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jeudi 23 octobre 2008

Livre : "LA TROISIEME REVOLUTION ENERGETIQUE"



Suite à son nouveau livre, Anne Lauvergeon, si on lit entre les ligne, parle explicitement de l'AEPN (en rouge ci dessous) :




"Dans "La Troisième Révolution énergétique" aux Éditions Plon, Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva estime qu'il va falloir "doubler la quantité d'énergie produite et faire deux fois moins de C0²" d'ici quarante ans. Pour cela, la voie qu'elle privilégie est celle du nucléaire. Invitée d'Europe 1 vendredi, elle a écarté les réticences liées à la production de déchets radioactifs qui représentent selon elle "pour tout le parc nucléaire, sur les trente ans de fonctionnement et les cinquante-huit réacteurs, la taille d'une piscine olympique".


Dans son livre, "La Troisième Révolution énergétique" aux Éditions Plon, elle défend le choix du nucléaire, une voie dans laquelle le gouvernement français, comme d'autres dirigeants de la planète, semble vouloir s'engager plus avant. Il s'agit de faire face aux demandes croissantes en énergie et à l'épuisement des ressources pétrolières. Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva, estime même qu'il va falloir "doubler la quantité d'énergie produite et faire deux fois moins de C0²" d'ici quarante ans. Invitée d'Europe 1 vendredi, elle a écarté les réticences liées à la production de déchets radioactifs.

"Les déchets radioactifs français, pour tout le parc nucléaire, sur les trente ans de fonctionnement et les cinquante-huit réacteurs, c'est la taille d'une piscine olympique. Et la taille de cette piscine olympique, tout le monde est d'accord pour dire - et la représentation nationale l'a voté en 2006 - son devenir, c'est un devenir géologique. C'est-à-dire : le mettre en profondeur, dans un coin qui ne bougera pas pour l'éternité", a assuré Anne Lauvergeon qui cite aussi le chiffre de "10 grammes par habitant et par an".

"Quand on dit le mot 'déchets', déjà c'est terrible. Mais 'déchets radioactifs'. Le mot 'radioactifs' fait peur à tout le monde", tempère Anne Lauvergeon. Et d'assurer que de nombreux "écologistes" sont également en train de faire le choix du nucléaire. Selon la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva, il y a "un certain nombre d'entre eux qui disent 'pour lutter contre le changement climatique, je dois devenir pro-nucléaire'. Or, ces gens-là sont très amusants parce que, avec l'enthousiasme des Verts, ils deviennent beaucoup plus pro-nucléaires que moi".
Ecoutez le son Europe1"




Commentaire :

"Dérèglement climatique, tarissement des ressources, sécurité des approvisionnements : l'énergie constitue avec l'eau et l'alimentation l'un des grands défis que le XXIème siècle doit relever. Il ne pourra l'être sans apporter une réponse appropriée à la question suivante : comment produire à des coûts abordables et sans aggraver l'effet de serre l'électricité dont le monde a besoin? Une troisième révolution énergétique est à entreprendre. Les deux premières, celles du charbon puis du pétrole, conduisirent à la conquête de la Terre, de ses espaces, de ses richesses. Fondée sur l'impérieuse nécessité de protéger notre planète, la révolution à conduire d'urgence passe par des modes de production d'énergie favorisant une croissance, plus juste, plus responsable, plus durable. Ne diabolisons pas l'énergie nucléaire et n'oublions pas non plus les nouvelles énergies (solaires, éoliennes, biomasse...). La gravité du sujet, la complexité des enjeux humains économiques et environnementaux qu'il comporte, appellent à s'abstraire des dogmes comme des anathèmes au profit d'une réflexion où chaque source d'énergie doit trouver la place qui lui revient. Il en va ni plus ni moins de l'avenir de l'humanité. "




Présentation par l'éditeur
"En 2050, la Terre comptera 2 à 3 milliards d'habitants de plus qu'aujourd'hui. Face à cette croissance démographique, les besoins en eau, en nourriture et en énergie pourront-ils être satisfaits ? Avec un baril de pétrole autour de 100 dollars, tiraillé par de vives tensions internationales, ému par le spectacle des catastrophes climatiques à répétition, le monde prend peu à peu conscience de l'acuité des enjeux énergétiques.
Avenir des énergies renouvelables, Tchernobyl, déchets nucléaires, indépendance énergétique, relations avec les ONG, Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'AREVA, le géant mondial du nucléaire et autres énergies sans CO2, aborde ces sujets sans langue de bois ni souci du politiquement correct. Pour elle, il n'y a d'autre choix que de mobiliser, sans ostracisme ni parti pris, toutes les sources d'énergie à notre disposition en favorisant, autant que faire se peut, celles qui n'émettent pas de gaz carbonique. C'est au nom d'une fibre écologique clairement revendiquée qu'Atomic Anne, comme la surnomme la presse américaine, explique le rôle décisif que le nucléaire est appelé à jouer dans la troisième révolution énergétique qui s'amorce."


dimanche 2 mars 2008

"Comment «Atomic Anne» a imposé Areva"

L'épopée d'Anne Lauvergeon chez Areva, un vrai roman !


"Le modèle Areva ? C'est le meilleur, assure Anne Lauvergeon. La preuve : tout le monde l'imite ! «General Electric se dote d'une structure comparable à la nôtre, les Russes aussi, constate la patronne d'Areva C'est Vladimir Poutine en personne qui l'a annoncé. Mais nous avons cinq ans d'avance.» Avec 11,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2007, près de 40 milliards de commandes et 61000 collaborateurs dans le monde, Areva n'est peut-être pas un géant à l'échelle des grands groupes industriels mondiaux. Mais l'idée qui a présidé à sa création est limpide. Le magazine américain Forbes a trouvé la formule qui la résume le mieux en parodiant l'enseigne d'une célèbre chaîne de magasins de jouets : «NukesR Us» («le nucléaire, c'est nous»).
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Concrètement, cela signifie que le groupe public français est à ce jour le seul du secteur à abriter sous son toit tout le «cycle du combustible» : de la mine au retraitement en passant par l'enrichissement de l'uranium, la production du combustible, la construction de réacteurs - et leur entretien, très rentable. A quoi s'est ajouté un pôle «transmission et distribution» racheté à Alstom en 2004, devenu lui aussi très profitable. «Anne Lauvergeon a construit un groupe que le monde entier nous envie», s'enthousiasme l'analyste de HPC, André Chassagnol.Ce n'était pas gagné d'avance. «Même dans nos rêves les plus fous, nous ne pensions pas en arriver là», raconte un participant de cette aventure. Lorsque, en 2001, Anne Lauvergeon fait le pari de créer Topco, nom de code du futur Areva, Lionel Jospin lui donne son feu vert, mais bien peu parient sur ses chances de succès. Le contexte n'est pas porteur, car le marché du nucléaire est loin d'avoir le vent en poupe, et il faut avoir une bonne dose de culot pour parier sur sa reprise. Quant aux protagonistes qu'il s'agit de regrouper, ce sont des durs à cuire qui n'ont pas la moindre intention de se laisser faire. De l'extérieur, les pontes du nucléaire, dont l'austère Jean Syrota, prédécesseur d'Anne Lauvergeon à la Cogema, se démènent pour faire capoter le projet.Car Topco apour objectif de rapprocher des entreprises réputées impossibles à fusionner. Outre le spécialiste de l'uranium Cogema et les intérêts industriels du Commissariat à l'énergie atomique, il s'agit d'intégrer le constructeur de chaudières nucléaires Framatome. Repris par Alcatel après la faillite de Creusot-Loire, dont il était une filiale, Framatome a toujours défendu son indépendance bec et ongles, et ses dirigeants sont de redoutables lobbyistes. Cerise sur le gâteau, Cogema et Framatome se sont battus comme des chiffonniers, quelques années plus tôt, pour prendre le contrôle du britannique BNFL. Et bien entendu, ce n'est ni l'une ni l'autre qui l'a emporté, mais... l'américain Westing house. Ambiance garantie au moment de procéder à l'inventaire.

Casser les baronnies

Et pourtant, l'ancienne conseillère de François Mitterrand, qui sort tout juste de deux expériences professionnelles peu concluantes à la banque Lazard et dans le groupe de télécommunications Alcatel, va vite montrer qui est la patronne. A la Cogema, qu'elle dirige depuis 1999, elle a déjà manifesté sa capacité à prendre le pouvoir en cassant les trois grandes baronnies - recyclage, mines, services - et en les remplaçant par une douzaine de business units, comme chez n'importe quel producteur de yaourts. Elle a aussi fait partir quelques caciques et recruté largement à l'extérieur. Avec Framatome, dont le joyau est le projet de réacteur européen EPR, codéveloppé avec l'allemand Siemens, elle parachève son entreprise.«Nous n'aurons pas le nucléaire honteux», annonce aux salariés médusés celle qui a décidé d'endosser aux yeux du monde entier le costume de «Miss Nukes». A partir de ce 3 septembre 2001, date de la création d'Areva, Anne Lauvergeon va communiquer sur sa propre image, celle d'une jeune femme élégante, détendue, souriante. Décomplexée, surtout, comme elle en donne l'image sur les plateaux télévisés, où elle s'oppose sans agressivité aux écolos de service. Car il lui faut sortir de l'image désastreuse forgée par ses prédécesseurs, obsédés parle secret, pour deux raisons majeures : elle veut internationaliser le groupe et attirer plus de jeunes talents - en 2007, celui-là a recruté pas moins de 8000 personnes.Certains, au début, se moquent de la crèche et de la conciergerie qu'elle fait installer au siège de l'entreprise, du Défi Areva qui prend en 2003 le départ de la Coupe de l'America, ou du spot télévisé qui passe en boucle à certaines périodes sur l'air entêtant de Funky Town, un tube des années 1980. Mais finalement, Areva devient la quatrième entreprise préférée des ingénieurs des grandes écoles. Et le style Lauvergeon s'impose au moment même où le nucléaire renaît un peu partout dans le monde.

Etendre son territoire

«Nous avons construit ce groupe sur une idée stratégique simple, qui était de mettre fin aux guerres picrocholines franco-françaises. En faisant cela en 2001, nous étions dans le bon calendrier. Nous sommes devenus les numéros un mondiaux et les principaux promoteurs du nucléaire», se réjouit Anne Lauvergeon. Depuis la fusion, elle a étendu le domaine minier du groupe, notamment au Canada, développé ses ventes de combustibles aux Etats-Unis et marqué des points pour le lancement de l'EPR, malgré les difficultés rencontrées sur le chantier d'installation de son tout premier exemplaire, en Finlande. Après la Chine, qui en a acheté deux, Abu Dhabi, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud et même les Etats-Unis s'intéressent au réacteur européen de troisième génération.Mais pour continuer, c'est-à-dire investir les 10 milliards d'euros annoncés en quatre ans, réaliser des acquisitions, et poursuivre son internationalisation, Areva a besoin de moyens qui lui font actuellement défaut. «Notre plan stratégique 20082012 prévoit une augmentation de capital», souligne Anne Lauvergeon. Depuis le premier jour, elle milite pour une introduction en Bourse de l'entreprise nucléaire française, dont l'Etat, bien entendu, resterait non seulement actionnaire, mais majoritaire. Plusieurs ministres des Finances lui ont déjà dit oui, mais n'ont pas eu la chance de rester suffisamment longtemps en poste pour faire aboutir le projet : Laurent Fabius, Nicolas Sarkozy et Hervé Gaymard. Thierry Breton, prenant la succession de ce dernier à Bercy, avait, lui, décrété qu'on ne privatise pas... la bombe nucléaire ! Faisant semblant d'oublier qu'«Atomic Anne», malgré son surnom, n'a rien avoir avec le force de dissuasion.Le gouvernement actuel donnera-t-il satisfaction à Anne Lauvergeon ? L'un des anciens ministres qui lui avait promis l'introduction en Bourse est désormais installé à l'Elysée. Mais le décor a changé. D'abord, la conjoncture s'est encore dégradée depuis l'entrée en Bourse d'EDF. Ensuite, un schéma industriel alternatif est sur la table du président de la République. A vrai dire, il n'est pas vraiment nouveau, puisqu'il s'agit de rapprocher Areva d'Alstom, qui construit des centrales électriques classiques et fournit la partie conventionnelle des centrales nucléaires. «Cela fait vingt ans que nous devrions être ensemble, plaide Patrick Kron, le PDG d'Alstom. Nous servons les mêmes clients, nous les servirons mieux ensemble.» Objectif : créer le numéro un mondial de la génération d'électricité face à General Electric, Toshiba-Westinghouse, ou... Siemens, le partenaire d'Areva, qu'il faudrait alors faire sortir en douceur. Tout en faisant revenir certaines activités, particulièrement stratégiques, dans le giron du CEA, voire d'EDF. Le rapprochement d'Areva et d'Alstom signerait la fin du «Nukes R Us» imaginé par Anne Lauvergeon. La solution la moins dérangeante serait bien sûr... de ne rien décider dans l'immédiat et de laisser les choses en l'état. Après tout, ni Areva ni Alstom ne se sont jamais mieux portés !

La diplomatie de l'atome

Areva, entreprise contrôlée par l'Etat, c'est un peu la France. Et sa présidente, Anne Lauvergeon, en est l'un des ambassadeurs. Un statut qui colle parfaitement à l'ancienne «sherpa» de François Mitterrand, dont la mission était de lui préparer le terrain avant les grands sommets internationaux. En janvier, la présidente du directoire d'Areva est directement intervenue dans la libération des deux journalistes français emprisonnés au Niger, Pierre Creisson et Thomas Dandois. Il est vrai que si les deux reporters ont été retenus près d'un mois dans ce pays, c'était sans doute pour peser sur les négociations avec Areva sur l'uranium, comme l'a écrit la presse locale.Areva, qui a repris l'héritage de la Cogema, exploite en effet des mines dans le nord du pays depuis quarante ans. Or le cours de l'uranium s'est envolé : il a doublé depuis fin 2006, et en cinq ans son prix a été multiplié par quatorze ! A l'issue de négociations ardues, la présidente d'Areva s'est rendue le 13 janvier à Niamey pour rencontrer le président, Mamadou Tandja, et signer un accord prévoyant une hausse de 50% du prix de l'uranium acheté par Areva, pour 2008 et 2009. L'accord prévoit aussi que le groupe français investira 1 milliard d'euros pour développer le site d'Imouraren, dont l'exploitation pourrait permettre au Niger de devenir le deuxième fournisseur mondial d'uranium derrière le Canada. Le 18 janvier, les deux journalistes étaient libérés sous caution."


L'article ici.

mercredi 30 janvier 2008

"Il faut combiner nucléaire et énergies renouvelables, dit Lauvergeon"



On retrouve bien le crédo de l'AEPN :
Nucléaire oui, mais pas comme un dogme mono-maniaque : toutes les solutions durables devront être mobilisées pour patienter, le temps de que le ralentissement urgent de la consommation soit organisé.



BERLIN - La présidente du groupe nucléaire français Areva Anne Lauvergeon insiste dans un entretien publié mardi sur la nécessité de combiner nucléaire et énergies renouvelables dans la lutte contre le réchauffement.
"Tout le monde parle bien entendu des énergies renouvelables, mais les paroles ne sont pas toujours suivies d'actes", a-t-elle dit au Financial Times Deutschland, exprimant, selon ce quotidien, l'espoir d'un nouvel essor de l'énergie atomique.
"Heureusement que nous ne sommes pas une entreprise allemande", a-t-elle plaisanté, faisant référence à l'abandon prévu d'ici à 2020 du nucléaire en Allemagne.
"Nous exploitons toutes les sources d'énergie sans émissions de CO2", a encore indiqué Mme Lauvergeon.
La dirigeante du groupe nucléaire public a par ailleurs indiqué vouloir se développer particulièrement en Allemagne dans les énergies renouvelables.
Interrogée sur le partenariat d'Areva avec le groupe allemand Siemens au sein de la société Areva NP, Mme Lauvergeon a assuré: "Le partenariat est très bon jusqu'ici, et il n'y a aucune raison de critiquer."
Siemens craint qu'Areva ne mette en oeuvre une option pour lui racheter sa part de 34% dans Areva NP. La décision doit être prise d'ici 2009.
AREVA
SIEMENS
(©AFP / 29 janvier 2008 07h52)