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mercredi 22 juin 2022

Allons-nous manquer d'énergie ?

Chers amis de l’énergie abondante, propre et bon marché,

Un sujet critique en ce moment est celui de notre approvisionnement en gaz, mis à mal :

La France dispose (heureusement) d’une infrastructure stratégique de stockage souterrain du gaz dans des cavités géologiques. Bravo aux ingénieurs et aux géologues prévoyants ayant mis en place (en France mieux que dans la plupart des autres pays) ce système de stockage souterrain au moment du premier choc pétrolier dans les années 1970, pour réguler notre approvisionnement en gaz et faire face au moins pendant un certain temps à une éventuelle rupture de notre approvisionnement en gaz.

Les stocks actuels de gaz en France (fin avril 2022) sont d’environ 50 TWh aux dernières nouvelles.

C’est un niveau normal en cette saison, par rapport aux années précédentes.

La consommation annuelle de gaz en France est de 500 TWh par an, soit 40 TWh par mois environ en moyenne. Mais c’est environ le double en hiver lorsque la consommation de gaz augmente pour le chauffage.

Les importations de gaz russe en France via NordStream 1 ont cessé. Il va donc être compliqué de continuer à remplir notre stockage comme d’habitude en préparation de l’hiver.

Le niveau actuel de gaz en stock ne nous permet de « tenir » avec nos réserves que quelques semaines, en tout cas moins d’un mois, en hiver, en cas de rupture de notre approvisionnement en gaz. Et à peine 2 mois si nous parvenons avant l’hiver à remplir les réservoirs de stockage comme d’habitude.

Les problèmes sérieux (manque de gaz pour le chauffage et les industries, avec de possibles  rationnements et obligation de réduire la température dans les habitations et lieux de travail) risquent donc de se produire quelques semaines seulement après le début de la période de chauffage, c’est-à-dire grosso modo vers la fin de l’année, au moment des fêtes de Noël. En particulier lors des pics de froid.

Comme tous les pays voisins font face à une situation au moins aussi alarmante pour leur approvisionnement en gaz (voire pire, nécessitant que nous les aidions, étant davantage que nous dépendants du gaz et ayant moins de capacités de stockage et de ports GNL) nous ne pourrons vraisemblablement pas compter sur eux pour nous dépanner. Plusieurs d’entre eux comptent même sur la France pour les aider.

L’hiver prochain pourrait être compliqué si la guerre en Ukraine continue et que l’Europe reste fâchée avec Poutine.

Ceux qui le peuvent et qui sont jusqu’à présent chauffés au gaz ont intérêt à installer avant l’hiver une cheminée ou un poële ou une chaudière à bois ou à granulés de bois avant l’hiver.

Le prix du bois et des granulés de bois (pellets) qui sont un des modes de chauffage les moins chers ces derniers temps, augmentera également, mais moins que celui du gaz qui pourrait venir à manquer si la situation reste tendue.

De nombreux utilisateurs rationnés en gaz (ou si le gaz est trop cher) pourraient alors se tourner vers les convecteurs électriques, la seule alternative au gaz qui soit facile à mettre en place rapidement.

Mais la situation pour l’approvisionnement électrique l’hiver prochain sera tendue également.

En effet l’approvisionnement des centrales électriques à gaz n’est pas garanti, l’EPR de Flamanville n’est pas encore opérationnel, les réserves hydrauliques sont anormalement basses cette année après l’hiver, et le parc nucléaire français, déjà amputé par l’arrêt des deux réacteurs de Fessenheim, ne sera pas très disponible l’hiver prochain du fait de l’affaire récente de la corrosion sous contrainte en cours de vérification sur de nombreux réacteurs, ce qui entraîne de multiples arrêts prolongés.

Après des années d’insouciance énergétique et de diminution de nos marges de sécurité, l’hiver prochain va vraisemblablement, au delà de la question des prix élevés de l’énergie (pétrole, gaz et électricité), tester les limites et les failles de notre indépendance énergétique.

Le prix de l’énergie est une question essentielle. 

«Allons-nous manquer d’énergie ?» (soyons optimistes et espérons que non) en est une autre, encore plus essentielle.

Bien amicalement,

Bruno Comby

mardi 28 mars 2017

Le Kenya se lance dans l’énergie nucléaire (Le Monde)


http://www.lemondedelenergie.com/37210-2/2017/03/27/

Le ministre kenyan de l’Énergie et du Pétrole a annoncé, le 14 mars, que Nairobi se doterait d’une centrale nucléaire de 1 000 MW dès 2027. Bruno Comby, Président de l’Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN), estime que c’est une « bonne nouvelle » pour ce pays africain. Tribune.

Le Kenya compte aujourd’hui environ 50 millions d’habitants (presque autant que la France), et produit seulement 8 Twh par an d’électricité (à comparer à presque 600 TWh par an en France, c’est-à-dire 75 fois plus). Il est donc bien évident que pour améliorer la vie quotidienne de ses habitants, pour que chaque famille dispose demain d’un accès à l’électricité (aujourd’hui seulement un quart de la population est connectée au réseau électrique) pour disposer d’un réfrigérateur et d’appareils électroménagers, pour que chaque enfant puisse étudier, pour pouvoir développer ses infrastructures, ses transports, ses communications et son industrie, à l’évidence le Kenya a besoin de beaucoup plus d’électricité qu’il n’en consomme actuellement.

La décision du Kenya de développer un programme nucléaire est donc une très bonne nouvelle à différents niveaux :

– sur le plan énergétique, pour fournir au Kenya l’énergie dont il a besoin pour son développement

– sur le plan humain et social, pour améliorer le niveau de vie des Kényans

– sur le plan économique, pour développer une véritable économie, se développer et accéder au concert des nations

– sur le plan écologique, pour que ce développement se fasse sans augmenter, et même éventuellement en diminuant, les émissions de CO2, en évitant autant que possible de recourir au charbon, très polluant.

– pour ainsi donner un nouvel élan à l’Afrique, comme l’a fait il y a 20 ans l’Afrique du Sud en se dotant elle aussi de réacteurs nucléaires pour produire son électricité.

« Un pays qui accède à la technologie nucléaire accède à une nouvelle ère de son histoire »

Chaque centrale nucléaire de 1000 MW évite l’émission dans l’atmosphère d’environ 6 millions de tonnes de CO2 par an. Accéder au club des producteurs d’électricité nucléaire, c’est l’articulation qui symbolise le passage d’un pays en voie de développement vers le « club des grands ».

Un pays qui accède à la technologie nucléaire accède à une nouvelle ère de son histoire, avec plus de prospérité, de stabilité, de santé, de longévité et de bien-être, grâce à l’électricité abondante, propre et bon marché.

L’énergie nucléaire, dans tous les pays qui l’adoptent, agit comme un catalyseur de développement, pour stimuler des avancées et engendrer des développements bénéfiques induits à bien d’autres niveaux, pas seulement sur le plan de l’énergie.

Car l’énergie en général, et l’électricité en particulier, est la clé de voûte qui fait vibrer le cœur économique d’un pays, qui alimente chaque citoyen raccordé à cette énergie. En travaillant dans cette direction avec la Russie, le Kenya est entre de bonnes mains et bénéficiera d’une excellente technologie. La Russie est un grand pays nucléaire, c’est le seul qui maîtrise actuellement la totalité de la technologie nucléaire civile sous tous ses aspects : de la mine d’uranium au retraitement du combustible usé, avec bien sûr la construction des réacteurs et du combustible et y compris l’exploitation des réacteurs de génération 4, comme les réacteurs à neutrons rapide au sodium BN-600, BN-800 et bientôt BN-1200. La Russie est donc un partenaire particulièrement compétent et parfaitement qualifié pour aider le Kenya sur ce chemin du développement de l’énergie nucléaire pacifique, qui trace la route vers un avenir meilleur à la fois pour les Kenyans et pour l’Afrique

dimanche 8 juin 2008

"L'Europe postcommuniste plébiscite l'énergie nucléaire "

VARSOVIE - Les nouveaux membres postcommunistes de l'Union européenne, comme la Slovénie, sont de bien plus chauds partisans de l'énergie nucléaire que les pays d'Europe de l'Ouest, et cherchent activement à construire de nouveaux réacteurs.

La catastrophe majeure de Tchernobyl en Ukraine (1986) ou les incidents réguliers comme celui survenu dans la centrale slovène de Krsko mercredi n'ont pas vraiment réussi à entamer la confiance dans le nucléaire dans cette région.

"Serons-nous assez courageux pour recommander que les pays européens investissent dans la construction de nouveaux réacteurs?", lançait fin mai le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, lors d'un forum européen à Prague.

Les dirigeants de la nouvelle Europe peuvent compter sur l'appui de leurs électeurs. Les enquêtes Eurobaromètre, réalisées régulièrement pour la Commission européenne, montrent que les nouveaux pays sont bien plus favorables au nucléaire que les anciens.
Ainsi, si les Autrichiens sont massivement opposés au nucléaire, leurs voisins hongrois, slovaques ou tchèques sont majoritairement favorables à cette énergie.

Mieux, certains regrettent même les vieux réacteurs soviétiques à la sécurité incertaine, qui ont été ou sont fermés à la demande de l'UE.

La Lituanie, qui exploite encore à Ignalina le dernier réacteur de type Tchernobyl dans l'UE, la Bulgarie et la Slovaquie continuent régulièrement d'exiger publiquement de l'Union qu'elle revienne sur les fermetures de réacteurs, qui ont été pourtant inscrites comme des conditions obligatoires dans les traités d'adhésion.

Ces trois pays ont cependant tous des projets nucléaires pour l'avenir. La Lituanie a réussi à convaincre ses voisins baltes, la Lettonie et l'Estonie, mais aussi la Pologne, de financer et construire sur son sol au moins deux réacteurs pour une puissance totale de 3200 MW. La Lituanie espérait une mise en service en 2015 mais le projet a pris du retard en raison de désaccords entre les quatre pays sur le partage de l'électricité produite.

En Slovaquie, l'électricien italien Enel, qui contrôle l'ancien producteur public Slovenske Elektrarne, s'est engagé à achever d'ici à 2013 deux nouveaux réacteurs à Mochovce dans l'ouest du pays.

La Bulgarie a signé fin 2006 un accord avec la société russe Atomstroyexport pour la construction à Béléné, sur le Danube, d'une nouvelle centrale pourvue de deux réacteurs de nouvelle génération de 1000 MW pour 2013. Là aussi, le lancement du chantier a pris du retard, en raison de la difficulté à financer une opération aussi lourde.

Enfin, la Roumanie a mis en service en novembre 2007 la 2e tranche de sa centrale de Cernavoda (sud-est), de technologie canadienne. Elle projette d'en construire deux autres à Cernavoda pour 2014-2015 et envisage de construire une seconde centrale à l'horizon 2020.
Si tous les projets sont menés à bien, tous les anciens pays communistes qui sont entrés dans l'UE auront recours à l'électricité nucléaire d'ici huit ans, grâce à des centrales sur leur territoire ou à travers un partenariat, comme dans l'inédit projet balte.

Par contraste, sept des quinze anciens pays de l'UE préfèrent ne pas avoir recours à cette technologie controversée, en raison des dangers potentiellement immenses et des déchets qui demeurent radioactifs pendant des centaines d'années.

Mais, dans l'est de l'UE, les experts du nucléaire, formés pour la plupart à l'école soviétique, savourent leur revanche.

Le renchérissement inéluctable à terme du pétrole, les inquiétudes sur le changement climatique et l'arrogance de la Russie, forte de ses énormes gisements de gaz et d'huile, ont permis à l'énergie nucléaire de regagner des points au sein de l'UE.

Dans les nouveaux pays membres, la priorité est de s'affranchir de la dépendance russe, car, plus que les anciens membres, ils se méfient des intentions futures de Moscou.

L'article ici.

mercredi 7 mai 2008

"Nucléaire civil : Moscou et Washington signent un accord"



Ce n'est pas du luxe...








Ce texte ouvre la voie à de juteux contrats de coopération.




Au dernier jour de la présidence de Vladimir Poutine, la Russie a signé avec les États-Unis un accord sur le nucléaire civil d'une forte portée symbolique et commerciale. «L'accord de coopération pour l'usage pacifique de l'énergie nucléaire», paraphé mardi à Moscou, est en discussion depuis la chute de l'URSS. Relancé au G8 de Saint-Pétersbourg en 2006, il a été finalisé lors de la rencontre entre Bush et Poutine, début avril à Sotchi, en Russie.


George Bush avait fait des offres alléchantes aux Russes en échange de leur collaboration sur le dossier iranien, expliquait alors un porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain. «Nous voulons pouvoir vendre notre uranium sans restrictions commerciales», plaidait à Saint-Pétersbourg Sergueï Kirienko, le patron de la nouvelle «corporation d'État» Rosatom, qui a cosigné l'accord hier avec l'ambassadeur américain en Russie, William Burns. La Russie fournit aux réacteurs nucléaires américains environ la moitié de leur combustible d'uranium. En passant par un intermédiaire américain (USEC) en position de monopole. Les États-Unis s'étaient protégés contre l'uranium russe vendu dans les années 1990 à très bas prix. L'ouverture du marché satisfait donc le fournisseur russe. Mais aussi ses clients, les producteurs privés d'électricité américains. Rosatom, héritier des structures de l'atome soviétique, est en pleine restructuration pour être au nucléaire ce que Gazprom est au gaz, un champion russe capable de conquérir le marché mondial.


Les Américains pourraient aussi trouver leur compte dans cet accord pour gérer le dossier sensible des déchets nucléaires. Moyennant finance, la Russie pourrait traiter et stocker du combustible irradié. Le texte signé le mois dernier par les chefs d'État, qui balayait tous les sujets de discussion bilatérale, indique que l'accord «permettra aux entreprises russes et américaines (…) de transférer des matières nucléaires, des réacteurs ou d'importants composants de réacteurs entre les deux pays». Il n'est cependant pas encore établi que la Russie accepte de servir de poubelle pour du combustible usagé qu'elle n'aurait pas fourni.


Différends stratégiques


Quoi qu'il en soit, l'accord de mardi ouvre la voie à des contrats chiffrés en milliards de dollars. Alors que les relations entre Moscou et Washington se sont crispées ces deux dernières années autour de différends stratégiques tels que le bouclier antimissile, l'élargissement de l'Otan ou le Kosovo, «les deux pays manifestent leur volonté d'apparaître comme deux grandes puissances nucléaires responsables», analyse Isabelle Facon, de la Fondation pour la recherche stratégique. Reste que le Congrès américain devra approuver ce texte jugé par certains incompatible avec la construction par la Russie de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran.






Surtout quand on voit comment les politiques sont tentés de monnayer la prolifération !

dimanche 9 décembre 2007

"Nucléaire : la croisade arabe de Sarkozy"



La bombe arabe est-elle un processus inéluctable ? Surtout depuis qu'il est prouvé qu'Israel s'en est doté en toute illégalité.
Le nucléaire civil débouchera-t-il forcément à son pendant militaire ?

La sortie de la crise des valeurs vécue dans ces pays arabes passe par un accès aux responsabilités. Y compris dans le domaine de l'atome civil.

Mais la terrible dépendance occidentale au pétrole et notre fringale de croissance ne doit pas précipiter cette étape et faire omettre les critères de capacité technique et politique quant à la maîtrise de ces technologies.


L'article du monde résume bien la problématique qui se pose :






"Qui a peur d'un monde arabe doté de l'énergie nucléaire ? Nicolas Sarkozy n'est pas de ceux-là et mène depuis quelques mois une véritable croisade. La visite d'Etat que le président de la République vient d'effectuer en Algérie a donné lieu à la signature d'un accord ouvrant la voie à une large coopération dans tous les domaines de l'atome civil : recherche, formation, production d'électricité, prospection de gisements d'uranium, sûreté et transferts de technologie.


C'est le troisième - et plus important - protocole nucléaire passé avec un pays arabe : fin octobre, M. Sarkozy avait déjà paraphé un partenariat avec le Maroc, qui souhaite aussi construire des centrales ; en juillet, au moment de la libération des infirmières bulgares, il avait lancé avec le guide de la Jamahiriya libyenne, Mouammar Kadhafi, une "coopération dans le domaine des applications pacifiques de l'énergie nucléaire". D'autres accords pourraient suivre avec des pays arabes...


Il y a encore quelques années, la question de l'accès de ces nations à l'atome civil ne se posait pas, même si plusieurs d'entre eux ont, dans le passé, développé des réacteurs de recherche (Maroc, Algérie...), voire un programme militaire (Egypte). La donne a changé, à la fois en termes économiques (produire l'énergie nécessaire au développement économique) et environnementaux (réduire les émissions de CO2). En pleine crise internationale sur le programme iranien, M. Sarkozy n'a pas hésité à y ajouter des considérations politiques.

L'ouverture nucléaire en direction des pays méditerranéens et du golfe Persique est légitime, pourvu qu'ils respectent le traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et se cantonnent à des applications civiles sous le contrôle des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), assure M. Sarkozy. Mais il ne fait là que reprendre les principes du TNP, dont le préambule précise que "les applications pacifiques de la technologie nucléaire (...) devraient être accessibles à toutes les parties du traité".


M. Sarkozy dramatise l'enjeu pour répondre par avance à ceux qui craignent de voir ces Etats s'ajouter à la liste des 31 nations disposant de centrales. Pire même, qu'ils rejoignent le club très fermé des neuf pays détenteurs du feu nucléaire. "Si on ne donne pas l'énergie du futur aux pays du sud de la Méditerranée, comment vont-ils se développer ?, s'interrogeait-il, fin juillet, en Libye. Et s'ils ne se développent pas, comment va-t-on lutter contre le terrorisme et le fanatisme ?" En priver les pays arabes, et plus généralement le monde musulman, risque d'entraîner une "guerre des civilisations".


Pour l'heure, cette pétition de principe tient lieu de doctrine. Ce sont visiblement les enjeux industriels et commerciaux qui justifient l'activisme de M. Sarkozy. Il y a deux ans, nul ne pensait que le monde arabe serait un marché prometteur pour les fabricants de combustible et de centrales, note un dirigeant d'Areva, même si les premiers réacteurs ne fonctionneront pas avant 2020. Avec le Commissariat à l'énergie atomique, Areva et EDF, la France dispose d'une expertise scientifique et d'une expérience industrielle exceptionnelles. Elle veut faire la course en tête. M. Sarkozy n'a aucune honte à être lui aussi le "VRP" de la filière française, alors que la renaissance du nucléaire entraîne un réveil de tous les concurrents.


Le président russe, Vladimir Poutine, n'hésite pas à vendre la technologie russe aux pays émergents (notamment arabes), comme son homologue américain George W. Bush, favorable aux programmes égyptien et indien. L'exemple chinois a montré que la compétition sera féroce entre les Français, les Américains (General Electric), les Japonais (Toshiba-Westinghouse) et les Russes (Atomenergoprom). Les pays candidats se multiplient. Hosni Moubarak, le raïs égyptien, vient d'annoncer une relance du nucléaire "pacifique" dans son pays et planifie la construction de quatre réacteurs. Qatar, Dubaï ou Abu Dhabi, gros consommateurs d'énergie (désalinisation de l'eau de mer...), veulent disposer de réacteurs à l'horizon 2020. Ils ont des ressources financières considérables et veulent aller vite. "Trop vite", au gré d'un haut responsable français du nucléaire rappelant qu'ils n'ont ni culture de sûreté ni compétences techniques, tandis qu'un autre doute de l'intérêt pour la Libye de disposer d'une centrale atomique.


Pour les dirigeants arabes, il y a une bonne part de calcul économique dans la volonté de maîtriser l'atome civil. Les pays dépourvus d'hydrocarbures cherchent à réduire leur facture et leur dépendance énergétiques. Paradoxalement, ceux qui en regorgent et engrangent des dizaines de milliards de pétrodollars se convertissent aussi à cette nouvelle source d'énergie. Le paradoxe n'est qu'apparent : les Etats pétroliers - y compris l'Iran - préfèrent produire leur électricité à partir de l'atome et exporter pétrole et gaz, qui leur assurent une rente pour plusieurs décennies.







Il entre aussi dans leur démarche une bonne dose d'orgueil national. Et sans doute quelques arrière-pensées. Ce n'est pas un hasard si l'appétit pour le nucléaire s'est réveillé dans les capitales arabes au moment où elles ont acquis - à tort ou à raison - la certitude que Téhéran développait un programme à vocation militaire. Le risque de prolifération est réel. Si l'Iran, perse et chiite, se dote de l'arme nucléaire, de grands pays arabes et sunnites comme l'Egypte ou l'Algérie se poseront à leur tour la question, analyse Bruno Tertrais, enseignant à la Fondation pour la recherche stratégique (Iran, la prochaine guerre, aux Editions Le Cherche Midi). Sous le couvert d'un programme civil, des Etats risquent d'engager une course-poursuite pour détenir la première bombe atomique arabe.


La réduction sinon l'élimination de cette menace implique un strict contrôle du cycle du combustible (uranium faiblement enrichi) des centrales. Et, de fait, une dépendance des nouveaux membres du "club nucléaire" à l'égard de leurs fournisseurs étrangers. L'Iran s'y refuse en affirmant que le droit à l'enrichissement de l'uranium est inscrit dans le TNP, alors que seul le droit à l'énergie nucléaire y figure. Pour l'heure, ces pays sont prêts à dépendre d'entreprises étrangères ou de consortiums internationaux - proposés par la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne. Ces centres enrichiraient l'uranium, récupéreraient les combustibles usés et les recycleraient en conservant les parties susceptibles d'être utilisées à des fins militaires (uranium et plutonium). Ainsi voit-on apparaître un scénario rose de rééquilibrage des forces : votre pétrole et votre gaz contre notre nucléaire. Mais sur ce monde merveilleux d'interdépendance énergétique plane l'ombre noire d'une prolifération incontrôlée sous le couvert de l'"atome à des fins pacifiques"."


L'article ici.

Nota : Quid d'une vision globale du développement énergétique de ces pays ? Il ne faudrait pas oublier d'associer dans ces pays ensoleillés un ambitieux programme photovoltaïque, gage d'indépendance nationale et locale.

mercredi 29 août 2007

"Accord Russie-USA cet automne sur l'emploi pacifique du nucléaire"

"La Russie et les Etats-Unis devraient signer à l'automne un accord sur l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, a annoncé mardi l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique (Rosatom).
..."

Enfin !

L'article complet ici.

lundi 13 août 2007

"La conquête spatiale bientôt inimaginable sans l'énergie... nucléaire"

Un point sur le sujet réalisé :
"Par Iouri Zaïtsev, conseiller à l'Académie russe des sciences techniques, pour RIA Novosti "

Reste à préciser les risques environnementaux encourus en cas d'échec du lanceur et de retombée sur terre ...
Si les voyages intersidéraux font supposer un danger moindre pour l'espèce humaine,
les satellites en orbite circumterrestre suggèrent plus de réserves vu la crainte de retombée terrestre. Qui qu'il est soit, ils subissent tous l'éventualité d'un incident au lancement, s'accroissant statistiquement avec la multiplication des lancements suscitée par l'industrialisation de l'espace.

L'article complet ici.

lundi 23 juillet 2007

"Finlande : réactivation des projets de centrales nucléaires"

"...
Aux côtés de deux réacteurs qui existent déjà, l’industrie Teollisuuden Voima (TVO), en construit actuellement un troisième pour satisfaire les objectifs de l’Union Européenne de réduction des émissions de dioxyde de carbone, et pour alimenter une économie en pleine croissance. Ce projet nucléaire fait figure d’exception dans cette partie d’Europe de l’ouest, plutôt sceptique vis-à-vis du nucléaire.
..."

L'indépendance énergétique, gage de l'indépendance politique à l'heure des vues prédatrices de la russie...

L'article complet ici.

vendredi 22 juin 2007

"Poutine en Croatie pour un sommet des Balkans sur l'énergie"

"...
Détrompez-vous. Même si on en parle moins, Poutine n'a pas perdu de son ardeur pour “grignoter” voire “dévorer” les ressources d'hydrocarbures de la planète. Il est vrai aussi, qu'en fin renard il s'atèle également ces derniers temps à placer ses pions dans l'uranium, développement de l'énergie nucléaire “oblige”.
..."

La course de vitesse est engagée en Europe de l'est.
La France peut elle jouer sur la diversification des alliances ?

L'article complet ici.