Paris, le 18 avril (Nouvelle Solidarité)
C’est au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère), devant une salle pleine que Mohamed Ben Omar, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement du Niger, a détaillé les plans de développement économique de son pays. Les richesses en matières premières du Niger étant potentiellement immenses – uranium, pétrole, cuivre, platine, or… – le ministre a exprimé la détermination de son gouvernement que plus jamais le nom du Niger ne figure parmi la liste des pays les plus pauvres de la planète.
La montée en puissance d’autres acteurs économiques en Afrique ces dernières années, et notamment de la Chine, a permis à beaucoup de pays africains, dont le Niger, d’échapper à la dépendance des anciennes puissances coloniales. Grâce à la diversification des partenaires économiques, les nations d’Afrique ont pu négocier des meilleurs prix pour leurs matières premières, condition sine qua non pour leur développement économique. C’est le cas du Niger, qui a été encouragé par son partenariat avec la Chine à renégocier à la hausse les prix payés par la compagnie française Areva pour l’uranium extrait de son sous-sol, (+45% en août 2007 et + 50% en janvier 2008).
Dans ce contexte, le ministre a annoncé que 141 contrats d’exploitation sont en voie d’attribution à des compagnies pétrolières ou minières. Dans le domaine de l’uranium, si Areva et ses filiales, la Somair et la Cominak, restent les principaux exploitants, la Chine sera elle aussi représentée au sein d’une société commune sino-nigérienne, la SOMINA (Société des mines d’Azelik), créée en juin 2007, qui projette de produire 700 tonnes d’uranium par an à partir de 2009. Autre nouvel arrivant, la compagnie indienne Taurian Ressources qui exploitera 3000 km2 dans la région d’Arlit. En matière pétrolière, le ministre a évoqué les contrats d’exploitation octroyés à la China National Petroleum Company (CNPC), ainsi qu’à la compagnie nationale de pétrole algérienne, Sonatrach, et à des compagnies canadiennes. Notons qu’il s’agit des partenariats sud-sud car le Niger participera également à la construction du gazoduc transsaharien Nigal qui doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger.
Parmi les retombées importantes de l’augmentation de cette activité minière et pétrolière, le Ministre a évoqué la loi adoptée récemment qui oblige le gouvernement nigérien à rétrocéder 15% des bénéfices des activités minières, aux budgets des communes des régions où les activités minières ont lieu. Une enveloppe de 1,5 milliard FCFA vient d’être versé par le gouvernement aux communes de la région d’Agadez.
Victoire importante pour le gouvernement nigérien, la population nigérienne sera épargnée par la crise alimentaire et la famine qui se propage à travers le monde. En effet, après la crise alimentaire de 2005 le gouvernement a créé un mécanisme de stockage qui permet à l’Etat de disposer aujourd’hui de 120000 tonnes de céréales pour faire des interventions en cas de coup dur. Aussi, une mesure provisoire (3 mois) permet de détaxer les produits de base comme le riz.
Mentionnons enfin que dans une série de questions réponses, le ministre a aussi défendu le droit du Niger à développer le nucléaire civil.
Répondant à une question de Nouvelle Solidarité sur l’urgence de revitaliser le lac Tchad, passé de 350 000 km2 dans l’antiquité, à seulement 3000 km2 actuellement, le ministre a répondu que la situation est, en effet, très grave mais que le président Tandja qui a déjà présidé la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), est déterminé à voir ce projet aboutir. L’assèchement du lac est une catastrophe pour toute l’Afrique, car elle perd là encore une barrière pour empêcher l’extension du désert. C’est aussi une catastrophe pour le Niger, car il représentait la seule source d’eau de ce pays où la population est déjà obligée de se concentrer sur les 11% du territoire national qui ne sont pas désertiques.
Blog de l'AEPN :Association des Ecologistes Pour le Nucléaire. Président : Bruno Comby - http://www.ecolo.org/ - et venez nous rejoindre sur http://www.facebook.com/groups/14174675443 et sur twitter sur : @ouinuc
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lundi 21 avril 2008
samedi 24 novembre 2007
"Chroniques de l'uranium nigérien : premiers pas"
Nouvelle étape de l'émancipation des peuples afrcains : l'indépendance économique ?
C'est ce qui semble arriver enfin au Niger ?
"Ce blog avait attiré votre attention il y a quelques mois sur la redistribution des cartes de l'uranium au Niger, après la renégociation des contrats d'exploitation et de vente d'uranium entre le gouvernement nigérien et Areva, la multinationale française. Cette redistribution des cartes permettait au Niger de se présenter comme un nouvel acteur, autonome et indépendant, sur le marché mondial de l'uranium.
Depuis, le Niger a conforté son nouveau statut, comme l'attestent plusieurs informations intéressantes à mettre en perspective.
D'abord, afin d'être en mesure de pouvoir commercialiser par lui-même son propre uranium (on se souvient que le Niger a obtenu d'Areva de pouvoir vendre sur le marché spot de l'uranium 300 tonnes d'uranium), le Niger a crée une société de valorisation et de commercialisation de l'uranium : il s'agit de la SOPRAMINE, société nigérienne du patrimoine minier, première étape de l'indépendance commerciale.
Ensuite, le Niger a réalisé en août sa première opération commerciale : les 300 tonnes de minerai ont été vendues à la compagnie Exellon, électricien nucléaire agissant aux Etats-Unis. Selon le ministre des mines Abdoulahi, le Niger « veut répondre aux normes de la globalisation économique et veut acquérir d'autres expériences sur le marché international ». Il a aussi affirmé que d'autres contrats de vente seront bientôt signés avec d'autres partenaires, dans l'intérêt du Niger (sous-entendu par rapport aux contrats précédents ?).
..."
L'article complet ici.
C'est ce qui semble arriver enfin au Niger ?
"Ce blog avait attiré votre attention il y a quelques mois sur la redistribution des cartes de l'uranium au Niger, après la renégociation des contrats d'exploitation et de vente d'uranium entre le gouvernement nigérien et Areva, la multinationale française. Cette redistribution des cartes permettait au Niger de se présenter comme un nouvel acteur, autonome et indépendant, sur le marché mondial de l'uranium.
Depuis, le Niger a conforté son nouveau statut, comme l'attestent plusieurs informations intéressantes à mettre en perspective.
D'abord, afin d'être en mesure de pouvoir commercialiser par lui-même son propre uranium (on se souvient que le Niger a obtenu d'Areva de pouvoir vendre sur le marché spot de l'uranium 300 tonnes d'uranium), le Niger a crée une société de valorisation et de commercialisation de l'uranium : il s'agit de la SOPRAMINE, société nigérienne du patrimoine minier, première étape de l'indépendance commerciale.
Ensuite, le Niger a réalisé en août sa première opération commerciale : les 300 tonnes de minerai ont été vendues à la compagnie Exellon, électricien nucléaire agissant aux Etats-Unis. Selon le ministre des mines Abdoulahi, le Niger « veut répondre aux normes de la globalisation économique et veut acquérir d'autres expériences sur le marché international ». Il a aussi affirmé que d'autres contrats de vente seront bientôt signés avec d'autres partenaires, dans l'intérêt du Niger (sous-entendu par rapport aux contrats précédents ?).
..."
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