A l'heure de la mondialisation, EDF parie sur la croissance du nucléaire. Un choix ambitieux, gage d'un rapprochement politique avec les USA cf. la stratégie énergétique liée à notre nouvelle alliance dans l'OTAN.
Le Figaro : Le partenariat avec le groupe Constellation est bouclé. Mais il devra être validé par Henri Proglio.
EDF opérateur nucléaire aux États-Unis, c'est désormais bel et bien une réalité. Près d'un an après avoir noué un accord avec l'électricien américain Constellation - pour prendre 49,99% de ses actifs nucléaires -, le groupe français arrive au terme du processus.
En fin de semaine dernière, c'est la commission des services publics du Maryland qui donnait son feu vert à ce rapprochement, moyennant un certain nombre de conditions financières.
Ce lundi, c'est au tour d'EDF d'avoir annoncé qu'il s'apprêtait à boucler l'opération, pour laquelle il a déboursé 4,5 milliards de dollars (environ 3 milliards d'euros). Cette opération aboutit après de nombreux rebondissements et notamment une bataille homérique avec le milliardaire américain Warren Buffett. Celui-ci avait finalement fini par s'incliner. Mais il avait quand poussé EDF à renchérir de manière sensible sur son offre initiale.
À travers Constellation, EDF n'a pas seulement l'ambition d'être un exploitant incontournable aux États-Unis : premier électricien nucléaire outre-Atlantique, Constellation affiche en effet quelque 4 000 mégawatts de capacités installées.
Technologie critiquée
Le groupe français fait aussi clairement le pari que l'énergie nucléaire va connaître un retour en grâce outre-Atlantique. Les deux partenaires ont déjà créé une société commune portant sur la propriété et l'exploitation de quatre futures centrales EPR (le réacteur de troisième génération). Cette technologie, aujourd'hui critiquée en Europe par les autorités de sûreté a été validée par l'autorité de sûreté nucléaire américaine. Les procédures étant actuellement en cours.
À cet égard, si tout se déroule comme prévu, le premier EPR américain pourrait être opérationnel à l'horizon de 2016, sur le site de Calvert Cliffs. Là même où une centrale nucléaire a déjà été construite en 1975. Sa capacité, deux tranches de 900 mégawatts (MW) chacune, en fait l'équivalent de Fessenheim, la plus vieille centrale française en activité, qui aura quarante ans en 2017. Les deux sites ont à peu près le même âge.
Nouvelle équipe
Il reste cependant une incertitude de taille à l'opération Constellation qui a été lancée par Pierre Gadonneix, le président sortant d'EDF. Quand bien même elle est sur le point d'être bouclée, sera-t-elle définitivement validée par Henri Proglio, le nouveau président d'EDF, qui doit prendre le 23 novembre la place de Pierre Gadonneix. Si ce dernier a toujours considéré cet investissement américain comme une composante majeure de sa stratégie, Henri Proglio s'est toujours montré réservé. En sa qualité d'administrateur d'EDF, il put observer cette offensive américaine avec plus de circonspection. Selon des députés qui l'ont auditionné la semaine dernière devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, Henri Proglio aurait émis des doutes sur l'intérêt de l'opération. Il aurait affirmé qu'il ne voyait pas « l'intérêt de cette acquisition » avait alors indiqué un député à l'AFP. Pourrait-il remettre en cause ce projet désormais bien engagé une fois en place ? Il devra se prononcer dans quelques semaines
Blog de l'AEPN :Association des Ecologistes Pour le Nucléaire. Président : Bruno Comby - http://www.ecolo.org/ - et venez nous rejoindre sur http://www.facebook.com/groups/14174675443 et sur twitter sur : @ouinuc
Affichage des articles dont le libellé est Constellation Energy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Constellation Energy. Afficher tous les articles
lundi 7 décembre 2009
dimanche 4 janvier 2009
"Constellation cède la moitié de ses activités nucléaires à EDF et annule son accord avec Warren Buffet"
Coup de théatre !
Par AP
mer 17 déc, 22h05
Le groupe énergétique américain Constellation Energy (NYSE: CEG - actualité) a annoncé mercredi qu'il allait céder la moitié de ses activités nucléaires à l'électricien français EDF (Paris: FR0010242511 - actualité) pour 4,5 milliards de dollars (3,1 milliard d'euros), annulant un accord avec l'Américain Warren Buffet qui avait voulu racheter toute la compagnie pour 4,7 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros).
Constellation Energy, basé à Baltimore, avait accepté en septembre une offre de rachat de MidAmerican Energy Holdings, une unité de Berkshire Hathaway, appartenant à l'homme d'affaires Warren Buffet, pour 26,5 dollars par action. L'accord prévoyait une injection de capital d'un milliard de dollars, alors que Constellation avait vu ses titres chuter, ses problèmes de liquidités inquiétant les investisseurs.
Mais EDF, son plus gros actionnaire avec une part de 9,5% du capital, avait dénoncé cette offre jugée insuffisante. L'électricien français avait alors offert 35 dollars par action pour racheter Constellation avant de retirer cette offre en octobre. Il y a deux semaines, EDF avait soumis sa dernière proposition, 4,5 milliards de dollars pour les réacteurs de Constellation dans le Maryland et l'Etat de New York. Avec cette transaction EDF deviendrait le seul groupe étranger à détenir des usines nucléaires américaines.
EDF a précisé que EDF Development allait "acquérir une participation de 49,99% dans les activités de production et d'exploitation nucléaire de Constellation Energy pour 4,5 milliards de dollars".
"L'accord prévoit un apport en liquidité immédiat de un milliard de dollars en espèces dans Constellation Energy et une option de vente à EDF Development Inc. d'actifs de production non-nucléaire pour un montant pouvant atteindre deux milliards de dollars" (1,38 milliard d'euros), précise le communiqué. "L'opération consolide la présence du groupe EDF dans le nucléaire aux Etats-Unis", se félicite EDF, précisant que la transaction devrait être définitivement réalisée dans "six à neuf mois".
Contrairement à l'offre de MidAmerican, l'offre d'EDF permet à Constellation de rester une compagnie indépendante.
Les activités nucléaires de Constellation comprennent trois centrales nucléaires avec cinq réacteurs dans le Maryland et l'Etat de New York. L'énergie nucléaire représente 61% de la capacité totale de fourniture d'électricité de Constellation de 8.700 megawatts
Par AP
mer 17 déc, 22h05
Le groupe énergétique américain Constellation Energy (NYSE: CEG - actualité) a annoncé mercredi qu'il allait céder la moitié de ses activités nucléaires à l'électricien français EDF (Paris: FR0010242511 - actualité) pour 4,5 milliards de dollars (3,1 milliard d'euros), annulant un accord avec l'Américain Warren Buffet qui avait voulu racheter toute la compagnie pour 4,7 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros).
Constellation Energy, basé à Baltimore, avait accepté en septembre une offre de rachat de MidAmerican Energy Holdings, une unité de Berkshire Hathaway, appartenant à l'homme d'affaires Warren Buffet, pour 26,5 dollars par action. L'accord prévoyait une injection de capital d'un milliard de dollars, alors que Constellation avait vu ses titres chuter, ses problèmes de liquidités inquiétant les investisseurs.
Mais EDF, son plus gros actionnaire avec une part de 9,5% du capital, avait dénoncé cette offre jugée insuffisante. L'électricien français avait alors offert 35 dollars par action pour racheter Constellation avant de retirer cette offre en octobre. Il y a deux semaines, EDF avait soumis sa dernière proposition, 4,5 milliards de dollars pour les réacteurs de Constellation dans le Maryland et l'Etat de New York. Avec cette transaction EDF deviendrait le seul groupe étranger à détenir des usines nucléaires américaines.
EDF a précisé que EDF Development allait "acquérir une participation de 49,99% dans les activités de production et d'exploitation nucléaire de Constellation Energy pour 4,5 milliards de dollars".
"L'accord prévoit un apport en liquidité immédiat de un milliard de dollars en espèces dans Constellation Energy et une option de vente à EDF Development Inc. d'actifs de production non-nucléaire pour un montant pouvant atteindre deux milliards de dollars" (1,38 milliard d'euros), précise le communiqué. "L'opération consolide la présence du groupe EDF dans le nucléaire aux Etats-Unis", se félicite EDF, précisant que la transaction devrait être définitivement réalisée dans "six à neuf mois".
Contrairement à l'offre de MidAmerican, l'offre d'EDF permet à Constellation de rester une compagnie indépendante.
Les activités nucléaires de Constellation comprennent trois centrales nucléaires avec cinq réacteurs dans le Maryland et l'Etat de New York. L'énergie nucléaire représente 61% de la capacité totale de fourniture d'électricité de Constellation de 8.700 megawatts
dimanche 21 septembre 2008
"Le milliardaire Warren Buffett souffle à EDF l'américain Constellation Energy"

Pourquoi EDF a-t-elle échouée ? surenchère justifiée par une meilleure synergie, ou intervention géo-politique ?
Le Monde :
Au terme d'une opération éclair, Warren E. Buffett a annoncé, jeudi 18 septembre, avoir racheté pour environ 4,7 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) le groupe d'électricité Constellation Energy, dont le titre en Bourse a dévissé depuis le début de la semaine.
Le milliardaire d'Omaha (Nebraska) souffle à EDF - détenteur de 9,51 % du groupe d'énergie - une entreprise qui est à la pointe de la renaissance de l'industrie nucléaire aux Etats-Unis. C'est une déconvenue pour l'électricien français, même si la loi américaine lui interdisait de détenir la majorité dans un groupe d'énergie.
Le milliardaire d'Omaha (Nebraska) souffle à EDF - détenteur de 9,51 % du groupe d'énergie - une entreprise qui est à la pointe de la renaissance de l'industrie nucléaire aux Etats-Unis. C'est une déconvenue pour l'électricien français, même si la loi américaine lui interdisait de détenir la majorité dans un groupe d'énergie.
Les choses se sont précipitées, alors qu'EDF mène déjà de difficiles négociations pour le rachat de l'exploitant de centrales nucléaires britanniques, British Energy. Les dirigeants du groupe français suivaient l'effondrement du titre Constellation. Jeudi matin, un conseil d'administration d'EDF s'est réuni pour examiner "la possibilité de renforcer sa position au capital" de son partenaire américain. Quelques heures plus tard, l'entreprise annonçait qu'"à ce stade, l'ensemble des conditions n'étaient pas réunies pour le faire".
Associé à EDF et à Areva pour la construction outre-Atlantique de quatre EPR, le réacteur franco-allemand de troisième génération, Constellation Energy, a vu fondre sa capitalisation boursière en trois séances à New York : de 108 dollars en janvier, l'action est tombée à 25 dollars. De lundi à mercredi, le titre a même dévissé de 68 % à la suite des mises en garde de Standard & Poors. L'agence de notation avait placé la note de Constellation sous surveillance en raison d'une "crise de confiance aiguë".
Associé à EDF et à Areva pour la construction outre-Atlantique de quatre EPR, le réacteur franco-allemand de troisième génération, Constellation Energy, a vu fondre sa capitalisation boursière en trois séances à New York : de 108 dollars en janvier, l'action est tombée à 25 dollars. De lundi à mercredi, le titre a même dévissé de 68 % à la suite des mises en garde de Standard & Poors. L'agence de notation avait placé la note de Constellation sous surveillance en raison d'une "crise de confiance aiguë".
"OPÉRATION BÉNÉFIQUE POUR TOUS"
Cette arrivée de M. Buffett contredit-t-elle la stratégie de développement d'EDF aux Etats-Unis, un des quatre "pays-cibles" désignés par le groupe et le premier marché nucléaire du monde avec 104 réacteurs en exploitation ? MidAmerican Energy Holdings Company, le fonds appartenant à M. Buffet qui a racheté Constellation, est spécialisé dans l'énergie. "L'opération sera bénéfique pour toutes les parties", a assuré M. Buffett.
Le PDG du fonds, Gregory E. Abel, a précisé que celui-ci approuvait le plan stratégique de Constellation Energy et qu'il laisserait au groupe son "autonomie" pour poursuivre ses objectifs. Il a ajouté que le développement d'une flotte de réacteurs nucléaires dans le cadre du joint-venture UniStar, constitué par EDF et Constellation, va dans le sens de ses engagements pour promouvoir les énergies propres (barrages, éoliennes, géothermie).
Les difficultés de Constellation Energy illustrent l'obstacle sur lequel risque de buter la relance du nucléaire outre-Atlantique : le scepticisme des marchés financiers à l'égard de la rentabilité des centrales nucléaires, qui remonte aux années 1980, quand plusieurs centrales avaient été construites, puis abandonnées. Pourtant, la volonté politique de relancer le nucléaire semble là, pour réduire les gaz à effet de serre, s'affranchir d'un pétrole de plus en plus cher et assurer une plus grande sécurité énergétique aux Etats-Unis.
Le candidat démocrate Barack Obama n'est pas hostile au nucléaire, mais il souhaite pousser les recherches pour rendre les centrales plus sûres, gérer les déchets et éviter toute prolifération. Son rival est plus direct : estimant à 29 % l'augmentation de la demande d'électricité aux Etats-Unis d'ici à 2030, John McCain plaide pour la construction de 45 réacteurs en vingt ans.
A 7 milliards de dollars pièce, la facture s'élèverait à 315 milliards de dollars. Une somme que les industriels et les financiers ne sont pas disposés à débourser sans garanties de l'Etat sur les prêts accordés aux groupes d'électricité. En décembre 2007, le Congrès a accepté de garantir pour 18,5 milliards de dollars de prêts, soit 80 % du prix des trois premiers réacteurs. Quatre groupes se sont portés candidats, dont Constellation Energy et Excelon, premier exploitant de centrales nucléaires aux Etats-Unis. Entre les besoins en énergie et la crise financière, qui va entraîner une sévère restriction des crédits, les arbitrages s'annoncent difficiles.
Inscription à :
Articles (Atom)
