son pacte écologique, la candidate socialiste s'était engagée à "augmenter la part des énergies renouvelables (avec) un objectif de 20 % de la production d'énergie primaire en 2020", et "à ramener la part d'origine nucléaire à 50 % d'ici à 2017". Son pacte présidentiel, présenté le 11 février, est plus prudent.



Il s'agit, "pour préparer l'après-pétrole", de "soutenir massivement les énergies renouvelables pour atteindre 20 % de la consommation en 2020", et de "réduire la part du nucléaire". Si l'objectif premier demeure ambitieux - la part des énergies renouvelables atteint 6 % de la consommation intérieure et 11 % de sa production d'énergie -, Mme Royal est désormais plus floue sur le nucléaire. Elle ne fixe plus d'objectif chiffré ni de calendrier.


"Elle revient au principe de réalité", se félicitait alors, le 11 février, Jean-Pierre Chevènement, en mettant en avant le coût de production des énergies renouvelables par rapport au nucléaire. "Je n'ai pas eu besoin d'insister, commente aujourd'hui le président d'honneur du MRC, rallié à la candidature de Mme Royal. Je lui ai juste rappelé, voilà un mois, le contenu de notre accord avec le PS et j'ai l'impression d'avoir été entendu". Cet accord entre les deux partis stipulait que l'industrie nucléaire française était un "atout majeur" qu'il fallait "préserver". D'autres responsables socialistes ont également fait pression en ce sens, provoquant la disparition d'une estimation précise de réduction de la part nucléaire.



Une première entorse aux engagements Hulot ? "Son pacte ne précisait aucun objectif chiffré et restait vague sur le nucléaire", affirme Bruno Rebelle, conseiller pour ces questions auprès de Mme Royal. "On revient au projet du PS qui lui-même ne donnait pas de chiffre, ajoute l'ancien dirigeant de Greenpeace France. Mais le cap reste le même. On est toujours dans une logique de réduction, en moins précis." Lors du débat participatif consacré à l'environnement, le 24 janvier, à Montluçon, la candidate s'était déclarée partisane "d'une action progressive d'extinction des centrales nucléaires anciennes et les plus dangereuses", et cet objectif-là, selon M. Rebelle, même s'il n'est plus affiché, n'est pas remis en cause. "Un processus d'audit est nécessaire, tempère-t-il. Ce type de fermeture se fait sur plusieurs années." Un délai qui permettrait de gérer les conséquences sur l'emploi et leur mutation vers d'autres productions d'énergie. Pourtant, là aussi, les récentes déclarations du porte-parole d'Arnaud Montebourg, indiquant que les socialistes "s'orientaient" vers le maintien du projet réacteur EPR à Flamanville (Manche), ont jeté le trouble. "Quel est la position du PS ? Je voudrais échanger avec la candidate !", l'avait interpellé le militant d'un collectif lors de la venue de Mme Royal en Basse-Normandie le 21 février. D'autres, brandissant des banderoles jaunes avec le sigle nucléaire, avaient brièvement perturbé l'entrée de son meeting, le même jour, à Mondeville, dans la banlieue de Caen.

"CACHÉ"
"La décision de construire l'EPR a été prise par le gouvernement Raffarin, avait indiqué la candidate en marge de sa réunion, sans véritable débat, y compris sur le tracé de la ligne à très haute tension", nécessaire pour alimenter la centrale. "Tout ce qui est caché finit mal, avait-elle ajouté en promettant l'ouverture d'un "débat public" si elle était élue. "Les décrets de construction ne sont pas encore pris", relativisait-elle.



Ces hésitations n'ont pas échappé aux Verts. "Elle en dit un peu moins que dans sa réponse à Hulot mais elle n'a pas dit le contraire", veut croire Yann Wehrling, porte-parole. Yves Cochet, député de Paris, qui a fait de la question énergétique son cheval de bataille, considère, lui, que la position de la candidate socialiste est "en recul" : "Ségolène Royal a changé de position, hélas ! Les socialistes ont réussi à raboter l'audace écologique dont elle avait fait preuve."